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Full text of "Ichthyologie de Nice, ou, Histoire naturelle des poissons du département des Alpes Maritimes"

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HARVARD UNIVERSITY. 




LIBRARY 

OF THE 

MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY 

LlBRARY OF 

SAMUEL GARMAN 



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APR8 1929 



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APR8 1929 



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ICHTHYOLOGIE 

? DE NICE. 



DE L'IMPRIMERIE DE L. HAUSSMANN ET D'HAUTEL. 



ICHTHYOLOGIE 

DE NICE, 

ou 
HISTOIRE NATURELLE DES POISSONS 

DU DEPARTEMENT DES ALPES MARITIMES; 

Par A. RISSO, 

Membre associé de l'Académie Impériale de Turin . Corres- 
pondant de la Société philomatique de Paris , eto. 



Est quadam prodire tenus , si non lialur ultra. 

Houat. Epiât. Lib. i. 



AVEC II PLANCHES REPRESENTANT f\0 POISSONS NOUVEAUX. 



PARIS, 

Chez F. SCHOELL , rue des Fossés-Sain t-Genuain- 
l'Auxerrois, n°. 2g. 



l8lO. 









AU GRAND ICHTHYOLOGISTE DU SIÈCLE ; 

A L'ÉLOQUENT, 
AU SAVANT COLLABORATEUR DE BUFFON ; 

A SON EXCELLENCE 

LE COMTE DE LACÉPÈDE, 

MINISTRE D'ÉTAT, 

GRAND CHANCELIER DE LA LÉGION D'HONNEUR , 

MEMBRE DU SÉNAT, 

DE L'INSTITUT DE FRANCE , 

PROFESSEUR AU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE, «i c . 



Hommage respectueux de l'auteur 



PRÉFACE. 

llÉ sur les bords de la Méditerranée, 
habitant de Nice, dans le département 
des Alpes - Maritimes , l'une des plus 
belles régions des bords méridionaux 
de l'Europe , je m'y livrois depuis long- 
temps, par goût et par état, à l'étude 
des diverses productions de la nature: 
mes recherches furent bientôt récom- 
pensées par quelques découvertes en 
botanique , en minéralogie et dans plu- 
sieurs parties de la zoologie; mais ce 
fut surtout parmi les êtres marins que 
je crus observer un plus grand nombre 
d'espèces, ou tout-à-fait inconnues des 
naturalistes , ou sur l'habitation des- 
quelles les auteurs avoient été induits 
en erreur. 

Les Poissons, par la magnificence de 
leur parure , par l'élégance et la prodi- 
gieuse variété de leurs formes, parleur 
étonnante multiplicité sur nos rivages, 
où l'art de la pêche s'exerce, de temps 
immémorial , avec l'activité la plus in- 
dustrieuse , attirèrent bientôt mon at- 
tention, et me fournirent, en quelques 
années, une ample récolte d'observa- 



Viij PREFACE, 

tions curieuses. J'eus soin de les décrire 
méthodiquement , de faire dessiner les 
plus rares, d'en conserver un grand 
nombre et de me procurer tous les ren- 
seignemens qui pouvoient intéresser 
dans leur histoire. Lorsque mon tra- 
vail fut rédigé , je hasardai de l'a- 
dresser à l'Institut de France , qui dai- 
gna l'honorer de ses suffrages dans un 
rapport très-flatteur \ ti accueil favora- 
ble fait à cet écrit me décida aie publier, 
et à envoyer à Paris, pour être déposés 
dans les galeries du Muséum d'Histoire 
naturelle, les poissons les plus curieux, 
et surtout ceux que je crois avoir le pre- 
mier décrits, afin de donner par là plus 
de confiance et d'authenticité à cette 
partie de mes recherches. 

Avant de livrer l'ouvrage à l'impres- 
sion, je crus devoir encore m'éclairer 
des conseils de l'auteur de la Zoologie 
analytique qui, après avoir témoigné 
quelque estime pour ce travail, a bien 
voulu se donner la peine de revoir mon 
manuscrit et d'en surveillerrimpression, 

1 Ce rapport , en date dn lundi 20 mars 1809 1 a ^ 
fait par MM, le comte de Lacepède , et le chevalier 
Geoffroy S. Hilaire. 



CONSIDÉRATIONS 

Sur la situation physique du département 
des Alpes Maritimes , la nature de ses 
cotes, les diverses habitations des pois- 
sons , les pêches gui s'y exercent: indica-. 
lion de V ordre suivi dans cet ouvrage» 



Le département des Alpes Maritimes comprend 
l'ancien comté de Nice , la principauté de Mo- 
naco y et une petite partie des états de Gênes : il 
est borné et protégé au nord et à l'ouest par de 
très-hautes montagnes , parsemé de lacs, tra- 
versé de plusieurs rivières et baigné au sud-est 
par la mer Méditerranée. Cette situation donne 
à ce pays le singulier avantage de présenter , 
dans des espaces très-rapprochés, les produc- 
tions des climats septentrionaux et celles qui 
embellissent les régions équatoriales. 

Le Pic de Fenestre , dont le sommet s'élève 
à deux mille trois cents mètres au-dessus du 
niveau actuel de la mer , est au nord de ce dé- 



X CONSIDERATIONS 

partement, et en constitue le point le plus 
élevé. C'est de là , comme d'un centre , qu'on 
voit s'étendre, d'un côte', la chaîne de mon- 
tagnes qui, se prolongeant à l'est, donne nais- 
sanceaux Appenins liguriens, et qui, se déve- 
loppant de l'autre côtéà l'ouest, forme les monts 
inégaux de la Provence. Les Alpes-Maritimes, 
placées au milieu , prennent leur direction vers 
le sud , et vont , après différentes ramifica- 
tions , se joindre insensiblement à la Méditer- 
ranée. 

La vue magnifique qui se développe à cette 
élévation , l'aspect imposant des sommets de 
montagnes nues et arides, la direction sinueuse 
des vallées qui se dessinent sur leurs flancs tour- 
mentés , frappent l'esprit de tout observateur 
qui contemple cet immense amphithéâtre. Bien- 
tôt, il croit y suivre assez distinctement les tra- 
ces des révolutions physiques que cette partie 
des Alpes a subies. Tantôt il voit l'Océan , dès- 
lors habité comme aujourd'hui par une innom- 
brable quantité de corps marins, se retirer rapi- 
dement et avec précipitation, en renversant tout 
ce qui s'oppose à son passage; tantôt au con- 
traire, il voit les eaux calmes de la mer séjour- 
nant long-temps dans les mêmes parages , abais- 



GÉNÉRALES. Xj 

ser insensiblement leur surface , mettre len- 
tement à découvert les rocs qu'elles avoient ca- 
ches , et former , par les dépôts tranquilles 
de couches successives , une partie de ces mon- 
tagnes calcaires que nous regardons aujour- 
d'hui comme primitives. 

Tout , ici , semble encore indiquer la trace 
d'une longue submersion : là , des corps marins 
attestent, par la régularité des couches dans 
lesquelles on les voit déposés, le séjour des eaux 
calmes et stationnaires : plus loin, c'est un dé- 
sordre, une confusion, qui ne retracent que 
trop évidemment la rapidité et la fureur des 
courans. De tous cotés , des masses renversées, 
irrégulières, dont les fragmens, constitués de 
débris d'êtres aquatiques , sont des preuves , des 
monumens irrécusables de leur existence anté- 
rieure dans les mêmes lieux. Enfin , tout , dans 
ces montagnes , semble prouver que l'énorme 
étendue d'eau dont elles étoient couvertes, a 
renversé avec violence et rapidité les obstacles 
qui s'opposoient à sa chute, et a produit , ainsi , 
ces écornemens immenses qu'on remarque sur 
les grandes masses de roches, la plupart sapées 
dans leurs antiques fondemens. 

Une chute aussi précipitée seroit-elle deve- 



*lj CONSIDERATIONS 

nue la cause naturelle de ces grandes profon- 
deurs, de ces abymes sous-marins dont notre 
plage est environnée, et qui servent maintenant 
de lieux de retraite , d'abri et de refuge , à 
tant de poissons extraordinaires qui abondent 
dans nos mers ? 

Ces ruines de montagnes, ces bancs de 
pierres roulées, ces aterrissemens de poissons, 
ces dépôts de coquilles , enfin , ces empreintes 
multipliées de corps organises n'offrent-ils point 
partout l'enrayant tableau des anciennes catas- 
trophes , dont le physicien ne peut plus assigner 
l'époque ? 

Les eaux de la mer de Nice , portion du 
vaste bassin de la Méditerannée , viennent bai- 
gner ces décombres au pied des Alpes Mari- 
times. Le mouvement de leur flux et reflux 
journalier , quoique très-peu sensible , n'est 
réellement remarquable , chaque année , que 
dans le mois de février. Leur température , à la 
surface, suit à peu-près les variations et les in- 
tempéries de l'atmosphère; mais, à de grandes 
profondeurs, on les a constamment trouvées plus 
froides de moitié' dans les saisons les plus chaudes. 

La mer qui baigne au sud les rivages du dé- 
partement des Alpes-Maritimes, s'étend en ligne 



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GENERALES. X11J 

droite, depuis le Var jusqu'à la Taggia , sur 
un espace de 56goo mètres. Cette plage, vue 
de la haute mer de S.-Hospice, se présente 
comme un golfe immense , bordé de falaises 
calcaires et de grès friables qui , s'avançant 
en pointes , baissent graduellement leur front 
dans la mer. On y distingue également des 
rives nues, arides, couvertes de cailloux rou- 
lés ou de sable fin. Tout cet horizon est coupé 
du nord au sud , par des rivières et de petits 
golfes } par les sinuosités des vallons et les 
cascades des ravins , qui donnent à cette cote 
ainsi aperçue de loin , l'apparence d'une terre 
couverte de ruines et de destruction. Quelques 
pins , nés isolément et à de grandes distances 
sur les pics de ces élévations stériles, semblent 
limiter ces espaces qu'on ne croiroit plus habités 
par des êtres vivans. Ces enfans des siècles 
semblent seuls vivifier de tristes contrées , 
animer de leur verdure un morne rivage si 
différent en réalité de sa trompeuse apparence, 
et, sous ce rapport,véritable image des contrastes 
qu'on remarque trop souvent au moral dans 
l'espèce humaine. 

La profondeur de cette partie de la Méditer- 
ranée varie suivant l'élévation des côtes. On 



XIV CONSIDERATIONS 

observe , en gênerai , que dans les parages qui 
correspondent aux plaines, les eaux sont très- 
basses , et qu'au contraire elles s'élèvent ex- 
cessivement au bas des montagnes, en raison 
de la hauteur de ces dernières. C'est ainsi que 
sur les côtes de San-Remo, de Ventimiglie, de 
Bordighiera, la mer est peu profonde - 7 qu'à 
Menton, à Monaco, elle descend à cinq cents 
mètres ; que vers Villefranche on en trouve 
douze cents; qu'on en reconnoit deux mille dans 
l'anse de Nice ; et qu'elle semble , enfin , in- 
commensurable dans le lointain de Baussi- 
Roussi. 

Ces grandes profondeurs sont hérissées de 
rochers et ne sont fréquente'es que par les 
Squales , les Batistes, les Chimères , les Xi- 
phias y les Gades y les Caranx , les Centro- 
notes , les Lépidolèpres , les Trigles , les Cen- 
tropomes , les Holocentres , les Bodians , 
les Tétragonures , les Pomatomes. 

A cent mètres de profondeur , en avançant 
vers la terre, le fond de la mer est recouvert 
de fange et de limon, séjour impur des Raies , 
des Lophies , des Ce'poles , des Zees , des 
Pleuronectes , des Oligopodes , enfin de tous 
les poissons à chair molle et baveuse. 



GENERALES. XV 

En continuant de s'élever à cent cinquante 
mètres de profondeur , à peu près , la végéta- 
tion se manifeste : les algues , les caulinies , les 
ulves , les conferves , les varecs et les zoophy- 
tes qui tapissent ce séjour , y appellent les 
Ophidies , les Stromatées , les Murènes , les 
TJranoscopes y les Vives, les Scorpènes , les 
Péristédions , les Labres, les S pares , les 
Lutjans , les Esoces , les Murénophis , etc. 

Viennent ensuite les rochers du rivage , où 
les Syngnathes, les Centrisques, les Blennies, 
les Batrachdides , les Gobies , les Notoptêres, 
font leur demeure accoutumée. 

Enfin les belles plaines de galets et de sable, 
ôii se nourrissent les Le'padogastères, les u4m- 
modytes , les Callionymes , les Lépidopes , 
les Gymnètres, les Osmères , les Scornbré- 
soces , les argentines , les udthérines , les 
Stoléphores ? les Mugils , les Chipées et les 
Serpeà. 

Les cétacés qui visitent nos rivages sont: les 
Baleinopthres , les Rorquals , les Dauphins, 
le Marsouins , X Orque , les Physétères, et 
quelquefois même le Cachalot macrocéphale. 
On prit dans notre mandrague, au mois de 
décembre 1787 , un Baleinoptère museau 



XVJ CONSIDÉRATIONS 

pointu du poids de quatre cent soixante-huit 
myriagrammes. 

Le nombre des poissons que j'ai observes , 
comme provenant de la mer de Nice, s élève 
à trois cent quinze , parmi lesquels quatre- 
vingt-huit espèces qui n'avoient jamais été dé- 
crites par les ichthyologistes , ainsi qu'une cin- 
quantaine de variétés. J'ai reconnu aussi que nos 
plages nourrissoient beaucoup de poissons que 
les auteurs avoient annoncé habiter les mers 
d'Amérique, d'Afrique et de la Norwège, et 
plusieurs autres dont on n'avoit point jusqu'à 
présent indiqué la patrie. J'en au rois encore pu 
mentionner un plus grand nombre , dont nos pê- 
cheurs connoissent les noms vulgaires , et qu'ils 
m'assuroient avoir pris sur nos rivages ; mais je 
me suis fait un devoir de ne parler dans cet 
ouvrage que de ce que j'ai vu et pu examiner 
moi-même. 

Comme j'ai souvent eu occasion, en traitant 
des espèces , d'indiquer d'une manière générale 
les procédés à laide desquels on parvient à se 
les procurer, j'ai cru devoir placer à la tête de 
cette Histoire, quelques détails sur les principales 
pèches mises en pratique par nos marins. Je 
vais faire ici l'énumération de celles qui sont le 



N, 



GÉNÉRALES. XVlj 

plus usitées dans le département des Alpes-Ma- 
ritimes. 

i°. La Savega : c'est un long filet, formé 
d'une grande poche ou manche, garni sur les 
côtés de deux ailes auxquelles on attache de 
longues cordes, pour en tracer une vaste courbe 
dans la mer , et le retirer peu à peu sur le ri- 
vage. On prend de cette manière tous les pois- 
sons qui s'approchent des côtes. Le temps le 
plus favorable à cette pêche est le printemps et 
l'automne. La grande aissaugue , décrite et 
figurée dans le Traité des pêches , de Duhamel, 
§. II , ch. VI , pi. xliij , fig. 1 et 5 , donne une 
très-bonne idée de ce filet. 

2°. La Bughiero : c'est un grand filet qu'on 
jette le soir à la mer, de manière à le faire 
plonger horizontalement. On le laisse toute la 
nuit dans le même lieu , et le matin on vient 
le soulever , pour surprendre ainsi les poissons 
voyageurs , tels que les gades sey , les caranx 
trachures, etc. 

3°. Le Sourin : c'est une sorte de tramail dont 
les mailles simples sont proportionnées à la gros- 
seur des poissons qu'on y veut arrêter. On se 
sert de bateaux pour le tendre pendant la nuit, 
sur une très-grande étendue, d après la con- 

b 



XVIlj CONSIDERATIONS 

noissaiice des courans. Les sardines, les anchois, 
et les autres poissons qui voyagent par troupes, 
s'y accrochent et se trouvent arrêtes par les 
opercules des branchies. 

4°. Le Brésin ou Bre'gin: c'est une sorte de 
petite aissaugue, termine'e par une poche ou 
chausse , mais dont les aiîes sont beaucoup 
moins étendues. On le jette et on le retire du 
bateau même. On y prend des petits poissons 
et des crustacés. 

5 Q . Le Gangui , le Rastéo ressemblent en- 
core beaucoup à l'aissaugue , mais ils sont plus 
charges de plomb; leur poche est entourée d'un 
cercle de fer qui racle le fond de la mer et y 
enlève le frai et toute la menuise,à peu près 
comme la drague : c'est une pèche très-des- 
tructive. 

6°. \J Eut remail: c'est un filet compose' de 
différentes couches ou sortes de mailles que 
l'on déploie en disque dans les endroits rocail- 
leux et oii viennent s'accrocher les scorpènes , 
les gobies , les mulets , les sciènes, les perches. 

7°. La Mugiliero ou le Millier-, c'est une 
pêche qu'on établit ordinairement près des ro- 
chers du rivage. On attache le filet à un ba- 
teau ) on le laisse ensuite tomber dans le fond ? 



GENERALES. XIX 

et on le retire quand on croit que , place' par 
le travers d'un courant , le poisson y est entré. 

8°. La Heclaro : cette pêche diffère peu de 
la précédente : les mailles du filet sont seulement 
plus lâches. On y prend des spares, des ho- 
locentres , des centropomes. 

9°. La Tounairo ou Thonnaire est repré- 
sentée dans le Traité des pêches, dé Duhamel 
§. H, chap. VI, pi. xxxij, fig. 2. C'est un filet 
à grandes mailles , flotté et lesté , qu'on déploie 
en enceinte, en digue, ou en parc, depuis la 
pointe d'un rocher jusques dans la haute mer, 
pour y prendre les scombres, les caranx, les 
centronotes, etc. 

io°. La Madrago ou Mandrague : c'est une 
vaste enceinte contournée , composée de gros 
filets déployés en cloison , distribués en cham- 
bres, dont l'ouverture est fort large , et qui di- 
minue insensiblement, en approchant de la tête. 
On y prend les plus petits poissons et les plus 
grands cétacés. 

ii°. La Palangre : c'est une longue corde 
qu'on leste avec des pierres, de distance en dis- 
tance, et qui se termine par un haim ou ha- 
meçon auquel on fixe une amorce. Nos pê- 
cheurs distinguent quatre sortes de palangres : 



XX CONSIDÉRATIONS 

la première est une grosse corde terminée 
par des fils de laiton tordus et recuits , qui 
retiennent un gros haim, lequel peut arrêter 
des squales du poids de quarante myriagram- 
mes. La corde de la seconde et les tresses de fil 
de laiton sont moins grosses : on y prend les 
chimères, les raies, les pomatomes. La troi- 
sième et la quatrième sont encore plus petites, 
et on les amorce pour les trigles, les gades , 
les lëpidolèpres , les ze'es , etc. 

12°. Les Nances ou Nasses, sortes de cages 
d'osier, figurées à peu près comme nos souri- 
cières; mais qui diffèrent beaucoup entr'eîles 
pour la forme et la grandeur, oii les murè- 
nes, les lutjans , les labres, les spares, les mu- 
rénophis , entraîne's par le besoin , pénètrent 
sans précaution et se trouvent retenus, quand 
ils veulent sortir, à cause des pointes intérieu- 
res dirigées à l'orifice de ces sortes de paniers. 

11 faut ajouter à ces divers genres de pêche, 
la ligne flexible, la corde flottante garnie dhaims, 
le trident et quelques autres engins et procéde's 
beaucoup moins usités que ceux dont je viens 
de parler. 

J'ai cru que je ne devois rien négliger de ce 
qui pouvoit intéresser les naturalistes, dans la 



GENERALES. XX) 

description que j'ai faite des espèces; mais je 
m i suis occupe' également de l'instruction 
des gens du monde. J'ai toujours indiqué 
l'utilité dont peuvent être les poissons que j'ai 
fait connoître, soit sous le rapport des alimens 
qu'ils nous procurent, soit à cause des sub- 
stances que les arts peuvent en obtenir. Jai 
regardé également comme un objet important 
d'indiquer le passage périodique des espèces 
dans nos contrées , comme une époque remar- 
quable dans leur histoire , et dans l'espoir que 
le commerce y trouveroit un avertissement 
utile pour ses pèches et ses spéculations. 

La distribution méthodique qui m'a paru 
lier les idées de la manière la plus lumineuse, 
et que j'ai adoptée de préférence par ce motif, 
a été celle du grand ouvrage de M. de Lacé- 
pède sur les poissons : elle ouvre , d'ailleurs, 
un champ plus vaste à l'imagination ; on y 
trouve l'avantage de pouvoir placer sans peine, 
dans le rang que ce grand ichthyologiste leur 
auroit assigné , et qu'il semble lui-même avoir 
pressenti , des espèces qui ont été inconnues 
j usqu'ici. La table méthodique des genres , placée 
à la suite de ce discours, donnera une idée claire 
de cette méthode, et facilitera beaucoup les re- 
cherches. 



XXI] CONSIDÉRATIONS GENERALES. 






A l'exemple de quelques naturalistes , et par 
un juste sentiment d'estime, d'hommage ou 
d'admiration ? j'ai attaché à plusieurs des êtres 
que j'ai le premier fait connoître , les noms de 
quelques hommes que les talens , le mérite , la 
gloire ou l'amitié m'ont désignés ; et il m'a été 
bien doux d'y consacrer ceux de quelques-uns 
de mes compatriotes. 



• 



TABLE METHODIQUE 

Des genres et espèces de poissons décrits 
dans cet ouvrage , et ranges suivant le 
système de Af. Lacépède. 



PREMIÈRE SOUS-CLASSE. 

POISSONS CARTILAGINEUX. 

î. Ordre. A branchies sans opercules ni membrane. 

I er . Sous-ordre. Apodes, 

Genre premier. LAMPROIE. Marine, pàg. r 

+ IVc Sous-ordre. Abdominaux. 

G. II. RAIE , 3 

I. Sous-genre. Dents aiguës ,• aiguillons sur le corps ou 
sur la queue. ib, 

I. Raie Batvs. Lin. 2. R. Oxyrhinque. Lin. 3. R. Mi-~ 
ralet. Lin. 4- R- Raboteuse. Nob. 5. R. Chardon. Liu. 
6. R. Ronce. Lin. 7. R. Museau pointu. Lac. 8. R. 
Petit museau. Nob. 
IL .Sous-genre. Dents obtuses ,* des aiguillons sur le 
corps ou sur la queue , 9 

* La série des sous-ordres , et même des ordres . n'est pas ici 
continue . parce qu'il manque dans nos mers beaucoup de 
genresparmi ceux qu'on rapporte à ces divisions, et que même il 
est plusieurs de ces sous-ordres dans lesquels on n'a pu placer 
encore aucun des poissons connus. 



XXIV TABLE 

9. R. Aigle. Lin. 10. R. Pastenague. Lin. II. R. Bou- 
clée. Lin. 12. R. Ponctuée. Nob. 
G. III. CEPHALOPTERE , pag. i4 

1. C. Giorna. Raie. Lac. 2. C. Masséna. Nob. 
G. IV. TORPILLE , i* 

1. T. Vulgaire. Nob. 2. T. A une tache. Nob. 3. T. 
Mavbrée. Nob. 4- T. Galvani. nob. 
G. V. SCIE vulgaire , 22 

G. VI. SQUALE, a4 

I. Sous-genre. Point d'èvents ; une nageoire dorsale , 
une anale , *»• 

1. S. Peilon. Brous. 

II. Sous-genre. Point d' évents $ deux nageoires dorsales , 
une anale , 2 -5 

2. S. Requin. Lin. 3. S. Glauque. Lin. 4- S. Rondelet. 
Nob. 5. Long nez. Lin. 6. S. Roussette. Lin. 7. S. 
Rouchier. Lin. 8. S. Milandre. Lin. 9. S. Emissole. 
Lin. 10. S. Marteau. Lin. il. S. Pantouflier. Lac. 
12. S. Renard. Lin. 

III. Sous-genre. Des êvents \ une nageoire dorsale et 
une anale , 3 7 
i3. S. Griset. Lin. 

IV. Sous-genre. Des évenls ; deux nageoires dorsales ; 
une anale , $* 
14. S. Féroce. Nob. 

V. Sous genre. Des évents \ deux nageoires dorsales ; 
point d'anale , 4° 
i5. S. Aiguillât. Lin. 16. S. Sagre. Lin. 17. S. Hu- 

mantin. Lin. 18. S. Bouclé. Brouss. 19. S. Nicéen. 
Nob. 
G. VII. SQUATINE. Ange], 45 



METHODIQUE. XXV 

IL Ordre. A branchies sans opercules ; mais a 

MEMBRANE. 

Vie. Sous-ordre. Jugulaires. 
G. VIII. BAUDROIE. Pécheresse , 47 

Vile. Sous-ordre. Thoraciques. 

G. IX. BALISTE , pag. 49 

I. Sous-genre. Plus d'un rayon à la première nageoire 
dorsale, tt à la nageoire paire inférieure, ib. 
1. B. Buniva. Lac. 2. B. Vieille. Lin. 

II. Sous-genie. Plus d'un rayon à la première nageoire 
dorsale ,- un seul à la nageoire inférieure , 5l 
3. B. Caprisque. Lin. 

VIII e . Sous-ordre. Abdominaux. 
G. X. CHIMÈRE. Arctique , 53 

III. Ordre. A branchies avec opercules sans 

MEMBRANE. 

XI le. Sous-ordre. Abdominaux. 
G. XII. ACIPENSÈRE. Esturgeon , 55 

IV. Ordre. A branchies avec opercules Et 

MEMBRANE. 

XI Ile. Sous- ordre. Apodes. 

G. XII. COFFRE ou OSTRACION , 5 7 

I. Sous-genre. A sourcils et dessous du corps sans ai- 
guillons , ib, 
I. O. Moucheté. Cubique. Lin. 



XXVJ TABLE 

II. Sous-genre, Sourcils sans épines ; à ventre aiguil- 
lonné , pag. 58 

2. O. Trigone. Lin. 

G. XIII. LUNE ou CEPHALE. Meule , 60 

G. XIV. SYNGNATHE , 62 

I. Sous-genre. Des nageoires pectorales ? - une anale , 
une caudale. ib. 
1. S. Trompette. Typlile. Lin. 2. S. Aiguille. Lin. 

II. Sous-genre. Des nageoires pectorales ,• une caudale 

et pas d'anale , G3 

3. S. Pélagique. Nob. 4. S. Vert. Nob. 5. S. Eou- 
geâtre. Nob. 

III. Sous-genre. Une nageoire à la queue; une au dos ; 
pas à la poitrine ni à Vanus, 6(> 

6. S. Pipe. OEquoreus. Lin. 

IV. Sous-genre. Des nageoires à la poitrine et à Vanus , 
pas à la queue , 67 

7. S. Hippocarr pe. Lin. 

V. Sous-genre. Point d'autres nageoires qu'au dos , 68 

8. S. Ophidion. Lin. 9. S. Papacin. Nob. 10. S. A ban- 
des. Nob. 

XV e . Sous-ordre. Thoraciques. 

G. XV. LEPADOGASTÈRE , 72 

I. Sous-genre. Des appendices sur les narines , ià. 
1. L. Gouan. Lac. 2. L. Balbis. Nob. 

II. Sous-genre. Point d'appendices sur les narines , 74 
3. L. Ocellé. Nob. L. Yvildenow.Nob. 5. L. Olivâlre. 

Nob. 6. L. Decandolle. Nob. L. Réticulé. Nob. 

XVI e . Sous-ordre. Abdominaux. 

G. XVI. CENTRISQUE snmpitt, 79 

G. XVII. SOLENOSTOME. Bécasse, 80 



MÉTHODIQUE. XXV1J 

SECONDE SOUS-CLASSE. 

POISSONS OSSEUX. 

V, Ordre. A branchies avec opercules et membrane. 

XVII e ' Sous-ordre. Apodes, 

G. XVIII NQTOPTÈRE, pag. 8a 

l. N. Fontanes. Nob. 
G. XIX. LEPTOCEPHALE , 85 

1. L. Spallanzani. Nob. 
G. XX. OPHISURE , 87 

i° Ophis. Lin. 2°. Serpent. Lin. 
G. XXI. MURENE , 89 

1. M. Anguille. Lin. 2. M. Myre. Lin. 3. M. Cassini. 
Nob. 4. M. Congre. Lin. 5. M. Noire. Nob. j 
G. XXÏI. AMMODYTES. Appât , 95 

G. XXIII. OPHIDIE , 96 

I. Sous-genre. Mdchoitc à barbillons , ib. 
1. O. Barbue. Lin. 1. O. Vassali.Nob. 

II. Sous-genre. Mâchoire sans barbillons , 98 
3. O. Imberbe. Lin. 

G. XXIV. XIPHIAS. Espadon , 99 

G. XXV. STROMATÈE, 100 

1. S. Fiatole. 2. S. Paru. 

XVIII e . Sous-ordre. Jugulaires. 

G. XXVI. CALLIONYME, io3 

1. C. Lyre. Lin. 2. C. Drsgonneau. Lin. 3. C. Flè- 
che. Lin. 
G. XXVII. TJ RANOSCOPE. Rat , 1 06 

G. XXVIII. TRACIIINE , 1 08 

1. T. Vive. Draeo. Li-o. 2. T. Araignée, Lineatiis. 
Blocb. 



XXVllj TABLE 

G. XXIX. GADE, no 

I. Sous-genre. Trois nageoires du dos ; deux de Va- 
nus ; un barbillon au bout du museau , pag. ib. 
i. G. Capelan. IHinutus. Lin. 2. G. Blennoïde. Lin. 

II. Sous-genre. Trois nageoires du dos ; deux anales ; 
pas de barbillons , II» 
3. G. Colin. Carbonarius. Lin. 4- G. Pollack, Lin. 5. 

G. Sey. Virens. Lin. 6. G. Merlan. Lin. 

III. Sous-genre. Deux nageoires dorsales j un barbillon 

au bout du museau , 116 

7. G. Moro. Nob. 8. G. Lépidion Nob. 9. G. Molve. 
Lin, 10. G. Mustèle. Lin. 11. G. Brun. iNob. 

IV. Sous-genre. Deux nageoires dorsales ; une anale; 
pas de barbillons , 123 
12. G. Merlus. Lin. i3. G. Maraldi. Nob. 

G. XXX. BLENNIE , 124 

I. Sous-genre. Deux nageoires du dos; des Jîlamens 

ou appendices sur lu tête , ib. 

1, B. Lièvre. Ocellaris. Lin. 2. B. Phycis. Lin. 

II. Sous-genre. Une seule nageoire dorsale j pas de 
Jîlamens sur la tête , 12.S 

3. B. Méditerranéen. Lin. /\. B. Gattorugine- Lin. 5. 
B. Cornu. Lin. 6. B. Bréa. Nob. 7. B. Tentacule. 
Lin. 8. B. Sujéfien. Lac. 9.B. Coquillade. Galerita. 
Lin. 10. B. Paon. Nob. il. B. Etoile. Nob. 

III. Sous-genre. Trois nageoires dorsales; point de 
barbillons sur la tête, i35 
12. B. Triptéronote. Nob. 

IV. Sous genre. Deux nageoires dorsales ; point de 
barbillons sur la tête , ] 36 
i3 B. Gadoïde. Lin. 

V. Sous-genre. Une seule nageoire dorsale ; point de 
barbillons sur la tête, îî 1 ] 






METHODIQUE. XXIX 

i4- B. Testudinaire. Nob. i5. B. Pholis. Lin. 16. 
B. Audifrèdi. Nob. 17. B. Argenté. Nob. 
G. XXXI. OLIGOPODE. Noir, pag. 141 

G. XXXII. BATRACHOIDE. Gmelin , 143 

XIXe. Sous-ordre. Thoraciques. 

G. XXXIII. GYMNÈTRE. Lacépède , jfô 

G. XXXIV. LEPIDOPE , ^8 

I. L. Péron. Nob. 2. L. Gouanien. Lac. 3. L. Dia- 
phane. Nob. 
G. XXXV. CEPOLE , ,53 

1. C. Taenia. Lin. 2. C. Serpentiforine. 
G. XXXVI. GOB1E , !55 

I. G Aplue. Lin. 2. G. Paganel. Lin. 3. G. Ensan- 
glanté. Lin. 4- G. Bicolore. Lin. 5. G. Boulerot. 
Niger. Lin. 6. G. Jozo. Lin. 7. G. Menu. Lin. 8. 
G. Doré. Nob. 9. G. Nébuleux. Lin. 10, G. Lesueur. 
Nob. ( Article suppl. pag. 38? ). 
G. XXXVII. SCOMBRE , lGx 

1. S. Thon. Lin. 2. S. Commerson. Lac. 5. S. Dela- 
roche. Nob. 4- S Bonite. Pelamys. Lin. 5. S .Sarde. 
Lac. 6. S. Aile longue. Lin. 7. S. Maquereau. 8. 
S. Colias. Lin. 
G. XXXVIII. CARANX , , n3 

1. C. Tracbure. Lin. 2. C. Amie. Lin. 3. C. Duméril. 
Nob. 
G. XXXIX. ECHENEIDE. Rémora , x „„ 

G. XL. CORYPHENE , l7 3 

I. C. Dorade. Hippurus. Lin. 2. C. Doradon. Equi- 
setis. Lin. 3. C. Pompile. Lin. 4« C. Rasoir. JYo~ 
vacilla. Lin. 
G. XLI. COTTE. Chabot, |8a 

G. XLII. SCORPENE , ,g£ 

I. Sous-genre. Pas de barbillons. tf, 

1. S. Marseilloise. Lac. 2. S. Dactyloptère. Delaroche, 



XXX ■ TABLE 

II. Sous-genre. Des harhillons , pag. 187 

3. S. Rascasse. Porcus. Lin. 4* S. Truie. Scroja. 
Lin. 5. S. Jaune. Nob. 
G. XLIII. GASTEROSTEE. Epinoche, 191 

G. XLIV. CENTRONOTE , ic)3 

I. C. Pilote. Conductor. Lin. 2. C. Glaicos. Lac. 3. C. 
Lyzan. Lac. l\- C. Vadigo. Lac. 
G. XLV. LEPIDOLEPRE , 197 

1. L. Trachyrinque. Nob. 2. L. Cœlorliinque. Nob. 
G. XLVI. DACTYLOPTERE. Piéropode, 201 

G. XLVTI. TRIGLE , 2o3 

I. T. Lyre. Lin. 2. T. Adriatique. Lin. 3. T. Hiron- 
delle. Lin, 4. T. Pin. Bioch. 5 T. Gurnau. Lin. 6, 
T. Grondin. Cuculus. Lin. 7. T. Milan. Lucema. 
G. XLVIII. PERISTEDION. Malarmat , 102 

G. XLIX. MULLE 212 

1. M. Rouget. 2. M. Surmulet. 
G. L. APOGON. Rouge , 214 

G. LI. LABRE, iiG 

L Sous-genre. La nageoire de la queue rectiligne , ar- 
rondie ou lancéolée , ib. 
1. L. Paon. Lin. 2. L. Lonche. Lin. 5. L. Touru. Lia. 
4- T. Triple-tache. Blocii. 5. L. Rayé. Lin. 6. L. 
Ballan. Lin. 7. Perroquet. Viridis. Lin. 8. L. Mêlé. 
Lin. 9. L. Ossiphage. Lin. 10. L. Boisé. Tesse- 
latus. Lin. 1 1 . L. Merle. Lin. 12. L. Bleu. Lin. 10. 
L. Canude. Cynœdus. Lin. 14. L. Double-tache. 
Lin. i5. L. Girelle Iulis. Lin. 16. L. Giofredi. 
Nob. 17. L. Varié. Lin. 18, L. Plombé. Lwens. Lin. 
19. L. Nérée. Nob. 
II. Sous-genre. La nageoire de la queue divisée en trois 
lubes , 2$z 
20. L. Hébraïque. Lac. 
G : LU, SPARE , 254 



METHODIQUE. XXXj 

J. Sous-genre. La nageoire de la queue fourchue ou en 

croissant , P a n* 2 ^4 

I, L. Dorade. Auratus. Lin. 2. S. Sparaillon. v^/z- 

nularis. Lin. 3. S. Sargue. Lin. 4* S. Puntazzo. 

Lin. 5. S. Oblade. Melanurus. Lin. 6. S. Smaris. 

Lin. 7. S. Mendole. Mœna. Lin. 8. S. Pagel. Ery- 

thrinus. Lin. 9. S. Pagre. Lin. 10. S. Bogue. Boops, 

Lin. 11. S. Cantbère. Lin. 12. S. Saupe. Lin. i3. 

S. Haffara. Lin. 14. S. Mormyre. Lin. i5. Osbeck. 

Lin. 16. S. Marseillois. Lac. 17. S. Castagnole. 

Raji. Bloch. 18. Bogaraveo. Lac. 10. S. Gros-œil. 

Macrophtalmus. Lac. 20. S. Denté. Lin. 21. S. Bi- 

lobé. Lac. 22. S. Berde. Lin. 23. S. Passeroni. Nob. 

II. Sous- genre. La nageoire de la queue rectiligne ou 
arrondie, 254 

24. S. Marron. Lac. S. Chromis. Lin. 25. S. Hurta. 
Lin. 26. S. Cetti. Nob. 27. S. Caissotti. Nob. 28* 
28. Martin pêcheur. Alcedo. Nob. 

G. LUI. LTJTJAN , 260 

I. Sous-genre. La nageoire de la queue fourchue ou en 
croissant , ib. 

1. L. Anthias. Lin, 

II. Sous-genre. La nageoire de la queue arrondie , 261 

2. L. Geoffroy. Nob. 3. L. Lapine. Lin. l\. L. Palloni. 
Nob. 5. L. Ecriture. Lac. 6. L. Melops. Lin. 7. L. 
Ceudré. Lin. 8. L. Cornubien. Lin. g. L. Tacheté. 
Lin. 10. L. Maillé. Venosus. Lin. 11 OEillé. Ocel- 
laris. Lin. 12. L. Tanche. Lin. i3. L. Rougeâtre. 
Nob. i/j. L. Méditerranéen. Lin. l5. L. Brunnich. 
Lac. 16. L. Massa. Nob. 17 L. Vert tendre. Chlo- 
rosochros. Nob. 18. L. Roissal. Nob. 19. L. Varié. 
Lin. 20. L. Alberli. Nob. 21. L. Ocellé. Lac. 22. L. 
Olivâtre. Lac. a3. L. Verdâtre. Lin. 24. L. La- 



XXXI] TABLE. 

marck. Noh. 25. L. Cotta. Nob. 26. L. Queue 
noire. Nob. 27. L. Marseillois. Lac. 
G. LIV. CENTROPOME , pag. 286 

1. C. Rayé. Lac. 2. C. Noirâlrc. Nob. 
G. LV. HOLOCENTRE , 288 

I. Sous-genre. Nageoire de la queue rectiligne ou ar- 
rondie , io. 
I. H. Mérou. Lac. 2. H. A bandes. Lac. 3. H. Marin. 

Lac. 

II. Sous- genre. JVageoire de la queue fourchue , échan- 
crêe . ou en croissant , 29a 
4. H. Hépate (Labre Lin.). 5. H. Jaune. Nob. 6. H. 

Serran. Perça Cabrilla, Lin. 
G. LVI. SCIENE. Umbre , 295 

G. LVII. PERSEQUE , 297 

1. P. Umbre. Lac. 2. P. Vanloo. Nob. 3. P. Loup. 

Labrax. Lin. 
G. LVIII. POMATOME , 3oi 

1. Télescope. Nob. 
G. LIX. ZÉE. Forgeron , 3o3 

G. LX. CAPROS. Sanglier , 3o5 

G. LXI. PLEURONECTE , 3o6 

I. Sous-genre. Les deux yeux à droite; la nageoire 
caudale non échancrée , io. 
1. P. Sole. Lin. 2. P. Plie. Lin. 3. Pégouse. Lac. 4. P. 

OEillé. Lac. 5. P. Mangilli. Nob. 6. P. Lascaris. 
Nob. 7. P. Jaune. Nob. 8. P. Théophile. Nob. 

II. Sous-genre. Les deux yeux à gauche ; la caudale 
non échancrée , •» • -I 

g, P. Turbot. Maximus. Lin. 10. P. Carrelet. 
JRhombus.~L'm. 1 1. P. Moineau. Passer. Lin. 12. 
P. Argus. Lin. l3. Manchot. Biouss. l^. P. Léo- 
tardi. Nob. i5. Bosquien. Nob. 



METHODIQUE. XXXllj 

XXe. Sous-ordre* Abdominaux. 

G. LXII. SALMONE, pag. 322 

I. S. Truite. Fario. Lin. 2. S. Truite Saumonée. 

Trutta. Lin. 

G. LXIILOSMERE, 325 

i. O. Lézard. Saurus, Lin. 2. O. A bandes. Fascia- 

tus. Nob. 

G. LXIV. CORREGONE , 328 

I. G. Marénule. Lin. 
G. LXV. ESOCE , 529 

1. E. Belone. Lin. 2 E. Campérien. 
G. LXVI. SPHYRENE , 333 

1. S. Spet. 
G. LXVII. SCOMBRESOCE , 334 

1. S. Campérien. 
G. LXVIII. ARGENTINE , 336 

1. A. Sphyrène. 
G. LXIX. ATHERINE , 33 7 

I. A Joël. Hepsetus. Lin, 2. A. Boyer. Nob, 3. A. 
Marbrée. Nob. 4. A. Naine. Nob. 
G. LXX. STOLEPHORE , 342 

1. S. Risso. Nob. 
G. LXXI. MUGE , 

1. M. Céphale. Lin. 2. M. Doré. Nob. 3. M. Sauteur. 
Nob. 4. M. Provençal. Nob. 
G. LXXII. TETRAGONURE, 347 

1. T. Cuvier. Nob. 
G. LXXIII. EXOCET , 2 5 

1. E. Volant. 
G. LXXIV. CLUPÉE , 35 2 

1. C. Sardine. Sprattus. Lin. 2. C. Alose. Lin. 3. C. 
Anchois. Encras icholus. Lin. 
G. LXXV. SERPE. Gasteropelecus , 356 

C 



XXXIV TABLE METHODIQUE. 

I. S. Petite bouclie. Nob. 2. S. Crocodile. Nob. 3. S. 
Iluuiboldt. Nob. pag. 36a 

G. LXXVI. CYPRIN, 3Go 

I. Sous-genre- Quatre barbillons à la bouche , ib. 
i. C. Barbeau Lin. 2. C. Bulatiuai. Pallas. 

II. Sous-genre. Point de barbillons ,• la nageoire cau- 
dale échancrée , 36a 
3. C. Vandoise. Leuciscus. Lin. 4. C. Chub. Pennant 

4- C. Doré. 

Huitième et dernier Sous-ordre. 

POISSONS OSSEUX SANS OPERCULES NI MEMBRANE 
AUX BRANCHIES. 

G. LXXVJI. MURENOPHIS , 36G 

I. M. Hélène. Lin. 2. M. Fauve. Nob. 3. M. Crislini. 
Nob. Unicolor Delaroclie. 4* M. Sourcière, 



EXPLICATION DES FIGURES 

PLACÉES A LA FIN DE CET OUVRAGE. 



Planches I et II. 

Figure i et a. Raie petit museau. Raia rostellata } n. 8, pag. 8. 
Vue eu dessus et en dessous. 

Planche III. 

— 3. Torpille à une tache. Torpédo unimaculata, n. 2, p. 2o. 

— 4- Torpille marbrée. Torpédo marmorata , n. 3 , p. 20 

— 5. Torpille Gahani. Torpédo Galvani } n. 4> p- 2.1. 

Planche IV. 

— 6. Squale de Nice. Squalus JSicœensis , n. 19, p. 43. 

— 7. Syngnathe Papacin. Sjngnathus papacinus. n. 9, \i.6g. 

— 8. Syngnalheà bandes. Sj ngnathus fasciatus , n. lo,p. 70." 

— 9. Lépadogastère Balbis. Lcpadogaster BaLbis ,11. 2, p. 73. 

— io. Lépadogastère Wiildenovv. Lcpadogaster Wildenowd, 

n. 4, p. 75. 

— II. NotoptèreFontanes. Notopterus Fontanesii, n. i,p.82. 

Planche V. 

— 12. Opbidie Vassali. Ophidium p^assali, n. 1 , p. 97. 

— 14. Blennie tiiptéionote. Blennius tripteronotus , n. 12, 

p. l35. 

— 17. Gjmnètre Lacépède. Gymnetrus Cepedianus , n. I, 

p. 1 46. 

18. Lépidope Péron. Lepidopus Peronii, n. 1 , p. l48. 

10, Lépidope diaphane. Lepidopus pelluciduSj n. 3, p. i52. 

Planche VI. 

— l3. Gade Maraldi. Godas Maraldi, n. i3, p 123. 

••— l5. Blennie Audifièdi. Blennius Audifredi , n. 16, p. i39- 

— 16. Batrachoïde Gmelin. Batrachoides Gmelini , n. I , 

p. i43. 
20. Caraux Dunaéril. Caranx Dumerilii, n. 3. p. 175. 



XXXVJ EXPLICATION DES FIGURES. 

Planche VII. 

FlG. ai. Lépidolèpre trachyrhinque. Lepidoleprus trachyrhitu 
eus , n. i , pag. 197. 

— 22. Lépidolèpre cœlorhinque. Lepidoleprus cœlorhincus , 

n. 2 , p. 200. 

— 24- Spare Passeroni. Sparus Passeront ,11. 23 , p. 253. 

— 32. Pleuronecte Lascaris. Pleuronecte Lascaris , n. 6 , 

p. 3i 1. 

— 33. Pleuronecte Bosquien. Pleuronectes JBoscii } n. 16, 

p. 319. 

Planche VIII. 

— 25». Lutjan Geoffroy. Lutjanus Geoffroyus , n. 2 , p. 36r. 

— 26. Lutjan Massa. Lutjanus Massa, n. 16, p. 2^4- 

— 27. Lutjan vert tendre. Lutjanus chlorosochrus , 11. 17, 

P" 3 7 5 ' 

— 1 28» Lutjan Roissal. Lutjanus Roassali , n. 18 , p. 276. 

Planche IX. 

— * 23. Labre Giofredi. Labrus Giofredi , n. 16, p. 228. 

— 29. Lutjan Laraarck. Lutjanus Lamarckii , n. 2.!\, p. 281. 

— 3o, Persèque Vanloo. Perça T^anloo , n. 2 , p, 298. 

— ■ 3i. Pomatome télescope. Pomatomus telescopus , n. 1 , 
p. 3oi. 

Planche X. 

— 34. Esoce boa. Esox boa , n. 2 , p. 33o. 

— 36. Stolépbore Risso. Stolephorus Hisso , n. 1 , p. 342. 

— 3^. Tétragonure Cuvier. Tetragonorus Cuvieri , n. 1 , 

p. 347. 

— 38. Serpe Humboldt. Gasteropelecus Humboldti , n. 3 , 

p. 558. 

— 39. Muréuopbis sourcière. Mur œnophis saga , n. !\, p. 370. 

Planche XI. 

— 4<>. Gade lépidion. Gadus lepidion , n. 8 , p. II 8. 

— 41. Oligopode noir. Oligopus ater , n. 1 , p. 142. 

— 4.2. Gobie doré. Gobius auratus , n. 8, p. 160. 

— 43. Gobie Lesueur. Gobius Suerii. Article supplémen- 

taire pour la page 161 , n. 10 , p. 387. 



HISTOIRE NATURELLE 

DES POISSONS 

DU DEPARTEMENT 

DES ALPES MARITIMES. 



PREMIÈRE SOUS-CLASSE 

DE LA MÉTHODE DE M. LACEPÈDE. 

POISSONS CARTILAGINEUX. 



Genre I." Lamproie. Petromyzon. Àrtèdi. 

Caractères. Corps cylindrique , anguilliforme ^ 
sans nageoires paires; bouche arrondie; un 
seul e'vent sur la nuque; sept ouvertures 
branchiales de chaque côte' du cou. 



i. L. Marine. P. Marimts. Lin. (Lampruo. ) *• 

Bloch. pj. 77; 

P. marmorata, dentibus confertis , ordinibus cir~ 
citer viginti ; pinna dorai postica a caudali dis» 
tincta. 

Le dessus du corps de cette lamproie est d'un 

¥ Les noms qui se trouvent entre des parenthèses, sont ceux 
sous lesquels les espèces sont désignées à Nice.. 

I 



1 CARTILAGINEUX. LAMPROIE. 

vert brunâtre , marbré de nuances plus foncées. 
Sa tête est allongée et porte sur son sommet une 
petite tache transparente , blanche , arrondie. La 
bouche est circulaire , un peu inférieure , comme 
une troncature du tronc , susceptible de se mou- 
voir en tous sens 5 elle est garnie dans son inté- 
rieur, qui est comme conique , d'environ vingt 
rangées de dents jaunâtres , 'pyramidales , un peu 
crochues , creuses et non enchâssées , dont quel- 
ques-unes plus grosses au centre. Les yeux sont 
d'un brun doré à pupille bordée de noir , entou- 
rés de neuf petits pores par lesquels transsude 
une humeur visqueuse. Le dessous du corps est 
d'un blanc argenté jaunâtre. Les nageoires sont 
peu élevées au nombre de quatre : savoir , les deux 
dorsales d'une couleur orange pâle j une bleuâtre 
au-delà de l'anus 5 enfin une dernière arrondie , 
entourant la queue. 

La longueur ordinaire de ce poisson est d'un 
demi-mètre. On le trouve, au mois de mars, dans 
la mer de Nice. 

RE M A RQU E S, 

Une grande flexibilité dans les muscles , une souplesse extraor- 
dinaire dans les mouvemens , sont les facultés dont la nature a 
doué la lamproie , pour qu'elle puisse onduler dans tous les 
sens au milieu des eaux. Ce poisson n'est pas commun sur nos 
rivages. On le trouve quelquefois accroché sous les bâtimens , 
à l'aide de sa bouche qui fait l'office d'une ventouse. Sa chair 
est tendre et savoureuse , et sa saveur est à peu près celle de 
l'anguille et de la raie réunies. 



CARTILAGINEUX. RAIE. O 

G. II. Raie. Raia. Artèdi. 

Caractères. Corps très- déprimé , à cinq trous 
branchiaux en dessous de chaque côté; bou- 
che transversale et narines situées au-dessous 
d'un museau pointu ou arrondi; les veux en 
dessus et deuxévens derrière; queue longue 
conique , beaucoup plus étroite que le tronc. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Les dents aiguës ; des aiguillons sur le corps ou 

sur la queue. 

i. R. Bâtis. Lac. R. Batys, Lin. (Floussado.) 

Blocb. pi. jg. 

R, Cinerea , nigro punctata ; couda unico aculeO" 
rum or dîne , apice aptera. 

Cette raie a le corps en losange avec le dessus 
d'un gris cendré , parsemé de taches irrégulières, 
noirâtres et le dessous d'un blanc sale , marqué 
de plusieurs rangées de points noirs. Son museau 
est pointu , ses orbites sont couvertes d'aiguillons , 
ainsi que la partie supérieure de la tête. La queue 
est longue, souple, presque ronde , avec deux 
petites nageoires placées en dessus vers l'extrémité 
qui se termine en pointe. La peau est tenace et 
visqueuse. La chair en est blanche et de bon 



4 CARTILAGINEUX. RAIE- 

goût. On prend quelquefois cette espèce danê 



nos mers. 



2. R. OxTMNQtJE.Lac.i?. Oxyrinchus.'Lm. (Pisoa.) 

Blocb. p]. 8.'. 

R. Cinerascens , pallido maculata ; rostro acuio t 
prcelongo ; aculeorum ordine unico in dorso cau- 
daque. 

Le corps de l'oxyrinque est large et peu épais ; 
il est en dessus d'un gris mêlé de rougeâtre r 
parsemé de taches blanches , ainsi que de points 
noirs et de petits aiguillons , le dessous est blan- 
châtre , pointillé de noir. Le museau ou prolon- 
gement de la tête est pointu , les yeux sont ellip- 
tiques , surmontés de trois aiguillons , l'iris est 
argenté, la prunelle verdâtre. La queue est courte , 
obtuse , armée de trois rangs d'aiguillons irrégu- 
liers dont celui du milieu se prolonge le long du 
dos. La chair de ce cartilagineux est d'une saveur 
médiocre. On le pêche le plus souvent dans les 
mois de février et de juillet. Les plus gros indi- 
vidus pèsent jusqu'à six myriagrammes. 

5. R. Miràlet. Lac. R. Miraletus, Lin. ( Miragliet. ) 

Rondsi.it, pag. 34g. lib. xn. cap. g. 

JS. Lavis , alis suprà ocellalis , cauda tripliclter re- 
trorsumcjuc aculeata. 

Cette espèce a le dessus du corps d'un jaune 
rougeâtre , marqueté de points ronges et orné sur 



CARTILAGINEUX. RAIE. 5 

chaque grande nageoire d'une grande tache pur- 
purine changeante ? renfermée dans un cercle 
fauve , qu'on a comparée à un miroir. Lemuseau> 
les orbites et la ligne dorsale sont protégés par 
de petits aiguillons recourbés 5 la queue est hérissée 
de trois rangées d'aiguillons avec quelques inter- 
médiaires plus petits 5 elle porte trois nageoires 
dont la dernière en occupe l'extrémité. La chair de 
ce poisson est estimée. On le prend en mars et en 
juin, à Nice et à Villefranche. Son poids va ra- 
rement au-delà de deux kilogrammes. 

4. R. Raboteuse. R. Aspera* Nob. ( Rasa. ) 

RomdBlet , tom. i, pag. 35C,lib. 12, cap. xvi. 

R. Corpore aspero, nigro punctato ; orbitis aculea- 
ttSy rostro por recto rotundato ; tuberculis g/abris 
in medio dorsi; cauda trijhriam aculeata. N. 

Cette espèce paroît avoir beaucoup de rapports 
avec celle que le célèbre Rondelet a fuit connoître , 
mais dont il n'a pas assez précisé les caractères 
pour que les ichthyologistes aient pu depuis la dis- 
tinguer. Un blanc jaunâtre couvert de grandes 
taches noires , colore le dessus 5 le dessous est 
d'un blanc sale. Le museau est prolongé et ar- 
rondi à son extrémité. La bouche est ample . les 
yeux grands , l'iris grisâtre. Ils sont garnis dans 
leur pourtour de grosses pointes aiguës. Lesévens 
sont linéaires : un peu plus bas se trouvent assez; 
régulièrement placés six osselets crochus ? doiafc 



6 CARTILAGINEUX. RAIE. 

deux situés au centre et les autres à égale distance 
de chaque côté. On voit sur toute la ligne mé- 
diane du dos une rangée de tubercules glabres. 
La queue est très-raboteuse , aussi longue que le 
corps 5 elle est armée au milieu et sur les côtés 
d'une rangée de gros piquans courbés et garnie 
vers l'extrémité de trois nageoires rudes dont une 
entoure la pointe. 

Ce poisson n'atteint guère que le poids d'un 
kilogramme. Sa chair est dure et coriace. Il a 
beaucoup de rapports avec la raie ronce dont 
il n'est peut-être qu'un jeune individu. 

5.R. Chardon. Lac. R. Fulionica. Lin. (Cardairo.) 

Rondelet, pag. 556 , lib. 12 , cap. xvn. 

R. Toto dorso aculeato : duplici aculeorum série in 
cauddy simplicique adoculos- Artèdi synon. 10L 

La partie supérieure de cette raie est d'un blanc 
tirant sur le jaune ? parsemée irrégulièrement de 
taches noires, arrondies , et hérissée d'aiguillons - 
le dessous est blanchâtre. Son museau , qui se 
termine en pointe > est couvert également d'as- 
pérités. La bouche est ample. Les yeux , surmon- 
tés de pointes , ont l'iris gris et la prunelle noire. 
La queue est longue , armée de deux rangs de 
piquans. Les individus de cette espèce qu'on 
trouve dans nos mers en juin , pèsent un peu plus 
qu'un kilogramme. Leur chair est assez bonne. On 
confond ici souvent cette espèce avec la suivante. 



CARTILAGINEUX. RAIE. J 

6. R. Ronce. Lac. R. Rubus. Lin. ( Razzo.) 

Br.ocn. pi. 81. 

R. Dorso subtus asperrimo , ordine aculeorum uni-' 
co , tribusque in couda ad apicem bipinnatâ. 

Les nombreux piquans de cette raie lui ont 
fait donner le nom qu'elle porte. Son corps est 
en dessus d'un jaune obscur tacheté de brun 
hérissé de pointes ; en dessous il est blanc. Le 
museau est pointu , la bouche moyenne. Les 
yeux ont l'iris noirâtre , la prunelle bleue 5 ils 
sont surmontés d'une rangée de petites pointes. 
La queue présente trois rangs'de forts aiguillons, 
et se termine par deux petites nageoires. Les ven- 
trales n'ont que trois rayons. Cette espèce est fort 
répandue sur toute notre côte. Son poids va jusqu'à 
dix kilogrammes. Sa chair est d'un bon goût. 

7. R. Museau-pointu. Lac. Rostrata. Lac. ( Fuma. ) 

Lictp, tom. 4 , pag. 672. 

R, Lcevigata , grisea ; rostro canalicnlato , longis- 
simo ; caudâ tripliciter aculeatâ* 

La longueur du museau est un des caractères 
les plus remarquables de cette espèce. Son corps 
est lisse , d'un gris clair en dessus 5 blanchâtre et 
parsemé de points noirs oblongs en dessous. Son 
museau est long , pointu ? cannelé 5 garni en 
dessous de pointes aiguè's dans la femelle. Les 
yeux sont relevés ? avec l'iris argenté et la prunelle 



$ CARTILAGINEUX. RAIE. 

noire. La pupille est dentelée , et l'animal en écarte 
et en rapproche à volonté les dentelures. La bouche 
est ample , la mandibule supérieure est arquée et 
l'inférieure droite. Ces mâchoires sont garnies 
de six rangées de dents renflées à la base et poin- 
tues à l'extrémité , les plus extérieures sont un 
peu obtuses. Les appendices du mâle sont den- 
telés. La queue est aplatie, hérissée de trois rangs 
de piquans assez écartés les uns des autres, et 
dont celui du milieu est le plus grand $ cette 
queue rude dans les intervalles , offre en outre , 
vers l'extrémité , deux petites nageoires dorsale» 
rondes et une membrane courte à la sommité. 
Ce cartilagineux fréquente les profondeurs va- 
seuses de la plage de Nice. On en prend du 
poids de trois kilogrammes qui ont alors cinq 
décimètres de longueur , sur quatre environ de 
largeur. Ce poisson s'approche des côtes en mai , 
juin et septembre. 

8. R. Petit-museau. R. Rostel/ata. N. ( Miraglet. ) 

PI. 1 et 2 , fig. 1 et a de cet ouvrage. 

R. Suprà lutea , nigro fasciaùa t pinnis pectoralïbus 
arcuatis ; rostro prœlongo, cauda depressa, tri/a- 
riàm acide ata. 

Les bords des nageoires pectorales courbés en 
arc, le museau moins allongé et rude distinguent 
de la précédente cette espèce qui n'a encore été 
décrite par aucun naturaliste. Son corps est lisse ? 



CARTILAGINEUX. RAIE. 9 

de couleur chamois ? bordé sur les côtés de vert- 
» obscur , parsemé de quelques taches rondes ep 
grises au milieu , traversées de quelques nervures. 
Les yeux sont très-grands , élevés , avec l'iris 
doré et la prunelle noire. Ils sont surmontés de 
deux aiguillons courbés. La queue est aplatie , 
ornée d'une bande noire au milieu , et hérissée 
de trois rangées d'aiguillons courbés. La bouche 
est étroite , armée de deux rangs de petites dents 
aiguës. Le dessous du corps est rougeâtre ? co- 
loré de gi'andes bandes noires sur les nageoires 
pectorales. Le museau est couvert en dessous de 
fines aspérités. La queue est aussi longue que le 
corps qui a trois décimètres de longueur , sur 
deux de largeur. 

Ce poisson , qu'on prend en mai et en juin sur 
la plage de Nice , a la cjiair blanche et d'un bon 
goût. 

DEUXIÈME SOUS-GENRE. 

JLes dents obtuses , des aiguillons sur le corps ou sur 

la queue. 

g. R. Aigle. Lac. B.. Aquila. Lin. ( Ferraza. ) 

Rondelet , pag. 338 , lib. 19 , cap. u. Bloch. 8i ? 

R. Lcevis ; rostro obtuso ; aculeo longo biserrato , set- 
pihs unicOj in caudâ ad basin tantum pinnatâ. 

Le corps de cette espèce est lisse ? d'un brun 
foncé en dessus , un peu plus clair , et même de 
couleur olivâtre sur les côtés. Il est en dessous 



10 CARTILAGINEUX. RAIE* 

d'un gris sale uniforme. La tête est relevée 7 ter- 
minée par un museau allongé , presqu'arrondi r 
non entouré par la nageoire pectorale. Les yeux 
sont gros et saillans ; l'iris d'un vert mêlé d^ 
gris : la prunelle noire. La bouche est garnie de 
dents aplaties, par rangées , comme soudées et 
disposées en chevron. Les nageoires ventrales 
sont très-près de l'anus. La queue est fort mince r 
arrondie , longue , garnie d'une petite nageoire 
dorsale , armée au milieu d'un dard aplati et 
dentelé de chaque côté , qui par cela même pro- 
duit une blessure très -dangereuse ? surtout à l'é- 
poque des fortes chaleurs 5 c'est pourquoi cet 
aiguillon est regardé comme venimeux. 

On prend ce poisson toute l'année sur la plage 
de Nice. On en pêche du poids d'un seul kilo- 
logramme et d'autres individus paroissent at- 
teindre celui de cinquante myriagrammes. On 
trouve quelquefois attachée sur leur corps l'es- 
pèce de sangsue marine qu'on nomme muri- 
quée. La chair de la raie aigle est de médiocre 
qualité. Son foie donne beaucoup d'huile. 

10. R. Pastenague. Lac. R. Pastinaca. Lin. 

( Pastenaigo. ) 

Blocs, pi. 8-2. Rombelt-t , pag. 33i , lib. 12 , cap. 1. 

R. Lœcis; rostro acuto ; aculeo longo , retrorshm 
serrato , in medio caudce apterœ. 

Ce cartilagineux vit le plus habituellement 



CARTILAGINEUX. RAIE. I I 

dans la vase que charrie le fleuve du Var. Son 
corps est presque carré , d'un jaune noirâtre 
par-dessus , d'un blanc sale en dessous. Sa tête 
se termine par un museau très-pointu : ses yeux 
sont gros , relevés , l'iris doré , la prunelle noire. 
De petites dents obtuses garnissent les mâchoires. 
La queue est longue , lisse , arrondie , dépourvue 
de nageoires , et armée dans son milieu d'un ai- 
guillon dentelé qui rend cette espèce redoutable. 
Les nageoires ventrales ont quatorze rayons avec 
deux appendices latéraux. Les individus qu'on 
prend vers l'embouchure du fleuve , ne dépassent 
pas le poids de cinq kilogrammes. Leur chair 
est grasse , huileuse et de mauvais goût. Cette 
espèce se pêche plus fréquemment au mois de 
juillet. 

H. R. Bouclée. Lac. R, Clavata. Lin. (Clavelado. ) 

Blocs, pj. 85. 

R, Fusca , cinereo nigrocjue variegata ; acuïeis 
clavatis ; caudà tripterygiâ. 

La raie bouclée doit son nom aux piquans re- 
courbés et à base très-épaisse dont elle est héris- 
sée. Ces aiguillons sont à-peu-près au nombre 
de trente sur la ligne médiane en dessus, sans 
compter ceux du museau , des orbites , des na- 
geoires et des côtés de la queue. Sa couleur est 
brune, parsemée de taches grises $ la tête un peu 



\ 



I* CARTILAGINEUX. RAIE, 

avancée se prolonge en un museau pointu. La 
bouche est garnie de dents plates et très-serrées 5 
les nageoires ventrales sont situées près de l'anus 
et divisées en deux parties inégales. La queuo 
est très-longue , un peu aplatie en dessous et gar- 
nie en dessus de deux petites nageoires dorsales , 
terminée par une caudale. Ce poisson fréquente 
les zostères et les caulinies qui fleurissent dans 
nos mers. Sa chair est bonne et savoureuse. Son 
poids va jusqu'à dix kilogrammes. 

12. R. Ponctuée. N. R, Punctata. N. (Miraglet. ) 

R, Aculeata.nigro virescens, albo macu/ata,fuscoque 
punctata ; cauda diptera , trifariàm aculeata, 

La partie supérieure de cette raie , encore in- 
connue des naturalistes ? est d'un gris verdâtre , 
parsemée de grandes et de petites taches blanches 
arrondies et de plusieurs séries tortueuses de 
points obscurs ? placés symétriquement. Son mu- 
seau est peu avancé , garni d'aiguillons qui se 
divisent et forment plusieurs rangs autour de 
la nuque , et qui s'étendent sur le dos jusqu'aux 
nageoires. Les yeux sont petits , argentés ? avec la 
prunelle noire : ils sont surmontés de piquans , 
ainsi que les bords des évents. Le dessous du 
corps est d'un bleu rougeâtre ; la bouche est 
relevée au milieu , les mâchoires garnies de plu- 
sieurs rangées de dents obtuses 5 les nageoires 



CARTILAGINEUX. RAIE. 



i 



Ventrales dentelées. La queue a des pointes à sa 
base : elle est aplatie en dessous et couverte en 
dessus de trois rangs d'aiguillons, garnie de deux 
nageoires dorsales vers le bout qui se termine 
presqu'en pointe. 

La longueur du corps de ce cartilagineux est 
d'un décimètre et demi ; sa largeur ? de deux dé- 
cimètres environ. On le pêche sur nos rivages , 
aux mois de mai et de juin. Sa chair est fort 
bonne. 

£.£MARQUES. 

Les raies dont je viens de donner la description , se pèchent 
pendant toute l'année sur nos rivages , et n'aiment pas sans 
doute à parcourir l'immensité des mers. La plupart vivent 
au fond de l'eau , à demi-ensevelies dans la vase charriée par 
nos rivières. D'autres , cachées au milieu des fucus et des 
zostères, y font la recherche des vers et des zoophytes moui 
dont elles font leur nourriture habituelle. C'est dans le prin- 
temps et en été que les femelles s'approchent des côtes pour 
venir y donner naissance à de très-petits individus éclos dans 
l'intérieur de leur corps. Le nombre de ces foetus varie de deux 
à quinze. Ce n'est qu'après la sortie de ces foetus que les enve- 
loppes quadran^ulaires de matière cornée qui formoient de 
véritables œufs, sont expulsés et viennent échouer sur nos bords, 
Les petites raies nagent aussitôt qu'elles sont nées, et vont 
elles-mêmes à la recherche de leur nourriture. 



l4 CARTILAGINEUX. CEPHALOPTERE. 

G.. III. N. Céphaloptère. Cephalvpterus. 

Caractères. Corps très-déprimé , à cinq ou six 
trous branchiaux de chaque côte' en dessous ; 
bouche transversale et narines situées en des- 
sous et en arrière d'un museau fourchu en 
forme de deux nageoires soutenues par des 
rayons articules ; veux latéraux et deux 
évents derrière ; queue longue , conique , 
beaucoup plus étroite que le tronc. 



i. C. Giorna. C. Giorna. ( Vachetto. ) 

Raia. Lacep. tom. 5, pag. 663 , pi. 20, fig. 3. 

C. Lœvis ; pinnarum marginihus recuis ; cornubus 
concoloribus ; aculeo longissimo ad basin caudœ 
apterygice. 

M. le comte de Lacépède a dédié cette espèce , qui fré- 
quente nos rivages , au savant Giorna, professeur de l'uni- 
versité de Turin. 

Son corps est en dessus d'un brun obscur, d'un 
olive clair sur les bords et blanc en dessous. La 
tête est très-large. Les deux appendices striés 
qui la terminent en devant et qu'on a comparés 
à des cornes , ont fait donner à ce poisson le 
nom vulgaire par lequel on le désigne à Nice. 
Les yeux ? situés sur les côtés de la tête ? ont 



CARTILAGINEUX. cÉPHALOTTÈRE. l5 

l'iris d'un gris verdâtre et la prunelle obscure 5 
on voit de chaque côté en arrière et un peu plus 
vers la ligne dorsale , un évent large , demi-cir- 
culaire. Les nageoires pectorales forment un 
triangle isocèle dont la base tient au corps du 
poisson. La seule nageoire qu'on observe sur 
la ligne moyenne du dos , est située au-de- 
vant d'un fort aiguillon dentelé des deux côtés. 
Un petit appendice est situé près de chaque ven- 
trale , et tient lieu de nageoire de l'anus. La queue 
est longue , déliée , lisse jusqu'au quart de son 
étendue, tuberculée ensuite, et privée de nageoires. 
Cette espèce paroît n'atteindre que le poids de 
vingt-cinq kilogrammes 5 elle s'approche de nos 
bords , vers le mois de juillet. Sa chair est peu 
agréable. 

a. C. Massena. N. C. Massena. (Vacca. ) 

C. Lœvis , pinnarum margine incurvo ; cornubus 
apice nigris ; aculeo nullo in caudâ ùrifariàm 
asperâ» 

Cette espèce , inconnue jusqu'à ce jour des na- 
turalistes, est d'un brun noirâtre en dessus, ar- 
gentée sur les côtés , et d'un blanc mat en des- 
sous. Sa peau est percée d'une infinité de pe- 
tits pores disposés symétriquement qui laissent 
suinter une humeur visqueuse. La tête est large y 
comme tronquée en ligne droite au milieu , 



ï6 CARTILAGINEUX. cÉrHÀLÔPTiïlE. 

garnie de chaque côté d'une corne ou prolonge- 
ment muni de rayons cartilagineux, de la lon- 
gueur de quatre décimètres et demi , dans l'in- 
dividu que nous décrivons. Ces appendices sont 
blanchâtres intérieurement , d'une teinte d'ar- 
gent , azurée aii-dehof s et d'un noir d'ébène à 
l'extrémité. Ce poisson paroît pouvoir déployer 
à volonté ces appendices pour se diriger vers les 
objets dont il veut s'approcher. La bouche est 
ample j presque carrée , de trois décimètres de lar- 
geur. La lèvre supérieure recouvre , à l'aide d'un 
rebord membraneux , plusieurs rangées de dents 
obtuses qui garnissent la mandibule. Une bandé 
d'argent colore la mâchoire inférieure qui est cou- 
verte d'un même ordre de dents. Les yeux ont 
l'iris d'un jaune obscur , la prunelle noire ; ils 
avoient soixante centimètres de circonférence. 
Les nageoires pectorales formoient un triangle 
curviligne de quatorze décimètres de lon- 
gueur. Une nageoire dorsale isocèle étoit située 
à l'extrémité du dos : sa longueur étoit de deux 
décimètres sur un et demi de largeur $ deux ap- 
pendices très-longs , situés auprès des nageoires 
ventrales , sembloient tenir lieu d'anale. La queue 
déliée , longue de deux mètres ? avoit une teinte 
brune et étoit garnie de trois rangées d'aspérités , 
elle dimiiiuoit insensiblement de diamètre jusqu'à 
la pointe. La longueur totale de ce cartilagineux 
étoit de quatre mètres 5 et sa circonférence de neuf. 



CARTILAGINEUX. CEPIlALOPTERE. 17 

Cet animal se nourrit essentiellement d'autres 
espèces de poissons. On prit, dans la mandrague 
de Nice , en 1807, au mois de septembre, pre- 
mièrement la femelle qui pesoit soixante my- 
riagrammes ? et ensuite le mâle qui n'en avoit 
que quarante. On prit d'abord en vie la femelle 
qui , lorsqu'elle fut jetée dans le bateau , y mu- 
git d'une manière douloureuse , pour avoir intro- 
duit dans ses ouïes le bout de sa queue. Le mâle 
ne cessa de se montrer aux environs pendant deux 
jours : de temps en temps on le voyoit errer 
autour du filet pour y chercher sans doute sa 
femelle. Deux jours après, on le trouva mort dans 
la même mandrague. 

R £ M A RQ U*E S. 

Outre les caractères qui distinguent ce genre de celui des 
raies , des dimensions considérables et un far.ies paiticulier 
m'avoient engagé à établir celte division sous un autre nom , 
lorsque j'ai appris que M. Duméril l'avoit lui même indiqué 
dans ses cours , sous la dénomination de céphaloptère * que j'ai 
cru devoir adopter. Ce naturaliste a cru devoir encore y réunir 
les raies que M. Lacépède a décrites sous les noms de Bank- 
sienne, Fabbronienne , mobular , frangée, manatia , ainsi que 
quelques autres espèces peu connues et indiquées par Pen- 
nant , Willugbey , Catesby, etc. 

Les nageoires pectorales des céphaloptères sont toujours 
étendues et déployées ; leurs cornes et leur queue paroissent 
beaucoup leur servir dans l'action de nager On ne trouve ces 

espèces que dans les grandes profondeurs de notre mer. Leur 

■ 

1 De KiQctXt), tête et de IlTêp«v ? aîle , nageoire. 

2 



l8 CARTILAGINEUX. CEPHALOPTERE» 

chair est d'un rouge ponceau , d'une saveur un peu acide , on 
la dit très-pesante _, dure , et peu propre à servir de nourriture. 
L'espèce à laquelle j'ai attaché le nom glorieux de noire im- 
mortel compatriote , le maréchal Masséna , prince d'Esling , 
est un poisson dont les dimensions sont si extraordinaires , les 
formes si remarquables et les affections si singulières , qu'on 
sera sans doute étonné qu'il soit resté inconnu jusqu'à ce jour , 
quoique vivant dans une mer sur laquelle l'art de la pêche 
s'exerce depuis tant de siècles. Il est vrai qu'il y est fort rare, et 
que sa capture y est toujours regardée comme un présage de 
grands événemens _, par les esprits soumis aux préjugés. Ces 
poissons ne s'approchent des rivages que lorsqu'ils y échouent 
par l'effet des tempêtes. 



G. IV. Torpille. Torpedo.T)um\ 

Caractères. Corps elliptique , déprime , à peau 
nue ; à cinq trous branchiaux en dessous de 
chaque côté ; à museau arrondi -, à queue 
grosse à son origine , et à peine aussi longue 
que le corps; à organes électriques formés 
de tubes polygones ; cloisons visibles sous la 
peau , dans la concavité de la base des na- 
geoires pectorales. 

i . T. Vulgaire. N. T. Narke. N. ( Treinoulino. ) 

RoNDBLF.T , pag. 558 , lib. 12, cap. XIX. BLOCM. pi. 122. 

1\ Suprà rubro lutea ; maculis quinque ocellatis in 
pent agoni figura dispositif. 

Cinq grandes taches arrondies, d'un bleu azuré 



CARTILAGINEUX. TORPILLE* 19 

et chatoyant, irisées de gris , entourées d'un grand 
cercle brunâtre et accompagnées d'un grand 
nombre de petites taches blanchâtres , contrastent 
agréablement avec la couleur chamois dont le 
corps de cette torpille est coloré en dessus. La 
partie inférieure du corps est d'un blanc grisâtre. 
La tête est à peine distincte. Les yeux sont noirs , 
les évens dentelés. Les deux nageoires dorsales 
sont insérées sur la queue dont l'extrémité est 
enveloppée d'une troisième divisée en deux lobes 
inégaux , l'inférieur étant plus petit. Toute la 
face supérieure de ce poisson laisse transsuder une 
humeur glaireuse. Il semble que l'âge , le sexe 7 
peut-être les parages que ce poisson habite , mo- 
difient les teintes de cette torpille qui présente 
ainsi quelques variétés. Quelques individus par- 
viennent dans nos mers au poids de quatre ki- 
logrammes et à six décimètres de longueur. Ils ne 
sont pas fort communs. On les pêche dans les 
mois de juin et de juillet. 

â. T. a une tache. T. XJnimaculata. N. (Donniglioua.) 



Planch. ni , fig. 3 de cet ouvrage. 



2\ Ocello unico in medio dorsi bicarinati ; tempo- 
rum foraminibus lœvigatis. 

La partie supérieure de cette belle espèce est 
d'un fauve isabelle, couverte de points blan- 
châtres en forme d'étoiles , et ornée au milieu 
d'une belle tache bleue irisée de noir , entourée 



20 CARTILAGINEUX. TORPILLE» 

d'un cercle grisâtre. Le devant de la tête est comme 
festonné. Les yeux sont roussâtres : deux lignes un 
peu relevées qui commencent près de ces organes 5 
se prolongent en zig-zag jusqu'à la queue. Les 
évens sont grands et sans dentelures ; la queue 
est mince , assez allongée ; sa dernière nageoire 
est presque ronde. La chair de ce poisson est 
blanche et d'un bon goût. Les appareils électriques 
sont à peine visibles et ne donnent que de fort 
petites secousses. J'ai trouvé un individu de cette 
espèce du poids d'un kilogramme ? au mois de 
février , sur la plage de Nice. 

3. T. Marbrée. T. Marmorata, N. (Tremoulino.) 

PJ. m , fig. 4 de cet ouvrage. 

2\ Testacea , rubro luteoque varia; maculis fuscîs, 
pinnd caudce rotundâ. 

Cette espèce est en dessus de couleur de chair • 
pâle , marbrée de bandes sinueuses , d'un brun 
fauve, comme tigrée. Les bords paroissent comme 
y ciselés. Le dessous est d'un blanc rougeâtre. Le 
devant de la tête n'offre aucune échancrure. Les 
yeux ont l'iris rubis , la prunelle noire. Les évens 
sont entourés de sept dentelures; les trous bran- 
chiaux en croissant ; la queue est aplatie infé- 
rieurement , terminée par une nageoire arron- 
die. Les appareils électriques sont très-visibles , 
et donnent , quand on touche l'animal vivant . d® 



CARTILAGINEUX. TORPILLE. 21 

fortes commotions. J'ai observé ce poisson en 
mai et en janvier. Il atteint dans nos mers le poids 
de deux kilogrammes. 

4. T. Galvani. N. T. Galvani. (Dormiglioua. ) 

Rondelet, pag. 5G3, lib. 12 , fig. j. ri. 111 , fig. 5 de cet ouvrage. 

%\ Fulva immaculata , nigro margùiata ; pinna 
caudali semi rotimdata. 

J'ai dédié cette espèce au célèbre professeur de 
Sologne qui a ouvert à la physique une nou- 
velle carrière en faisant mieux connoître la na-. 
ture du fluide que les torpilles renferment et peu- 
vent transmettre à volonté. Elle diffère des précé- 
dentes en ce que son corps est constamment d'une 
couleur rousse , liséré de noir sur les cotés et en- 
tièrement dépourvu de taches. Ce poisson est 
commun sur nos rivages 5 il habite les fonds 
vaseux, et parvient jusqu'aux poids de cinq ki- 
logrammes. 

REMARQUES. 

La torpille est un des poissons dont la structure a le plus 
intéressé les physiciens et les naturalistes de tous les temps. 
Les philosophes grecs la connoissoient. Les auteurs latins noue 
ont aussi transmis des particularités très-intéressantes sur les 
mœurs et les habitudes de ces animaux ; mais il étoit réservé 
aux physiciens de nos jours de développer la nature de cette 
singulière propriété électrique qui, se dégageant à la volonté 
du poisson , leur a donné une si intéressante célébrité. 

Les ichtbyologistes ont, jusqu'à présent, confondu comms 



22 CARTILAGINEUX. TORPILLE. 

variété d'une même espèce , les divers poissons que nous venons 
de décrire , malgré les figures assez exactes que nous en 
avoient transmis plusieurs naturalistes éclairés. On rejette gé- 
néralement dans nos cuisines les appareils électriques , comme 
une nourriture peu agréable , nuisible ou malsaine. La chair 
des torpilles est blanche, et, quoique un peu trop muqueuse , 
elle est d'une saveur assez agréable, que quelques personnes 
recherchent et préfèrent à celle de plusieurs espèces de raies. 



G. V. Scie. Pristis. Latham. 

Caractères. Corps déprimé en devant, allongé, 
conique vers le milieu et la queue ; à cinq 
paires de trous branchiaux en dessous ; mu- 
seau prolongé en une lame plate horizontale 
dentelée de chaque côté ; bouche transversale 
et narines en dessous; les jeux et les évens 
en dessus. 

i. S. Vulgaire. P. Pectinata, Lat. ( Serro. ) 

Lin. Syst. natiir. éd. iô , pag. î-îgg , n. i5. 

P. Rostro elongato piano , per totam lo?igititdinem 

utrincjue denbato. 

Le prolongement du museau , garni de chaque 
côté de fortes dents , étoit un caractère suffisant 
pour me faire reconnoître ce poisson que je 
croyois seul de son genre. Son corps est ar^ 
rondi , couvert de petits tubercules 5 il est noi- 
râtre en dessus , grisâtre latéralement et d'un 



CARTILAGINEUX. SCIE. 23 

blanc sale en dessous. La tête est généralement 
aplatie ? terminée en devant par une longue lame 
mince , solide et dentelée. La bouche est arquée ; 
garnie de dents serrées et convexes j les yeux d'un 
blanc nacré , la prunelle noire. Les nageoires pec- 
torales sont très-larges. La première dorsale est 
située au-dessus des ventrales y la seconde est 
plus petite et celle de la queue fort courte. Le 
dernier individu de cette espèce pris sur notre 
plage y avoit un mètre et demi de longueur. Il 
fut disséqué par M. Audiberti > zélé ichthyolo- 
giste de Nice. Ce naturaliste possède encore dans 
sa collection la queue très-longue d'un énorme 
squale pris dans nos mers , et qui m'a paru très- 
différente de celle du squale renard dont nous 
parlerons plus bas. J'ai pensé qu'elle pourroit 
peut-être provenir du squalus longicaudalus que 
Gmelin a cité d'après Séba, et que YValbaum 
regardoit comme le fasciatus ? figuré par Blocli ? 
pi. 11 5. 

- REMARQUES. 

Je ne connoissois pas encore , lorsque j'ai observé le pois 
son dont je parle ici , le travail de Latham , inséré dans le 
second volume de la Société Linnéenne de Londres 5 de sorte 
que j'ai rapporté l'individu que je décrivois , à l'espèce nom- 
mée par Linné squalus pristis , figurée sous le même nom par 
BlocL. , pi. 120, et dont M. Lacépède nous a également 
donné une figure , tom. 1 , pag. 169 , pi. 8 , n°. !\. 



^4 CARTILAGINEUX. SQUALE. 

G. VI. Squale. Squalus. Artèdi. 

Caractères. Corps allonge , peu déprimé; à 
trous branchiaux de chaque côté , de cinq à 
sept ; bouche transversale et narines en des- 
sous; queue conique, peu distincte du tronc, 
terminée par une nageoire. 

Cinq sous genres c? après les considérations sui- 
vantes : 

Nuls. Dorsale { g^ , ' ' ' ' l 

{ Double i 

EVENTS ) 

{Unique. Une anale . 3 
r^ , , r Une anale. 4 
Double. { pas d , anale _ \ 

PREMIER SOUS-GENRE. 

\ Point d'èvens ; une nageoire dorsale , une anale, 
S. Perlon. Brous. S. Cinereus. (Moungegris.) 

BaoussoNNET. Mem. At.ad. des scien. 17S0 , pa g. Gb8 , n. 17. 

Sq. Spiraculis septenis ; pinna. dorsali unica. 

Le savant Broussonet a décrit fort bien, dans 
la monographie des squales que nous venons de 
citer ? cette espèce qui ressemble beaucoup pour 
la couleur et la forme au squale glauque. Sa 
peau est rude , bleuâtre en dessus , et passe par 
diverses gradations au grisâtre vers le dessous 
du ventre. Le perlon a le museau pointu , la, 
bouche ample ? les mâchoires garnies de dents 



CARTILAGINEUX. SQUALE. 23 

comprimées , aiguës , dirigées en dedans et espa- 
cées entr'elles. 

Ses yeux sont grands , avec l'iris nacré et la 
prunelle améthiste. Les nageoires pectorales fort 
développées , prennent naissance en arrière du 
dernier trou branchial j les ventrales sont situées 
un peu au-devant de la dorsale qui correspond 
à-peu-près au milieu de la longueur du corps. 
La nageoire de l'anus est située entre les ven- 
trales et la caudale qui est partagée en deux 
lobes inégaux. 

Ce cartilagineux ne s'approche de nos rivages 
qu'en été. On en prend du poids de vingt my- 
îïagrammes. 

■ ■■■■■■■■ —iii ■ ^— m+ 

DEUXIEME SOUS-GENRE. 

Point cTévens; deux nageoires dorsales, une anale. 
2. S. Requin. S. Carcharias. Lin. ( Lameo. ) 

Bloch. pi. 1 19. Lacep. tom.i, pag. 169 , pi. 8. 

S. Cinereus, dorso depresso ; dentibus triangularibus 
utri?ique serratis, pinnis pectoralibus maximis. 

Le requin a le corps très-allongé f recouvert 
d'une peau très-dure, grenue , d'un brun cendré 
en dessus et blanchâtre en dessous ? avec deux 
rangées de pores noirs sur les côtés. Sa tête est 
aplatie , terminée par un museau arrondi et percé 
de pores par lesquels suinte une humeur glaireuse. 
La bouche est en demi-cercle • la langue courte, 
épaisse , rude au toucher , ainsi que le palais. La 



36 CARTILAGINEUX. SQUALE* 

mandibule est garnie de six rangées de dents 
blanches triangulaires ? comprimées , dentelées. 
sur leurs bords. A la mâchoire inférieure , ces 
dents forment moins de rangs , elles sont moins 
comprimées et moins dentelées. Les yeux sont 
ronds ? d'un blanc nacré avec la prunelle noi- 
râtre. Les nageoires pectorales sont très-grandes 
et ont la forme d'un triangle isocèle. La pre- 
mière nageoire du dos est élevée et arrondie 5 les 
ventrales sont petites , blanchâtres à l'extrémité. 
La seconde dorsale est reçue dans un sillon creusé 
à sa base : elle correspond à l'anale par sa posi- 
tion. La nageoire de la queue se divise en deux 
lobes dont le supérieur est deux fois plus long 
que l'inférieur. Ce cartilagineux, dont la vora- 
cité est extrême, atteint de très-grau des dimcn- 
sions. Quoiqu'il voyage fréquemment ? on en 
voit souvent des individus dans nos parages. On 
en prend depuis le poids de cinquante kilo- 
grammes jusqu'à soixante myriagrammes. Sa 
chair est blanche , mais d'une odeur eD d'une sa- 
veur désagréable 5 aussi la regarde- 1 on comme 
un aliment fort grossier. 

3. S. Glauque. Lac. S. Glaucus. Lin. ( Verdoun. ) 

Lac. tom. i , paç. 213 , pi. g. Bloch. pi. 8G. 

S . Saturatè cœruleus ; dentibus triangularihus , acu~ 
lis, non serratis\ fossula in extremo dorso. 

La couleur de ce squale est d'un bleu obscur, 



CÀRTILAGI1N I l X. SQUALE. &f 

peu agréable en dessus et d'un blanc sale en des- 
sous. Son museau est prolongé, pointu , aplati 
et couvert de pores. Ses narines sont oblongues 5 
sa bouche ample , garnie de d«ux rangées de 
dents triangulaires, comprimées, aiguës , non 
dentelées. Les yeux sont petits , d'un blanc na- 
cré avec la prunelle verte. Les nageoires pecto- 
rales sont larges , allongées, et se terminent pres- 
qu'en pointe à leur extrémité libre. La première 
nageoire du dos est située dans le milieu de l'es- 
pace correspondant aux pectorales et aux ven- 
trales , et plus près de la tête que ces dernières 
par conséquent. La seconde dorsale ou la mesure 
est opposée à l'anale. La nageoire de la queue 
est précédée d'une fossette vers sa base en des- 
sus 5 elle se divise en deux lobes dont le supé- 
rieur est trois fois plus long que l'autre. La chair 
de ce poisson est indigeste. On en prend en été 
qui pèsent depuis trois kilogrammes jusqu'à 
soixante myriagrammes. 

* 4- S. Rondelet. N. S. Rondeletii. N. ( Pei can. ) 

Rondelet , lib. 13, cap. vi , pag. 3n8. 

S. Corpore cœruleo , albo , argenteoque vario; den- 
tibus subtriangularibus , acuôis , serratis ; fossula 
in utraque parte , ad extremumdorsifïnem. 

Cette espèce nous paroît être le véritable gîau- 
cus d'Artèdi , et elle nous semble avoir été 
confondue par les auteurs modernes avec une 



2 8 CARTILAGINEUX. SQUALE. 

autre qui habite les mers polaires. Le corps de 
ce cartilagineux est arrondi et délié. Le dos est 
d'un beau bleu céleste , relevé par des bandes ar- 
gentées latérales et par le blanc éclatant du 
ventre, ce qui rend ce redoutable animal d'une 
beauté surprenante. Son museau est court , avan_ 
ce en pointe conique ; ses narines arrondies , ses 
yeux petits en proportion , d'un nacré bleuâtre 5 
sa bouche ample , hérissée de petites dents aiguës 
presque triangulaires et finement dentelées en 
scie de chaque côté. La mandibule en a deux 
rangées dont les antérieures sont assez grosses j 
on en voit cinq rangées mobiles sur la mâchoire. 
Le palais est recouvert d'une substance molle , 
épaisse , comme graisseuse. La langue est rude 
et large 5 les évens sont en demi-lune : les na- 
geoires pectorales très-longues et bien dévelop- 
pées, bleues en dessus ? très-blanches en dessous. 
La première nageoire du dos 5 d'un blanc argenté , 
correspond au milieu du corps; les ventrales sont 
petites , l'anale courte , située au-dessous de la 
seconde dorsale ; la caudale est creusée de cha- 
que côté à sa base d'une petite fosse triangu- 
laire : elle se divise en deux lobes dont le supé- 
rieur est deux lois plus long que l'inférieur. La 
chair de ce squale est dure ? d'un rouge pâle , 
très-indigeste. On en prend dans nos mers des 
individus du poids de dix myriagrammes. 






CARTILAGINEUX. SQUALE. 2Q 

5. S. Long-nez. Lac. S. Cornubicus, Lin. (Melantoun.) 

Laclf. t. i , pi s. i\g. 3. 

•5". Suprà cœruîeus ; rostro conico porrecto ; cauda 

utrinque carûiata. 

Ce squale a tiré son nom spécifique de la lon- 
gueur de son museau conique, saillant et percé de 
pores qui laissent transsuder une humeur glai- 
reuse. Son corps est arrondi ? renflé dans son 
milieu , d'un bleu céleste par-dessus , et blanchâ- 
tre en dessous. La bouche est ample , les mâchoires 
hérissées de dents longues et aiguës ; la langue 
rnde ; les yeux grands y l'iris d'un blanc nacré ? la 
prunelle noirâtre : la ligne latérale commence 
près de ces organes et s'étend en un pli longitu- 
dinal vers la queue. Les nageoires pectorales sont 
larges ; la première dorsale est triangulaire et si- 
tuée au milieu du corps $ les ventrales petites 5 la 
seconde du dos placée au-dessus de l'anale , et la 
caudale divisée en deux lobes lancéolés dont le 
supérieur est plus long que l'inférieur. La chair 
de ce squale est d'un blanc rougeâtre ? ayant un 
fort bon goût. On en prend dans nos mers depuis 
deux kilogrammes jusqu'à trente myriagrammes. 

6. S. Roussette. Lac. S. Catulus. Lin. (Pintou- 

oussou.) 

Bloc n. pi. u ;. 

S. Naj'ibus t lobulo eu appendice vermiformz cinctis , 



OO CARTILAGINEUX. SQUALE. 

■pinnis ventralibus concreùis. Lin. Syst. nat. éd. i3 # 
n°. 10. 

La roussette , si commune et si difficile à dis- 
tinguer , a le corps d'un gris roussâtre , parsemé 
de petites taches obscures. Son museau est arron- 
di , transparent. ; la tête grande, la bouche ample,, 
les mâchoires garnies de quatre rangées de dents 
en scie , garnies à leur base de deux pointes ai- 
guës. La langue est lisse, les yeux blanchâtres . 
la prunelle noire , les narines recouvertes d'une 
membrane qui se termine en languette vermi- 
culaire. Les nageoires pectorales sont grandes et 
tachetées ; les ventrales petites et réunies t la pre- 
mière dorsale, qui vient ensuite, présente la 
forme d'un rhombe 5 la seconde est moins grande 
et située au-dessus de l'anale * la caudale très- 
longue est échancrée. La longueur de la roussette 
est de cinq décimètres. Son poids n'arrive jamais 
à celui d'un kilogramme. La femelle de cette 
espèce est connue à Nice sous le nom de lambarda. 
Le célèbre ichthyologiste Artèdi en avoit donné 
une fort bonne description. Elle diffère du mâle 
dans la disposition des couleurs _, dans ses dimen- 
sions et dans la disposition des nageoiresventrales , 
un gris rougeâtre règne sur son dos ; une bande 
d'argent nacré , parsemé de grandes taches irré- 
gulières , d'un rouge obscur ornent ses côtés et 
un blanc sale est répandu uniformément sur son 
ventre. Son museau est transparent ? couvert de 



CARTILAGINEUX. SQUALE. Zl 

petits pores disposés en quinconce : la bouche est 
arquée , garnie de trois rangs de dents aiguës 
sur la mâchoire supérieure , et d'un rang de dents 
crochues enchâssées parmi deux rangées d'ob- 
tuses sur l'inférieure. La langue est lisse et noire 
ainsi que le palais ; les yeux sont d'un vert nacré , 
la prunelle noirâtre. Les nageoires pectorales gri- 
sâtres par-dessus , rouges en dessous , les ven- 
trales séparées et terminées en pointe 5 la caudale 
très-longue ? sans échancrure, garnie par dessus 
de deux rangées de petits aiguillons qui vont en 
diminuant jusqu'à l'extrémité. Cette espèce ha- 
bite la vase et les algues à six cents mètres de 
profondeur , et ne s'approche jamais du rivage. 

7. S. Rouchier. Lac. S. Stellaris. Lin. (Gatto. ) 

Lacep. tom. 1 , pag. 233, pi. 10, n. I. 

S. Lobis narium duobus. Lin. Syst. nat. éd. i3 , 

pag. 1491 , n». 9. 

Plusieurs rapports de conformation ont suffi 
à beaucoup d'auteurs pour confondre ce poisson 
avec le mâle ou la femelle de l'espèce précédente ? 
malgré les traits caractéristiques qui l'en sé- 
parent. Le rouchier est d'une couleur grise, cou- 
vert de grandes taches rondes et oblongues d'un 
noir violet. Son museau est long et arrondi ; 
ses narines sont fermées par deux lobules dont 
l'extérieur est le plus gros • ses yeux sont gri- 
sâtres avec la prunelle verte ; la bouche est ar- 



5 2 CARTILAGINEUX. SQUALE* 

mée de trois rangs de dents fines et serrées* Les 
nageoires pectorales sont grandes 5 la première 
dorsale est plus près de la queue que du museau 5 
la seconde est aussi grande que la première : 
elle est située au-delà de l'anale ; la caudale est 
courte , un peu festonnée. Le foie de ce cartila- 
gineux est fort bon. Sa chair a un meilleur goût 
que celle de la rousette. Son poids s'élève jusqu'à 
huit kilogrammes. Il habite les rochers. C'est en 
février et en mars qu'on trouve la femelle qui est 
plus grosse que le mâle ? remplie de quarante à 
cinquante œufs d'un jaune pâle, qu'elle ne dépose 
qu'en mai ? au pied des rochers de nos rivages. 

8. S. Milandre. Lac. S. Galeus. Lin. ( Palloun. ) 

Bloch. pi. n8. 

S. Dentibus fere triangiilaribus , margine verticali 
denticulatis. Lin.. Svst. nat. éd. i3, p. i4°, 2 , n°. 7. 

Un gris foncé couvre la partie supérieure du 

milandre, l'inférieure est grisâtre. Son museau 

est aplati ? allongé et couvert de petits tubercules \ 

la bouche ample , la langue lisse ? les mâchoires 

garnies de trois rangées de dents triangulaires , 
r> c> o 7 

échancrées et serrées dans les grands individus 9 
à peine visibles dans les jeunes j les yeux sont 
d'un vert argenté ; la prunelle noire et oblongue 5 
les narines fermées en partie par un lobule court. 
Les nageoires pectorales longues 5 la première 
dorsale est à une égaie distance de celles-ci et des 



CARTILAGINEUX. SQUALE. 33 

ventrales qui sont grises $ la seconde est située 
partie en dessus , partie en devant de l'anale 5 la 
caudale se divise en deux lobes inégaux. La lon- 
gueur de cette espèce est d'un mètre et demi en- 
viron. Son poids arrive jusqu'à vingt myriagram- 
mes. La femelle a le museau plus aplati et par- 
vient à deux mètres de longueur ? au poids de 
vingt-quatre myriagrammes. Elle met bas trente- 
six à quarante petits à la fois. La chair de ce 
poisson est d'une saveur médiocre. On en prend 
toute l'année dans nos mers , surtout en octobre, 

g. S. Emissole. Lac. S, Mustelus Lin. (Missola.) 

Rondelet. Part, i, lib. 1 , c. 3 , pag. 3r5. 

S. Dentibus miiiimis obtusis, Arted. Gen. 66. 

Synon. 93, 

L'émissole a le corps d'un gris de perle sur sa 
partie supérieure , orné de deux rangées de points 
blancs dont un prolongé en feston sur les côtés , il 
est blanchâtre par- dessous. Son museau est rond, 
allongé , la bouche ample , arquée; ses mâchoires 
garnies de petites dents obtuses > très-serrées les 
unes contre les autres , figurées en losange ; les 
yeux sont d'une couleur de nacre azuré ; la pru- 
nelle noire , les narines peuvent se fermer par un 
lobule. Les nageoires pectorales sont grandes ? li- 
sérées de blanc ; la première dorsale est presque 
triangulaire ? échancrée et noirâtre à l'extrémité 9 

3 



§4 CARTILAGINEUX. SQUALE. 

les ventrales petites avec les appendices oblongs } 
la seconde dorsale, une fois plus grande que l'a- 
nale, située en dessous ; la caudale est découpée 
et s'élargit vers la pointe. La femelle est plus 
grosse que le mâle. Elle fait de quarante-cinq à 
cinquante-cinq petits en janvier. La chair de ce 
poisson est indigeste. On en prend depuis le poids 
de deux hectogrammes jusqu'à dix kilogrammes. 

10. S. Marteau. Lac. 6\ Zygœna, Lin. (Marteu. ) 

Lacep. tom. i , pi. vu i , pag. 2a5, fig. 3. Bloch. pi. n-, 

S. C api te latissimo , tr ans verso , malleiformi. Lin. 
Syst. nat. éd. i5 , pag. 1494 » n°. 5. 

La nature , dans ses inconcevables conceptions , 
a donné au marteau une forme des plus singu- 
lières. Ce poisson a le corps grisâtre, la tête très- 
large et très-étendue sur les côtés , noirâtre et légè- 
rement festonnée 5 les yeux sont placés à chacune 
des extrémités 5 ils sont gros , saillans , d'un 
jaune doré avec la prunelle noire ; la bouche est 
demi-circulaire j les mâchoires garnies de trois 
rangs de dents larges , aiguës, dentelées et cour- 
bées 5 la langue épaisse , les narines allongées. Les 
nageoires pectorales sont marquées de petites li- 
gnes par-dessous ; la première dorsale qui est 
grande , est placée près des précédentes ; les ven- 
trales sont petites et séparées : la seconde dorsale 
qui vient après , est courte et oblongue 5 l'anale 
est située en dessous de celle-ci , et la caudale se 



CARTILAGINEUX. SQtJALfi. 35 

partage en deux lobes dont le supérieur est quatre 
fois plus long que l'inférieur. La longueur de 
cette espèce est quelquefois de cinq mètres. Son 
poids s'élève jusqu'à trente-quatre myriagrammes» 
On en prend en juillet ? août et septembre. Sa 
chair est peu estimée. 

21. S. Pantouflier. Lac. S, Tïburo. (Scroseno.) 

Lacep. tom. i , pi, 7 , pag. 19 , fig. 3. 

S. Capite latissimo , cordato. Lin. Syst. nat. éd. i3, 

pag. 149,5, n°. 6. 

Ce cartilagineux , que j'ai vu en juin 1807 ? 
sur le marché de Nice y avoit été péché au grand 
large. Son corps est presque lisse 7 d'un gris clair 
par-dessus ? blanchâtre en dessous. La tête est 
plus large que dans l'espèce précédente. Elle est 
échancrée au milieu ? accompagnée de trois fes- 
tons inégaux de chaque côté ? couverte d'une infi- 
nité de petits pores d'où suinte une humeur 
glaireuse ; la bouche est ample , les mâchoires 
garnies de plusieurs rangs de dents un peu cour- 
bées ; la langue rude , épaisse , les yeux d'un vert 
azuré ? la prunelle noirâtre. La partie supérieure 
du dos porte une petite cavité vers la base de la 
queue. La forme et la position des nageoires, qui 
sont lisérées de noir , diffèrent très-peu de celles 
du marteau ? avec lequel nos marins le confon- 
dent. Sa chair est très-médiocre. Ce poisson pa- 
roît fort rare sur nos côtes. 



36 CARTILAGINEUX, SQUALE. 

12. S. Renard. Lac. S. J^ulpes. Lin. ( Pei ratou. ) 

Willcc. 1. c. pag. 54 , tab. B , 5 , fig. 2. 

S, Caudœ lobo superiore longitudine corporis. Lin. 
Syst. nat. éd. i3 , pag. 1496 , n°. 23. 

Le squale renard , dont on a comparé les ruses 
à celles du quadrupède du même nom , a le corps 
d'un gris bleuâtre sur le dos , et d'un blanc ar- 
genté intérieurement. Son museau est pointu , sa 
tête courte > conique et noirâtre 5 sa bouche pe- 
tite j sa langue peu lisse 5 ses mâchoires garnies 
de trois rangées de dents triangulaires , aiguës et 
non dentelées. Ses yeux sont très-grands , d'un 
blanc nacré avec la prunelle noire. La ligne la- 
térale est droite. Les nageoires pectorales sont 
grandes. La première dorsale occupe le milieu du 
dos , les ventrales sont très rapprochées. La se- 
conde dorsale est petite, située au-dessus de l'a- 
nale. Celle de la queue est très-longue ; on voit 
à sa base une fossette triangulaire garnie en-des- 
sous d'une nageoire divisée en deux lobes , dont 
le supérieur est très-long en forme de fanlx ? et 
l'inférieur très-court. On trouve cette espèce sur 
toute la côte. On en prend en juillet et septembre 
du poids de dix kilogrammes jusqu'à celui de 
trente myriagrammes. Sa chair est bonne. 



CARTILAGINEUX. SQUALE. %*] 

TROISIÈME SOUS-GENRE. 

Des èvens ; une nageoire dorsale et une anale. 
i3. S. Griset. Lac. S. Griseus. Lin. ( Mounge. ) 

BaoussoNWET.Mem.de l'Acad. des scienc. 1780, pag. 663 

S, Spiraculis u trinque sex. Lin. Gem. n°. 22. 

Ge grand cartilagineux, commun dans nos 
mers , réunit 4 la force extraordinaire et à la 
puissance des armes qu'il tient de la nature, 
une irritabilité des plus considérables. Son corps 
est épais , presque lisse , d'un brun rougeâtre qui 
se change en gris de lin , dans les peaux dessé- 
chées. Son museau est en pointe arrondie. Ses 
yeux sont elliptiques avec l'iris d'un bleu ar- 
genté et la prunelle d'un vert d'émeraude. Sa 
bouche est ample, demi-circulaire. La mâchoire 
supérieure est garnie de trois rangées de dents 
triangulaires , présentant sur un de leur côté 
cinq pointes aiguës 5 les inférieures sont mobiles 
et les antérieures du milieu sont droites , coniques, 
et aiguës : la mâchoire inférieure est hérissée de 
cinq rangées de dents très-longues , en forme de 
pyramide renversée ? dont une des faces offre dix 
pointes. Les trois rangées inférieures sont mo- 
biles. Le palais est lisse, garni d'une membrane 
frangée. La langue est rude. Six ouvertures bran- 
chiales sont placées en dessous de chaque côté. 
Les nageoires pectorales sont grandes et horizon? 



^8 CARTILAGINEUX. SQUALE. 

taies. Les ventrales sont oblongues et se terminent 
en pointe. La dorsale est située plus près de la 
tête que ne l'est celle de l'anus. La nageoire de 
la queue y qui est droite avec de petits tubercules 
en dessus y présente à sa base un lobe dilaté à 
son extrémité. 

Ce poisson paroît appartenir au genre rhino- 
bate établi par M. Schneider dans le Systema 
ichthyologicum de Bloch. Son foie est fort petit. 
J'ai eu occasion d'apprendre que ses intestins 
étoient souvent couverts d'une grande quantité 
de fascioles. Plusieurs espèces de crustacés , du 
genre calyge de Millier , vivent sous les plis de 
ses nageoires. Ce redoutable poisson , encore 
très-peu connu y ne se plaît que dans les grandes 
profondeurs où règne une » température de dix 
degrés. On en prend avec de la chair de cheval 
en toutes saisons, depuis le poids de six kilogram- 
mes jusqu'à celui de quatre-vingts myriagrammes.. 
Sa chair a peu de saveur et n'est point estimée. 



QUATRIEME SOUS-GENRE. 

Des èvens ; deux nageoires dorsales ; une anale. 

i4- S. Féboce. N. S. Ferox % N. ( Lamio. ) 

S « Corpore obscure rubro , nigro maculato ; dentibus 
acutissimis ineequalibus, 

La voracité extrême de ce grand cartilagineux 
paroît favorisée par une très-grande force muscu 



CARTILAGINEUX.. SQUALE. 3g, 

laire et un organe de l'odorat fort développé. Ses 
formes sont, en proportion de sa masse, très- 
déliées , ce qui rend ses monvemens prompts et 
agiles. Un rouge obscur , parsemé de grandes 
taches noires irrégulières , le colore en dessus et 
sur les côtés 5 le ventre est d'un gris rougeâtre. Le 
museau est conique , couvert de petits pores. Les 
veux sont petits , d'un noir nacré avec la pru- 
nelle verte. La bouche est ample ; la langue et 
le palais rudes. Les mâchoires hérissées de longues 
dents pointues très-aiguës. La supérieure est garnie 
de huit rangées , la plupart- mobiles , dont les 
antérieures très-longues. Les rangées sont en 
même nombre sur la mâclioire inférieure , très- 
grosses sur le devant , et quatre fort petites sur 
les côtés. La ligne latérale , qui est très-distincte, 
forme une sorte de sillon. Les nageoires pecto- 
rales sont grandes \ la première dorsale corres- 
pond au milieu des précédentes et des ventrales 
au-dessus desquelles est placée la seconde dorsale. 
La nageoire de l'anus est fort courte et celle de 
la queue , qui est très-longue , forme en dessous 
un lobe très-long presque carré. 

Ce squale habite les grandes profondeurs sous- 
marines de nos côtes. Il s'approche rarement 
du rivage ; sa chair est d'un rouge pâle , d'une 
saveur peu agréable. Il atteint le poids de trente 
myriagrammes. Il est souvent tourmenté par les 
piqûres du calyge imbriqué. 



4<> CARTILAGINEUX. SQUALE. 

CINQUIEME SOUS-GENRE. 

Deux èvens; deux nageoires dorsales ; point d'anale. 
i5. S. Aiguillât. Lac. Acanthias» Lin. (Agugliat. ) 

Bloch. p). 85. 

S* Teres , capite rostrato , aculeo unico per initium 
pinnarum dorsalium. 

Ce squale est un des plus anciennement connus 
des naturalistes. Son corps est d'un gris foncé 
par- dessus , nuancé de violet sur les côtés et blan- 
châtre en dessous. Le museau est avancé et ar- 
rondi. La tête aplatie j les narines ont deux ou- 
vertures rondes 5 la bouche est ample, droite 5 
les mâchoires garnies de trois rangées de longues 
dents , aiguës, courbées , garnies à leur base de 
deux pointes. Les yeux sont oblongs , d'un vert 
d'émeraude avec la prunelle noire. Plusieurs 
rangs de pores noirs qui répandent une humeur 
visqueuse , se remarquent au pourtour. La ligne 
latérale est droite. Les nageoires pectorales sont 
triangulaires; la première dorsale est longue, ter- 
minée en pointe , armée d'un gros aiguillon ; les 
ventrales'sont ciliées : la seconde dorsale, qui vient 
après , est pourvue d'un piquant très-courbé ; la 
caudale est falciforme , blanchâtre à la sommité. 
On prend des aiguillats qui pèsent jusqu'à cinq 
kilogrammes. Leur chair est dure et filamen- 
teuse. 



CARTILAGINEUX. SQUALE* 4* 

16. S. Sagre. Brouss. S, Spinax.Lm* (Morou. ) 

Ascanii icônes , tab. 57. 

S, Suprà planus; aculeis duobus ante pinnas dor- 
sales; naribus terminalibus. 

Cette espèce présente un caractère fort remar- 
quable , car la partie inférieure de son corps qui 
est plus noire que la supérieure ? est garnie de 
petits tubercules et de filamens lisses qui la 
rendent comme poilue. Une bande d'argent azuré 
règne sur chaque côté 5 le museau est avancé , ar- 
rondi un peu vers l'extrémité. Les narines sont 
oblongues 5 la tête aplatie 7 les yeux ovales d'un 
argent nacré 5 la prunelle noire : la bouche est 
ample 5 la mâchoire supérieure garnie de deux 
rangées de dents aiguës, l'inférieure n'en a qu'un 
seul rang , un peu courbé. La langue est lisse; 
les nageoires pectorales petites , d'un brun clair. 
La première dorsale, garnie d'un petit aiguillon; 
les ventrales larges réunies à leur base ; la se- 
conde dorsale blanchâtre à l'extrémité , armée 
d'un long piquant; la caudale noire. La chair 
de ce poisson est coriace 5 l'huile qu'on retire 
de son foie est employée ici contre les douleurs 
rhumatismales. Ce squale fréquente nos grandes 
profondeurs. On en prend en juillet qui pèsent 
depuis un demi- kilogramme jusqu'à un myria- 
gramme. La femelle met bas en août dix à quinze 
petits à-la-fois. 



4-2 CARTILAGINEUX. SQUALE» 

17. S. Humantin. S. Centrina* ( Pourc-marin. ) 

Lace f. tom. 1 , pi. q , pag. 21 5. Bloch. ii5. 

S. Subtrigonus , hispidus ; ore angusto ; aculeo longa 
per pinnas dorsales. 

La forme du corps de l'humantin est celle d'un 
prisme triangulaire 7 dont l'abdomen présente 
une des faces. Sa partie supérieure est brunâtre , 
l'inférieure grise 5 elles sont couvertes de gros 
tubercules durset saillans. Son museau est pointu , 
la tête aplatie: les yeux ronds, verdâtres avec la 
prunelle noire 5 la bouche est médiocre : la mâ- 
choire supérieure est garnie de trois rangées de 
dents aiguës , et l'inférieure n'en a qu'un seul rang. 
La langue est rude 5 les nageoires pectorales sont 
longues ; la première dorsale , triangulaire est 
munie d'un long aiguillon dirigé vers la tête ; les 
ventrales sont presque adhérentes j la seconde 
dorsale est aussi armée d'un piquant. La cau- 
dale est très-large. Cette espèce s'approche rarement 
du rivage 5 elle habite les fonds vaseux. Sa chair 
est coriace et filamenteuse. On en pêche du poids 
de soixante kilogrammes. 

18. S. Bouclé. Brouss. S. Spùiosus. (Mounge- 

clavelat. ) 

Lacet, tom. i , pag. 5o , pi. 3 ,n. 2. 

S* Corpore tuberculato ; aculeis m.ucronatis inordi- 
natis ; pinna dor sali prima à capile remotissima. 

Ce squale a la peau rude , couverte irrégiihère- 



CARTILAGINEUX. SQUALE. Ifi 

ment de tubercules arrondis , larges à leur base 
et garnis à leur sommet d'une pointe courte ? 
crochue. Son museau est avancé , conique , cn^ 
blé de pores muqueux. La bouche , qui est mé- 
diocre en largeur , est hérissée de plusieurs ran- 
gées de dents comprimées, presque carrées, fes- 
tonnées sur leurs bords 5 les yeux grands 3 les 
narines en dessus , les nageoires pectorales larges 
et épaisses. Les ventrales très-grandes 5 la pre- 
mière dorsale est située au-dessus de ces der- 
nières ; la seconde est plus petite et la caudale 
en forme de faulx. Ce squale, qui a quelques rap- 
ports avec les rhinobates , se montre de temps à 
autre sur nos rivages. Sa chair a peu de goût. 
Les pêcheurs de la mandrague de Nice m'ont 
assuré en avoir pris , en 1798 , un individu qui 
pesoit plus de vingt myriagrammes. 

ig. S. Nicef.n. S. Nicceensis. N. (Gatto de Fount. ) 

Pi. iv , fig. 6 de cet ouvrage. 

S. Tereti elongatus , fusco violaceus , tuberculatus ," 
dentibus inferioribus pyramidatis denticulatis . 

Les mers australes de l'Europe nourrissent ce 
squale qui n'a été décrit par aucun naturaliste. 
Son corps est allongé , arrondi, d'un violet obs- 
cur , couvert de petits tubercules aigus. La tête 
est médiocre 5 le museau court et rond porte , 
près de son extrémité , deux grandes narines 



44 CARTILAGINEUX. SQUALE. 

arrondies. La bouche est ovale, la langue et îe 
palais lisses 5 la mâchoire supérieure hérissée de 
trois rangs de dents allongées j pointues et sépa- 
rées les unes des autres ; l'inférieure n'en a 
qu'une rangée qui sont étroites , aplaties , pyra- 
midales et finement dentelées. Les yeux sont d'un 
noir argenté , avec la prunelle d'un vert d'éme- 
raude 5 ils sont surmontés d'une rainure en forme 
de paupière. La nuque est un peu raboteuse , 
les évens sont très-grands et arqués ; la ligne 
latérale est indiquée par de petits trous qui sui- 
vent la courbure du dos. Les nageoires pecto- 
rales sont grandes 5 la première dorsale est oe- 
tite 9 située plus près de la tête que le milieu de 
la longueur du corps 5 les ventrales sont amples : 
la seconde dorsale, qui vient après, est fort 
grande 5 la caudale est sinuée en dessous , se 
terminant en pointe. Ce cartilagineux n'aime 
que les eaux où règne une température de dix 
degrés, et ne s'approche jamais du rivage. On 
le pêche à l'hameçon avec des trachures et des 
bogues , à mille mètres de profondeur. Il est com- 
mun dans la mer de Nice. Sa chair est passable 5 
son foie est très-volumineux et se résoud facile- 
ment en huile. Sa peau fournit un des meilleurs 



galuchats. 

£5 



Ri: 31 ARQUES. 



Un courage indomptable , une force extraordinaire , une tc- 
l-acité insatiable sont les terribles attributs des squales. Lt 



CARTILAGINEUX. SQUALE. 4^ 

carnage accompagne leurs traces , et la terreur semble régner 
sur tous les poissons qui se trouvent dans les noires profon- 
deurs que ces cartilagineux semblent habiter de préférence. 
Leur peau est forte , rude, épaisse. Elle est employée par les 
bijoutiers , les tourneurs , les menuisiers et les sculpteurs en 
albâtre , pour polir les surfaces des matières qu'ils emploient 
dans leur art. Le foie de ces poissons fournit une grande quan- 
tité d'une huile jaunâtre qu'on emploie principalement pour 
assouplir les peaux. Une odeur particulière et désagréable 
émane continuellement de leur corps. Leur chair est le plus 
souvent coriace et difficile à digérer. On ne mange guères à 
Nice que les petits individus des diverses espèces que l'on con- 
fond sous le nom de bardoulins , encore les regarde-t-on comme 
un aliment fort grossier. Ces cartilagineux sont très-répandus 
sur toutes nos côtes. On en prend toute l'année de dimen- 
sions- très-variées , comme on l'a pu voir dans les articles ci- 
dessus. 



G. VIL Squatine. Squatina* Dum 1 . 

Caractères. Corps déprimé ; bouche à l'extré- 
mité d'un museau arrondi , plus large que le 
tronc et comme porté sur un cou : pas de 
nageoire du dos; pectorales très-larges , mais 
échancrées pour les trous des branchies. 

i. S. Ange. S. yulgaris, ( AngeJ 

S, Suprà scabra ; pinnis caudee duabus, anali nulla $ 

narïbus cirrhosis. 

La forme de ce cartilagineux est fort singulière 
et semble participer de celle des squales et des 



46 CARTILAGINEUX. SQUATINE. 

raies. Son corps est gris-foncé en dessus et blan- 
châtre en dessous. La tête est grande ? arrondie 
à son pourtour et déprimée. La bouche qui ter- 
mine presque le museau , est très-large , garnie 
de dents aiguës , recourbées , disposées sur deux 
rangs , dont le nombre augmentant avec Page , 
est toujours plus grand sur la mâchoire infé- 
rieure. Les narines sont couvertes d'une mem- 
brane en forme de deux barbillons. Les yeux 
sont grisâtres avec la prunelle noire 5 ils sont 
garnis d'aspérités. Les nageoires pectorales sont 
profondément échancrées et étendues ; les ven- 
trales sont triangulaires et rayées en dessous 5 la 
première dorsale est aussi longue que la seconde : 
l'une et l'autre situées sur la queue, dont la na- 
geoire est en demi-cercle. Cette espèce se trouve 
dans nos mers : son poids varie depuis un ki- 
logramme jusqu'à cinq myriagrammes. Sa chair 
est dure et coriace. 

r em àk qu je s. 

Ce genre est établi sur des caractères très tranchés qui le 
font facilement reconnoître. Ce cartilagineux se montre assez 
sou-vent sur nos côtes pendant les grandes chaleurs ; mais 
comme il est peu estimé, on en prend rarement. Une femelle 
de squatine , d'une grandeur assez considérable , prise dans 
notre mandrague , mit bas quinze à vingt petits au moment où 
l'eau commençoit à lui manquer, et qu'elle étoit asphixiée par 
l'action de l'air athrnosphérique sur ses branchies. 



CARTILAGINEUX. BAUDROIE. 47 

G. VIII. Baudroie. Batrachus. Dum 1 . 

Caractères. Corps déprimé, plat en dessous 
et incolore; tête-très- grosse formant plus du 
tiers du corps ; bouche très-large , terminale, 
à dents aiguës nombreuses ; nageoires pecto- 
rales , presqu a Forigine de la queue, formées 
de deux articles distincts. 

I. B. Pécheresse. B. Piscatorius. ( Boudraie. ) 

Bloch, pi. 87. 

B. Seùis tribus longis , erectis in verùice ; prima apice 

membranaeea. 

La baudroie a le corps d'un brun obscur par- 
dessus ? blanchâtre par-dessous ? garni sur les 
côtés de barbillons pinnatifides. Sa tête est fort 
grosse , la bouche énorme , la mâchoire supé- 
rieure garnie de trois rangées de longues dents 
aiguës et crochues '. l'inférieure , qui est plus 
avancée , en a deux rangs. La langue est large , 
épaisse, hérissée d'aspérités, ainsi que le palais 
et le gosier 5 une ouverture branchiale est placée 
de chaque côté en arrière et à l'origine des na- 
geoires pectorales. Ses yeux sont grisâtres avec 
l'iris marbré et la prunelle noire. Du milieu de 
ces organes s'élèvent trois filamens dont le pre- 
mier se termine par une membrane que le pois- 
son étale à son gré pour attirer sa proie. Un 



48 CARTILAGINEUX. BAUDROIE. 

peu en arrière ? est située la première nageoire 
dorsale qui est composée de trois longs rayons 
avec une membrane très-courte à leur base : la 
seconde dorsale renferme onze rayons ; chaque 
pectorale , vingt-quatre ; l'anale neuf. La caudale 
arrondie et noirâtre en a huit. On prend de ces 
cartilagineux qui pèsent depuis deux hecto- 
grammes jusqu'à quatre myriagrammes. Leur 
chair est blanche , mucilagineuse et d'un goût 
fade» 

Malgré la différence de taille et les diverses 
nuances des couleurs ? je place comme une va- 
riété de cette espèce une baudroie assez com- 
mune dans nos mers, connue par nos pêcheurs 
sous le nom de ganelli. Sa couleur est constam- 
ment roussâtre, et ses dimensions toujours plus 
petites. Son poids atteint à peine huit kilo- 
grammes. Sa chair est d'un goût exquis. 

RJE M ARqU E S. 

Quoique ce nom de batrachus ait été donné par Klein à 
toutes les espèces du genre lophius d'Arlèdi , je ne l'adopte 
ici, comme l'a fait M. Duméril dans sa Zoologie, que pour y 
comprendre les espèces à corps déprimé , à bouche très-grande, 
terminale et dentée. 

La ruse et la finesse sont les ressources particulières des 
baudroies. Lâches et oisives au fond de l'eau, cachées dans la 
vase où croissent les zoslères et les colinies, elles agitent leurs 
filamens , qui attirent , par leur ressemblance avec certain» 
appâts, les poissons que la faim conduit près d'elles, et le» 



CARTILAGINEUX. I3ÀUDR0IË. 49 

engloutissent lorsqu'ils arrivent à la portée de leur gueule 
béante. Un individu monstrueux de cette espèce , pris en mars 
î8o6 à Villefranche, avoit une énorme tête , mais avec deux 
bouches fort amples dont une placée par-dessus et l'autre en 
dessous ; toutes les deux garnies de cinq rangs de dents aiguës. 
Elles se réunissoient ensuite en un seul gosier hérissé de 
pointes. Ces deux bouches n'appartenoient qu'à un seul et 
même corps. 



G. IX. Baliste. Balistes* Artèdi. 

Caractères. Corps très-comprimé , à peau ru- 
gueuse ? très-solide, divisée par comparti- 
mens en forme d'écaillés; bouche petite à 
dents saillantes , rapprochées , solides , au 
nombre de huit au moins ; nageoires infé- 
rieures sous les pectorales, le plus souvent 
réunies ; fente branchiale étroite. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Plus dun rayon à la première nageoire dorsale 
et à la nageoire paire inférieure. 

ï. B. Buniva. B. Buniva.hsic. (Fanfred'Americo. ) 

Lacet, tom. 5 , pag. 66g , pi. 21 , n. 1. 

B. Cor pore ovato , compresso ; pinna dorsi anteriare 
triradiata ; rosùro obùuso ; eau du truncata. 

M. de Lacépède'a dédié à notre savant collège 
le docteur Buniva, de l'académie impériale de 

4 



5o CARTILAGINEUX. BALISTE. 

Turin ? ce beau baliste ? connu depuis îong-temps 
à Nice ? et qui n'avoit pas encore été décrit par 
les ichthyologistes. Ce cartilagineux a le corps 
ovale , comprimé , d'une couleur d'oxide de 
manganèse. Son museau est obtus , sa bouche pe- 
tite , ses lèvres rétractiles ? ses mâchoires égale- 
ment avancées ? garnies chacune de huit dents y 
dont celles du milieu très-grosses. La langue est 
lisse : les yeux ont l'iris d'un jaune doré ? avec la 
prunelle noire. La première nageoire dorsale a trois 
rayons aiguillonnés , dont le premier est rude et 
très-long, qui sont reçus dans une fossette lon- 
gitudinale. La seconde a vingt-six rayons arti- 
culés : lathoracique onze épineux ; les pectorales, 
treize chacune : l'anale , vingt- quatre 5 la cau- 
dale ? qui est rectiligne 3 douze ? et la membrane 
branchiale deux. Ce poisson a ordinairement 
deux décimètres de longueur , sur un et demi 
de largeur. On le trouve en juin et septembre. 
Sa chair est délicate. 

2. B. Vielle. B. Vetula. Lin. (Fanf're. ) 

Lackp. tom. 1 , pag. 3o4 , pi. 13 , n. 2. 

B. Pinna dorsi anteriore triradiata , ventralilongî- 
tudinali ; cauda bifida. Lin. Syst. nat. éd. 1 3- , 
pag. 1467, n°. 7. 

Cette espèce , qu'on n'avoit trouvée que dans 
le voisinage des tropiques , vit également dans 
les mers tempérées de l'Europe méridionale. Son 



CARTILAGINEUX. BALISTE. 5l 

corps est ovale-oblong ? comprimé ? de couleur 
obscure , varié de belles nuances jaunes et vio- 
lettes. Son museau est avancé , sa bouche petite , 
ses dents pointues , ses yeux jaunâtres , avec 
Tiris argenté , la prunelle bleue 5 ils sont ornés 
de chaque côté d'une rainure bleuâtre, La ligne 
latérale commence près de la nuque , et s'abaisse 
en se festonnant vers la queue. La nageoire dor- 
sale a trois rayons aiguillonnés 5 la seconde , 
vingt-huit articulés 5 l'anale, vingt-cinq ; la tho- 
racique , douze ; les pectorales jaunâtres , qua- 
torze chacune $ la caudale douze , avec les deux 
latéraux prolongés en longs filamens. Ce carti- 
lagineux parvient jusqu'à quatre décimètres de 
longueur. Sa chair est fort bonne. L'individu que 
j'ai vu , fut péché dans le mois d'août, dans les 
profondeurs de la mer de Saint-Hospice. 



DEUXIEME SOU S- GENRE. 

Plus (Vuti rayon à la première nageoire du dos; u?z 
seul à la nageoire inférieure. 

3. B. Caprisque. B. Capriscus. Lin. ( Pourc. ) 

Sitvum, tab. 206. B. 

B. Radio dorsali antrorsum serrato ; vejitrali hur 
mili, solitario ; cauda rotunda; rosùro sub-obtuso. 
Lin. Syst. nat. éd. l3, pag. ilfji , n°, i3. 

Des nuances légères de bleu et de jaune qui 



02 CARTILAGINEUX. BALISTrS 

se fondent en verdâtre , variées par de légers refléta 
violets, le tout sur un fond obscur, parent le corps 
comprimé du capnsque. Son museau est obtus, 
sa bouche petite , garnie de fines dents ; les yeux 
ont l'iris d'un jaune doré , la prunelle bleue. 
L'ouverture des branchies est étroite : la ligne 
latérale courbe , à peine visible. La première na- 
geoire dorsale a trois rayons aiguillonnés 5 la se- 
conde , vingt-deux 5 la thoracique sept, sans aiguil- 
lons 5 les pectorales , douze chacune 5 l'anale ta- 
chetée de bleu, vingt ; la caudale arrondie, qua- 
torze , et la membrane branchiale , deux. On 
prend quelquefois cette espèce pendant les fortes 
chaleurs de l'année. 

REM A R Ç U E S, 

Il semblèrent que la nature , en formant les balisles, se seroit 
plu à étaler au sein des ondes toutes les couleurs que le prisme 
nous offre lorsqu'il décompose la lumière. Une parure agréable, 
sans ctre cependant très-brillante, distingue les espèces qui 
fréqueatent nos rivages. Ils n'offrent en effet que des couleurs 
obscures , dont les teintes sombres sont très-agréablement fon- 
dues et moelleuses. Si, en traçant cette esquisse de l'bistoire 
des poissons de nos mers , j'étois assez heureux pour inspirer 
ie goût de leur étude à quelques-uns de mes compatriotes ; je 
les invite d'avance à s'occuper des espèces de ce genre , per- 
suadé que de belles découvertes seront le fruit de leur zè!e et 
de leurs recherches. 






CARTILAGINEUX.. CHIMERE. 53 

G. X. Chimère. Chimœra. Linné. 

Caractères. Corps allongé , conique , termine 
par un long filament ; bouche étroite à deux 
grandes dents incisives , crénelées à chaque 
mâchoire ; nageoires paires sous le ventre £ 
une seule ouverture branchiale sur le cou. 



i. C. Arctique. Lac. C. Monstrosa. Lin. (Cat. ) 

Bloch. [il. 12 \. Lacei». tojn. I, pag. 39a , y\. ij , n. I. 

C. Rostro angulato , plicato , sirno ; cauda aptera. 

Cette espèce de poisson, qu'on croyoit relé- 
guée clans les mers hyperboréennes > s'avance ce- 
pendant jusqu'aux côtes du beau sol de Nice. 
Elle a le corps arrondi , conique , un peu com- 
primé , surtout vers la queue. Des écailles très- 
petites, répandues sur le dos , comme une pous- 
sière d'argent sur un fond d'azur , rendent cette 
partie très-brillante. On voit sur les côtés des 
taches d'un brun-rougeâtre , et le dessous du 
corps également argenté , est parsemé de points 
noires. La tête est grosse , comme tronquée , le 
museau relevé en un tubercule obtus , garni de 
pores par lesquels transsude une humeur glai- 
reuse. La bouche est située sous le museau, et 
paroît s'ouvrir avec difficulté : elle est petite. Les 
os des mâchoires sont à nu et simulent des. 



54 CAIITILAGIIVEUX. CHIMERE. 

dents tranchantes ? sillonnées ? dont les supérieures 
sont plus longues et recouvrent les inférieures. 
Le palais supporte deux dents triangulaires. Les 
yeux sont grands 5 l'iris , qui est argenté , est 
pointillé de noir et offre quelques taches brunes. 
La prunelle est d'un vert d'émeraude. De la 
pointe du museau partent des lignes saillantes , 
comme produites par des incisions dont une en- 
toure l'œil , une autre se rend vers la commis- 
sure des lèvres, une quatrième forme un dessin 
sur la partie inférieure du museau 5 toutes se 
croisent , se séparent , se réunissent en diverses 
manières régulières , et semblent se réunir à la 
ligne latérale. La nageoire dorsale est précédée 
d'un long piquant triangulaire très-solide et 
dentelé par derrière. Cet aiguillon s'articule dans 
son milieu avec un cartilage qui supporte dix 
rayons divergens et qui va en diminuant pour 
se réunir encore à la membrane , laquelle après 
deux intervalles se termine à la queue. Cette cir- 
constance a donné lieu de croire à plusieurs 
ichthyologistes que cette chimère avoit trois na- 
geoires du dos , tandis qu'il n'y en a réellement 
qu'une seule formée de plusieurs lignes mem- 
braneuses liserces de noir à leur sommet. Les 
nageoires pectorales sont très-grandes , en forme 
de faulxj attachées à un prolongement charnu 
d'un rouge pale. Les ventrales sont plus petites 
et environnent l'anus qui est bleuâtre , et au-des- 



CARTILAGINEUX. CHIMERE. 55 

sous duquel on voit dans les mâles deux appen- 
dices rougeàtres , extensibles , qui servent pro- 
bablement aux mêmes usages que dans les raies 
et les squales. La nageoire de l'anus est divisée 
en deux lobes qui sont joints par leur base. Un 
filament délié termine la queue. On prend ce 
poisson en juillet et en août. 

n je m j. r qu e s . 

Une souplesse singulière , une mobilité extrême , ont fait 
donner au cartilagineux que nous venons de décrire , le nom 
fabuleux qui sert à le désigner aux naturalistes. Celui beaucoup 
plus simple de chat, que nos marins lui donnent, a rapporta 
sa conformation particulière comme poisson et aux mouvemens 
bizarres qu'il déploie dans la mer. 

La chair des chimères est blancbe , gluante, d'un goût dé- 
sagréable. La substance molle , gluante dont leur museau est 
rempli _, et qui suinte par les pores nombreux qu'on y observe , 
laisse émaner une quantité de rajons lumineux pendant la nuit. 
Jjeur foie est très-volumineux : on en extrait une huile limpide 
qui brûle en donnant beaucoup de lumière,, mais en répandant 
une odeur fétide. On la dit propre à calmer les douleurs rhu- 
matismales , quand on l'applique en frictions sur la partie souf- 
frante. 



G. XL Acipensère. dicipenser. Artèdi. 

Caractères. Corps allongé, garni de grandes 
écailles osseuses , anguleuses ; bouche infé- 
rieure protractile ? sans dents ; tête en bou- 
toir 7 ou terminée par un museau obtus. 



56 CARTILAGINEUX. ACIPENSERE. 

i. A. Esturgeon. A* Sturio, Lin. ( Sturion. ) 

Bloc», pi. 88. Lxci p. tom. i , pag. 41 1 , pi . ao.. 

/îf . Penùagonus ; rostro obâuso ; ore quadrato , làbiis 
bifidis ; cirrhis quatuor ab ore remotis. 

Le corps de l'esturgeon représente une sorte 
de prisme à cinq faces , dont chaque arête est 
recouverte d'une rangée d'écussons osseux, rayon- 
nes , convexes , terminés par une pointe mousse 
courbe ; d'une couleur argentée , avec des taches 
d'un bleu obscur en dessus 9 grisâtre, avec des 
taches brunes en dessous. Le museau est arrondi , 
obtus , garni en dessous de quatre petits bar- 
billons bifides. La tête est large , traversée de 
plusieurs lignes qui se croisent en différens sens. 
La bouche est garnie de deux os ou cartilages 
labiaux qui tiennent lieu de dents. Les yeux 
sont petits , l'iris d'un jaune doré , avec l'a pru- 
nelle bleue. Deux enfoncemens ovales , situés 
au devant de ces organes , sont les narines. L'on^- 
verture des branchies est incomplètement fermée 
par un opercule strié, sans membrane branchios- 
tège. Les nageoires sont supportées par des rayons 
cartilagineux. Les pectorales sont larges et très* 
étendues ; la dorsale est presque triangulaire et 
commence par un fort rayon. Elle est située plus 
loin de la tête que ne le sont les ventrales. 
L'anale est oblongue, et la caudale, qui a la forme 
d'une faulx , est partagée en deux lobes inégaux. 



CARTILAGINEUX. ACIPENSERF. 5j 

Ce grand cartilagineux fréquente nos côtes vers 
le printemps. 

R E M Jt RQ T7 E S. 

Des habitudes douces et paisibles , des désirs sobres et modérés 
pour la proie, ne semblent pas être d'accord avec la taille énorme 
qu'acquiert ce cartilagineux. On le pêche soit dans les fleuves 
qu'il remonte jusqu'à une assez grande distance de leur embou- 
chure , soit dans les profondeurs de la mer où il séjourne pen- 
dant une grande partie dé l'année. Quoiqu'il ne soit pas très- 
commun sur nos parages , on en prend cependant quelquefois 
d'un volume très-considérable dans notre mandrague. Sa chair 
est tendre , délicate et fort recherchée. 



G. XIL Ostracion ou Coffre. Ostracion. 

Artèdi. 

Caractères, Corps renfermé dans une peau 
osseuse; bouche petite, terminale, garnie de 
dents sur un seul rang; point de nageoires 
paires inférieures; les impaires sortant de 
l'enveloppe osseuse par des échancrures. 



— - ■■* 



PREMIER SOUS-C'NRE. 

\A sourcils et dessous du corps sjins aiguillons. 
i. O. Moucheté. Lac. 0. Cubicus, Lin. (Coffre.) 

Bloch. pi. ]57. Lacep , tom. X , pag. S\ , pi. 29. 

O. Tetragonus,oblongus -, maculis rotundalis , fuscis , 
disco cœruleo albidove. 

C'est par le nom de coffre que nos marins dési- 



58 CARTILAGINEUX. OSTRACIONV 

gnent ces cartilagineux, qu'on voit de temps à 
autre dans nos mers. Le moucheté a le corps ren- 
fermé dans une enveloppe osseuse quadrangulaire^ 
dont les faces longitudinales sont colorées de 
belles taches bleuâtres , entourées d'un cercle 
brun ? garnies autour de petits points relevés , 
divergens, qui forment des dessins magnifiques. 
La partie supérieure qui est presque plane , est 
ornée de plusieurs taches obscures ; l'inférieure 
est blanchâtre sur les boucliers, et jaunâtre dans 
les intervalles. Le museau est éfilé , la bouche 
petite , garnie de dix dents incisives noirâtres. La 
mâchoire inférieure dépasse la supérieure. Les 
yeux sont ovales: les narines sont indiquées par 
une petite ouverture allongée ; les branchies sont 
relevées. Les nageoires pectorales ont dix rayons 
chacune: la dorsale en contient neuf 5 l'anale 
neuf j la caudale , qui est ronde , en a dix. La lon- 
gueur de cette espèce est de trois décimètres , sur 
soixante-cinq millimètres de hauteur. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

A sourcils sans épines et ventre aiguillonné. 
2. O. Trigone. Lac. O. Trigonus. Lin. (Coffre.) 

Blocii. pi. i55. 

O. Trigo?ius } spinis vejitralïbus bicanaliculatis . 
Cette espèce a le corps renfermé dans une cui 



CARTILAGINEUX. OSTRACION". 5g 

rasse ossonse triangulaire, couverte de boucliers 
hexagones ? bombés , garnis de petits tubercules 
saillans , qu'on a comparés à des perles artistement 
arrangées. Les deux faces latérales sont ornées 
d'une tache obscure 5 elles se réunissent sur le 
dos en une crête longitudinale un peu dentelée , 
et se termine de chaque côté vers la queue par un 

long aiguillon cannelé. Le museau est échancré , 

00 7 

la bouche petite, garnie de huit dents incisives ? 
dont celles du devant sont plus longues. Les yeux 
sont ovales 5 l'ouverture des narines triangulaire. 
Les branchies sont étroites et oblongues. Les na- 
geoires pectorales ont douze rayons chacune 5 la 
dorsale en contient dix 5 l'anale douze ; et la 
caudale arrondie dix. La longueur de ce poisson 
est de deux décimètres, sur soixante-dix millimè- 
tres de hauteur. 

it JS M jI R Ç U E S. 

Les ichtbyologistes seront sans doute étonnés d'apprendre 
que ces cartilagineux , qu'on ne croyoit propres qu'à la mer 
des Indes, se trouvent aussi dans le bassin de la Méditerranée. 
Le dernier individu du moucheté qui fut pris , il y a six ans > 
par Joanin Cichon , pêcheur de Nice, fut donné à une étran- 
gère de distinction , qui se trouvoit, pour raison de santé, dans 
notre ville. Il est à présumer que ces poissons , qui ne vivent 
et ne fréquentent que les eaux chaudes de la Chine , se plaisent 
assez dans les tempérées qui baignent la partie méridionale de 
la France, puisqu'on en prend dans celle de Nice. Plusieurs 
pêcheurs , dignes de foi , m'ont assuré en avoir pris des indi- 
vidus de trois kilogrammes , qui f d'après leurs rapports , me 



6o CARTILAGINEUX. OSTRACION. 

paroisseut être le triangulaire. Mais , ni'étant fait une loi de n« 
décrire que ce que j'ai vu , je me suis permis seulement de 
l'indiquer. La chair des ostracions est délicate et d'uu goûfc 
exquis. 



G. XIII. Luni. Cephalus. Shaw. 

Caractères. Corps extrêmement comprimé, à 
queue comme tronquée ; bouche petite à os 
des mâchoires nues , sans dents , réunies ou 
divisées en deux pièces. 



i. L. Meule. C. Mo/a. (Muollo. ) 

Rondelet , tnm. i , pag. 4î4 , lib. i5 , cap. vu. Blocs, pi. 128, 

C. Scaber , pinnis imparibus caudal i annexis ; lati- 
tudine longiùudineque asqualibus. 

La lune est un poisson très - anciennement 
connu, puisque les premiers écrivains qui se sont 
occupés de l'histoire naturelle, en ont fait mention 
dans leurs ouvrages. Ce cartilagineux a le corps 
comprimé latéralement et arrondi dans son con- 
tour vertical. Sa peau est dure et rude au tou- 
cher j le dos est varié de nuances foncées et noi- 
râtres j les côtés et le ventre brillent d'une 
couleur argentée , et resplendissent au loin , 
quand ils sont exposés aux rayons solaires. La 
bouche est très-petite, les yeux ronds, l'iris a 



CARTILAGINEUX. LUNÉ. 6î 

l'éclat du platine , la prunelle d'un bleu de téiésie. 
Les narines sont petites , les trous des branchies 
ovales. Les nageoires pectorales ont chacune 
douze rayons ; la dorsale, qui est fort longue et 
noirâtre à l'extrémité, en a dix-huit -, l'anale, pa- 
rallèle à celle-ci , en a seize 5 la caudale , qui est 
formée d'une membrane attachée aux précé- 
dentes , en contient dix-huit très larges , qui font 
le contour de la partie postérieure. On prend ce 
poisson en avril, dans notre mandrague ; et Yon 
pèche en juillet, sur les parages de Nice, une 
variété qui est aussi longue que large , et festonnée 
dans sa partie postérieure. 

H JE M A R Q U E S. 

Ces poissons , qu'on prend en grand nombre presque toutes 
les années , ont sous leurs peaux une couche d'une substance 
blanche, remplie de petits pores , d'où s'échappe celte masse de 
lumière phosphorique , qui , au milieu des ténèbres de la nuit , 
doucement modifiée, et rendue onduleuse par les couches d'eau 
qu'elle traverse , forme ce disque lumineux qu'on a comparé à 
l'image de la lune. Le nom vulgaire que nos marins leur don- 
nent , vient aussi de cette substance molle adipeuse et douée 
d'une si grande élasticité. La chair de cette espèce est gluante 
d'une odeur désagréable , et d'un mauvais goût j elle donne 
beaucoup d'huile par la chaleur. Le foie est jaunâtre, très-volu- 
mineux , et fait une assez bonne nourriture , quoiqu'elle soit 
peu estimée généralement. 



02 CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 

G. XIV. Syngnathe. Syngnathus. Artèdi. 

Caractères. Corps couvert d'une cuirasse os- 
seuse , articulée , anguleuse ; bouche petite , 
prolongée en bec, sans dents, comme oper- 
culée; à mâchoire inférieure seule mobile, 
deux petits évens sur la nuque. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Des nageoires pectorales , une caudale , une anale. 
ï. S. Trompette. S. Typhle. Lin. (Cavao.) 

Bli.ch. p!. 91. 

S, Trunco anteriiis hexagono ; caudâ tetrago?id. 

La trompette a la partie antérieure du corps 
en forme de prisme à six faces , revêtu d'écaillés 
cuirassées, qui s'étendent d'une extrémité à l'au- 
tre. Sa tête est aplatie , le museau allongé , cy- 
lindrique, et relevé vers la sommité. La bouche 
est étroite, les yeux petits, verdâtres; la prunelle 
bleue , voilée d'une membrane fort mince , et h 
sourcils saillans. L'opercule grand et strié. La 
membrane branchiale a deux rayons; la nageoire 
dorsale, qui est pointillée , en a vingt ; les pecto- 
rales , douze chacune ; l'anale , six ; et la caudale , 
dix. Un jaune verdâtre colore ce cartilagineux , 
qu'on trouve dans les algues de notre mer. Sa 
longueur est de trois décimètres environ. 



CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 65 

2. S. Aiguille. S. Acus. Lin. ( Cavao. ) 

Blocit. pi. 91 , fig. 2. Lac Ei'. toin. 1 1 , pag. 5g , pi. 2 , n. 1. 

S. Trunco anterius heptagorio ; cauda hexagona. 

Ce poisson est plus gros que l'espèce précédente. 
Le corps offre en devant sept pans longitudinaux 
couvert d'écaillés striées. Le museau est cylin- 
drique. La bouche petite ? les yeux dorés , la 
prunelle noire. L'opercule très-grand. La mem- 
brane branchiale a deux rayons ; la nageoire dor- 
sale , trente-six ; les pectorales , qui sont rondes, 
quatorze chacune 5 l'anale , fort petite, en a six 5 
et la caudale ? qui se termine en rhombe ? en con- 
tient dix. Ce syngnathe est d'un jaune obscur , 
traversé par quelques bandes brunes. Ses œufs 
sont aurores. Ou le trouve en mars et avril. Sa 
longueur s'étend jusqu'à quatre décimètres. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

Des nageoires pectorales, une caudale , pas d'anale, 

5. S. Tuyau. N. «S. Pelagicus. N. ( Cavao. ) 

S, Griseus , albo fuscoque marmoratus ; trunco 
heptagono , caudâ tetragonâ ; rostro longo % lato , 
subulato* 

Sous le nom de pelagicus ? on a confondu jus- 
qu'à présent plusieurs syngnathes qu'on a trouvés 



64 CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 

sous différentes latitudes. Les caractères constanâ 
que j'ai remarqués sur les espèces de cette se- 
conde division , qui vivent dans nos mers , m'ont 
obligé de les décrire séparément, et d'en former 
trois espèces distinctes. La forme du corps de 
celui que je prends pour type , est un prisme à 
sept faces , dont les trois supérieures se réunissent 
de chaque côté du dos , et les deux pans inférieurs , 
avec les deux latéraux , forment quatre faces lon- 
gitudinales , qui s'étendent jusqu'à la queue. Son 
museau est long , très-large , aplati , sillonné de 
chaque côté , et finement strié. La bouche est su- 
périeure et grande. Les yeux sont dorés avec la pru- 
nelle noire. L'opercule à rayons divergens ; les 
plaques sont ovales, un peu bombées, avec des 
lignes partant d'un centre commun. La mem- 
brane branchiale a trois rayons ; la nageoire 
dorsale en a trente-quatre ; les pectorales courtes , 
douze chacune ; la caudale , qui se termine en 
pointe , huit. Le dos est mélangé de couleurs 
grises , brun-verdâtre , avec des taches blanchâ- 
tres. L'abdomen est d'un blanc argenté , marbré 
et varié de lignes, et des traits d'un jaune doré. 
La longueur de ce cartilagineux est de quatre à 
cinq décimètres. Sa largeur , de huit à dix mil- 
limètres. Il vit dans les algues. La femelle met 
bas en avril et août une grande quantité de petits 
syngnathes qui ont trente millimètres de longueur. 



CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 65 

On en trouve une variété à nuances rougeâtres , 
dont les dimensions sont toujours plus petites. 

4. S. Vert. N. S. Viridis. N. ( Cavao. ) 

S. Suprà viridis , infrà luteo , fusco , albocjue va*, 
rius ; heptagonus ; rostro brevi, compressa. 

La différence la plus remarquable qui existe 
entre ce poisson et le précédent , consiste dans la 
forme des plaques qui couvrent son corps j dans 
le museau qui est moins long , large , lisse et 
aplati; la bouche étroite, les yeux d'un jaune 
doré, la prunelle bleue. La membrane branchiale 
a deux rayons ; la nageoire dorsale, trente-deux 5 
les pectorales , dix chacune 5 la caudale, six. Une 
belle couleur verte colore sa partie supérieure , et 
un jaune et vert doré , traversé par des bandes 
brunes et des taches argentées, couvre l'inférieure. 
Cette espèce est commune 5 elle vit parmi les 
fucus de la mer de S. Hospice. On trouve la fe- 
melle en avril , pleine d'œufs verdâtres. Sa lon- 
gueur s'étend à deux décimètres et demi , sur 
huit millimètres de largeur. Cette espèce ne se- 
roit-elle pas celle que M. le docteur de Laroche a 
décrite et figurée sous le nom de Rojideletii , An- 
nales du Muséum , tom. XIII , fig. 5 ? 

Une variété , d'un jaune verdâtre , se trouve dans 
la rade de Villefranche , parmi les plantes ma- 
rines. 

5 



66 CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 

5. S. Rougeatre. N. S. Rubescens. N. ( Cavao. ) 

S. Rubescens , strigis albidis ; heptagonus ; rostro 
acuto , longissimo , rotu/idato. 

Cette espèce présente , à quelques différences 
près, la même forme que les deux précédentes ; mais 
elle en diffère par son museau très-long, arrondi 
et effilé. Sa mâchoire supérieure est un peu plus 
avancée que l'inférieure. Les yeux ont l'iris rouge, 
la prunelle noire , l'opercule est argenté. La 
membrane branchiale renferme deux rayons 5 la 
nageoire dorsale qui est transparente , pointillée de 
brun , en a trente-six ; les pectorales, dix chacune 5 
la caudale très-courte et tronquée à la sommité , 
en a sept. Une couleur rouge , donnant sur le 
brun , mélangé d'or et d'argent , couvert de petits 
traits blanchâtres , ornent son corps. La femelle a 
le ventre plein , en avril , d'œufs très-petits, qu'elle 
laisse couler par un canal , dans un petit sac qui 
se forme sous la queue. La longueur de ce syn- 
gnathe est de deux décimètres et demi 5 il est fort 
commun dans le printemps, sur la plage de Nice. 



TROISIEME SOUS-GENRK. 

Une nageoire à la queue , une au dos , point à la 
poitrine ni à Vanus» 

G. S. Pipe. S. AEquoreus. Lin. ( Cavao. ). 

inuxATtini, PJ. de FEneyelop. melh 



CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 67 

& Brunneo -fusais ; heptagonus j rostro Icevi 

cylindrico. 

Les auteurs ont désigné > sous le nom de pipe , 
un syngnathe dont le corps allongé et anguleux 
présente la même forme et la même structure que 
celui des espèces précédentes. Il en diffère cepen- 
dant par son museau moins allongé , plus ar- 
rondi et uni 5 par les gradations des couleurs qui 
sont d'un brun terne et foncée 5 par l'absence des 
nageoires pectorales et anale y et par une nata- 
tion beaucoup plus lente. Sa bouche est petite ; 
ses yeux sont marbrés d'obscur avec la prunelle 
noire 5 l'opercule fort ample 5 la nageoire dorsale 
est soutenue par trente rayons , et la caudale ? qui 
est fort déliée, en a cinq. Ce cartilagineux n'est 
pas commun j il vit dans les profondeurs du golfe 
S. Hospice j où on le pêche fort rarement. 



QUATRIEME SOUS-GENRE. 

Des nageoires à la poitrine et à l'anus , pas à la 

queue. 

•7. S. Hippocampe. S, Hippocampus. Lin. (Cavao. ) 

Bl.OCH. pi. I09 , D. 2. 

6\ TubercuIatus,ùruncO heptagono ; caudâ quadran- 
gui à , apterâ , arcuatâ. 

L'hippocampe a le corps heptagone ? recourbé 5 



68 CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 

ceint de treize anneaux garnis de tubercules 
pointus. La queue présente quatre faces longitu- 
dinales ? avec quatre rangées d'anneaux ornés 
d'une houppe de filamens déliés. La tête est 
grande , le museau étroit et cylindrique. La 
bouche petite , les yeux grands , entourés d'aspé- 
rités 7 l'iris argenté , la prunelle noire. La mem- 
brane branchiale a deux rayons 5 la nageoire dor- 
sale en a vingt 5 les pectorales , sept chacune 5 
l'anale , quatre. Les couleurs de ce cartilagineux 
sont , en général , d'un vert obscur , varié de teintes 
brunes. Sa longueur est de quatre-vingts milli- 
mètres j il est fort commun. 

On trouve aussi , sur nos bords ? une variété 
d'un blanc d'argent mat. 

L'on voit encore des individus tout à fait noirs 
sur le dos , et argentés sur le ventre. 



CINQUIEME SO US-GENRE. 

Point d'autres nageoires qu'au dos. 
8. S. Ophidion. «S. Ophidioji. Lin. ( Bisso. ) 

Blocs, pi. gi , 3. 

S. Corpore tereti viridi , albo maculato ; caudâ 

apterâ , acutissimâ. 

Le corps de ce poisson est allongé et arrondi , 
d'un brun vert tendre, tacheté de blanchâtre. Le 
museau est court , aplati en dessus, pointillé de 



CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 69 

bleu. Les yeux sont dorés, la prunelle noire. Les 
côtés, au-dessous de la membrane branchiale, sont 
ornés de grandes taches d'un azur nacré , où se 
réfléchissent plusieurs nuances améthystes. La 
queue est fort longue, déliée, se terminant en 
pointe. La nageoire dorsale renferme trente- 
quatre rayons , et la membrane branchiale, deux. 
La longueur de ce cartilagineux est de deux déci- 
mètres et demi , sur quatre millimètres de largeur. 
On le prend en juillet, sur le rivage de Nice , avec le 
iilet qu'on nomme la seine. La femelle présente les 
mêmes nuances vertes, et la même forme que le 
mâle; mais ses côtés sont nacrés, et resplendissent 
de toutes les nuances du vert. Elle est garnie sous 
l'abdomen de deux rangs de petits œufs verdâtres 
qui éclosent sous ces lames, vers le mois d'aoïit. 

9. Papacin. S. Papaci?ius. N. (Bisso.) 

PI. iv. fig. y de cet ouvrage. 

S. Corpore rotundato , rubro , aureoejue maculato , 
caudâ apterâ , lo?igâ. 

J'ai dédié à notre illustre compatriote Papacïn 
d'Antony, si avantageusement connu par ses ou- 
vrages de mathématiques et de tactique militaire, 
ce sygnathe dont la description n'a pas encore 
été publiée. Le corps de cette espèce est arrondi 
sur sa partie supérieure , et présente sur le ventre 
deux faces longitudinales qui se prolongent jus- 



70 CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 

qu'à l'anus. La queue est ronde et déliée , le mu- 
seau très-court j la bouche petite, les yeux ont 
l'iris doré , la prunelle noire. La membrane 
branchiale a trois rayons , et la dorsale , vingt-six. 
La couleur de ce joli poisson est d'un rouge co- 
rail , varié par des taches rondes d'un jaune doré , 
qui deviennent annelées en approchant de l'ex- 
trémité caudale. La couleur de la femelle est 
inoins brillante. Sa longueur est de trois décimè- 
tres , sur quatre millimètres de largeur. Il habite 
les grandes profondeurs de Yillefranche. Je l'ai 
prjs en avril et décembre, ainsi que la variété 
suivante. 

Corps d'un jaune verdâtre ? parsemé de plu- 
sieurs rangs de taches rondes et oblongues, trans- 
parentes , cerclées de rouge 9 et annelées vers la 
queue. Cette variété est fort commune en août. 

io. S. a bandes. N. S, Fasciatus. N. ( Bisso. ) 

PI. iv, fig. S de cet ouvrage. 

S. Corpore compresso , brunneo-virescente , luteo 
fasciato ; caudâ longissimâ. 

Cette jolie espèce a le corps aplati dans» sa partie 
antérieure ? se terminant par une arête ou éléva- 
tion charnue sur le dos et sur le ventre 5 ensuite il 
est cylindrique , depuis l'anus jusqu'à la queue. 
Un brun verdâtre colore le dos $ le ventre est d'un 
beau bleu d'azur. Ses côtés sont traversés par de 



CARTILAGINEUX. SYNGNATHE. 71 

petites bandes d'un jaune doré, qui rendent ce 
poisson très-éclatant. La qnene est fort longue ? 
déliée , couverte de taclies inégales , transparentes , 
bordées de brun , et arrangées symétriquement. 
La nageoire dorsale contient vingt-buit rayons , 
et la membrane branchiale ? deux. La longueur 
de ce poisson est de trois décimètres. Je I ai 
trouvé parmi les algues de la mer de Villefranche. 
La femelle attache , par le moyen d'une espèce 
de gluten , deux rangées d'œufs dorés au-dessous 

O r ci 

de son ventre. 

On trouve en août une belle variété d'un rose 
tendre , à bandes jaunes , et dont la queue est 
cerclée de rouge. 

RE 31 ARQUE S. 

Une vive tendresse, un dévouement sans bornes pour leurs 
petits , paroissent être les affections des poissons de ce genre. 
En effet, les syngnathes se développent d'une manière toute 
particulière; les œufs n'éclosent point dans le ventre de la fe- 
melle j ils coulent par un petit canal dans un sac membraneux 
qui se forme au-dessous de leur queue , laquelle paioît s'ouvrir 
longitudinalement , quand les petits , qui viennent tout (ormes 
à la lumière , sont assez développés pour subvenir à kurs be- 
soins. La cuirasse dure qui renferme le corps de ces poissons , 
et la petitesse de leurs dimensions , sont cause qu'on ne les 
emploie point comme aliment. Mais séchés d'abord au soleil , 
rôtis ensuite à une douce chaleur , et plongés dans le vin , ou 
les dit propres à calmer les coliques. Au moins les marins les 
emploient- ils à cet usage. 



J2 CARTILAGINEUX. LErADOGASTERE. 

G. XV. Lépadogastère. Lepadogaster. 

Gouan, 

Caractères. Corps à peau lisse sans écailles ; 
tète déprimée, plus large que le corps, à 
bouche avancée, dentée; nageoires paires , 
pectorales et ventrales, comme doubles et 
réunies en dessous , en forme de disque» 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Des appendices sur les narines. 

2. L. Gouane. Lao. L. Gouanii. Lac. (Pei-pourc.) 

Le barbier ou porte-écuelle. Goan. Gen. t, i , fig. 67. 

I. L. Vires cens , fusco punctatus ; dentibus obtusis 
acutisaue ; pinnis dorsi et ani longiùudinalibus. 

Ce cartilagineux , le premier décrit dans ce 
genre , par les ichthyoîogistes , a le corps verdâ- 
ire j couvert de petits tubercules bruns. Le museau 
est pointu et strié , la tête large , marquée de 
deux taches brunes en forme de croissans. Les 
yeux sont gros , l'iris verdâtre , la prunelle noire. 
Deux filamens déliés, noirâtres, sont placés près 
des narines. La bouche est ample , garnie de 
ii-iiis mousses et aiguës, les dernières sont divi- 
sées en deux lobes et recourbées en arrière. La 
langue est lisse, ta mâchoire supérieure un pei* 



CARTILAGINEUX. lÊpADOGASTERE. 7^ 

plus avancée que l'inférieure. Les nageoires p'efc 
torales ont quatorze rayons chacune ; les pectotho- 
raciques ? quatre chacune ; la dorsale , seize 5 elle 
est opposée à l'anale , qui en a neuf 5 la caudale 
ronde en contient douze. On trouve cette espèce 
sous les galets calcaires du rivage de Nice , en 
juillet. 

2. L. Balbis. N. L. Balbis. N. (Pei St. Peire.) 

fi. iv, fig. 9 de cet ouvrage. 

L- Rubro-'violaceus , nigro punctabus , abdomine au- 
rantiaco ; denùbus acutis ; pinnis dorsi et ani /on- 
gitudinalibus. 

Ce lépadogastère joint à de belles dimensions , 
des couleurs très-agréables. La partie supérieure de 
son corps est d'un rouge violet 5 avec des taches fon- 
cées , et d'un rouge vif parsemé d'une infinité de 
petits points noirs qui en varient les nuances. Le 
disque et l'abdomen sont aurores. Le museau est 
prolongé et aplati , marqué de trois sillons longi- 
tudinaux. La bouche est ample 5 les mâchoires 
égales 5 garnies de petites dents aiguës. La langue 
lisse 5 pointillée de rouge \ les yeux grands ? avec 
l'iris bleuâtre , et la prunelle rouge j ils sont garnis 
sur les côtés de deux appendices bruns. Les na- 
geoires sontliséréeset tachetées de rouge. La dor- 
sale renferme vingt-deux rayons} l'anale ? onze. 
Elles se réunissent par une membrane à la eau- 



74 CARTILAGINEUX. LEPADOGASTERE» 

dale, qui a dix rayons; les pectothoraciques etï 
ont cinq chacune, et les pectorales, vingt. On; 
trouve ce joli poisson en juin , dans la mer de 
Villefranche. Sa longueur est de quatre-vingts 
millimètres , sur quatorze de largeur. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

Point cC appendices sur les narines 

5. L. Ocellé. N. L. Ocellatus. N. ( Pei S. Peire. ) 

L. Brunneo virescens , iiigro punctatus ; operculiç 
maculis ocellaribus argenteis. 

Le corps de cette espèce est transparent , nuancé 
d'un vert brunâtre , parsemé de petits points noirs. 
Le museau est court et coupé sur le devant , la 
tête large , la bouche ample , la langue lisse 5 les 
mâchoires garnies de quelques dents mousses , les 
yeux argentés, l'iris doré, la prunelle noire. Les 
nageoires pectorales ont chacune douze rayons j 
elles sont ornées en dessous d'une belle tache 
ronde violette , entourée d'un large iris argenté , 
qui semble former un œil avec sa prunelle. Les 
nageoires pectothoraciques ont quatre rayons 
chacune 5 la dorsale en a cinq ; l'anale , le même 
nombre 5 et la caudale, qui est ronde , en contient 
dix. L'ocellé n'a que six centimètres de longueur. 
Je l'ai trouvé en avril , dans la rade de Ville- 
franche. Il pourroit se faire que cette espèce fût 



CARTILAGINEUX. LEPADOGASTElîï. 7 5 

la même que celle décrite par Pennant, Britan. 
Zoology , tom. III ? pag. 897 et fîg. , pi. 22 , sous 
le nom de bimacuîated sucker. 

4. L.Wîlldenow. N,Z. Willdenowi. N. (Peipourc.) 

Pi. iv, fîg. io de cet ouvrage. 

L. Luteo virescens , rubro punctatus ; pinnis hnpa- 

ribus connexls. 

La couleur de ce lépadogastère , sans être riche 
et brillante , n'offre pas moins un agréable en- 
semble. Le dessus du corps est feuille morte, plus 
ou moins foncé par des ondulations sur lesquelles 
sont semés assez régulièrement des points rouges 
très-fins. Le museau est arrondi , et aussi large 
que la tête. La bouche ample , les mâchoires gar- 
nies de dents aiguës. La langue rude , couverte 
d'aspérités. Les yeux d'un brun rougeâtre , la pru- 
nelle noire. Les nageoires pectorales ont six rayons 
chaque \ les pectothoraciques rougeâtres , quatre 
chacune 5 la dorsale petite en a dix-huit : l'anale, 
quatorze 5 ces deux nageoires se réunissent à la 
caudale, qui en a dix. La longueur de ce poisson 
est de soixante millimètres , sur dix de largeur. 
On le trouve sur les bords de la mer de Nice* 
dans le mois de juillet. 

5. L. Olivâtre. N. L. OlivaceiLS. N. ( Pei S. Peire. ) 

L. Olivaceus , albo punctatus ; operculis viridi H- 
neatis ; pinnâ dorsi à caudali distùictâ. 

Le corps de ce cartilagineux est d'un vert 



7 6 CARTILAGINEUX. LEPADOGASTERE. 

d'olive , varié de petites taches rondes d'un blanc 
sale transparent ? dont celle des côtés sont plus 
grandes. Le ventre est d'un blanc rougeâtre ? 
ainsi que le disque. Le museau allongé , est plus 
effilé que celui des espèces précédentes. Les mâ- 
choires sont égales , garnies de dents pointues et 
grêles. Les yeux verts ? la prunelle noire. Les 
opercules sont traversés de lignes courbes d'un 
vert tendre. Les nageoires sont d'un rouge de 
laque foncé , pointillées de blanc. La dorsale ? sé- 
parée de la queue ? contient quinze rayons ; l'a- 
nale, neuf } les pectothoraciques ? quatre chacune 5 
les pectorales , vingt chaque 5 et la caudale 5 qua- 
torze. L'olivâtre a quarante -cinq millimètres de 
longueur, sur huit de largeur. Je l'aie pris sous 
les galets du golfe de S. Hospice , en août. 
Cette espèce paroît avoir beaucoup de rapport 
avec celle décrite par Schneider. Syst. Blochii ? 
pag. 2 j n°. 4 y sous le nom de pinnulatus , d'après 
les manuscrits de Forster. 

6. L. Decandolle. N. L. Ca?idolii. N. (PeiS. Peire. ) 

L. Fusco rubescensj luteo punctatus ; operculis rubro 
lineatis punctatiscjue ; pinnâ ani à caudali dis- 
tinctâ. 

Cette espèce de poisson est nouvelle et très-sin- 
gulière. Son corps est d'un brun roussâtre , cou- 
vert de points jaunes. Le museau est allongé et 



CARTILAGINEUX. LErADOGASTERE. 77 

arrondi , la tête très-large, la bouche ample , les 
mâchoires égales , garnies de petites dents , les 
yeux ont l'iris doré , la prunelle améthyste. Les 
opercules sont ornés de plusieurs raies, et de ta- 
ches rondes d'un rouge vif. Les nageoires pecto- 
rales sont grandes , contiennent quinze rayons 
chaque 5 les pectothoraciques , quatre chacune | 
la dorsale obscure , tachetée de points blancs et 
rougeâtres , en a quatorze 5 l'anale , colorée de 
rose , dix 5 et la caudale , qui en est séparée , poin- 
tillée de rouge , en a quatorze. La longueur de 
ce cartilagineux est de soixante-dix millimètres , 
sur dix de largeur. Il est fort commun dans les 
profondeurs sablonneuses de la mer S. Hospice ? 
en juillet et août. 

J'ai trouvé une variété en septembre , dont les 
taches jaunes s'étendent en ondulations sur tout 
le corps. 

On en voit aussi une autre variété d'un vert 
jaunâtre , avec des taches transparentes , très- 
grosses , sur les côtés. 

7. L. Réticulé. N. L. Reticulatus. N. ( Pei pourc. ) 

Z* Fusco luteus griseo , nigroque reticulatus ; pinnis 
ani dorsique oppositis , à caudali distinctis. 

Un mélange de brun jaunâtre , et de gris noi- 
râtre, divisé en ondulations , par petits points , 
colore la partie supérieure de ce cartilagineux. 



78 CARTILAGINEUX. LEPADOGASTERE. 

Son ventre est d'un blanc mat, varié de petites 
lignes noirâtres , qui forment une espèce de ré- 
seau. Son disque est blanchâtre. Le museau est 
court et arrondi. Les mâchoires sont égales , gar- 
nies de dents fines. Les yeux sont marbrés , avec 
la prunelle verte. Les nageoires sont pointillées 
de jaune. La dorsale est placée sur la queue, sup- 
portée par six rayons 5 l'anale , qui lui est paral- 
lèle , en a quatre ; elles sont fort éloignées de la 
caudale , qui en a neuf 5 les pectothoraciques , 
quatre chacune 5 les pectorales , quatre chaque. 
J'ai pris ce poisson , dont la longueur n'excède 
pas quarante millimètres , sur la plage de Nice , 
vers l'embouchure du Var, dans le mois d'août. 

REMARQUES. 

La plupart des espèces de lépadogastères fréquentent les 
endroits sablonneux des bords de la mer. Soil stupidité , soit 
crainte, ils se laissent approcher avec une sotte sécurité, et 
s'attachent, même à la main qui veut les saisir, par le moyen 
de leur disque ventval , qui agit comme une ventouse en fai- 
saut le vide. La première espèce de ce genre a été dédiée par 
M. Lacépède, au savaat botaniste Gouan , qui , le premier, l'a 
fait connoître. A l'exemple de ce grand ichthyologiste , j'ai 
donné à trois de mes nouvelles espèces des noms illustrer dans la 
botanique , qui sont celui du docteur Balbis , professeur de l'uni- 
versité de Turin $ celui de Willdenow , et celui de l'auteur de 
la Nouvelle Flore françoise. Ces poissons sont connus à Ville- 
franche sous le nom de Saint-Pierre , à cause d'une chapelle 
consacrée à ce saint , bâtie sur la partie du rivage , que ces 
thoracins fréquentent. 



CARTILAGINEUX. CENTRISQUE. 79 

G. XVI. Centrisque. Centriscus. Linn. 

Caractères. Corps très- comprime , couvert de 
grandes plaques articulées; bouche sans dents j 
nageoires paires inférieures réunies, une seule 
au dos. 



1. C.Scmpitt. Lac.C Velitaris. Pallas. (Troumbetto.) 

Pal la s -S n cil. Zool. vin , pag. 56, tab. 4, flg. 8. 

C. oblongo lanceolatus , setalis recumbentibus et ad- 
natis hispidus ; dorso sentis loricato , spinâ média, 
mobili , serrulata , acutissimâ. 

Ce centrisque , qui me paroît présenter tous les 
caractères de celui que le célèbre Pallas a décrit, 
d'après des individus provenant des mers d'Am- 
boine , s'est trouvé à Nice , parmi diverses espèces 
du genre dupée que j'avois occasion d'examiner. 
Son corps est oblong , un peu aplati. Sa couleur 
brilloit de l'éclat du nacre. On voyoit sur son 
dos quelques nuances azurées ? et l'abdomen of- 
froit quelques teintes à reflets dorés. Le museau 
de ce poisson est court, orné de chaque côté d'une 
petite ligne saillante. La bouche est petite , la 
mâchoire un peu plus longue que la mandibule. 
Les yeux grands , avec l'iris argenté et la prunelle 
bleue. Un piquant court, aigu , dentelé , réuni à 
deux petits aiguillons forment la première na- 



8o CARTILAGINEUX. CENTRISQTJE. 

geoire du dos. La seconde, qui est fort près de la 
queue , est soutenue par douze rayons ; les pecto- 
rales en ont treize chacune 5 les ventrales , quatre; 
l'anale ? seize $ la caudale ? dix : et la membrane 
branchiale ? trois. 

REMARQUES» 

Le surnpitt , que j'ai observé en avril, étoit long de o,o4 et 
large de 0,012. Il paroît que ce poisson est fort rare sur nos ri- 
vages. La sorte de cuirasse qui revêt le dos , et les piquans 
mobiles et dentelés qu'on observe au-devant de l'anus et sur le 
dos doivent le faire craindre des espèces les plus voraces. 



G. XVII. Solénostome. Solenostomus. Klein. 

Caractères. Corps comprimë,couvert d écailles ; 
bouche sans dents , au bout d'un museau ; 
deux nageoires dorsales, la paire inférieure 
réunie. 



1. S. Bécasse. S. Scolopax. (Troumbetto.) 

Bloch. p]. 125, flg. 1. 

S, Radio primo pinnce dorsi œiterioris elongato , 
spinoso , posticè serrato. 

La bécasse , qu'on nomme aussi le soufflet , est 
recouverte d'écaillés dures ? rudes , imbriquées. 
Sa couleur est d'un gris rougeâtre ou rosé. Son 
corps est comprimé , ovale ? allongé > terminé en 
devant par un long bec arrondi ? dont la bouche 



CARTILAGINEUX. SOLENOSTOME. 8ï 

oblique et terminale est recouverte parla mâchoire 
inférieure. Ses yeux sont grands , avec l'iris blan- 
châtre , veiné de rouge , et la prunelle noire. La 
première nageoire du dos est soutenue par quatre 
piquans , dont le premier est un long aiguillon , à 
double dentelure «et mobile , précédé d'un tuber- 
cule osseux qui le soutient quand il est dressé. On 
compte seize rayons dans la seconde dorsale 5 dix- 
sept , dans chaque pectorale 5 cinq , dans les ven- 
trales 5 dix-huit , dans l'anale $ neuf, dans celle 
de la queue qui est arrondie. On ii'en voit que 
trois dans la membrane branchiostège. Ces pois- 
sons atteignent au plus un décimètre et demi de 
longueur. On en prend en juillet, dans nos mers r 
mais ils y sont assez rares. 

RE 31 ARQUES. 

Ce poisson est presque le seul de ceux qu'on a rangés parm j 
les cartilagineux , qui offre de véritables écailles. Quoique tous 
les auteurs l'aient réuni à ceux du genre précédent, nous avons 
cru devoir , avec l'auteur de la Zoologie analytique , le distin- 
guer sous le nom de solénostome emprunté de Klein (Miss. IV 
pag. 24 )• Les deux nageoires du dos, le défaut de cuirasse , la 
forme générale du corps , les écailles , ne nous y autorisoient que 
trop. La chair de cette espèce est ferme , tendre et d'un bon 
goût 5 et si on ne les emploie pas davantage dans uos cuisines, 
c'est qu'étant petits et fort rares, on ne les a pas encore beau- 
coup recherchés. 



6 



SECONDE SOUS-CLASSE 

DE LA MÉTHODE DE M. LACEPÈDE. 

POISSONS OSSEUX. 



PREMIER SOUS-ORDRE. 

APODES. 



G. XVIII. Notoptère. Notopterus. Lac. 

Caractères. Corps comprime, écailleux; pas 
de nageoires du ventre ni de la queue. 



i. N. Fontanes. N. Fontanesii. ( Aurin.) 

Planeh. i v , fig. 1 1 de cet ouvrage. 

N. Compressus , serpentiformis , pellucidus , rubro 
fasciatus ; abdomine arge?zteo. 

Le corps de ce poisson est lisse , délié ? serpenti- 
forme , dénué d'écaillés sur sa plus grande partie , 
d'un nacré transparent ? traversé par une infinité de 
petites bandes sinueuses d'un rouge incarnat. Sa 
tête est roussâtre , nuancée d'or et d'argent ? et 
couverte de petits points rouges et obscurs en 
forme d'étoile. Le museau est avancé en ^pointe. 
La nuque un peu sillonnée 5 les narines n'ont 
qu'un petit orifice. Les yeux sont argentés en 
rayons pointillés de rose; la prunelle est noire. 



ÏSOTOvTÈRE» 8'^ 

La bouche est médiocre 5 la mâchoire supérieure 
est plus avancée que l'inférieure , toutes Jeux 
sont garnies de trois rangs de dents fines , aiguës 
et crochues. La langue est libre , pointue , un peu 
rude. Le palais est hérissé de trois rangées de 
pointes aiguës, dont celle du milieu plus courte 
et relevée en crête. Le gosier est garni de petits os 
couverts d'aspérités. L'opercule est composé de 
deux pièces : la première dentée $ la seconde 
lisse ? argentée ? à rayons divergens ? garnie en 
dessus d'un aiguillon ; elle ne recouvre que très- 
peu la membrane de branchies qui se termine en 
pointe. L'abdomen brille de l'éclat de l'argent 5 
il est parsemé de petites taches noires qui en va- 
rient la nuance. Les cotés sont couverts de quinze 
grosses écailles argentées et dorées ? placées en 
ligne droite. L'anus est situé sous la gorge. La 
ligne latérale , droite. Les nageoires pectorales 
sont jaunâtres 5 placées sur des prolongemen9 
charnus 5 elles contiennent dix-huit rayons cha- 
cune 5 l'anale , qui commence près de la gorge ? 
et se prolonge jusqu'à la pointe caudale ? en a 
cent soixante-dix 5 la dorsale 5 qui prend son ori- 
gine plus bas que l'anale ? en contient cent qua- 
rante. La queue se termine en un long prolonge- 
ment. Cet apode a un décimètre et demi de lon- 
gueur ? quinze millimètres de largeur vers la tête , 
et un millimètre vers la pointe caudale. Il vit dans 
la vase des grandes profondeurs du golfe de Beau- 



84 OSSEUX. APODES. 

lieu. On en trouve pendant tout l'été. La femelle 
a les mêmes dimensions et couleurs que le mâle 5 
elle pond en juillet une grande quantité d'œufs 
d'un jaune blanchâtre , liés entr'eux de manière à 
former un réseau. 

n je 31 a r q u e s. 

Le poisson que je viens de décrire est bien distinct des deux 
espèces que M.Lacépède a rapportées à ce genre. Il se rapproche 
cependant un peu, pour la forme, du gymnotus asiaticus dé- 
crit par Linné, d'après Hottuyn , et que M. Schneider a rap- 
porté au genre sternachus , dans le système de Bloch. Il me 
paroît avoir aussi quelque analogie avec le tœnioïde herman- 
nien décrit et figuré par M. Lacépède } tom. II , pag. 533 , 
planche 14. 

J'ai dédié cette espèce à S. E. M. le sénateur comte de Fon- 
tànes , grand-maître de l'Univertité Impériale, membre de l'Ins- 
titut , comme un témoignage de mon respect et de mon dé- 
vouement au chef de l'instruction publique en France. 

Si la cupidité des hommes a bientôt fait connoître aux. natu- 
ralistes , les grandes espèces de poissons, il n'en a pas été de 
même àl'égai'd des petites que leur peu de valeur a fait négliger. 
Mais l'homme qui se livre à la connoissance des êtres vivans , 
les étudie tous avec le même intérêt 5 souvent même il voit 
avec plus d'admiration , il étudie avec plus de zèle les espèces 
dont les formes lui offrent quelque particularité extraordinaire. 
Le notoptère dont je viens de donner la description en est un 
exemple : si sa découverte m'a été très-agréable , j'ose espérer 
que la figure que j'en offre ici ne sera pas Tune de celles qui 
intéresseront le moins l'ichthyologiste qui parcourra ces 
essai. 



LErTOCrPIlALE. 85 

G. XIX. Leptocephale. Leptocephalus. 

Gronov. 

Caractères. Point de nageoires de la poitrine 
ni de la queue ; l'ouverture des branchies si- 
tuée de chaque côte', en partie sous la gorge. 



i. L. Spallanzanï. N. L. Spallanzani. N. ( Muruo. ) 

L. Teres , ruber , nigro maculatus ; oculis minimis ; 

mandibulâ longiore. 

C'est avec quelques doutes que je rapporte à ce 
genre cette belle espèce de poisson à laquelle con- 
viennent cependant presque tous les caractères 
indiqués par Gronove , à l'exception de la rondeur 
du corps. Peut-être la rapporteroit-on avec autant 
de raison au genre sphagebranche de Bloch. J'ai 
cru cependant, à l'époque où j'en ai fait la pre- 
mière description , observer des opercules et une 
membrane des branchies. Yoici les notes que 
j'ai rédigées alors : 

Le corps est cylindrique , arrondi , d'une belle 
couleur rouge incarnat , couvert sur le dos de 
très-petits points noirs qui en varient agréable- 
ment les nuances. Ses côtés sont fasciés par des 
lignes courbées blanchâtres , et la partie inférieure 
est lisse, d'un rouge jaunâtre ; le ventre est coloré 
par les intestins qui sont d'un bleu argenté. Sa 



86 OSSEUX. APODES. 

tête est petite , menue , couverte de petits orifices , 
par lesquels suinte une humeur visqueuse. Le mu- 
seau est comme tronqué à l'extrémité , et garni de 
chaque côté d'un appendice très-court. La bouche 
est moyenne ; la mâchoire supérieure est beau- 
coup plus longue que l'inférieure 5 toutes les deux 
sont garnies de petites dents aiguës et isolées. Le 
palais est hérissé d'un long osselet garni de 
pointes. La langue est courte et lisse. Les yeux 
sont très-petits , d'un beau vert d'émeraude , avec 
l'iris doré et la prunelle noire. Les opercules sont 
jaunâtres, rayés par de petites lignes , et parse- 
més de quelques points rouges. Les ouvertures 
branchiales sont demi-circulaires, situées au-des- 
sous de la tête. La ligne latérale est courbe à son 
origine , et droite ensuite ; l'anus est un peu plus 
près de la tête que de la queue. Les nageoires 
sont très-longues et fort peu élevées. La dorsale 
est placée dans un sillon longitudinal qui com- 
mence près de la nuque , et s'étend depuis les 
ouïes jusqu'à dix millimètres de la pointe cau- 
dale ' y elle contient quatre cent quarante petits 
rayons environ j l'anale qui est rougeâtre , en a deux 
cent quarante-cinq , et la queue se termine en 
pointe. La longueur de ce poisson est de cinq dé- 
cimètres , sur dix millimètres de largeur. Je l'ai 
pris dans le mois d'août , dans les rochers de la 
mer d'Eza , vers Monaco» 



LFPTOCÉPHALE. 87 

REMARQUES. 

Si plusieurs familles de poissons parcourent chaque année 
des espaces immenses , et vont de climats en climats, chercher 
une température semblable à celle qui les a vu naître, ou une 
nourriture plus saine et plus abondante; il en est d'autres qui , 
attachées constamment au même rivage, ne le quittent que 
pour se retirer dans la solitude des rochers des mêmes régions , 
où elles fon t leur demeure habituelle. Telles sont les mœurs 
du leptocéphale que je viens de décrire , habitant toute l'année 
nos montagnes sous-marines. Ce poisson vit seul et isolé dans 
leurs anfracluosiiés , et ne s'approche du rivage que vers le 
mois d'août, époque de la fécondation, pour venir accomplir 
cette grande loi de la nature. La forme svelte du corps de cet 
osseux , toujours enduit d'une liqueur onctueuse, le rend d'une 
souplesse et d'un agilité si grande, qu'il glisse avec facilité à 
travers les filets , ce qui est cause qu'on ne peut se le procurer 
que très-difficilement. Le goût de sa chair approche un peu de 
celle des murènes. Je l'ai dédié au célèbre Spallanzani , qui a 
rendu de si grands services à l'histoire naturelle. 



G. XX. Ophisure. Ophisurus. Lac. 

Caractères. Point de nageoire de la queue : 
celles du dos et de l'anus très-longues et très- 
basses; corps cylindrique très-allonge'. 



1. O. Ophis. O. Ophis. Lac. ( Bisso de mar. ) 

Bloch. pi. i5^. L.vce:-. tom. 11 , pag, i4o , pi. G , n. 2. 

O. Griseus , maculis irregularibus , fuscis. 
L'ophis a le corps délié, cylindrique , d'un blanc 



88 OSSEUX. APODES. 

grisâtre , varié Je plusieurs rangées de taches ron- 
des , irrégulières , obscures. Son museau est 
mince . pointu. La bouche ample , les mâchoires 
garnies de petites dents courbes 5 les yeux petits , 
l'iris argenté , la prunelle noire. La ligne latérale 
droite. La membrane branchiale a dix ravons ; la 
nageoire dorsale , cent trente } les pectorales , dix 
chacune 5 l'anale , soixaute-dix-huit. Ce poisson 
est fort rare dans nos mers. On en a pris un in- 
dividu , il y a plusieurs années , dans la mer d'Eza. 

a. O. Serpent. O. Serpens. (Bisso de mar.) 

Willdcbey. H. Pisc, pag. 107 , tab. G. 4. 

O. Suprà fusco auratus , subtus griseo argenteus 9 

immaculatus* 

Le jaune doré règne sur toute la partie supé- 
rieure de cet apode. Son abdomen brille de l'éclat 
de l'argent. Le corps est étroit , cylindrique , mar- 
qué de petits points qui se prolongent jusqu'à la 
queue. Le museau est très-long et pointu 5 la 
bouche ample 5 la mâchoire supérieure garnie de 
deux rangées de dents aiguës ? ainsi que le palais 
et le gosier • l'inférieure en a quatre rangs cro- 
chues ? dont les antérieures plus grosses. Les yeux 
sont petits , l'iris doré ? cerclé d'argent ; la prunelle 
noire 5 la ligne latérale est droite. La membrane 
branchiale renferme dix rayons 5 les nageoires 
pectorales en ont seize chacune j la dorsale , quatre 



O P H I S U R E. 89 

cent soixante-huit 3 l'anale* deux cent soixante- 
quatorze : ces dernières sont lisérées de noir. Ce 
poisson est commun en avril et septembre 5 il par- 
vient an poids de cinq kilogrammes ; il a alors 
plus de deux mètres de longueur. 

REMARQUE S. 

V I 

Ce genre a été séparé par M. Lacépède > des murènes de 
Linné. Ces apodes doivent leur nom à la conformité qu'ils ont 
avec les serpens dont ils imitent les inflexions , les circonvo- 
lutions et les mouvemens sinueux qu'ils déploient au milieu des 
eaux de la mer. Les antres de nos rochers sont leur demeure 
ordinaire ; leur morsure est regardée comme venimeuse dans 
nos contrées , et leur chair n'est point mauvaise. On la recher- 
che sur nos tables. 



G. XXI. Murène. Murœna. Artèdi. 

Caractères. Corps arrondi , visqueux , à peau 
épaisse ; des nageoires thoraciques ; les im- 
paires réunies continues. 



1. M. Anguille. Lac. M. Anguilla. Lin. ( Anghillo. ) 

Bi.och. pi. 73 , fîg. 

M. Maxilla inferiore longiore , corpore unicolore. 
Lin. Syst. nat. éd. i3,pag. 11 33, n. 4« 

Tous les auteurs ont parlé des anguilles , mais 
aucun n'a 5 comme notre ichthyologiste françois ? 
séparé la vérité des erreurs dont son histoire étoit 
enveloppée. Ce poisson a le corps allongé , cylin- 



go OSSEUX. APODES. 

drique , d'un vert plus ou moins foncé sur le dos, 
et d'un blanc argenté sur l'abdomen. Le museau 
est pointu , la tête menue ? la mâchoire inférieure 
plus avancée que la supérieure ? et garnie de pe- 
tites dents. Les yeux ont l'iris argenté , la pru- 
nelle noire. Les nageoires pectorales sont char- 
nues; la dorsale et l'anale sont très-basses. Les 
anguilles sont fort communes dans notre dé- 
partement. On les trouve dans les lacs , les ma- 
rais ? les torrens et les rivières. Elles atteignent 
le poids à^nn demi- hectogramme , jusqu'à celui 
de trois kilogrammes. 

Les fosses aquatiques des environs de Nice 
fournissent une variété d'anguille d'un beau 
jaune doré. 

On trouve aussi , dans les ruisseaux , une ^ariété 
à tête très-aplatie , qu'on appelle mourahiglion. 

Les eaux limoneuses du Var nourrissent une 
anguille à corps marqué de sillons transversaux 
jusqu'à la queue. 

Les eaux de la mer nous fournissent aussi deux 
variétés, dont l'une est toute argentée , et l'autre 
est variée de vert et de jaune. 

2. M. Myre. Lac. M. Myrus, Lin. ( Moruo, ) 

Lacep. tom. m , pi. m , pai». 67 , fig. 3. 

M. Pinnâ ambiente albâ, margine nigrâ. Lin. Syst. 
nat. éd. i3 , pag. 1 1 34 » n * 5. 

Cette espèce a le corps verdâtre par-dessus , d'un 



murène. 91 

blanc sale par-dessous. Le museau est pointu , 
les bords des mâchoires et le milieu du palais 
sont garnis de trois rangées de petites dents co- 
niques. Deux petits appendices sont placés sur la 
lèvre supérieure. Les yeux ont l'iris doré, la pru- 
nelle noire. Plusieurs raies blanchâtres , les unes 
longitudinales , les autres transversales , régnent 
sur la partie supérieure de la tête. Deux rangs de 
points grisâtres sont situés avant la nageoire dor- 
sale, et un autre rang s'étend sur la ligne latérale 
qui disparoît en approchant de la queue. La na- 
geoire dorsale a deux cent deux rayons : toutes les 
nageoires impaires sont blanchâtres et lisérées de 
noir. La myre atteint jusqu'à quatre décimètres 
de longueur : elle s'approche du rivage, en mai et 



en août. 



3. M. Cassini. N. M. Cassiîù. N. (Ugliassou. ) 
M. Rostro carinato ^capîke ruhro, oculis maximis, 

Le corps de cette murène est allongé , cylin- 
drique ? d'un gris blanchâtre, et demi-transpa- 
rent sur sa partie supérieure, orné de chaque côté 
d'une large bande argentée qui diminue en avan- 
çant vers la queue. L'abdomen est d'un blanc 
mat. La tête est grande , rougeâtre; le museau 
pointu et relevé par une longue arrête ; la langue 
lisse , le palais hérissé de pointes peu aiguës. Les 



9 2 OSSEUX. APODES. 

yeux très-gros, l'iris argenté, ornés d'un ovale 
bleuâtre par-dessus ; la prunelle noire. La ligne 
latérale droite. La membrane branchiale a dix 
rayons; les nageoires pectorales, dix-huit cha- 
cune 5 la dorsale 9 deux cent dix-neuf j l'anale , 
cent quarante-trois : elles se réunissent à la cau- 
dale qui est lisérée de noir , et en contient trente- 
six. Cette belle espèce a six décimètres de lon- 
gueur 5 ses œufs sont blanchâtres. On la trouve 
en février et juillet ; elle habite les grandes pro- 
fondeurs de notre plage. Cette espèce paroît avoir 
beaucoup Je rapport avec celle que M. le docteur 
de Laroche a décrite dans son mémoire , sur les 
poissons des îles Baléares , et figuré sous le nom 
de mystax. Annal, du Muséum , tom. XIII, fig. 10. 

4. M. Congre. Lac. M. Conger. Lin. (Fetal. ) 

M.^élbo argentatus ; rostro elongato rotundato ; lineâ 
laterali ex punctis albis. N. 

Le corps de ce poisson est arrondi , cylindrique 
vers la tête , et aplati vers la queue. Un blanc gri- 
sâtre colore son dos ; ses côtés sont un peu ar- 
gentés , et un blanc mat règne sur son ventre. 
Son museau se prolonge en pointe arrondie. Il 
est garni à son extrémité de deux appendices 
aplatis. La nuque est cannelée ; la bouche grande 5 
la mâchoire supérieure beaucoup plus avancée que 
l'inférieure. Elles sont garnies de fortes dents 



MURÈNE. 9^ 

aplaties, aiguës, réunies trois à trois. La langue 
et le palais sont lisses. Les yeux grands, l'iris na- 
cré , la prunelle noire ; la ligne latérale droite ac- 
compagnée en dessous d'une longue série de points 
blancs. Les nageoires sont blanches , lisérées de 
noir. La dorsale est courte à son origine , et se re- 
lève vers la queue. Elle contient trois cents rayons 5 
l'anale en a cent quatre-vingt-dix 5 les pectorales 
blanches et épaisses en ont quinze chacune 5 et la 
membrane branchiale en contient huit. La chair 
de ce poisson est d'un goût fade ; elle cause des 
dysenteries à l'époque de la ponte. Sa longueur 
s'étend jusqu'à deux mètres, et son poids est de 
cinquante kilogrammes j il ne se plaît que dans 
les fonds fangeux de notre mer , où 011 le trouve 
fort communément. 

5. M. Noire. N. M. Nigra. N. ( Groune nègre. ) 

M. Corpore nigro ; rostro acuto ; ïineâ laterali eoz 

punctis griseis. 

Cette espèce diffère de la précédente , non-seu- 
lement par sa couleur , par la forme de son mu- 
seau , et par ses dimensions plus petites } mais par 
ses mœurs et ses habitudes. Le noir est la princi- 
pale couleur qui règne sur le dos de ce poisson. 
Son ventre est d'un blanc terne ; son museau est 
pointu , couvert de pores , orné de deux courts 
appendices à la sommité ; la bouche ample , la 



g4 OSSEUX. APODES. 

langue lisse, la mâchoire supérieure couvre l'in- 
férieure j elles sont garnies d'un rang de fortes 
dents pressées les unes contre les autres. Les yeux 
sont d'un argent bronzé , la prunelle noire. La 
ligne latérale droite suivie d'une rangée de points 
gris. Les nageoires sont noires. La dorsale a deux 
cent cinquante rayons 5 l'anale , deux cent dix j 
les pectorales , noirâtres à leur sommité , en ont 
vingt chacune, la membrane branchiale en a dix. 
La chair de cette murène est infiniment meilleure 
que celle de la précédente. Elle ne vit que dans 
les rochers . et ne parvient qu'au poids de vingt 
kilogrammes. Elle est aussi commune que la pré- 
cédente , avec laquelle on l'avoit confondu jusqu'à 
ce jour. 

REMARQUES. 

Les proportions déliées Jes murènes , la force de leurs 
muscles , réunies à la matière onctueuse qu'elles laissent 
suinter des glandes de leurs corps , leur donnent une si 
grande agilité dans leurs mouvemens , qu'elles glissent avec une 
facilité étonnante , non-seulement au milieu du fluide où elles 
vivent, mais même sur les terrains gras et humides. La plus 
Lelle et la plus riche espèce qui hahite nos côtes méridiona- 
les , a reçu de moi le nom du grand astronome Gassini , 
auquel le département des Alpes maritimes se glorifie d'avoir 
donné naissance. 



AMMODYTES. g5 

G. XXII. Ammodytes. Ammodytes. Artèdi. 

Caractères. Corps allonge > arrondi ; à tète 
comprimée; à mâchoire étroite , pointue ? plus 
courte que la mandibule ; à nageoires im- 
paires distinctes. 



i. A. Appât. Lac. A. Tobia?ius. Lin. ( Lassi. ) 

Blocb. pî. 70 , n. 2. 

L'appât a le corps svelte, dem i • transparent ? orné 
su îles côtés d'une teinte d'un bleu d'azur : il est 
argenté sur le ventre. Il a la tête aplatie, la nu- 
que rougeâtre 5 les deux mâchoires garnies 
de fort petites dents. La bouche est ample 5 la 
langue lisse } les yeux argentés 5 la prunelle 
noire. La ligne latérale est droite. La nageoire 
dorsale longue renterme cinquante rayons 5 les 
pectorales 7 dix chacune j l'anale ? vingt-huit 5 et la 
caudale échanci'ée ? seize. La longueur de ce pois- 
son est un peu plus d'un décimètre. 

REMARQUES. 

Les amraodyles ne sont que de passage sur nos côtes ; ils 
arrivent en mai et juiu , de l'ouest , par colonnes, et ils suivent 
leurs voyages vers l'est. Ils sont fort menus ; mais dans leur 
petitesse ils présentent les caractères qui distinguent les 
adultes. Ces petits apodes nagent en troupes serrées, se mêlent 
à diverses espèces de petites chipées. On les prend ensemble 
avec un filet serré. Leur chair , quoique tendre , a fort peu 
de goût. 



96 OSSEUX. APODES. 

G. XXIII. Ophidie. Ophidium. Artèdi. 

Caractères* Corps comprime; à tête couverte 
de grandes écailles ; à fentes des branchies 
très-larges ; à nageoires impaires re'unies. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Mâchoire à barbillons. 
1. O. Barbue. Lac. O. Barbatum. Lin. ( Calegneiris.) 

Bloch. pi. i5g , fig. 1. 

O. Palpis quatuor inœqualîbus , maxillœ breviori 

subnatis. 

Le barbu a le corps argenté, mêlé à des teintes 
couleur de chair ? relevé sur le dos par des 
nuances azurées , et varié par une infinité de 
petits points. La bouche est ample , garnie de 
dents aiguës , ainsi que le gosier et le palais. La 
langue lisse : la mâchoire supérieure double , 
épaisse , et plus avancée que l'inférieure , qui est 
ornée de quatre barbillons inégaux et blanchâtres. 
Les yeux sont grands , l'iris argenté, la prunelle 
bleue 5 l'anus , situé au milieu du corps 5 la ligne 
latérale brune et droite. Les nageoires grises , 
bordées de noir. La dorsale contient cent vingt- 
quatre rayons ; l'anale , cent quinze ; les pecto- 
rales j vingt chacune 5 la membrane branchiale , 



OPHID1E. 97 

sept. La longueur cle cette espèce est de trois dé- 
cimètres. 8a chair est fort bonne ; elle habite les 
grandes profondeurs de notre plage ; on n'en 
prend qu'en été. 

2. O. Vassali. N. O. Vassali. ( Calegneiris. ) 

l'I. v, fig. 12 de cet ouvrage. 

O. Palpis quatuor œqualibus , maxilice œquali 

adnatis. 

Cette nouvelle espèce habite les rochers qui 
bordent nos rivages. Son corps est roussâtre , 
transparent , nuancé sur le dos de teintes obs- 
cures ; les côtés sont dorés , et l'abdomen brille 
de l'éclat de l'argent. Sa tête est d'un jaune doré , 
la bouche ample , les mâchoires égales , sont 
garnies de dents fines \ la supérieure est noirâ- 
tre ; l'inférieure garnie de quatre barbillons 
égaux et jaunâtres. Les yeux sont petits , l'iris 
doré , la prunelle noire. L'anus est situé près de la 
gorge 5 la ligne latérale droite. Les nageoires sont 
teintes d'une belle couleur aurore. La dorsale 
contient cent trente-sept rayons ; l'anale , cent 
dix ; les pectorales ? quatorze chacune 5 la mem- 
brane branchiale ? six. La longueur de cet ophidie 
est de deux décimètres et demi. Sa chair est in- 
férieure à celle du barbu. On le trouve dans nos 
mers toute l'année ? et il est fort commun. 



98 OSSEUX. APODES. 

DEUXIÈME SOUS-GENRE. 

Mâchoire sans barbillons. 
3. O. Imberbe. Lac. O. Imberbe. Lin. ( Calegneiris. ) 

Pennakt. Zool. Brit. tom. m , pag. 698. tom. iv, tab. g3. 

O. Angiiillcefoîmis ; caudâ obtusiuscidâ. 

Un corps plus effilé et moins aplati ? coloré 
Je jaune ? recouvert d'argent , distingue cette es- 
pèce des précédentes. Elle a la tête rougeâtre, la 
bouche petite , la langue lisse ; les mâchoires 
garnies de dents aiguës 5 les yeux d'un rouge 
doré , la prunelle noire } la ligne latérale droite. 
La nageoire dorsale ,lisérée de noir, est soutenue 
par soixante-dix-neuf rayons ; l'anale , d'un brun 
rouge, en a quarante 5 toutes deux se réunissent 
à la caudale , qui est ronde ? nuancée d'un rouge, 
carmin et qui a dix-huit rayons 5 les pectorales 7 
onze chacune 5 la membrane branchiale , cinq. 
La longueur de ce poisson est de quatre décimè- 
tres. Sa chair est délicate 5 on le prend dans les 
équinoxes. 

lï E M A R q V JE S. 

La ressemblance du naturel et îles habitudes avec les mu- 
rènes : la l'orme et la disposition des écailles comme daus les 
ammodyles , ont donné lieu de croire à d'anciens auteurs que les 
ophidies n'en étoient qu'une variété. Les modernes ayant observé 
les traits divers qui les distinguent, en ont fait un genre qui 
diffère des autres par des caractères particuliers et certains. La 



ophidiE» 99 

mer de Nice . nomissant dans son sein une espèce de ce» 
apodes , qui n'avoit pas encore été décrite par les ichlhyolo- 
gistes , je l'ai dédiée au célèbre physicien Vassalli-Eandi , se- 
crétaire perpétuel de la classe des sciences physiques et ma- 
thématiques de l'académie de Turin , en témoignage de m* 
considération et de mon estime. 



G. XXIV. XiPiiiAS. Xiphias. Artèdi. 

Caractères, Corps sans écailles distinctes 5 
tête à mandibule très- prolongée , en une 
Jame osseuse, pointue j à bouche sans dents. 



1. X Espadon. Lac. X. Oladius. Lin. ( Emperatour. ) 

Bloch. pi. j~u Lacep. tom. u , paj;. 289, pi. 9, n. 1. 

X. Fiisijormis , suprà caJybdceus , infra argentatus : 
caudœ utrinque carinatee pinnâ arcuatd. 

L'espadon a le corps allongé ; d'une couleur 
brune sur le dos ,'el blanchâtre sur le ventre. Là 
mâchoire supérieure se prolonge eu une lame 
étroile , plate , sillonnée et tranchante sur les 
bords . qui s'amincit graduellement en appro- 
chant de l'extrémité. La mâchoire inférieure est 
pointue , plus courte d'un tiers que celle de des- 
sus. La bouche est ample, garnie de petites dents 
courbées 5 la langue est lisse et mobile 5 les yeux 
saillans , l'iris verdâtre ? la prunelle noire. La 
ligne latérale pointillée de noir- La membrane 



100 OSSEUX. APODES. 

branchiale renferme huit rayons, la nageoire 
dorsale en a quarante-deux ; elle est en forme 
de faulx , ainsi que l'anale qui en a dix-huit $ les 
pectorales qui sont jaunâtres , en ont dix-sept cha- 
cune 5 la caudale ? en croissant, vingt-six. Ce pois- 
son est recherché par le goût exquis de sa chair £ 
on en prend plus communément dans le prin- 
temps que dans les autres saisons. 

R JE M AK Ç VU S, 

La force , l'agilité et le courage sont les attributs de ïa puis- 
sance de l'espadon } mais il ne les manifeste que pour défendre 
ses jours, quand des ennemis dangereux le poursuivent. J'ai 
remarqué, sur un xiphias pris dans nos mers, une multitude 
étonnante de petits vers blanchâtres renfermés dans des cellules 
qu'ils avoient pratiquées dans les roplis de son estomac. L'irri- 
tation des piqûres de ces ténias , jointe à la vivacité de ce grand 
poisson , lui donnent un appétit vorace et une agitation fu- 
rieuse. Cet apode fréquente toute l'année nos rivages ; on en 
prend qui pèsent depuis un jusqu'à soixante-dix kilogrammes» 



G. XXV. Stromatée. Stromateus. Artèdi. 

Caractères. Corps ovale , très-comprimé , pres- 
que aussi élevé que long; une seule nageoire 
du dos. 



I. S. Fiatole. Lac. S. Fiatola. Lin. (Lampuga.) 

ALDaovAN. Ijb. m , cap. a5 , pag. jg5 , fig, 

5. Variegatus ; lineis lateralibus duàbus. 
Le corps de cet osseux est aplati ? d'un bleu ce 



STROMÀTEE. IOT 



leste sur sa partie supérieure , se fondant par 
douces gradations en blanc argentin vers l'infé- 
rieure , et traversé par des raies étroites dorées , 
qui se prolongent en zig-zag sur les côtés. Il a 
le museau obtus , la bouche petite > la langue 
épaisse 5 les mâchoires , garnies de dents aiguës , 
ainsi que le palais 5 les yeux grands , l'iris d'un 
jaune argenté, la prunelle noire j la ligne latérale 
double, une droite et l'autre courbe. La nageoire 
dorsale contient quarante-six: rayons, les pecto- 
rales , vingt-cinq chacune ; l'anale , trente-qua- 
tre ; et la caudale fourchue , vingt-deux. On trouve 
ce poisson en mai , sur la plage de Nice. 

2. S. Paru. Lac. S, Paru. Lin. ( Pei d'America. ) 

Bloch. pi. 160. 

S. Suprà auratus , ventre argenteo ; Uneâ laterali 

unicâ. 

Cette espèce, que la merdes Indes et celle d'Amé- 
rique nourrissent dans leur sein , se trouve aussi 
dans l'Europe méridionale , vers la côte de Nice. 
Il semble que la nature se soit plu à parer ce 
poisson avec magnificence. L'or, l'argent et l'azur 
brillent sur son corps, qui est comprimé et cou- 
vert de petites écailles minces et peu adhérentes. 
Sa bouche est petite et presque arquée ; les mâ- 
choires sont hérissées de dents aiguës : la langue 
lisse 5 les yeux grands , l'iris doré , la prunelle 



102 OSSEUX. APODES. 

bleue $ l'ouverture des branchies ample 5 la ligne 
latérale argentée- La nageoire dorsale contient 
cinquante rayons $ les pectorales , vingt-qr.atre 
chacune 5 l'anale , quarante-deux ; la caudale , en 
croissant, dix huit 5 et la membrane branchiale, 
deux. J'ai trouvé ce joli apode en avril. 

Jî E M AR Ç> U £ S. 

Une forme plus agréable dans les proportions , plus élégante 
dans les contours , semble séparer les slromatées de tous les 
apodes que je viens d'examiné:*. Des couleurs plus riches , 
plus brillantes et plus va;iées forment, de ces êtres, le plus 
beau genre de cette famille. Ces poissons se nourrissent de pe- 
tits c. ustacés. Leur chair est un mets recherché par son bon 
goût. Ceux qu'on prend dans nos mers ont à peu près trois 
décimètres de longueur , sur un et demi de largeur. On en 
voit rarement sur nos côtes. 



POISSONS OSSEUX. 

SECOND SOUS-ORDRE. 

JUGULAIRES. 



G. XXVI. Callionyme. Callionymus. Lin. 

Caractères. Corps allonge , presque nu ; à tête 
très-grosse, de'prime'e; à jeux rapproche's en 
dessus; à trous des branchies arrondis, si- 
tue's sur la nuque ; à nageoires paires infé- 
rieures très-éloignées entr'elles. 



i. C. Lyre. C. Lyra. Lin. (Mouletto.) 

Bloch. pi. 161. 

C, Pinnce dorsalis anticce radiis duobus longitudîne 

corporzs. 

La forme du corps de la lyre est allongée. Une 
teinte jaunâtre règne sur sa partie supérieure , 
qui , en se mêlant au bleu argenté de l'inférieure , 
forme un assortiment de nuances fort élégantes. 
Sa tète est large , garnie d'un aiguillon à l'extré- 
mité des ôs maxillaires. La bouche ample* les 
lèvres épaisses ; les mâchoires hérissées de petites 



104 OSSEUX. JUGULAIRES, 

dents ; la langue lisse ; les yeux rapprochés. L'iris 
d'un blanc doré , la prunelle noire. La nuque 
garnie d'une espèce d'évent de chaque côté 5 la 
ligne latérale droite. La première nageoire dorsale 
renferme cinq rayons , dont les deux antérieurs 
sont très-allongés ; la seconde en a dix ; les pec- 
torales , dix-huit chacune; les jugulaires jaunâ- 
tres , six chacune ; l'anale bleuâtre , dix 5 et la 
ruudale ronde, dix. Sa longueur ne va jamais à 
deux décimètres. 

2. C. Duagonneau. C. Dracunculus. Lin. (Mouletto.) 

Bloch. p). 162. 

C. Dorsalis anticce radiis corpore brevioribus. 

Le même nom vulgaire ? les mêmes habitudes 
semblent devoir faire réunir cette espèce à la précé- 
dente , comme l'a fait Pallas , dans le huitième 
cahier de ses Glanures zoologiques. Elle en diffère 
cependant par les nuances des couleurs qui sont 
plus foncées et moins variées ; par la longueur 
proportionnelle des nageoires j par l'ouverture de 
la bouche qui est plus grande , et par le nombre 
des rayons. La première dorsale en contient 
quatre fort courts : la seconde en a dix très-longs, 
lisérés de bleu ; les pectorales en ont dix-neuf 
chacune ; l'anale ? neuf ; les jugulaires verdâ très, 
six chacune } la caudale arrondie , traversée par 
quelques raies jaunâtres > en a dix. La longueur 



C4LLI0IYYML*. Io5 

de ce thoracîn est d'un décimètre et demi ; il s'ap- 
proche en mars de nos rivages. 

3. C. Flèche. Lac. C, Sagitta. Lin. ( Pei pourc. ) 

Fall as. Spic. Zool. vin , 2y, tab. 4 , fig. 4 et 5. 

C. Capite triangulari , radiis dorsalium cequalibus* 

Ce beau callionyme, qu'on n'a trouvé jusqu'à 
présent, que dans les eaux d'Amboine , a le corps 
aplati, d'un gris argenté , marqué sur le dos de 
taches irrégulières nuageuses , d'un jaune bru- 
nâtre , ornées de petits points rouges. Le museau 
est aigu , l'ouverture de la bouche petite 3 les lè- 
vres minces et étroites ; les yeux argentés , la pru- 
nelle noire. Les opercules des branchies, composés 
de deux lames, dont la première se termine par 
une longue pointe dentelée j la ligne latérale 
droite. La membrane branchiale renferme trois 
rayons ; la première dorsale , qui est basse , noi- 
râtre , en a quatre 5 la seconde , neuf ; les jugu- 
laires y cinq chacune ; les pectorales , qui sont 
marbrées , en ont onze chacune 5 l'anale est lisé- 
rée de noir et en a huit j et la caudale , qui est 
tachetée de points bruns , en a dix. La longueur 
de cette espèce ne passe jamais un décimètre. J'en 
ai trouvé plusieurs individus sur les bords de la 
mer de Nice , en février ? et à Villefranche . en 
avril. 



Î06 OSSEUX. JUGULAIRES. 

X E M A R Ç> U JE S % 

Le nom harmonique, que l'antique Grèce a consacré à l'un de 
ces poissons, et qui lui a été donné, à cause des rapports qu'on 
a cru trouver daus la forme de la première nageoire dorsale 7 
avec les cordes tendues d'une harpe ou d'une lyre , rappelle 
Jes douces sensations que produit cet art brillant et sublime, 
cultivé par tous les peuples , et dont les effets sont aussi vai-iés 
qu'enchanteurs. Celui de dragonneau vient de la ressemblance 
que ce poisson a avec la tête d'un reptde } et la flèche doit son 
nom à l'aiguillon dentelé dont il est armé. La chair des callio- 
nymes est blanche, et le goût en est agréable; mais il ne sont 
pas communs dans nos mers. 



G. XXVII. Uranoscope. Uranoscopus. Lin, 

Caractères. Corps ëcailleux , conique ; à tête 
très-grosse y presque carre'e ; jeux rappro- 
ches ? verticaux ; bouche oblique , à mandi- 
bule plus courte; opercule garni d'une mem- 
brane ciliée» 



1. U. Rat. Lac. U. Scaber. Lin. ( Muou. ) 

Bloch. pi. i63. 

U. Capite scabro , dorso lœvi. 

Les couleurs qui ornent le corps du rat , pré- 
sentent un brun verdâtre sur le dos ? qui change 



URANOSCOPE. IO7 

en gris tondre sur les côtes , et passe au blanc 
mat par-dessous. Sa tête est fort grosse , très- 
aplatie ? revêtue d'une espèce de casque osseux y 
armé de piquans. L'ouverture de la bouche est 
ample , située par-dessus 5 la mâchoire inférieure 
est plus longue que la supérieure , et garnie d'un 
large appendice noirâtre. La langue est rude f 
courte et épaisse. Les yeux sont bordés d'une 
membrane , lins marbré , la prunelle noire. La 
ligne latérale est indiquée par une série de pores 
qui laissent échapper une humeur glaireuse. La 
membrane branchiale contient cinq rayons j la 
première nageoire dorsale est noire et en a quatre 5 
la seconde grise, quatorze 5 les pectorales , dix- 
sept chaque ; les jugulaires 9 six chacune ; la cau- 
dale est rectîligne et lisérée de noir ? en a treize. 
La longueur de ce poisson s'étend jusqu'à trois 
décimètres. On en prend toute l'année. 

.Zï E M A R Q U E S, 

Ce jugulaire a reçu son nom, qui signifie regarde-ciel, à 
cause de la position des organes de la vue , qui sont situés sur 
la. surface supérieure de la tête , et tournés de manière que , 
lorsque le poisson repose , ses prunelles sont dirigées vers la 
surface des eaux ou des cicux qu'il semble observer. Les ura- 
noscopes rats fréquentent les algues et la vase de notre mer ; 
ceux qui habitent les rochers ont plus de goût, et ne sont 
point coriaces ; les gros individus sont assez rares. 



*o8 OSSEUX. JUGULAIRES. 

G. XXVIII. Trachine. Trachinus. Artèdi. 

Caractères. Corps allonge , comprime à pe- 
tites e'cailles; pièces de l'opercule épineuses ; 
yeux élevés près de la bouche ; anus près des 
nageoires pectorales ; deux dorsales ; la pre- 
mière à rayons aiguillonnes. 



i. T. Vive. Lac. T.Draco. Lin. (Aragno.) 

Blocb. pi. 61. Salvuni. fig. 12 , pag. 71, 

T. Dorso recto ; corpore fasciis transversis fuscis 
notato. (De Laroche. Annal, du Mus. tom. XHI.J 

Plusieurs nuances de couleurs couvrent le corps 
de la vive. Son dos est d'un jaune brunâtre ; les 
côtés sont traversés par des raies d'un brun doré 5 
l'abdomen est d'un blanc mat. La tête est com- 
primée, garnie de petites aspérités. L'ouverture de 
la bouctie ample 5 la langue étroite ? pointue 5 les 
mâchoires garnies de dents aiguës 5 l'inférieure plus 
longue que la supérieure 5 les yeux brillant , l'iris 
jaune , tacheté de brun 5 la prunelle noire 5 la 
nuque enfoncée , le dos droit , chaque opercule 
armé d'un fort aiguillon. La première nageoire 
dorsale noire renferme cinq rayons 5 la seconde , 
vingt-quatre } les pectorales , seize chacune 5 les 
jugulaires , six chaque 5 l'anale , vingt-cinq 5 la 
caudale ? quinze. Ce poisson parvient ? dans nos 



tràciiini:. 109 

mers , jusqu'à deux décimètres et demi de lon- 
gueur, et ne passe jamais le poids de quatre hec- 
togrammes. 

2. T. Araignée. N. T. Lineatus. Bloch. ( Aragno. ) 

Schneider. Syst. Bloch. pag. 55, tab. 10. Salviini. fi^. 11 , pag. 71. 

T. JDorso convexo ; cor pore maculis fuscis ocellaûis 
notato. ( De Laroche. Loco citato, ) 

Ce poisson a beaucoup de rapport avec la vive j 
mais il en diffère sous plusieurs points. Un man- 
teau , tigré par de belles taches d'un fauve rougeâ- 
tre , couvre la partie supérieure de son corps £ 
l'inférieure resplendit de l'éclat de l'argent. La 
tête est grande, arrondie, garnie de six aiguil- 
lons. La bouche ample, les mâchoires hérissées 
de dents. Les yeux grands, l'iris doré, la pru- 
nelle noire. Le dos est convexe ; chaque opercule 
garni d'une longue épine triangulaire • la ligne 
latérale relevée. La première nageoire dorsale est 
teinte de blanc et de noir ; elle renferme six 
rayons 5 la seconde , qui est lisérée de brun , en 
a vingt-six ; les pectorales sont d'un rose pâle , et 
en ont seize chacune 5 les jugulaires, six chaque $ 
l'anale est traversée d'une bande jaunâtre, elle a 
vingt-sept rayons 5 et la caudale, qui est un peu 
fourchue et noirâtre à l'extrémité , en a quatorze. 
Ce trachine parvient jusqu'à cinq décimètres de 
longueur , et au poids de deux kilogrammes. 



I I O OSSEUX. JUGULAIRES. 



REMARQUES. 



La piqûre des aiguillons des trachines , les accidens funestes 
qui en sont la suite , ont fait donner à ces poissons le nom re- 
douté d'araignée et de dragon. La seconde espèce que beau- 
coup d'auteurs ont confondue avec la vive , et que les pé- 
cheurs distinguent très-bien , en a été séparée d'abord par 
Salviani , et ensuite par Bloch , attendu la différence constante 
de ses habitudes et de plusieurs de ses caractères. La chair de 
l'araignée a plus de goût , et une saveur plus e\quise que celle 
de la vive. La première espèce est très-dangereuse et vit sur les 
côtes de la mer , tandis que la seconde est moins malfaisante , 
et ne se plaît que dans les grandes profondeurs. 



G. XXIX. Gade. Gadus. Artèdi. 

Caractères. Corps allonge , lisse ? à petites 
écailles ; jeux latéraux , mais rapprochés; 
nageoires couvertes d'une peau épaisse; les 
pectorales allongées en pointe ; opercules 
sans dentelures ; sept rayons à la membrane 
branchiostège. 



Sous- division du ge?ire , d'après V ouvrage de 

M. Lacépède. 

C Deux. { £ es barbillons. . 

Nageoires ) l Pas de barbillons. . 

anales. < Trois. ( Des barbillons. . 

I l Pas de barbillons. . 

v. Une 



3 

4 

5 



G A T> r- III 

PREMIER SOUS-GENRE. 

Trois nageoires dorsales _, deux anales , un barbillon 

au bout du museau. 

i. G. Capelan. Lac. G. Minutus. Lin. (Capelan. ) 

Bi.och. pi. 6j, ùg. i. 

G. Ano in medio corporis. Lin. Syst. nat. éd. 
pag. »i64, n°. 6. 

La partie supérieure du corps du capelan est 
brunâtre , nuancé d'un jaune doré qui se fond en 
blanc argenté , en approchant de l'abdomen, le- 
quel est parsemé de petits points noirs. La tête 
est cunéiforme : la mâchoire supérieure plus 
avancée que l'inférieure 5 les yeux grands, l'iris 
d'un argent doré , la prunelle noire 5 le ventre 
caréné. L'anus, situé au milieu du corps. La ligne 
latérale droite. La première nageoire dorsale ren- 
ferme douze rayons : la seconde , dix-neuf 5 la 
troisième , dix-sept , les pectorales , quatorze 
chacune ; les jugulaires , six chaque 5 la première 
anale , vingt-sept : la seconde , dix-sept 5 et la 
caudale arrondie , dix-huit. La longueur de ce 
poisson est de deux décimètres , et son poids ordi- 
naire de trois hectogrammes. On en prend au 
mois de mars et de décembre , sur nos rivages» 



Ï12 OSSEUX. JUGULAIRES. 

1. G. Blennoide. Lac. G. Bleimoides. Lin. 

( Capelan. ) 

Pallas. Spic. Zoo], vin , tab. 5 , fïg. 2. 

G. Pinnis ventraîibus d'dactylis. Lin". Syst, nat. 
éd. i5. pag. nb5 , n°. 18. 

Ce poisson porte à Nice la même dénomination 
vulgaire que l'espèce précédente. Un blanc d'ar- 
gent teint son corps , et n'est interrompu que par 
de légères couches dorées qui nuancent ses na- 
geoires. La tête est grande , les lèvres épaisses , 
les mâchoires garnies de petites dents inégales ; 
les yeux ont l'iris doré, la prunelle noire 5 la ligne 
latérale est courbe à son origine. La membrane 
branchiale renferme six rayons ; la première na- 
geoire dorsale en a onze 5 la seconde , dix-sept j 
la troisième . seize 5 chaque jugulaire , cinq 5 le 
premier très-long et bifide } les pectorales, dix-neuf 
chacune 5 la première anale , vingt- sept 3 la se- 
conde, dix-neuf j et la caudale, qui est fourchue, 
vingt-sept. Ce gade est assez rare dans nos mers 5 
sa longueur est d'environ trois décimètres. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

IVois nageoires dorsales , deux anales , point de 
barbillons au bout du museau. 

3. G. Colin. Lac. G. Carbonarius. Lin. (Stocofich. ) 

Bloc», pi. 66, fig.l« 



GADE. ï î5 

G. Maxilla inferiore longîore ; linea taterali recta. 
Lin. Svst. nat. pag. 1168, n°. 9. 

La nature n'a employé que des couleurs ternes 
pour peindre ce jugulaire. Son corps est mince y 
délié , noirâtre par-dessus , s'éclaircissant vers les 
nageoires. Il a le museau pointu , la tête étroite , 
la bouche petite et foncée, la langue argentée. La 
mâchoire inférieure est plus longue que la supé- 
rieure. Les yeux sont grands, obscurs, avec l'iris ar- 
genté et la prunelle noire. La ligne latérale blan- 
che et droite. La première nageoire dorsale ren- 
ferme vingt-quatre rayons ; la seconde , dix huit ; 
la troisième , vingt ; les pectorales , tachetées de 
noir à leur base , vingt-un chaque ; les jugulaires , 
six chacune; la première anale , vingt-quatre , ïa 
seconde , vingt 5 la caudale fourchue, vingt-six. 
Ce poisson est fort rare. J'en ai vu plusieurs in- 
dividus sur le marché de Nice , en juin. 

4. G, Pollacr. Lac. G. Pollachius. Lin. (Poutassou,) 

Bloch. pi. 68, fig. 8. 

G. Maxilla inferiore longîore ; linea laùerali curva* 
Lin. Syst. nat. pag. 1169 , n°. 10. 

Cette espèce a le dos d'un brun foncé , qui s'é- 
claircit en argenté sur les côtés , et se change en 
blanc mat pointillé de noir sur l'abdomen. Le mu- 
seau est allongé , les yeux jaunâtres , ornés de 
points bruns ; la prunelle est noire , la bouche 

8 



Il4 OSSEUX. JUGULAIRES» 

grande, la mâchoire inférieure plus longue que 
la supérieure : la ligne latérale courbe. La mem- 
brane branchiale renferme sept rayons ; la pre- 
mière dorsale , treize ; la seconde , seize ; la troi- 
sième, dix-neuf 5 les pectorales, qui sont d'un jaune 
clair, en ont dix-neuf chacune*, les jugulaires, six 
chaque ; les anales olivâtres , tachetées de noir 
ont, la première vingt-huit rayons , la seconde dix- 
huit ; et la caudale fourchue , quarante-deux. J'ai 
trouvé le pollack en décembre. Il n'est pas com- 
mun dans nos mers. 

5. G. Sey. Lac. G. Virens. Lin. ( Poutassou vero. ) 

Asc aon. Cah. 5 , pi. s5 , fi£. 

G. Dorso virescente ; cauda bifurca. Lin. Syst. nat. 
éd. i5, pag. 1166, n°. 7. 

Le sey a le corps argenté sous le ventre y azuré 
sur les côtés , et bleu verdâtre sur le dos. La 
bouche est grande , les mâchoires égales ; les yeux 
argentés , la prunelle noire. Les narines ont trois 
orifices. L'anus est beaucoup plus près de la tête 
que de la queue. La ligne latérale droite. La pre- 
mière nageoire dorsale renferme onze rayons ; la 
seconde, vingt; la troisième, seize; chaque pec- 
torale , dix-huit; les jugulaires, six chacune; la 
première anale , vingt-quatre ; la seconde , vingt ; 
et la caudale fourchue, trente-huit. Ces poissons 
ont environ deux décimètres de longueur ; ils pa- 



G A D E. I I 5 

roissent en mai , par troupes nombreuses, sur nos 
côtes , où ils s'arrêtent quelque temps , et pendant 
leur séjour on en fait des pêches abondantes. 

6. G. Merlan. Lac. G. Merlangus. Lin. ( Poutassou 

gros.) 

Bloch. pi. 63 , fig. 

G. Albus, maxilla superiore longiore. Lin. Syst. nat. 
éd. i5 , pag. 1 167 , n°. 8. 

Le corps de cette espèce a la blancheur de l'ar- 
gent , il se nuance sur le dos en vert noirâtre. 
Le museau est avancé , la bouche ample 5 les mâ- 
choires presque égales , garnies de dents fines , ai- 
guës et isolées. Le palais est hérissé de quatre 
pointes crochues, la langue lisse , le gosier armé 
de deux osselets arrondis , couvert d'aiguillons. 
Les yeux sont grands , argentés 5 la prunelle 
noire 5 les narines rondes 5 la ligne latérale droite , 
creusée à son origine. Les nageoires sont grisâ- 
tres. La première dorsale a douze rayons 5 la se- 
conde , dix ; la troisième, vingt 5 les jugulaires, 
six chacune 5 les pectorales , vingt chaque j la pre- 
mière anale , trente-quatre : la seconde , vingt- 
deux 5 la caudale , trente-six ; et sept à la membrane 
branchiale. Sa longueur est de trois décimètre» 5 
sa largeur, de soixante millimètres : il pèse alors 
quatre hectogrammes. Il habite les grandes pro- 
fondeurs de la mer de Nice. On en prend en toute 



Il6 OSSEUX. JUGULAIRES. 

saison. Ce poisson me paroît une nouvelle espèce ; 
j'invite les naturalistes de le comparer avec ceux 
des mers du nord. 



TROISIEME SOUS-GENRE. 

Deux nageoires dorsales , un barbillon au bout du 

museau . 

i°. Deux anales. 

7. G. Moro. N. G, Moro. N. ( Moro. ) 

G. Corpore nigro , violaceo ; cauda bifida, N. 

Les deux thoracins inconnus qui composent 
cette troisième et nouvelle division ? réunissent y 
avec les poissons de la suivante ? les deux extrêmes I 
aux uns , il faut une colonne d'eau de cinq cents 
ou de mille mètres d'élévation , dont la pesanteur 
est presque indéterminable 5 tandis qu'aux autres , 
quelques pieds sont plus que suffisans pour l'exer- 
cice de leurs facultés. Les premiers ont des yeux 
d'une grandeur considérable ? et couverts d'une 
membrane transparente qui leur sert à tempérer 
l'éclat de la lumière quand ils montent à son sé- 
jour. Les seconds ne présentent rien de remar- 
quable dans la structure de ces organes. L'espèce 
dont je vais présenter la description, et à laquelle 
j'ai laissé le nom vulgaire que nos pécheurs lui 
donnent , a le corps couvert de grandes écailles ? 
d'un blanc argenté ? voilées de noir violet ? avec 



GÀDE. 117 

des nuances d'un bleu argenté sur le ventre. Le 
museau est court et arrondi , la bouche ample, la 
mâchoire supérieure un peu plus longue que l'in- 
férieure 5 elles sont garnies de plusieurs rangs de 
petites dents aiguës et crochues. Le palais d'un 
bleu foncé, est garni à son origine de trois osselets 
hérissés de pointes , dont celui du milieu est le 
plus grand ; la langue est large , libre et lisse ? 
d'une couleur bleue, pointillée de noir. Le palais 
est garni de deux rangs de pointes 5 les yeux sont 
très-grands , argentés 5 l'iris nacré , la prunelle 
noire. Les narines ont chacune deux orifices , 
dont l'un est oblong , et l'autre rond. Les oper- 
cules sont composés de deux pièces arrondies 5 la 
dernière est bleue à l'extrémité. La ligne latérale, 
courbe à son origine , est droite ensuite. La pre- 
mière nageoire dorsale est noire , à reflets bleuâ- 
tres. Elle est soutenue par sept rayons 5 la seconde 
qui est bleue , en a quarante-deux ; les thoracines , 
six chacune, dont le second est prolongé en long fi- 
lament 'j les pectorales noires , dix-huit chaque ; la 
première anale , lisérée de noir , en a seize 5 la 
seconde est moins longue et en a dix-huit , dont les 
premiers fort courts ; la caudale bifide en a trente- 
six 5 et la membrane branchiale bleuâtre, parse- 
mée de points noirs , en renferme sept , aplatis 
en forme de lames. Ce poisson parvient jusqu'à 
quatre décimètres de longueur , et au poids de 
deux kilogrammes. Il est fort commun dans les 



I I 8 OSSEUX. JUGULAIRES. 

grandes profondeurs de la mer de Nice. On en 
prend dans le mois d'août. Sa chair est tendre > 
blanche , d'un bon goût ? quoiqu'elle répande une 
forte odeur. 

8. G. Lèpidion. N. G. Lepidion. N. ( Moustello de 

Fount. ) 

G. Corpore rubescente , cauda rotunda. N. 

De petites écailles lisses, fort adhérentes à la 
peau 7 couvrent le corps aplati de ce joli poisson. 
Sa couleur est d'un beau rouge incarnat. Son mu- 
seau est arrondi, la tête grosse, la nuque large 
et plane 5 les yeux très-grands ? bordés de noir , 
Fins d'un bleu azuré , la prunelle noire 5 les na- 
rines , placées près de ces organes , ont chacun 
deux orifices ronds , dont un est recouvert par 
une membrane. La bouche est ample 5 la mâchoire 
supérieure est plus avancée que l'inférieure 5 toutes 
les deux garnies de plusieurs rangées de dents 
presque obtuses. La langue et le palais sont lisses. 
Le gosier est çarai de deux osselets hérissés de 
pointes ; l'opercule est composé de deux pièces 
arrondies. La ligne latérale , courbe jusqu'au près 
de la pectorale est droite ensuite. La première 
nageoire dorsale contient quatre rayons , dont le 
premier se déploie en très-long filament blan- 
châtre. La seconde , d'un bleu azuré , bordée 
de noir , en a cinquante-quatre: les thoracines , 
s>x cliacunes} le premier soyeux et fort long. Les 



G A DE. 119 

pectorales brunes en ont vingt chaque; la pre- 
mière anale a vingt-quatre rayons ; elle se réunit 
presque à la seconde ? qui en a de même vingt- 
quatre. La caudale est longue , arrondie, noirâtre, 
en contient vingt-deux ; et la membrane bran- 
chiale ? qui est découverte, en a sept. Ce gade a 
trois décimètres de longueur , sur quatre-vingt- 
dix millimètres de largeur. 11 est fort rare. On le 
pêche dans le mois d'août. J'ai tiré son nom du 
mot grec At7rïhov y écailles petites. 

2°. Une seule 7iageoire de Vanus, 
9. G. Molve. Lac. G. Molva. Lin. (Stocofic. ) 

Blocs, pi. 63, fig. \. 

G, Cirrhatus ; maxilla superiore longiore. Lin. Syst. 
nat. éd. i3, pag. 1170, n°. 12. 

Ce poisson se distingue des autres espèces , par 
la forme et la longueur de son corps qui est bru- 
nâtre sur le dos , d'un vert pâle sur les côtés . et 
argenté sous le ventre. Ses écailles sont petites et 
fort adhérentes. Il a la tête grande , le museau ar- 
rondi ? la mâchoire supérieure plus longue que 
l'inférieure , la langue étroite et pointue , les yeux 
argentés , la prunelle noire. La première nageoire 
dorsale porte dix rayons; la seconde qui est lisérée 
de blanc ? et terminée parades taches noires, en a 
soixante-seize ; les pectorales jaunâtres , douze 
chacune 5 les jugulaires , six chaque ; l'anale d'un 



120 OSSEUX. JUGULAIRES. 

gris cendré , cinquante-neuf ; et la caudale ronde , 
trente-huit. La molve habite les profondeurs de 
nos côtes. On en prend de huit à neuf décimètres 
de longueur, presque toute l'année. 

îo. G. Mustelle. Lac. G. Mustella. Lin. (Moustello.) 

Bloch. pi. 65 , fig. 

G. Cirrhis quinque ; pin?ia dorsali priore exsoîeta* 
Lin. Syst. nat. éd. i5, pag. 1173 , n°. i5. 

De tous les poissons de notre mer auxquels la 
dénomination vulgaire de moustello a été donnée , 
celui-ci est le plus commun. Une peau lisse, de 
couleur de chair , parsemée de taches obscures 
couvre son corps et ses côtés. L'abdomen est 
argenté. La tête brune, aplatie en dessus 5 la mâ- 
choire supérieure garnie de deux barbillons 5 elle 
est plus longue que l'inférieure. La langue lisse ; 
les veux dorés , avec la prunelle noire. La ligne 
latérale est courbe à son origine , droite ensuite. 
La membrane branchiale a cinq rayons *, la pre- 
mière dorsale, qui est très-basse , en a cinquante f 
dont le premier fort long est reçu dans une rai- 
nure longitudinale ; la seconde , parsemée de 
taches brunes , a cinquante-cinq rayons ; les ju- 
gulaires sont rouges et en ont six chacune } les 
pectorales, dix-huit chaque ; l'anale, d'un rouge 
tendre , quarante-six ; et la caudale ronde en a 
vingt. Cette espèce parvient, dans nos mers , à 



G A D E. 121 

quatre décimètres de longueur. Elle habite les 
rochers du rivage , ainsi que les deux variétés 
suivantes : 

Une variété a des couleurs plus claires sur 
tout le corps , et les taches sont moins foncées , 
ainsi que les nageoires qui sont d'un rouge 
assez vif. 

Les nuances d'une autre sont obscures et foncées ; 
elle est dépourvue de toute espèce de taches. Ses 
nageoires sont bordées de noir et offrent quelques 
rayons de plus que l'espèce principale. 

ii. G. Brun. N. G. Fuscus. N. (,Moustello.) 

G. Corpore suprà fusco , albo guttaùo ; infràplum- 

beo. N. 

Ce qui m'a porté à séparer ce poisson de l'espèce 
précédente , sont la couleur constamment obscure 
de son corps , marqué d'une ligne de taches blan- 
ches sur les côtés , et l'abdomen d'un bleu de 
plomb. Il a les mâchoires presque égales , les yeux 
bruns , la prunelle noire , la ligne latérale droite. 
La première nageoire dorsale composée de qua- 
rante-six rayons , dont le premier très-long et 
noirâtre 5 la seconde en a cinquante-deux } l'anale, 
bordée de noir , quarante - quatre 5 chaque ju- 
gulaire, cinq 5 les pectorales, quatorze chacune 5 
et la caudale , dix - huit. Tous ces caractères 
difféiens de ceux de la mustelle, réunis à d'autres 
mœurs , m'ont paru suffîsans pour en faire une 



122 OSSEUX. JUGULAIRES. 

I 

nouvelle espèce, qui est aussi commune dans nos 
mers que la précédente , et qui ne parvient qu'à 
deux décimètres de longueur. 



QUATRIEME SOUS-GENRE. 

Deux nageoires dorsales , une anale ; point de bar- 
billons au bout du museau. 

12. G. Merlus. Lin. G. Merlucius. Lin. (Merlan. ) 

Bloch. pi. l5i | fig. 

G. Imberbis , maxilla inferiore longiore. Lin. Syst. 
nat. éd. i3, pag. 1169, n Q . 11. 

Cette espèce nous offre ici beaucoup d'indi- 
vidus , et semble préférer nos climats méridio- 
naux. Son corps est épais et allongé , revêtu de 
petites écailles d'un gris blanchâtre sur le dos et 
d'un blanc argenté sur le ventre. La tête est dé- 
primée, l'ouverture de la bouche grande, les dents 
grêles , inégales et crochues. La mâchoire infé- 
rieure plus avancée que la supérieure ; les yeux 
argentés , la prunelle noire , l'opercule terminé 
en pointe , la ligne latérale garnie à son origine 
de quelques aspérités. La membrane branchiale 
renferme sept rayons ; la première nageoire dor- 
sale en a dix 5 Ja seconde ,, trente-neuf ; chaque 
pectorale , douze : les jugulaires, sept chacune 5 
l'anale , trente-sept ; la caudale grisâtre en a vingt. 
Ce poisson est fort commun dans nos mers. Sa 



CADE. 12^ 

cbair est délicate; il fréquente les rochers pro- 
fonds. On en prend tonte l'année ? qui atteignent 
jusqu'au poids de dix kilogrammes. 

i5. G. Maraldi. N. G. Maraldi. N. (Moustello 

negro. ) 

PJ. vi , fig. i5 de cet ouvrage. 

G. Corpore rubescente , fusco argenteoque vario , 
maxilla superiore lo?igiore. N. 

Les nombreux caractères que présente ce pois- 
son ? m'ont obligé de le distinguer de tous les ga- 
des connus, comme une espèce particulière. Son 
corps est rougeâtre , nuancé d'obscur par-dessus y 
et d'un noir argenté par-dessous. Il a la tête 
grande , la bouche ample ? la mâchoire supérieure 
plus longue que l'inférieure , toutes deux garnies 
de dents crochues et distantes , la langue blanche 
et lisse , la nuque sillonnée ? l'ouverture des na- 
rines rondes, les yeux grands , d'un bleu argenté £ 
la prunelle noire , la ligne latérale un peu courbe j 
les nageoires rouges. La première dorsale sup- 
porte neuf rayons: la seconde, cinquante- six ; 
chaque pectorale ? vingt • les jugulaires , cinq 
chacune ? dont le premier très-long 5 l'anale , 
cinquante-huit 5 la caudale subulée , quatorze 5 et 
la membrane branchiale ? cinq. La longueur de 
ce jugulaire est de deux décimètres. 11 habite les 
grandes profondeurs rocailleuses , et quoique in- 
digène de notre mer ? il n'y est pas bien commun. 



124 OSSEUX. JUGULAIRES. 

H EM AR QU E S. 

Dans la classe nombreuse des poissons, aucun genre ne pré- 
sente à l'homme autant d'utilité que celui des gades. Habitant 
toutes les mers , parcourant toutes les latitudes , la nature lui a 
non-seulement départi la surface des eaux pour son domaine; 
mais elle lui a également accordé l'empire dans les profondeurs 
des mers et des lacs. Toutes les espèces qui habitent nos rivages 
présentent constamment une nourriture saine et abondante : 
c'est un des alimens que les médecins recommandent aux esto- 
macs foibles et épuisés. Les espèces qui arrivent en troupes 
après de longs voyages n'ont pas , il est vrai , la chair aussi dé- 
licate ; mais elle est rarement nuisible , à moins qu'on ne soit 
réduit à en faire sa seule nourriture. J'ai dédié l'une des quatre 
espèces de gades que je crois décrites ici pour la première fois , 
au célèbre Jacques Maraloi de notre département, si avanta- 
geusement connu dans les sciences mathématiques , et en par- 
ticulier en astronomie. 



G. XXX. Blennie. Blennius. Artèdi. 

Caractères. Corps allongé, comprimé, mu- 
queux; deux rayons aux nageoires paires 
inférieures ; quatre au plus. 



TETE 



Sous-divisio?is du genre. 

A appendices : Dorsale. . { Un Tque'. \ \ 2 

r Triple. ... 3 

Sans appendices : Dorsale. < Double. . . 4 

l Unique. . . 5 



BLENNIE. 12C> 

PREMIER SOUS-GENRE. 

Veux nageoires sur le dos , des filamens ou ap-ï 
pendices sur la tête. 

i. B, Lièvre. Lac. B. Ocellaris. Lin. ( Baveua. ) 

Kloce. pi. i65, fig. 

B. Badio simplici supra oculos , pinna dorsali an* 
âeriore ocello ornata. Lin, Syst. nat. éd. i3 9 
pag. 1176, n°. 4* 

Le lièvre a le corps d'un gris verdâtre , traversé 
par cinq bandes d'une couleur foncée. La tête est 
grosse , pointillée 9 ornée de deux appendices 5 la 
bouche ample , les mâchoires égales > garnies de 
dents étroites ? dont celles de côté plus longues. La 
langue est courbe ; les yeux ont l'iris d'un argent 
■doré ? la prunelle noire 5 l'anus est plus près de la 
tête que de la queue. Les nageoires sont lisérées 
de noir : la première dorsale est olivâtre , marquée 
d'un grand œil bleuâtre : elle a dix rayons ? le pre- 
mier terminé en long filament 5 la seconde , par- 
semée de taches obscures, en a seize 5 les jugu- 
laires , deux chacune 5 les pectorales 7 douze cha- 
que ; l'anale ? seize } la caudale ronde , onze. Cette 
espèce n'est pas commune. On la trouve quelque* 
fois dans les rochers de Villefranche , en été. 

2. B. Phycis. Lac.i*. Phycis. Lin. (Moustello negro.) 

IUr. Pisc. pag. i6i , fig. 8. 



1^6 05SEUX. JUGULAIRES. 

B. Naribus subcris tati s t cirrho labii in ferions , dorso 
bipenni. Lin. Syst. nat. éd. i3, pag. 1179 , n°. 7. 

Cette espèce , qui porte à Nice le même nom vul- 
gaire que le gade maraldi , a le corps oblong , d'un 
gris noirâtre sur le dos , et d'un argenté bleuâtre sur 
l'abdomen. La tête est rougeâtre , chaque narine 
a un petit appendice • la mâchoire supérieure est 
plus avancée que l'inférieure , qui est garnie d'un 
barbillon. La langue est rude , les yeux grands , 
l'iris doré , la prunelle noire. La ligne latérale 
courbe. L'anus entouré d'un cercle noir. La mem- 
brane branchiale soutient sept rayons ; la pre- 
mière dorsale en a dix ; la seconde, soixante j 
l'anale, cinquante-six : elles sont noirâtres , lisé- 
rées de blanc. Les jugulaires ont chacune deux 
longs rayons 5 les pectorales rouges, quinze cha- 
que 5 la caudale noire , arrondie , en a vingt. La 
longueur de ce poisson s'étend jusqu'à sept dé- 
cimètres. Il habite les profondeurs. On en prend 
beaucoup en mai et novembre. Sa chair est 
délicate. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

Une seule nageoire dorsale , des filamens , ou ap- 
pendices sur la tête. 

3. B. MÉditerranneen. Lac. B. Mediteraneus. Lin. 

( Moustello. ) 



BLENNIE. 127 

B. Maxilla superiore cirrhis duobus ; infcriore, unico. 
Lin. G.gadus. Syst. nat. éd. i3, pag. 1 175, n°. 17. 

Ce blennie n'offre aucune variété ni douce gra- 
dation de couleurs. Son corps est d'un gris brunâ- 
tre, qui s'éclaircit un peu vers sa partie inférieure. 
La tête est obscure, la bouche moyenne, la langue 
lisse , la mâchoire supérieure est garnie de deux 
barbillons noirâtres , et celle de dessous en a un 
seul blanchâtre. Les yeux sont bruns avec l'iris d'un 
blanc sale , la prunelle noire 5 la ligne latérale 
droite. La nageoire dorsale porte cinquante-six 
rayons 5 l'anale, quarante-six 5 les jugulaires , 
deux inégaux chaque 5 les pectorales , quinze 
chacune, la caudale ronde et noire à l'extrémité, 
seize. Ce jugulaire n'a que deux décimètres de 
longueur. Il fréquente nos rochers. 

4. B. Gattorugine. Lac. B. Gattorugine. Lin. 

( Baveua. ) 

Bloch. pi. 167 , fig. 2. 

B. Piiinulis superciliorumnuchœquepalmatis. Lin: 
Syst. nat. éd. i3, pag. 1177, n °* 5- 

Le corps de cette espèce est aplati et décrit une 
courbe en nageant. Un mélange de petits points 
rougeâtres , gris et jaunâtres , et de petites mar- 
ques rouges forment l'ensemble de la couleur 
dominante de ce poisson , lequel porte de chaque 
côté des bandes d'un brun rougeâtre foncé , 



128 OSSEUX. JUGULAIRES. 

qui se prolongent sur la nageoire dorsale. La tête 
est grosse , la nuque sillonnée , les yeux d'un 
rouge rubis avec la prunelle noire , ornés par- 
dessus de deux filamens pinnatifides. La bouche 
moyenne, les lèvres bleuâtres, les mâchoires gar- 
nies de longues et fines dents égales , pressées les 
unes contre les autres , pointillées à leur base et 
jaunâtres à leur sommité. Les narines ont deux 
orifices écartés. Les opercules des branchies , 
d'une seule pièce, ne recouvrent point la membrane. 
La ligne latérale est à peine visible. La nageoire 
dorsale contient seize rayons solides et quatorze 
articulés 5 les jugulaires , deux inégaux chacune j 
les pectorales , quatorze chaque 5 l'anale , vingt- 
deux ; la caudale , quatorze ^ et la membrane 
branchiale , trois. Ce poisson parvient à un déci- 
mètre et demi de longueur , et à cinquante milli- 
mètres de largeur. Sa chair a peu de goût. Il ha- 
bite nos mers. J'invite lesichthyologistes de com- 
parer ce blennie avec celui des mers Atlantiques , 
car je le crois différent. 

5. B. Cornu. Lac. B* Cornuùus. Lin. (Badoua. ) 

B. Radio simplici supra oculos , pinna dorsali 
solitaria. Lin. Syst. nat. éd. i3, pag. 1 176 , n°. 3. 

L'immortel Linné a fait connoître le premier ce 

poisson comme habitant des mers de la Chine. 

lies couleurs qui ornent le corps de ce blennie 



B L E N N I E. 1 39 

sont roussâtres , avec des points allongés bruns , 
et de petites taches rouges. La tête est grande , 
garnie de petits tubercules 5 la bouche petite , les 
mâchoires hérissées de dents fines , dont les deux 
des côtés très-longues 5 les yeux sont recouverts 
d'une membrane,l'iris rouge et pointillé, la prunelle 
bleue. Un appendice effilé , unidenté , est placé 
au-dessus de chacun de ces organes. La première 
nageoire dorsale renferme trente-quatre rayons 5 
les deux premiers ornés d'une tache noire avec un 
cercle aurore 5 les pectorales qui sont rousses , ont 
quinze rayons chacune ; les jugulaires , deux 5 
l'anale, vingt- six } les deux antérieurs charnus et 
séparés de la membrane 5 la caudale , douze • et la 
membrane branchiale , quatre. Le cornu n'a qu'un 
décimètre de longueur. On le trouve en février, 
mai et octobre , dans la mer qui couvre nos rochers. 

6. B. Brea. N. Brea. N. (Baveua. ) 

B, Corpore griseo , nigro punctato fasciatoque. 

Cette espèce diffère de la précédente , en ce que 
son corps est d'un blanc sale , couvert de très- 
petits points noirs , qui forment des espèces de 
bandes transversales sur le dos. La tête est poin- 
tue , la gorge d'un blanc argenté , à bandes obs- 
cures 5 la bouche petite , les mâchoires garnies 
de dents fines \ les yeux rayonnes de jaune, la 
prunelle noire. Ils sont ornés en dessus d'un ap- 

9 



I^O OSSEUX. JUGULAIRES. 

pendice très-court, uni et sans dentelure. Les 
opercules se terminent presque eu pointe, la ligne 
latérale est droite. Les nageoires sont pointillées de 
brun. La dorsale renferme trente-deux rayons ; 
les premiers, ornés à leur base d'une tache obs- 
cure • les pectorales en ont dix chacune ; les jugu- 
laires , deux chaque; l'anale, vingt : la caudale , 
dix j et la membrane branchiale , cinq. La lon- 
gueur de ce poisson est de quatre-vingts millimè- 
tres, sur dix de largeur. Il habite les rochers du 
rivage. J'ai donné à cette espèce le nom de Bréa , 
peintre , dont les talens honorent la ville de Nice , 
où il est né. 

7. B. Tentacule. Lin. B. Tentacularis. ( Baveua. ) 

Bivukn. pisc. niassil. pag. 26 , n. 56. 

B. Radio suprà oculos simplici; pinna dorsali inté- 
gra , antice unioculata. Lin. Syst. nat. pag. 1 179» 
n Q . i5. 

Brunnich, dans son Ichthyoîogie des poissons 
de Marseille, a donné une fort courte description 
de cette espèce. Son corps est allongé, visqueux ? 
d'un brun verdâtre , avec de légères bandes obs- 
cures sur le dos, et d'un blanc grisâtre avec des 
lignes jaunes sur le ventre. La tête est grande , 
couverte de points obscurs , traversée en dessous 
de taches blanchâtres. La bouche est ample, la 
langue courte, les mâchoires garnies de dents fi- 



BLEN1NIE. l3i 

nés, dont celles des côtés grandes. Les yeux verts , 
l'iris doré , la prunelle changeante j ils sont gar- 
nis par-dessus d'un appendice denté. La ligne 
latérale est à peine visible. La nageoire dorsale a 
vingt -six rayons ; le premier prolongé en un long 
filament 5 elle est ornée au milieu de la membrane 
d'une grande tache noire , entourée d'un iris 
blanchâtre. Les pectorales ont douze rayons cha- 
cune ; les thoracines noires , deux chaque ; l'anale , 
dix-huit 5 la caudale , avec des bandes brunes , 
douze 5 et la membrane branchiale , cinq. La lon- 
gueur de ce blennie est d'un décimètre et demi. Il 
habite les fonds vaseux. On le pêche en avril. 

8. B. Sujéfien. Lac. JB. Sujefianus. Lac. ( Baveua. ) 

Sujef. Act. petr, 1779, pag. 198 , fig. a et 4- 

B. Cirrho suprà oculosminimo ; puma dorsali poste- 
rais caudœ annexa; linea laterali curva. Lin. 
hlennius simus. Syst. nat. éd. i3, pag. 1 177 , n°. 16. 

On a donné à cette espèce le nom du natura- 
liste, qui en a le premier publié la description. Son 
corps est d'une couleur olivâtre, parsemé de pe- 
tits points noirs qui se prolongent symétrique- 
ment sur tout le dos. La bouche est petite , les 
mâchoires garnies de dents fines, courtes et réu- 
nies. Les yeux ont l'iris verdâtre , la prunelle 
noire, ils sont ornés en dessus d'un appendice 
très-court, La ligne latérale courbe à son origine 



\Zl OSSEUX. JUGULÀIKES. 

est droite ensuite. Une élévation charnue et grais- 
seuse, couverte de points noirâtres , précède la na- 
geoire anale qui a vingt-neuf rayons \ les pecto- 
rales , qui sont grandes , en ont quatorze chacune - y 
les jugulaires , deux 5 l'anale , dix-neuf : elle est 
précédée de deux appendices courts et adipeux. La 
caudale qui est arrondie et réunie «à celle du dos , eu 
soutient quinze. Cet osseux vit dans les eaux 
douces du Yar ; je l'ai pêche en septembre. Sa 
longueur est d'environ deux décimètres. 

9. B. Coquillade. Lac. B. Galerita» Lin. (Baveua.) 

Rondelet, lib. 6, c. ai , flg. 

B, Crista capitis transversa cutacea. Lin. Syst. riat. 
éd. i3 , pag. 1 17^ , n°. 1. 

Une humeur gluante et visqueuse enduit le 
corps de ce poisson. La partie supérieure est 
brune ? traversée par des bandes d'un rouge obs- 
cur 5 l'inférieure marbrée d'un vert noirâtre. La 
tête est un peu aplatie , ornée par-dessus d'un 
appendice cutané , transversal , un peu mobile. 
La bouche est médiocre , la langue courte, les mâ- 
choires garnies de dents fines ; les yeux saillans , 
l'iris doré, la prunelle noire. La ligne latérale 
presque nulle. La nageoire dorsale contient 
soixante rayons , les premiers tachetés de noir j 
les pectorales , dix chaque 5 les jugulaires, deux 
chacune ; l'anale , trente-six ; et la caudale , 



BLENNIE. IÛJ 

seize. Sa chair est fade. Il habite les algues. Sa 
longueur est de deux décimètres. 



»■ 



10. B. Paon. N. B. Paco. N. ( Baveua. ) 

B. Corpore brunneo vzrescenâe , cœruleo fasciato f 

occipite cristato, 

La nature s'est plu à parer ce blennie avec 
beaucoup d'élégance. Sur un fond d'un brun ver- 
dâtre , on voit des lignes transversales d'un bleu 
d'azur ? accompagnées d'un grand nombre de 
points bleuâtres. Une huppe charnue ? couleur au- 
rore, se relève en dessus de la nuque et forme 
comme un panache doré qui se gonfle et se re- 
dresse dans les momens de crainte et d'amour. 
La tête est aplatie , pointue et traversée par des 
bandes obscures. La bouche petite , la mâchoire 
supérieure dépasse l'inférieure 5 elles sont garnies 
de petites dents. Les yeux sont ronds , saillans ; 
l'iris doré , la prunelle noire , l'opercule orné de 
chaque côté d'une tache noire cerclée de bleu. La 
ligne latérale courbe à son origine , droite en- 
suite , s'efface enfin tout à fait. La nageoire dor- 
sale a trente-cinq rayons ; l'anale , vingt-quatre; 
les thoracines filiformes , deux chaque ; les pec- 
torales , treize ; la caudale , douze \ et la mem- 
brane branchiale , cinq. La longueur de ce pois- 
son, encore inconnu des naturalistes, est un peu 



l54 OSSEUX. JUGULAIRES. 

plus d'un décimètre. Il habite les rochers du ri- 
vage de Nice. 

1 1 B. Etoile. N. B. Stellatus. N. ( Baveua. ) 

B. Corpore, virescente, lateribus argenteo maculatis^ 
macula magna orbitali olivacea; pinna dorsali 
o cet 'lis duobus aigris, 

La forme et la figure des taches de ce nouveau 
blennie m'ont servi à le distinguer. Son corps est 
d'un vert clair , nuancé par des bandes en zig-zag 
et de points brunâtres , avec une ligne de taches 
rondes et grises sur le dos , et six autres taches 
blanches irrégulières , dont la première en forme 
d'étoile , situées au milieu du corps. La bouche 
est moyenne , la mâchoire supérieure couvre l'in- 
férieure 5 elles sont garnies de dents fines , iné- 
gales, dorées à leur extrémité. Les yeux ont l'iris 
argenté , la prunelle nojre 5 ils sont ornés en 
dessus d'un appendice non palmé. La ligne laté- 
rale courbe. Une grande tache olivâtre s'étend 
sur la nuque et couvre le commencement de la 
membrane de la nageoire dorsale qui est ornée de 
deux sortes d'yeux noirs , dont le premier est 
irisé. Elle contient trente-quatre rayons 5 les ju- 
gulaires, deux chaque 5 les pectorales , pointillées 
de rouge , quatorze chacune 5 l'anale , traversée 
par des bandes blanches, en a vingt-quatre 5 la 
caudale , on^e • et la membrane branchiale , cinq. 



IJLENNIE. l5S 

Ce jugulaire fréquente les rochers un peu pro- 
fonds de Yillefranclic. Il s'approche du rivage en 
octobre. Sa Ion sueur s'étend à un décimètre. 



TROISIEME SOUS-GENRE. 

Trois nageoires dorsales , point de baibillons ni d? ap- 
pendices sur la tête. 

12. B. Tripteronote. N. B. Tripteronotus. N. 
( Baveco d'Argo. ) 

PI. v, fig. li de cet ouvrage. 

B. Pinnis dorsalibus tribus. N. 

. 

Trois nageoires dorsales caractérisent ce nou- 
veau poisson qui forme une nouvelle division de 
ce genre. Son corps est d'un blanc grisâtre , voilé 
de rouge, couvert d'écaillés rhomboïdes , ciliées , 
garnies autour de petits points d'un jaune bru- 
nâtre , dont l'ensemble présente la forme d'un 
réseau. L'abdomen est argenté , la tête grande, le 
museau semblable au bec d'un pigeon , la mâ- 
choire inférieure un peu plus avancée que la su- 
périeure , toutes deux sont garnies de petites dents. 
La bouche est étroite , la langue courte , les yeux 
cendrés , l'iris ronge , la prunelle noire. La ligne 
latérale droite. La première nageoire dorsale est 
rouge et garnie de trois rayons; la seconde, trans- 
parente , en a onze ; la troisième , lisérée de rou- 
geâtre , en a douze ; les pectorales longues , 



l36 OSSEUX. JUGULAIRES. 

quatorze chacune $ les thoracines blanches , deux 
chaque ; l'anale, lisérée de rouge , vingt-quatre j 
la caudale rectiligne ? huit , et la membrane 
branchiale , quatre. La longueur de ce blennie 
est de huit centimètres. La femelle pond ses œufs 
en avril , parmi les zostères. On trouve ce poisson 
au printemps. 



QUATRIEME SOUS-GENRE. 

Deux nageoires dorsales , point de barbillons ni 
d? appendices sur la tête. 

i3. B. Gadoide. Lac. B. Gadoides. Lin. ( Moustello 

blarico. ) 

Brtjkn. Pisc. Massil. pag. ^4 » n. 54. 

B. Albidus ; cirr/io menti; pinnis ventralibus di- 
dactylis elongatis. Lin. Gadus. Syst. nat. pag. 1 1 7 1 » 
n°. 19. 

Les couleurs qui ornent ce jugulaire présentent 
le brillant aspect de l'argent. Son corps est un 
peu arrondi 5 la tête rougeâtre , les yeux grands , 
l'iris d'un blanc mat , la prunelle noire , la mâ- 
choire supérieure un peu plus avancée que l'in- 
férieure , celle-ci ornée d'un petit filament. La 
nuque garnie de deux aiguillons j la ligne latéral© 
droite. La membrane branchiale a sept rayons ; 
la première nageoire dorsale en a dix , elle est ta- 
chetée de noir à la sommité 5 la seconde en a trente- 
six ' y les pectorales , onze chacune 5 les jugulaires , 



BLENNIE. 1^7 

fort longues , deux chaque 5 l'anale , cinquante- 
trois 5 la caudale noire à l'extrémité , seize. Le ga- 
doïde atteint quatre décimètres de longueur. Sa 
chair est bonne et succulente. On en prend dans 
nos mers toute l'année , et très-communément. 



CINQUIEME SOUS-GENRE. 

Une seule nageoire dorsale , point de barbillons ni 
d'appendices sur la tête, 

14. B. Testddinaire. N. B. Testudinarius. N. 

( Baveua. ) 

B. Capite magno ; corpore virescente , griseo 

fasciato. N. 

La nageoire dorsale de ce blennie, qui paroît 
se diviser vers le milieu en deux membranes , 
réunies cependant en une seule 5 semble former 
la séparation du sous-genre précédent , avec celui 
qui termine la division de ces poissons. Ce jugu- 
laire a la tête grosse, ronde, un peu aplatie en 
dessus , assez semblable à celle d'une tortue , dont 
j'ai emprunté le nom. Son corps est légèrement 
aplati , d'un vert pâle , avec de grandes bandes 
grises, bordées de bleuâtre. La bouche est petite , 
les mâchoires égales , garnies de dents. Les yeux 
verdâtres , la prunelle noire. La ligne latérale 
droite. La membrane branchiale est découverte et 
contient sept rayons $ la nageoire dorsale en a 



l33 OSSEUX. JUGULAIRES. 

douze solides , qui diminuent insensiblement pour 
se réunir à douze autres rayons plus foibles ; l'a- 
nale en a dix-huit 5 toutes les deux sont séparées 
de la caudale ? qui en a onze j les jugulaires, deux 
inégaux chacune 5 les pectorales , douze chaque. 
La longueur de ce poisson est d'un décimètre. Il 
vit sous les rochers de nos rivages , où on le voit 
constamment, et il ne paroît pas s'avancer vers 
les profondeurs de la mer. 

i5. B. Pholïs. Lac. B. Pholis. Lin. (Badova. ) 

Jonjt. lib. I , c. 18 , fig, 2. 

B. Linea laterali curva sub bifida. Lin. Syst. nat. 
éd. i3 , pag. 11 80, n°. 8. 

Les contrées méridionales ont toujours été la 
patrie de cet osseux. Son corps est olivâtre , par- 
semé de petits points obscurs , et traversé longi- 
tudinalement de petites taches blanches. La bou- 
che est ample , les lèvres épaisses ; la mâchoire 
supérieure est plus avancée que l'inférieure, toutes 
deux sont garnies de dents fortes , pressées et ai- 
guës. La langue est lisse , le palais rude. L'ouver- 
ture des narines placée au bout d'un petit tube 
frangé 5 les yeux grands , l'iris rougeâtre , la pru- 
nelle noire. La ligne latérale courbe ; l'anus plus 
près de la tête que de la queue. La membrane 
branchiale contient sept rayons 5 la nageoire dor- 
sale , trente-deux 5 les pectorales , tachetées de 



BLENNIE. 1^9 

rouge 5 quatorze chacune 5 les jugulaires, deux 
chaque 5 l'anale , vingt-deux 5 la caudale , dix. La 
femelle présente des couleurs plus vertes que le 
mâle 5 ils s'approchent en mai Vers les rochers 
du port de Nice, ainsi que les deux variétés sui- 
vantes. 

A. Corps d'un brun obscur , dépourvu de toute 
espèce de taches blanches. 

B. Celle-ci est marbrée de brun obscur et d'oli- 



vâtre. 



16. B. ÀuDiFREDi. N. B. Audifredi. N. (Baveua. ) 

PL vi , fig. i5 de cet ouvrage. 

B, Corpore depresso, rubescente , argenteo punctato ; 
naribus non fimbriatis \ N. 

La description du poisson auquel j'ai donné le 
nom du R. P. Audifredi d'Escarona, savant bi- 
bliographe de Casaleatense de Borne , n'a pas en- 
core été publiée. Ce blennie a le corps aplati , d'une 
couleur de laque, relevé par une ligne de taches 
rondes argentées,qui se prolongent depuis les pecto- 
rales j usqu' à la queue. La tête est parsemée de points 
d'argent, les lèvres sont épaisses 5 les mâchoires 
garnies de petites dents , les yeux saillans , l'iris 
doré, la prunelle noire. La ligne latérale com- 
mence près de la nuque, se courbe sur les pecto- 
rales , et disparoît ensuite. L'opercule se termine 
en pointe. La membrane branchiale a cinq rayons j 



l4<> OSSEUX. JUGULAIRES» 

la nageoire dorsale, ornée de taches transparentes^ 
en a trente-cinq ; les jugulaires , deux chaque; les 
pectorales , neuf chacune ; l'anale qui présente la? 
forme d'un réseau % en a vingt-deux ; et la caudale 
qui est diaphane au milieu , en a neuf. Ce poisson 
a un décimètre environ de longueur. Il vit dans 
les rochers. 

Cette variété a des couleurs ternes et foncées , 
«ans aucune tache argentée. 

17. B. Argcnté. N. B. Argentatus. N. ( Baveua. ) 

B. Corpore subrotundo brunneo , argenteo 

maculato. N. 

La différence qui existe entre ce poisson et le 
précédent , consiste dans la forme du corps qui est 
plus ronde et moins aplatie ; dans une couleur 
d'un brun de terre d'ombre , relevée par huit lon- 
gues taches cjuadrangulaires d'un argent éclatant , 
qui diminuent vers la queue. Son museau est ar- 
rondi 5 les mâchoires égales 5 la supérieure garnie 
de plusieurs rangs de dents ; l'inférieure en a une 
seule rangée très-aiguë. Les opercules sont par- 
semés en dessous de quelques points argentés. La 
ligne latérale est courbe à son origine et droite 
ensuite. La nageoire dorsale est supportée par 
trente-deux rayons ; les premiers , un peu plus re- 
levés, ont une tache argentée à leur base; les ju- 
gulaires , deux chaque 5 les pectorales , sept cha- 



BLENNIE. l4l 

cune ; l'anale ? dix-huit $ et la caudale ? cinq. Ce 
poisson parvient à soixante millimètres de lon- 
gueur ; il n'est pas commun j il vit dans les ro- 
chers , où je l'ai pris en août. 

REMARQUES. 

La plupart des blennies ont le corps lubréfié par une humeur 
gluante et glaireuse qui les rendent très-souples , glissans et 
difficiles à saisir. C'est principalement au printemps que ces 
poissons s'approchent du rivage pour y chercher de petits crus- 
tacés et des vers dont ils font leur nourriture. Ils se cachent 
dans les creux des rochers où ils s'ensevelissent dans la vase , 
lorsqu'ds sont poursuivis par de gros poissons. Retirés de l'eau 
ils périssent promptement comme asphixiés par le contact de 
l'air atmosphérique sur leurs branchies. Les blennies qui habi- 
tent les grandes profondeurs de notre mer, offrent, lorsqu'on 
les en retire subitement , le même phénomène que les gades , 
les trigles, les scorpènes et les persèques. Leur vessie natatoire 
se dilatant subitement , crève dans l'abdomen , et le gaz qui 
s'en dégage occupant un très- grand espace, refoule les intes- 
tins, et le plus souvent l'estomac, en le renversant hors de la 
bouche. On désigne à Nice cette poche membraneuse qu'offrent 
les poissons , tirés des grandes profondeurs , sous le nom de 
hudeo. J'ai eu souvent occasion d'observer ce fait qui a été in- 
diqué par M. Biot, et vérifié par M. Delaroche, sur les pois- 
sons de la mer d'Iviça. 



G. XXXI. Oligopode. Oligopus. Lac. 

Caractères. Un seul rajon aux nageoires ju- 
gulaires; une seule nageoire du dos, s'éten- 
dant de la tête à la queue. 



l/\2 OSSEUX. JUGULAIRES. 

i . O. Noir. O. Ater. ( Fanfré negré. ) 

O. Niger ; maxillâ longiore ; pinnis imparibus 

coadunatis. 

Le corps de ce poisson a la teinte du noir d'é- 
bène , sur un fond de rouge violâtre. Son museau 
est arrondi, la bouche ample , la mâchoire infé- 
rieure un peu plus longue que la mandibule ; 
toutes deux sont garnies d'une rangée de fortes 
dents aiguës. La langue est blanche et libre, 1© 
palais garni de quatre grosses pointes obtuses. Le 
gosier est lisse , les yeux sont petits , noirâtres , 
avec l'iris doré. La nuque est nue, smuée, cou- 
verte de petits pores. Les narines sont arrondies. 
Les opercules composés de deux pièces ; la pre- 
mière a trois dentelures, et la seconde se termine 
en pointe. Les écailles sont petites et fort adhé- 
rentes à la peau. La ligne latérale est double ; la. 
supérieure courbée règne le long du dos ; l'infé- 
rieure est droite : toutes les deux se réunissent 
près de la queue. Les nageoires sont comme car- 
tilagineuses , d'un noir foncé. La dorsale renferme 
soixante-quatre rayons; l'anale, quarante-qua- 
tre ; toutes deux adhèrent à la caudale qui se ter- 
mine en pointe , et qui en a quatorze ; les pec- 
t «.les en ont vingt chacune ; les thoracines , un 
seul soyeux , court et délié ; la membrane bran- 
chiale en a huit. La longueur de ce poisson est 



OLIGOPODE. l45 

de plus d'un décimètre. Je l'ai pris au mois d'août , 
dans le golfe de Saint-Hospice. 

REM AR Ç U E S, 

J'ai rapporté au genre oligopode de M. Lacépède, corres- 
pondant à ceux nommés pteridium par Scopoli , et pteraclis 
par Gronov , le poisson dont il vient d'être question , parce 
qu'en effet il a , comme le coryphœna velifera de Pallas , beau-» 
coup de rapport avec le pompile qui vit dans nos mers. Il diffère 
du genre coryphène , non- seulement par le rayon uuique de 
ses nageoires jugulaires et par les autres caractères, mais en- 
core par ses mœurs , son instinct et ses habitudes. Foible et 
timide, il paroît relégué toute l'année dans des antres obscurs 
dépourvus de toute végétation. Il ne s'approche jamais du rivage 
où sa lente natation ne pourroit le soustraire à la voracité des 
murénophis et des scorpènes. C'est vers le milieu du mois 
d'août que la femelle dépose sous les rochers des oeufs d'ua 
bleu foncé entrelacés d'un réseau blanchâtre , lesquels éclosent 
peu de temps après , et les petits poissons qui en proviennent 
se retirent bientôt sous des rochers entourés de sédimens fan- 
geux où ils semblent s'ensevelir tout vivans. La chair de cette 
espèce est molle , baveuse et d'un goût fade. 



G. XXXII. Batrachoïde. BatrachoideS. Lac» 

Caractères. Tête très-grosse, large, aplatie; à 
bouche grande , presque horizontale; à un ou 
plusieurs barbillons; deux nageoires du dos,, 
dont la première a plusieurs aiguillons. 



1. B. Gmelin. J3. Gmelini. ( Moustello deRocco, ) 

PI. vi y fig« 16 Je cet ouvrage. 



l44 OSSEUX. JUGULAIRES, 

£. Mandibulâ longiore ; pinnis ventralibus lori-* 

gissimis. 

Ce batrachoïcle j qui n'est pas encore connu des 
ichthyologistes , a le corps comprimé en forme 
d'épée ? d'un gris rougeâtre ? couvert en dessus de 
petites écailles peu adhérentes. Les opercules et 
le ventre brillent des couleurs métalliques de l'or 
et de l'argent. La tête qui est grosse , comprimée 7 
effilée ? est de couleur lilas. La bouche est ample 
la mandibule dépasse la mâchoire qui est garnie 
d'un long filament : toutes deux offrent plusieurs 
rangées de dents rougeâtres à leur base. La langue 
est lisse , blanche ; le palais tacheté de bleu et de 
rouge , hérissé de deux rangs de pointes. Les na- 
rines ont deux orifices. Les yeux sont grands y 
dorés , avec l'iris argenté et la prunelle noire. La 
ligne latérale courbe au-dessus des pectorales de- 
vient droite ensuite. Les nageoires sont grises , 
bordées de noir. Il y a neuf rayons dans la pre- 
mière nageoire du dos 5 soixante , dans la seconde 5 
cinquante-cinq ? dans l'anale ; deux , dans les ju- 
gulaires , qui sont très-longues , terminées en fil 
délié j dix-huit , dans chaque pectorale ; vingt- 
deux, dans la caudale , qui est arrondie j six , dans 
la membrane branchiale. Ce poisson ne parvient 
jamais qu'à deux décimètres de longueur. Sa chair ? 
quoique molle ? est d'un fort bon goût. On 1ô 



BATRACKOÏDE. nj.5 

pêclie dans les rochers de Villefranche , vers les 
mois de mai et de septembre. 

REMARQUES. 

Le savant professeur Gmeliu a fait connoître *ux natura- 
listes , dans Ja treizième édition du Système de Linné, d'après 
la Zoologie Danoise de M. Mùller,pag. i5 , planche 45, une va- 
riété du blennius raninus de l'océan septentrional, et dont les 
caractères se rapprochent, un peu de ceux de la nouvelle espèce 
que je viens de décrire. Comme c'est à cette description que je 
dois la connoissance de ce poisson, je me suis fait un devoir de 
lui consacrer un nom que l'Histoire naturelle avoit déjà placé 
dans ses fastes. 

J'ai été quelque temps embarrassé .pour rapporter ce poisson 
à Pun des genres précédemment indiqués parles auteurs. 11 pré- 
sente en effet les caractères des phycis, auxquels M. Schneider 
l'a joint dans le système de lVloch , puisqu'il a les nageoires paires 
inférieures allongées , filiformes, et un court barbillon sous le 
menton 5 mais on lui trouve aussi les caractères du genre 
hatrachus du même ichthyologisle , établi précédemment par 
M. Lacépède • savoir , outre les huit nageoires , la tête grande, 
déprimée , plus large que le tronc ] voilà ce qui m'a déterminé 
à la ranger avec le batrachoïde et le blennioïde , comme une 
troisième espèce. 



10 



POISSONS OSSEUX. 

TROISIÈME SOUS- ORDRE. 

THORACIQUES. 



G. XXXIII. Gymnetre. Gymnetrus. Blocli, 



Caractères. Point de nageoire de l'anus. 



i. G. Lacépède. N. G. Cepedianus. N. (Gros 

Argentin. ) 



Pl. v, fig. 17 de cel ouvrage. 



G. Corpore compresse* , argentato , maculis magnis 
7iigris ; pinnis rubris ; ventralibus radiis qua- 
tuor. N. 

La beauté de ce poisson m'a enhardi à lui donner 
le nom de notre grand ichthyologiste français , 
comme un témoignage de respect et de la haute 
considération, que ses écrits m'ont inspirés. Le 
corps de ce gymnetre est comprimé d'un mètre 
de longueur et d'un décimètre de hauteur dans sa 
partie antérieure, qui s'amincit insensiblement 
jusqu'à dix millimètres , en approchant de la 
queue. Une poussière d'argent le recouvre et le 
rend d'une beauté surprenante. Trois grandes 



g y m iv è t a e. 1 4y 

taches noires et rondes imprimées sur son dos , 
etuneoblongue située sur l'abdomen , en relèvent 
l'éclat. Son museau est rétractile 5 l'ouverture de 
la bouche est ample , oblongue j la mâchoire su- 
périeure est garnie de quatre grosses dents 5 l'in- 
férieure en a cinq aiguës et crochues. Les yeux sont 
très -grands , l'iris a le brillant du platine , et la 
prunelle ovale est d'un noir de jayet. Les narines 
ont deux orifices de chaque côté. Les opercules 
sont oblongs , osseux et couvrent une large ou- 
verture branchiale, dont la membrane contient 
six rayons : la ligne latérale est sinuée à son ori- 
gine, droite ensuite. Elle est formée par de petites 
aspérités qui grosissent vers la queue. L'anus est 
situé au milieu du corps. La nageoire dorsale est 
grande , d'un beau rouge pourpre 5 elle s'étend 
tout le long du dos. On y compte cent quatre- 
vingt-dix rayons très-élevés 5 les pectorales , d'un 
rose pâle , en ont dix chacune 5 disposition qui 
distingue cette espèce de toutes celles du même 
genre. Les thoracines , très-longues, quatre cha- 
cune : et la caudale , qui brille d'un rouge car- 
min , en a dix. La chair de ce poisson est mu- 
queuse , et se décompose quelques heures après 
que l'animal a été retiré de l'eau. On prend 
cette espèce en avril et mai , sur tout le rivage de 
notre département. Il est des individus qui attei- 
gnent le poids de cinq kilogrammes. 



l4$ OSSEUX. THORACIQLES. 

REMARQUES. 

Ce gymnèlre est le poisson de notre mer sur lequel la nâ* 
ture a versé ses trésors avec plus de profusion. Des nuances élé- 
gantes et variées , des reflets agréables et brillans , l'éclat des 
pierreries les plus éblouissantes sont les riclies couleurs dont 
elle a orné son corps svelte. Cette magnifique parure , nuancée 
avec le jayet de ses taches ou se réfléchit en mille sens l'azur et 
l'améthyste , réunis au pourpre et au rubis des nageoires, 
forment un ensemble de couleurs si élincelantes qu'il est im- 
possible de pouvoir les décrire. Ce thoracin s'approche de 
nos bords quand la mer est calme et tranquille , il y vient en 
agitant mollement son corps; il s'abaisse, se relève, et p;/r 
les différons reflets de couleurs qu'il fait jaillir à chaque ondu- 
lation , il produit aux yeux de l'observateur des effets éblouis- 
pans de lumière. Sa nourriture ordinaire consiste en salpes, eu 
méduses , en vellelles et en petits poissons. 



G. XXXIV. Lépidope. Lepidopus. Gouan. 

Caractères. Corps très-allongé et comprimé, 
en forme de lame; les nageoires paires infé- 
rieures formées par deux écailles oblongues; 
la nageoire anale courte et étroite. 



i. L. Péron. N. L. Veroîiii. N. ( Argentin dental. ) 

P]. v, fi g. 18 de cet ouvrage 

L. Maxilla lo7igio?-e , pinnâ dorsi immaculata , ani 

radiis 22. N. 

Ce singulier poisson a le corps allongé ? très- 



ï, Ê P I D O V E. 1 4 9 

comprimé. Il est recouvert d'une poussière ar- 
gentée , se nuançant en reilets dorés , roses et 
azurés. La tête estoblonoue et se termine derrière 
les yeux par une éminence. L'ouverture de la 
bouche est grande , peu extensible 5 la langue , le 
palais et le gosier sont lisses. La mâchoire infé- 
rieure est aiguë , plus avancée que celle de dessus , 
garnie à son extrémité d'un tubercule dur. Elle 
est hérissée sur le devant de deux «rosses dents 
crochues, avec une rangée de petites qui sont 
droites , et qui vont toujours en augmentant. La 
mâchoire supérieure est garnie de deux longues 
dents aiguës sur le devant , et de trois plus grandes, 
mobiles, crochues et adhérentes au palais, sui- 
vies d'autres plus petites situées sur les bords. La 
nuque est sillonnée ; les yeux sont grands , ar- 
gentés , très-rapprochés du sommet de la tête 5 
l'iris doré. Les narines sont orbiculaires ; les oper- 
cules membraneux, composés de deux lames, 
dont la seconde est striée en rayons divergens. 
L'anus est plus près de la tête que de la queue. 
La ligne latérale, qui est relevée, commence au- 
dessus de l'ouverture branchiale et va droit en- 
suite vers la queue. Les ouïes sont hérissées en 
dessus de plusieurs rangs de pointes inégales. La 
membrane branchiale a sept rayons 5 la nageoire 
dorsale , d'un jaune transparent , en contient 
cent deux ; les pectorales horizontales , douze 
chaque ; les thoracines sont formées par deux 



100 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

écailles en forme de cuilleron. L'anale commence 
par des protubérances osseuses , et se termine 
vers la base de la queue , par une nageoire mem- 
braneuse qui renferme vingt-deux rayons j la cau- 
dale , qui est en croissant , en a trente-six. La 
longueur de ce poisson , que j'ai dédié à l'amitié , 
s'étend à un mètre et demi : sa hauteur a quatre- 
vingt-cinq millimètres. Sa chair est ferme et déli- 
cate. On le prend à l'entremail > dans le printemps. 
Il se pourroit que ce poisson fût le même que 
celui décrit par M. Shaw dans la General Zoo- 
logy , vol. IV, part. 2 , pag. 199 , sous le nom de 
Vandellius Lusitaniens , d'après un individu des- 
séché conservé dans le Muséum britannique , et 
que le docteur Vandelli de Coïmbre avoit cru de- 
voir réunir au genre trichiurus sous le nom à^ensi- 
formis. Mais M. Shaw ? tout en établissant ce 
genre , et en le rangeant dans l'ordre des thora- 
ciques ? ne parle pas des nageoires paires infé- 
rieures . ou des écailles qui nous ont fait placer le 
poisson 7 dont il est ici question , parmi les lépi- 
dopes. Il dit d'ailleurs que les nageoires impaires 
sont réunies ? ce que nous n'avions pas reconnu 
dans l'individu que nous avions sous les yeux. 
D'un autre côté ? si comme nous avons tout lieu 
de le penser , notre espèce est le trichiurus caudatus 
décrit par Euphrasen , dans les nouveaux actes 
de Stockholm ? tom. IX ? pag. 4^ 1 nous avons dû 
le rapporter au genre lepidopus > ainsi que l'a fait 



LEPIDOPK. ï5f 

Waltîaum , dans Vlckthyoîogie d'Artèdi , par- 
tie III , pag. 6^4. 

a. L. Gouakien. Lac. L. Gouanianus. Lac. (Argentin.) 

Gouan. Hisi. des pois s. pag. 1 85 , fîg. •+. 

L,. Maxilla longiore ; pimiâ dorsi nigro maculata ; 

ani radils 42. N. 

Une poussière d'argent , nuancée par de lé- 
gers reflets azurés, couvre le corps de cette belle 
espèce, que le célèbre naturaliste de Montpellier , 
dont il porte le nom , a le premier fait connoître. 
La tête est grosse et comprimée latéralement : la 
nuque d'un bleu d'azur, terminée par une arête. 
Son museau est pointu , la mâchoire inférieure, 
nii peu plus longue que la supérieure , est 
garnie de petites dents égales , et celle de dessus 
hérissée de trois longues dents crochues. La langue 
est lisse , les yeux argentés , l'opercule composé 
d'une seule pièce , l'ouverture branchiale grande 
en croissant , la ligne latérale droite et enfoncée , 
l'anus situé vers le milieu du corps. La membrane 
des branchies supporte sept rayons ; la nageoire 
dorsale très-basse, en a cent , dont les premiers 
sont ornés d'une belle tache noire. Les thoracines 
ressemblent à deux cuillerons ovales et pointus. 
Les pectorales en ont douze chacune 5 l'anale fort 
peu relevée , en contient quarante-deux 5 elle est 
précédée d'une longue écaille arrondie 5 la eau- 



1$2 OSSEUX. THORACIQUES* 

dale est un peu fourchue ? et en a seize. La lon- 
gueur de ce lépidope est environ quatre décimè- 
tres , sur quatorze millimètres de haut. Sa chair 
est molle et peu agréable. On en prend en janvier 
et février ? sur les parages de Nice. 

S. L. Diaphane. N. L. Pellucidus. N. (Karinafino*) 

PI. v . fig. 19 de cet ouvrage. 

L. Corpore pellucido ; mandibula longiore^ 

Cette nouvelle espèce a le corps oblong , com- 
primé , d'une diaphanéïté si remarquable , qu'on 
peut voir à travers tous les phénomènes de l'organi- 
sation. Le museau est arrondi ,1a bouche médio- 
cre ? la langue lisse , la mâchoire supérieure un 
peu plus longue que l'inférieure 5 toutes les deux 
sont garnies de petites dents égales. Les yeux sont 
grands avec l'iris argenté ; la ligne latérale droite 
est formée de petits points noirs qui se succèdent par 
paires vers la queue. Les nageoires sont d'un violet 
clair. La dorsale commence par un point saillant , 
à un tiers de la tête , et se réunit à la caudale qui 
se termine en pointe. L'anale est parsemée de pe- 
tits points noirs 3 les thoracines sont formées par 
deux fines écailles 5 les pectorales sont subulées. 
La petitesse des nageoires empêche de compter 
le nombre des rayons qui sont à peine visibles à la 
loupe. La longueur de ce poisson est de deux dé- 



LEPIDOPE. 103 

cimètres. Je l'ai trouvé à Ville franche , dans le 
mois d'avril > au milieu des crangons. 

R E M A R Q U JE S. 

Les lépidopes sont un des plus beaux genres de poissons qui 
habitent nos rivages. Brillant sur les écailles, fraîcheur dans 
les couleurs , vivacité et rapidité dans les mouvemens , tels 
sont les attributs qui les ont de tout temps fait remarquer 
d'une manière distinguée. Le corps prolongé en lame , que 
ces thoracins ont de commun avec les tricliiures , les gyni- 
nètres , les cépoles , etc. , n'étoit pas un caractère suffisant 
pour servir à tracer la ligne de démarcation qui doit nécessai- 
rement être établi^ pour ne pas confondre ces trois genres, que 
Ja même forme et la même parure semblent réunir : mais la 
nageoire anale que j'ai remarquée à tous les lépidopes , et sur- 
tout au gouanien , laquelle , par son extrême petitesse , s'ctoit 
sans doute dérobée aux observateurs , les sépare des autres 
poissons , et m'a servi pour caractériser ce genre. 



G. XXXV. Cépole. Cepola. Lin. 

Caractères. Corps très - allongé , très - com- 
prime , couvert de petites écailles ; tête comme 
tronquée ; nageoires thoracines à plus d'un 
rayon ; une anale. 



i. C. Taenia. Lac. C. Tasnia. Lin. (Flamo. ) 

Bl.OCH. pi. l-O. 

C. Pinna caudce attenuaba ; capite obtusissimo. Lin. 
Syst. nat. éd. i3, pag. 1186, n°. 1. 

Le corps du tcenia est allongé 7 comprimé et 



1^4 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

transparent. La partie supérieure est grise y lx~ 
chetée de rouge ; l'inférieure , colorée de blan- 
châtre. Son museau est arrondi , la bouche grande > 
la mâchoire supérieure garnie d'un rang de dents 
aiguës : celle de dessous en a deux rangées. La 
langue est rude , les yeux d'un rouge argenté , la 
prunelle noire ? l'opercule composé d'une seule 
pièce. La ligne latérale droite. L'ouverture bran- 
chiale ample. Sa membrane renferme six rayons : 
la nageoire dorsale ? soixante-six • les pectorales , 
quinze chaque j les tlioracines j six chacune ; l'a- 
nale, soixante 3 et la caudale pointue 5 dix. Toutes 
ces nageoires sont d'un beau rouge > et relèvent la 
monotonie des couleurs de ce thoracin , qui est 
fort rare dans nos mers. 

2. C é Serpentiformk. Lac. C. Rubescens. Lin. 

( Calegneiris.) 

Aldrov. }ib. 3 , c. 28 , pag. 067 , fîg. 

C. Pinna caudce attenuata y maxillis acutis» Lin. 
Syst. nat. éd. i5, pag. 1 187 , n°. 2. 

Cette espèce , qui porte à Nice le nom vulgaire 
des opbidies , avec lesquelles Linné Favoit rangée 
dans la dixième édition du système , a le corps 
d'un rouge de mercure oxidé . traversé par de lé- 
gères bandes foncées 5 le museau est un peu pointu. 
La bouche ample , la langue lisse , la mâchoire 
supérieure ornée de chaque côté d'une tache noire 



CE PO LE. i55 

et garnie de vingt-quatre petites dents aiguës 5 l'in- 
férieure en a seize. Les yeux sont d'un rouge 
rubis. La ligne latérale droite et transparente. La 
nageoire dorsale est d'un jaune safran , lisérée de 
rose , marquée à son origine d'une tache rou- 
geâtre : elle renferme soixante-neuf rayons ; et 
l'anale ? soixante ; toutes les deux se réunissent à 
la caudale qui en a douze ; les pectorales ? seize 
chacune 5 les thoracines , six chaque 5 la mem- 
brane branchiale , cinq. La longueur de ce pois- 
son est de quatre décimètres. Sa chair couvre 
à peine la charpente osseuse. On en prend com- 
munément en mai , juillet et décembre. 

Jl E M A R Q U E S. 

Des corps souples et déliés, serpentant avec légèreté au mi- 
lieu des eaux bleuâtres qui noas entourent , ont fait donner à 
ces poissons le nom vulgaire de flamme et de ruban , à cause 
de l'effet agréable qu'ils produisent en parcourant avec vivacité 
le fluide où ils vivent. Ces cépoles habitent nos rivages , et quoi- 
qu'elles ne se nourrissent que de crustacés et de zoophytes , 
leur chair est peu estimée, et a fort peu de goût. 



G. XXXVI. Gobie. Gobais, Artèdi. 

Caractères. Les nageoires paires inférieures 
réunies : deux nageoires dorsales. 



l56 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

i. G. Aphie. Lac. G. Aphia. Lin. (Gobou. ) 

Pe.nnakt. Zool. Brit. tom. ni , pi. 37. 

G. Albidus , fasciis ferrugineis etiam in pinnis ; dor-. 
salïbus inter se remotis. 

L'aphie aie corps allongé, un peu cylindrique , 
d'un blanc sale , varié par quelques taches noires, 
La tête est grande ; la bouche ample 5 la langue 
lisse ; les mâchoires garnies de petites dents , les 
yeux rapprochés, obscurs , l'iris tacheté ; la ligne 
latérale à peine visible. Les nageoires nuancées 
de bandes brunes et grises. A la première dorsale, 
il y a six rayons 5 à la seconde , dix-sept , à chaque- 
pectorale, dix-huit j aux thoracines , douze ; à l'a- 
nale, quatorze ; à la caudale, treize. Sa longueur 
est plus d'un décimètre. Sa chair est fort bonne ; 
il habite nos rochers. 

o,. G. Paganel. Lac G. Paganeïïus. Lin. ( Gobou. ) 

G. Pinnis pectoralibus caudalique acuminatis ; ven-_ 
tralïbus in apice divisis. 

La distribution des couleurs de cette espèce est 
un vert obscur sur sa partie supérieure 5 un blanc 
jaunâtre avec des traits verdâtres , tacheté de noir 
sur l'inférieure. La tète est médiocre ; la bouche 
ample; les mâchoires garnies de petites dents; les 
yeux d'un brun argenté. La ligne latérale peu 
marquée. La première nageoire dorsale est bordée 



GOBIE. l5/ 

de jaune, et a six rayons , la seconde, pourpre à 
sa base , en a dix-sept ; les pectorales , avec une 
lunule noire, en ont dix-sept chacune ; aux tlio- 
racines , douze* à l'anale , seize ; et à la caudale 
rectiligne, vingt. Ce gobie a deux décimètres de 
longueur. Il fréquente les rochers. 

3. G. Ensanglanté. G. Cruentatus. Lin. (Gobou 

rouge. ) 

G, Valliduî fusco fasciaùus ; ore , guîa operculisque 

maculis sanguineis. 

Un blanc sale est la couleur dominante de ce 
thoracin , et sur ce fond ressort avec éclat le rouge 
vif qui est tempéré par des taches transversales 
brunes. La bouche est ample ; la langue lisse 5 
les mâchoires garnies de dents isolées ; les yeux 
d'un rubis argenté. Les nageoires sont colorées 
de brun, de jaune et de rouge. La première dor- 
sale a six rayons , la seconde , seize ; chaque pec- 
torale , dix-neuf; la thoracine bleuâtre , douze; 
l'anale , quinze 5 la caudale traversée par des ban- 
delettes obscures, en a quinze 5 et la membrane 
branchiale, cinq. La chair de ce poisson est déli- 
cate , il parvient jusqu'à deux décimètres de lon- 
gueur; il habite Jes rochers profonds. 

4. G. Noir brun. Lac. G. Bicolor. Lin. (Gobou. ) 

G. Fusais , pinnis omnibus rubris. 
Les deux principales couleurs de ce gobie lui 



l58 OSSEUX. THORACIQUES. 

ont valu sou nom spécifique. En effet, un brun 
obscur colore le dessus de son corps , et passe par 
diverses nuances en verdâtre azuré sur la aorae et 
sur l'abdomen. La tète est grande j la bouche 
moyenne • les mâchoires garnies de petites dents j 
les yeux foncés , l'iris doré. .La ligne latérale pe- 
tite. Les nageoires noirâtres j la première dorsale 
a six rayons j la seconde , seize , chaque pecto- 
rale, dix-neuf j aux thoracines , douze 5 à l'anale, 
quinze 5 à la caudale ronde, dix-sept ; et à la 
membrane branchiale, cinq. Sa longueur est 
d'un décimètre j il est fort commun sur nos 
rivages. 

5. G. Boulerot. Lac. G. Niger. Lin. (Gobou nègre.) 

Bloch. p], 3P. 

G. Capite depresso ; radiis sex primée dorsalis ri~ 
gidis ; caudali rotundata* 

Le corps arrondi d'un gris cendré sur sa partie 
supérieure , qui passe au jaunâtre tacheté de blanc 
et de noir sur l'inférieure , caractérise cette es- 
pèce. Sa tête est grosse 5 sa bouche ample ; sa 
langue lisse , ses mâchoires garnies de petites 
dents j ses yeux obscurs 5 l'anus garni d'un ap- 
pendice noirâtre 5 les écailles dures et très-adhé- 
rentes a la peau. Les nageoires d'un beau noir. 
La première dorsale contient six rayons 5 la se- 
conde, quatorze ; chaque pectorale , dix-huit 5 aux 



gobie. s 5g 

thoracincs il y en a dix; «à l'anale , douze; à la cau- 
daleronde, quatorze; et la membrane branchiale, 
cinq. Le boulerota deux décimètres de longueur, 
sa chair est fort bonne; on le pêche en mars et 
avril. 

6. G. Jozo. G. Jozo. Lin. (Gobou blanc. ) 

Bloch. pi. 107 , fig. 3. 

G. 2'eres ; pinnis nigris ; dorsalis primee radiis 
setaceis ; caudali rotundata. 

Cette espèce a le corps blanchâtre , nuancé sur le 
dos d'une légère teinte brune. La tête est compri- 
mée, la bouche moyenne , les mâchoires garnies 
de petites dents; les yeux d'un brun jaunâtre , 
l'iris doré, la ligne latérale obscure. Les nageoires 
variées de plusieurs couleurs. La première dorsal© 
a six rayons plus élevés que la membrane; la se- 
conde en a quatorze ; chaque pectorale , seize.t 
Les thoracines dix , nuancés d'un bleu tendre 5 
l'anale bleuâtre en a douze: la caudale parsemée 
de points bruns ocellés de jaune , en contient 
seize; et la membrane branchiale, cinq. Ce pois- 
son a un décimètre et demi de longueur, sa 
chair est molle et fade, on en prend beaucoup en 
novembre. 

7. G. Menu. Lac. G. Minutus. Lin. (Gobou. ) 

Pallas-Siuul. Zool. vui , pi. 4. 



i6o 



OSSEUX. TIIORACIQUES. 



G. Albicans ; ferrugineo maculatus ; radiis dorsct* 
/ibus, ùaudalibus que ferrugineo obsolète striatis. 

Les attributs caractéristiques de ce thoracin 
sont un corps blanchâtre , parsemé de taches fer- 
rugineuses sur le dos et varié de petites lignes bru- 
nâtres sur le ventre. La tête est un peu déprimée . 
la bouche petite , les mâchoires garnies de dents , 
les yeux rapprochés , obscurs. Les nageoires 
nuancées de brun 5 la première dorsale contient 
six rayons. La seconde , onze 5 chaque pectorale , 
dix ; les thoracines , huit : l'anale , onze j et la 
caudale, dix. Sa longueur est un demi déci- 
mètre ; il habite nos bords. 

8. G. Doré. G. Auratus. Nob. ( Gobou jaune. ) 

G. Auratus , nigro pwictatus , macula cœrulea ad 

basim pectoralium. 

Le nom de doré que j'ai donné à cette espèce 
- encore inconnue des naturalistes , a été tiré des 
couleurs riches et brillantes dont ce joli poisson 
est orné. Son corps est d'un beau jaune doré , 
couvert de petits points noirs. La tête est grande , 
la bouche ample, la langue lisse; la mâchoire 
inférieure un peu plus avancée que la supérieure 
est garnie de dents fines isolées. Les yeux ronds , 
l'iris d'un vert jaunâtre, la prunelle améthyste. 
Les nageoires sont d'un rouge doré , la première 
dorsale contient six rayons ; la seconde , quatorze \ 



/ GOBIE. l6l 

chaque pectorale, quinze , avec une tache brune 
à leur base 5 les thoracines, dix; l'anale, douze ; 
la caudale , quatorze ; et la membrane branchiale , 
quatre. Ce nouveau poisson est assez commun 
dans nos mers; sa, plus grande dimension est un 
décimètre; sa chair est fort bonne, il vit dans les 
rochers profonds. On en prend en février, juillet 
et septembre. 

9. G. Nébuleux. Lac. G, Nebulosus. Lin. (Gobou.) 

G. Fusco-nebulosus , radio secundo pinnœ dorsalîs 
■primœfilo nigro aucto , anali nigro marginala. 

La Méditerranée nourrit également le gobie 
que le savant Forskaè'l avoit trouvé en Arabie. Le 
corps de ce thoracin est couvert de grandes écailles 
rudes , placées en losange , nuagées de vert , de 
gris , de brun et variées de très-petits points obs- 
curs. L'abdomen est d'un blanc nacré. La tête est 
légèrement nuancée d'une couche bleuâtre. Les 
yeux sont foncés, l'iris blanc. La bouche est 
grande, les mâchoires garnies de plusieurs rangs 
de dents fines. La nuque forme un sillon pro- 
fond. La ligne latérale est indiquée par des écailles 
obscures. La première nageoire dorsale est un 
mélange do teintes vertes , rouges et bleues , et 
elle contient six rayons, dont les trois du milieu 
se terminent par de longs filamens noirâtres. La 
seconde est variée de blanc , de bleu , de jaune : 

H 



I02 OSSEUX. THORACIQJUES. 

elle a treize rayons; les pectorales bleuâtres, dix* 
huit chacune ; les thoracines réunies , d'un vert 
glauque ? en ont douze : l'anale, onze ; la caudale 
ronde ? d'un bleu foncé ? quatorze ; et la mem- 
brane branchiale en contient sept. Ce poisson 
parvient à un décimètre et demi de longueur 5 il 

vit parmi les rochers. 

\ 

REMARQUES. 

Chaque genre de poisson a un instinct particulier conforme 
à sa propre nature. Les gobies qui se plaisent près des bord» 
rocailleux des parties méridionales aiment à se suivre par 
troupes , et si quelque bruit sondain les sépare, ils se réunis- 
sent de nouveau pour fuir ensemble le péril qui les menace. 
La chair de ces thoracins est saine et légère , et quoiqu'ils se 
nourrissent principalement de petit patentons, ils ne dédaignent 
point les brins de plusieurs fucus, parmi lesquels ils déposent 
ordinairement leurs œufs. 



G. XXXVIL Scombre. Scomber. Artèdi, 

Caractères, Deux nageoires du dos ; une ou 
plusieurs petites nageoires sur ou sous la 
queue, qui est souvent care'ne'e latéralement; 
ou une petite nageoire compose'e de deux 
aiguillons re'unis par une membrane , au-de- 
vant de la nageoire de l'anus. 



SC OMBRE. l65 

i. S. Thon. S. Thynnus. Lin. (Toun.) 

15 1. oc n. pi. 55. > 

6". Pinnulis iitrinqne 8 seu 9-10 ; ventralibusinsulço ,• 
recondendis , pectoralibus vix anum atlingen- 
tibus. 

Force , beauté , courage , sont les attributs que 
la nature a départis au thon. Son corps allongé ? 
fusiforme , est couvert de petites écailles minces , 
très-peu adhérentes. La partie supérieure, réflé- 
chit une belle nuance d'acier poli, l'inférieure 
brille de l'éclat de l'argent. La tète est petite, les 
yeux ronds argentés , l'iris doré. La bouche 
ample, la langue courte et lisse ; la mâchoire de 
dessous plus avancée que celle de dessus 5 toutes 
deux sont garnies de dents aiguës. L'orifice bran- 
chial est grand , l'opercule composé de deux 
pièces. La première nageoire dorsale, d'un gris 
foncé, contient quinze rayons; la seconde, 
douze 5 elle est suivie de huit , quelquefois de dix 
petites nageoires d'un jaune doré. Les thoracines 
ont six rayons chacune ; les pectorales sont 
courteset en ont vingt-deux chaque ; l'anale, treize, 
suivie de huit ou neuf petites nageoires jaunes ; la 
caudale en croissant a vingt- cinq rayons; on 
prend ce poisson dans la mandrague et la thon- 
naire de notre département. 

a. S. Commerson. S. Commersonii. Lac. ( Touna. ) 

Lacet, tom. n , pag. Goo , pi. 20 , n. \. 



l64 OSSEUX. TIIOUACIQUES. 

S. Cœruleus , argenleo nigroque maculatus ; pin- 
jiulis super, g auù io, inferioribus'è. 

Ce poisson voyageur, qui cotoye nos bords 
dans son passage annuel dans la Méditerranée , 
ressemble , à quelques petites différences près, au 
scombre que le célèbre Commerson , dont il porte 
le nom , a observé aux Indes. Son corps est épais , 
large et allongé, d'un bleu céleste foncé par 
dessus qui se nuance sur les côtés en gorge de pi- 
geon , où Ton remarque plusieurs traits longitu- 
dinaux, formant comme des figures arabesques qui 
s'étendent tout le long du dos. L'abdomen est ar- 
genté , parsemé à son origine de grandes taches 
noires. Son museau est allongé et effilé , la bouche 
grande, la mâchoire inférieure avance un peu 
sur Ja supérieure $ elles sont garnies de petites 
dents aiguës et isolées. La langue est lisse, d'un 
argent nacré , ainsi que le palais et le gosier. Les 
narines petites et arrondies , les yeux grands , 
l'iris argenté. La ligne latérale, formée de petits 
traits en demi-lune, accompagnés de deux festons 
finement pointillés et blanchâtres . Elle est courbe 
à son origine, se fléchit ensuite en ondulant et 
se relève vers la queue. La première nageoire dor- 
sale est longue 5 elle contient seize rayons subai- 
guillonés , qui s'abaissent par degrés , et dont 
le dernier adhère au pli longitudinal, lequel 
s'unit à la seconde nageoire qui est courte , carti- 



SCO MB R F. lG5 

lagincuse, échancrée par derrière, contenant dix 
rayons articulés ; les thoracines sont azurées par 
dessus, blanches en dessous; elles en ont six cha- 
cune, dont le premier solide; elle sont séparées 
par deux longs appendices. Les pectorales sont 
triangulaires , bleues en dessus , argentées en des- 
sous, supportant vingt-cinq rayons chaque; l'analo 
épaisse en a seize. Elle est suivie de huit petites 
nageoires triangulaires , d'un bleu argenté , oppo- 
sées alternativement à neuf, quelquefois dix 
autres semblables situées sur la partie dorsale. La 
caudale, qui est fort échancrée, a trente - six 
rayons, et la membrane branchiale, sept. La 
chair de ce scombre est d'un beau rouçe e t d'un 
bon goût; on en prend; en niai, juillet et octobre 
dans notre mandrague. Leur poids acquiert 
depuis deux hectogrammes jusqu'à seize kilo- 
grammes. La longueur s'étend jusqu'à huit déci- 
mètres, sur deux de largeur. 

3. S. De Laroche. S. Rochei. N. ( Bounicou. ) 

S. Cceruleus , nïgro punctatus ; pinnulis clorsalibus 
octo , ventralibus septem. 

Ce scombre approche beaucoup du thazard dé- 
crit par M. Lacépède, et observé par Commerson 
auprès des rivages de la Nouvelle-Guinée ; mais 
il en diffère par plusieurs caractères que nous al- 
lons examiner. Le corps de cette espèce est renfla 



iGÔ OSSEUX. TJIOUACIQUES. 

clans son milieu et conique vers la queue. Une 
belle couleur d'un bleu indigo colore son dos. Ses 
eûtes qui passent au bleu céleste sont traversés par 
des traits hiéroglyphiques avec de petites taches 
rondes au milieu. L'abdomen et la «orge brillent 
de l'éclat de l'argent. La tête est lisse , le museau 
effilé , la bouche verticale , la mâchoire inférieure 
plus longue que la supérieure, toutes deux sont 
garnies d'une rangée de très-petites dents aiguè's. 
La langue est libre et argentée, le palais lisse, le 
gosier un peu rude. Les narines n'ont qu'un seul 
petit orifice} les yeux sont ovales, oblongs , -Tins 
argenté, les opercules composés de deux pièces 
arrondies, argentées et finement dentelées. La 
ligne latérale flexueuse formée de petits grains, 
placés en festons accompagnés de petits pores. La 
première nageoire dorsale qui est courte, en forme 
de harpe , contient dix rayons subaiguillonnés. 
La seconde est épaisse et en a huit peu apparens ; 
elle est suivie de huit petites nageoires membra- 
neuses striées en rayons. Les pectorales sont trian- 
gulaires , argentées par dessus, noirâtres en des- 
sous; elles ont chacune vingt rayons qui peuvent 
se cacher dans une rainure latérale. Les ventrales 
en ont six ramifiés qui sont séparés par une 
plaque oblongue. L'anale argentée , semicarti- 
lagineuse en a quatorze; elle est suivie de sept 
petites nageoires argentées parallèles à celles du 
dos. La caudale qui est bifide, en a trente-six ? et 



SC OMB RE. 167 

la membrane branchiale, sept lamelliformes. La 
chair de ce poisson est d'un rouge foncé , d'un 
goût aigre , très-indigeste , devenant noire par son 
contact avec Pair ; sa longueur est de quatre déci- 
mètres sur quatre-vingt-dix millimètres de lar- 
geur : la femelle est plus grosse que le mâle , et 
pond en août des œufs blanchâtres 9 liés par un 
gluten roussâtre. On prend ce poisson dans notre 
mandrague , depuis le mois de mai jusqu'en sep- 
tembre. Son poids ne passe jamais trois kilo- 
grammes. Ce poisson a quelques rapports avec le 
scomber guttatus. Sch. icht. de Bloch. n°. 8 , 
pi. v 5 mais il en diffère par la direction de la 
bouche et par le nombre de rayons aux nageoires. 

4. S. Bonite. Lac. S. Pelamis. Lin. (Palamido.) 

Lace p. Vol. n , pag. 119 , p!. îg , n . 2. 

S, Pinniilis inferioribus septem , Uneis utrûicjue 
quatuor nigrisi pectoralibus brevibus. 

Le passage du bonite sur nos côtes se fait asseE 
régulièrement chaque année en juin. Le corps de 
cet osseux est oblong , se terminant en cône , cou- 
vert de petites écailles pentagones, très-adhé- 
rentes , d'un bleu noirâtre sur le dos , qui s'éclair- 
cit sur les côtés et passe au blanc argentin sur 
l'abdomen; traversé par cinq raieslongitudinaîes. 
La tête est dénuée d'écaillés , la bouche est grande , 
la langue courte, la mâchoire inférieure plus 



l68 OSSEUX. TI-IORACIQUES. 

longue que la supérieure 5 toutes les Jeux sont 
garnies de dents fines. Les yeux sont ovales ; l'iris 
argenté , l'opercule branchial est composé de 
deux lames arrondies. La première nageoire dor- 
sale est falciforme , noirâtre, elle contient quinze 
rayons peu aiguillonnés; la seconde en a douze 
articulés, elle est suivie de huit petites nageoires. 
Les pectorales qui sont courtes , n'ont qu'un rayon 
aiguillonné , et vingt-six articulés 5 elles peuvent 
être reçues dans une cavité, ainsi que les thora- 
racines qui sont brunes , composées d'un rayon épi- 
neux et de cinq lisses, et qui sont séparées par un 
long appendice. L'anale est très-petite, à douze 
rayons, elle est suivie de sept petites nageoires; la 
caudale , qui est en croissant , en a trente. On 
prend de ce poisson dans nos mers jusqu'au poids 
de six kilogrammes. Sa chair est fort bonne. 

5. S. Sarde. Lac. S. Sarda. Lac. ( Bonitoun. ) 

Bloc H. pi. 35*. 

S. Lineis utrinque 16 nigrescentibus ; pinnulis 7 dpr* 
salibus ; analibus s ex. 

Ce scombre qui est confondu par nos pécheurs 
avec le précédent, a le corps oblong, d'un bleu 
indigo par dessus , argenté par dessous , et tra-? 
versé par seize petites bandes noirâtres courbées. 
La tète est couverte de grandes écailles ; les na- 
rines ont deux orifices 5 la bouche ample, la lad- 



S C O M B RE. 1 69 

gue lisse , le palais garni de deux osselets allon- 
gés j hérissés de pointes , les yeux ronds , l'iris 
argenté, l'opercule branchial est composé de trois 
lames. L'anus est deux fois plus éloigné de la tête 
que de la queue. La première nageoire dorsale qui 
est noirâtre, a vingt rayons peu aiguillonnés 5 la 
seconde grise en a quinze articulés ; les pectorales 
qui sont courtes en ont seize chacune, ornées à 
leur base d'une plaque d'écaillés jaunes. Les tho- 
racines jaunâtres en ont 1111 épineux et cinq lisses 
chacune j l'anale d\in blanc sale , quatorze 5 la 
queue est garnie de sept petites nageoires au des- 
sus du dos , et de six en dessous. La nageoire cau- 
dale , qui est en croissant , offre des teintes jaunes, 
grises et noires, elle contient vingt rayons. Ce 
fhoracin a trois décimètres de longueur 5 il fré- 
quente nos rivages en mai et octobre. Sa chair a 
un bon iioùt. 

6. S. Aile longue. Lac. S. Alalunga* Lin. (Alolongo.) 

Cetti. Uist. nat. Sard. ni, 19g. 

S. Vinnis pectoralïbus longisszmis, pinnulis utrincjue 

septem. 

Cetti a le premier observé en Sardaigne, cette 
belle espèce de scombre qu'on prend de temps à 
autre dans notre mandrague. Son corps est d'un 
bleu obscur sur la partie supérieure qui passe par 
différentes gradations au gris blanchâtre sur Pin- 



I70 OSSEUX. TIIORAC1QUES. 

férieure. Le museau est arrondi , la bouche- 
ample, la langue lisse 5 la mâchoire de dessous 
plus longue que celle de dessus, elles sont garnies 
de petites dents séparées. Les yeux sont très- 
grands, l'iris d'un blanc argenté. La ligne laté- 
rale tortueuse. La première nageoire dorsale con- 
tient douze rayons ; la seconde, dix, elle est 
suivie de sept petites nageoires. Les thoracines 
ont six rayons chacune; les pectorales qui sont 
très - longues , en ont vingt chaque. L'anale, 
seize 5 elle est suivie de sept autres petites na- 
geoires ; et la caudale qui est en croissant, a 
vingt rayons. Ce poisson ne parvient qu'au poids 
de quatre myriagrammes. Sa chair est moins 
bonne que celle du thon, et son foie, d'après les 
observations des pêcheurs, donne la fièvre, et 
agit puissamment sur le système épidermoïde , au 
point de le faire écailler ; mais peut être cet effet 
n'arrive-t-il que dans certaines circonstances que 
l'on n'a pas encore bien appréciées. 

7, S. Maquereau, S. Scomber. ( Auriou. ) 

Bloch, pi. 54. 

S. "Pinnulis utrinque quinque ; dorsaîlhus radiis 

duodecim. 

La partie supérieure de ce thoracin est d'un 
vert de mer , ondulé de lignes bleues avec une 
teinte dorée. L'abdomen brille de l'éclat de l'argent ? 



SCOMBRE. 17I 

où se réfléchissent de légères nuances de jaune , 
de vert et de violet. Le corps est oblong, presque 
rond. La tête avancée 5 la bouche ample , la langue 
lisse , les mâchoires garnies de petites dents , l'in- 
férieure plus longue que la supérieure. Les yeux 
ronds, l'iris d'un argent doré, l'opercule com- 
posé de trois pièces; la ligne latérale est courbe. 
La première nageoire dorsale, ainsi que la se- 
conde, ont douze rayons chacune 5 les pectorales, 
vingt chaque; les thoracines, six chacune 5 l'a- 
nale, treize; la queue est garnie de cinq petites 
nageoires de chaque coté; la nageoire caudale 
fourchue contient viugt rayons. On fait chaque 
année , dans le printemps, des pêches abondantes 
de ce poisson , dont le plus gros n'arrive jamais 
au poids de deux kilogrammes. Sa chair est assez 
bonne et agréable. Peut-être cette espèce est-elle 
celle que M. Delaroche a décrite sous le nom de 
Vjieumatophorus , remarquable par la présence 
d'une vessie natatoire à l'intérieur. 

8. S. Colias. S. Collas. Lin. (Cavaluco.) 

Rondelet , toru. 1 , pag. 202, 

S» Piiï7iulis 11 trinque cjuincjue ; dorsalis primce ra- t 

diis 9 , secundce 12. 

Cette espèce que les modernes ont regardée 
comme une variété du scombre, en diffère par 
sa forme , ses proportions et la distribution de ses 



I72 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

couleurs. Son corps est épais 9 oblong , d'un bleu 
céleste avec des taches foncées sur le dos ? et d'un 
argent doré ? orné d'un nombre infini de petits 
traits brunâtres sur l'abdomen. Le museau est 
avancé , la nuque et les côtés des organes de la vue 
transparens. La bouche ample , la langue lisse , 
les mâchoires égales , garnies de dents fines. Les 
yeux grands, l'iris argenté : l'opercule marqué de 
petites lignes. La ligne latérale flexueuse. La 
première nageoire dorsale contient neuf rayons 
aiguillonnés 5 la seconde , douze arliculés > elle 
est suivie de cinq petites nageoires bleuâtres. Les 
thoracines ont six rayons chacune 5 les pectorales 
fort longues ? dix-huit chaque j l'anale est précédée 
d'un petit piquant et suivie de cinq petites nageoires 
blanchâtres 5 la caudale en croissant, a dix-huit 
rayons. La chair de ce poisson est blanchâtre et 
beaucoup inférieure pour le goût à celle de l'espèce 
précédente. On en prend sur nos bords des lé- 
gions nombreuses en mai et novembre ; son poids 
parvient à peine à deux kilogrammes. Si l'espèce 
précédente est le scombre à vessie , il pourroit se 
faire que celle-ci fût le vrai maquereau. 

R JE M A R QU JE S. 

Les scombres jouissent d'une grande célébrité , à raison de 
leur multitude et de la bouté de leur cbair. Le thon tient le 
premier rang dans ce genre . par la nourriture saine et savou- 
reuse qu'il procure, et c'est un des plus beaux présens que la 



seoMfcRE. 175 

nature ait fait aux habitans des bords de la Méditerranée. Ces 
poissons , dans leurs voyages péiiodiqucs , parcourent des es- 
paces immenses. C'est ordinairement vers les équinoxes qu'on 
voit ces grandes phalanges traverser nos mers, s'avançant en 
triangle , le plus robuste à la tête , ils fendent avec impétuosité 
leur fluide natal , en troublent le calme et répandent dans leur 
course précipitée un bruit sourd dans l'atmosphère. Quand les 
thons , brùlans d'amour , se jouent autour de leurs femelles, ils 
brillent alors d'un éclat éblouissant, tout leur corps se couvre 
de taches dorées qni s'évanouissent avec le feu qui les anime. Ces 
thoracins sont tourmentés quelquefois par les piqûres des caliges 
et des géioilées , qui les rendent furieux. Autant la pêche des 
thons cause un plaisir agréable quand on voit ces poissons en- 
fermés dans la dernière chambre de la man drague , courir , se 
heurter, s'accumuler et se frapper avec violence ; autant le cœur 
s'émeut de compassion en considérant tous ces êtres retirés de 
leur élément , s'asphixier par degrés, et périr d'une mort lente 
et pénible. Tous ceux qu'on prend dans notre département 
viennent ordinairement de l'est , en poursuivant des muges , 
des spares et des sphyrènes dont ils font leur nourriture. On 
prend à Nice des thons du poids de deux kilogrammes jusqu'à 
vingt myriagrammes. On les mange frais , salés et marines ; ils 
sont, par leur abondance , l'objet d'un giand lucre pour nojs 
pêcheurs. 



G. XXXVIII. Caranx. Caranx Commerson. 

Caractères. Deux nageoires dorsales ; pas de 

fausses nageoires. 



I. C. TfucHuiiE. Lac. C. Trac/iums.^Suçk'CagneiicV.) 

Bloch. pi. 56. 



174 OSSEUX. TIIORACIÇUES. 

C. JSalde compressas ; lùiea laterali curva, senti s 68 
cuspidatis loricata ; spina dorsali recimibente* 

Le traduire a le corps comprimé d'une teinte 
d'argent azuré , nuancée d'un vert bleuâtre sur la 
partie supérieure, et d'un blanc argenté, légère- 
ment doré sur l'inférieure. La tête est grande et 
obscure. La bouche ample, la langue lisse , le pa- 
lais rude, les mâchoires garnies de petites dents 
aiguës, celle de dessous noirâtre, recourbée et 
plus longue que la supérieure. Les yeux sont gros , 
l'iris d'un argent doré; chaque opercule est com- 
posé de deux lames, orné d'une tache bleue. La 
ligne latérale courbe , formée de petites plaques 
armées d'un piquant recourbé, qui vont en 
augmentant en appprochant de la queue. Les na- 
geoires dorsales sont noirâtres; la première a huit 
ravons aiguillonnés ; la seconde , trente-quatre 
articulés ; l'anale , précédée de deux aiguillons 
membraneux , en contient trente ; les pectorales 
lanciformes, vingt chacune; les thoraciues, six 
chaque ; la caudale en croissant , vingt. Ce caranx 
ne va jamais au-delà d'un kilogramme. Sa chair 
est fade ; il est fort abondant dans nos mers. 

a. C. Amie. C. Amia. Lin. (Suck-blaou. ) 

Wili.ccsey. pag. 296 , tab. 5, 17. 

C. Linea laterali aculeis septem ; radio ultimo 
pinnœ dorsalis posterioris longiore. 

Il semble que la nature suive dans tous ses ou- 



CAR. A NX. 175 

vrages une marche insensible et graduée. Ce pois- 
son en offre un exemple frappant, en se séparant 
à peine par quelques caractères de l'espèce précé- 
dente. Son corps est allongé et arrondi d'un bleu 
céleste sur le dos, et d'un argent irisé sur le 
ventre. La tête est médiocre, la bouche ample, la 
langue rude j les mâchoires garnies dé* petites 
dents. L'inférieure plus avancée que la supérieure. 
Les cotés de la nuque diaphanes, les yeux entou- 
rés d'un cercle rouge , l'iris argenté. Chaque oper- 
cule est orné d'une tache noire. La ligne latérale 
composée de petites plaques écailleuses , aiguil- 
lonnées: les nageoires rougeâtres; la première 
dorsale a huit rayons aiguillonnés ; la seconde 9 
trente-quatre 5 le dernier très-épais et très-long. 
Chaque thoracine , cinq. Les pectorales , vingt- 
deux chacune j l'anale , trente dont le dernier très- 
allongé , elle est précédée de deux aiguillons 5 et la 
caudale qui est fourchue en contient vingt-deux. 
La chair de cet osseux est beaucoup meilleure que 
celle du trachure 5 il parvient à des dimensions 
plus grandes-, on en prend en décembre jusqu'au 
poids de deux kilogrammes. 

3. C. Dumeril. N. C. Dumerili. (Seriola. ) 

Pl. vi, fîg 20 de cet ouvrage. 

C. Ijinea l-aterali lœvissima ; pinnis luteo , griseo 9 

cœruleoque variis. 

Cette espèce , encore inconnue des auteurs, dif- 
fère des précédentes j non-seulement par les belles 



I *jG OSSEUX» THORÀCIQUES. 

couleurs cle ses écailles , et par sa taille énorme < 
mais aussi par ses mœurs , puisqu'elle vit isolée et 
parcourt seule les lieux peu fréquentés cle nos ri- 
vages. Son corps est comprimé d'un gris argenté , 
nuancé cle \iolet sur le dos, et d'un blanc mat 
avec une légère teinte dorée sur le ventre. Le mu- 
seau est arrondi $ la bouche ample, les mâchoires 
égales, garnies de petites dents, les yeux dorés , La 
ligne latérale est courbe. Les nageoires sont colo- 
rées de jaune , de bleu et de gris. La première dor- 
sale contient sept rayons aiguillonnés 5 la seconde, 
trente-deux articulés j l'anale, vingt 5 elle est pré- 
cédée de deux aiguillons 5 les pectorales qui sont 
jaunâtres, ont dix-huit rayons chacune 5 lesthora- 
cines , cinq chaque 5 et la caudale fourchue , dix- 
huit. Ce caranx habite les lieux inaccessibles de 
notre mer et ne s'approche des bords que quand il 
semble y être attiré par la faim 5 on en prend alors 
du poids de huit myriagrammes : sa chair est 
rougeâtre , ferme et d'un goût exquis. 

REMARQUES. 

Plusieurs auteurs ne s'étant attachés qu'au naturel dé ces- 
poissons , les ont confondus avec les scouihres, parce qu'on 
avoit remarqué qu'ils ont en partage la même hardiesse , le 
même courage et les mêmes habitudes. Malgré cette similitude 
de mœurs , M. Lacépède ayant , avec Commerson , observé les 
attributs caractéristiques, indiqués plus haut , a cru , avec rai- 
son , devoir les séparer et en former un nouveau genre sous le 
îiom de caranx. Une de ces espèces , qui vil dans nos mers , 



CAR A NX. 177 

n'ayant pas encore été décrite , j'ai cru devoir la dédier à l'au- 
teur de la Zoologie analytique , dont les travaux et les conseils 
m'ont été d'un grand secours. 






1 



' 



G. XXXIX. Echénéïde. Echeneis. Arlèdi. 






Caractères. Tête aplatie , longue , couverte 
d'une plaque ovale , sillonnée en travers. 



I. E. Rémora. E. Rémora. (Succopego.) 

Lacet, tom. 111 , pag. 147 , pi. 9 , fig. j. Bloch. 172. 

E. Striarum paribus minusquàm 20 ; caudâ bifurcâ* 

Le corps du rémora est allongé , sa peau est 
visqueuse , d'une teinte brunâtre. Le museau est 
arrondi, la mâchoire inférieure plus longue que 
la supérieure 5 toutes deux garnies de dents fines, 
La langue est courte , large , hérissée d'aspérités , 
ainsi que le palais qui est d'un bel incarnat. La 
tête est un peu grosse > aplatie, garnie supérieure- 
ment d'une plaque ovale, oblongue, membra- 
neuse sur ses bords , qui porte sur son disque 
seize paires de lames osseuses transversales et 
dentelées. L'orifice des narines est double : les 
yeux sont obscurs , l'iris doré ; l'opercule bran- 
chial est composé de deux lames recouvertes d'une 
peau peu épaisse. La ligne latérale est formée 
d'une série de points élevés ? courbe à son origine 
et droite ensuite. La membrane branchiale ren- 

12 



178 OSSEUX» THOliACIQUES. 

ferme neuf rayons $ la nageoire dorsale ? qui est 
bleuâtre, en a vingt-deux; les thoracines 7 six 
chaque; les pectorales , vingt-cinq chacune 5 l'a- 
nale, vingt-deux ;et la caudale, qui est fourchue ? 
dix-sept. La longueur de ce poisson est de tr©is 
décimètres. Sa chair est rnucilaaineuse et d'un 
mauvais goût. 

ji em ar qu e s. 

Rien de plus singulier que les moeurs et les habitudes de* 
échénéïdes. Plus inertes qu'entreprenans, ils n'ont que des dé- 
sirs modérés 5 plus indblens que courageux , ils se fixent sur les 
squales , ou autour des bâtimeus , et traînent ainsi une vie lan- 
goureuse et misérable. Plusieurs marins m'ont assuié que ce 
poisson , en approchant de terre , se détache de l'a quille des 
bat'unens où il se tient cramponné , à cause de la grande quan- 
tité d'eau douce qui se mélange avec celle de la mer j ce qui les 
rend très-rares sur nos côtes. 



G. XL. Coryphèive. Corjphœna. Artèdi. 

Caractères, Tête comprimée , à nuque en ca- 
rène , à museau arrondi ou très-déclive \ une 
très-longue nageoire dorsale. 



PIlEMIER SOlTS^GEWRE. 

Nageoire de la queue fourchue, 
1. C. Dorade. C. Bippitru^s. ( Féro.) 

Bioc», pi. 174» 



C0RIPHE3VE. 179 

C Aureo-casrulea j piniia ani sinuata , linea late- 
rali lutea ; pinnce dorsi radiis 60. 

Ce thoracin se fait distinguer par l'éclat res- 
pleudissantde ses écailles dorées, qui , nuancées par 
de légères teintes bleues, vertes et obscures , for- 
ment un assortiment de couleurs magnifiques. Le 
corps est comprimé , la tête courte , la bouche 
ample, la langue petite, les lèvres épaisses, les 
mâchoires hérissées de quatre rangs de dents cro- 
chues j les yeux grands , L'iris doré , la prunelle 
changeante j l'opercule composé d'une seule pièce - y 
la ligne latérale est jaune , courbe à son origine y 
et droite ensuite. La nageoire dorsale qui est d'un 
bleu céleste doré , contient soixante ravons ; les 
pectorales qui sont jaunes , en ont vingt chacune 5 
les thoracines , six chaque 5 l'anale , vingt-six j la 
caudale jaunâtre , lisérée de vert, vingt 5 et la 
membrane branchiale en a dix. Ce poisson a huit 
décimètres de longueur 5 il s'approche de nos côtes 
en août. On en prend du poids de dix kilo- 
grammes. 

2. C. Doradon. C. Equiseùs. Lin. (Daurado. ) 

C. Aureo ccerulea; pimice dorsi radiis 53. 

Les beaux reflets dont brille le corps du dora- 
don présentent aux yeux des couleurs très-agréa- 
bles. Sa partie supérieure est d'un bleu céleste , 
nuancé par des reflets dorés , qui se changent en 



l8o OSSEUX. TlIOFiACl^UKS. 

argenté sur l'inférieure. La tète est grande , arron- 
die 5 les yeux ronds , l'iris doré , la prunelle 
bleue 5 la bouche ample ? la langue lisse 5 les mâ- 
choires garnies de trois rangs de petites dents j 
l'opercule composé de deux laines distinctes. La 
nageoire dorsale est d'un bleu foncé , agréable- 
ment variée par des couleurs dorées ; elle a cin- 
quante-trois rayons courbés 5 les pectorales qui sont 
jaunes j lisérées de bleu , en ont vingt-deux cha- 
cune* les thoracines, qui offrent plusieurs dégra- 
dations d'or , d'argent et d'antimoine, en ont 
six chaque: l'anale , qui est courte , d'un gris de 
perle avec un filet doré , en a vingt-trois 5 la 
caudale fourchue en a vingt-deux 5 et la mem- 
brane branchiale en contient six. Cette espèce a 
cinq décimètres de longueur. On en pêche en 
avril sur nos rivages. Il est très-rare. Peut-être 
n'est-il qu'une variété du précédent , comme le 
pense M. Schneider. Icbt. de Bloch. 

3. C. Pompile. Lac. Ç. Pompilus. Lin. ( Fanfre 

d'Americo. ) 

Aldp.ovan. lib. «u, cap. îrj , pag. 525.. 

C. Dorso suprà lineam lateralem curvai?i , flaves- 
ce?item, fasciolis luteis picto ; pectoralibus acumi* 
7iatis. 

Plusieurs nuances de bleu y variées de légères 
bandes jaunes 5 ornent le corps svelte du pompile. 



C O R I P IT È N E. 1 8 I 

Il a la têle médiocre , la bouche ample , la mâ- 
choire inférieure plus avancée que la supérieure, 
garnies toutes les deux de dents fines. Les yeux 
ont l'iris argenté , la prunelle bleuâtre 5 ils sont 
ornés par-dessus de deux tubercules dorés. La 
ligne latérale courbe. L'anus situé au milieu du 
corps. La nageoire dorsale a trente huit rayons ;les 
pectorales qui sont jaunes, en ont dix-huit chaque 5 
les thoracines, six chacune 5 l'anale, d'un bleu 
foncé y vingt-quatre ; la caudale , dix-huit ; et la 
membrane branchiale, quatre. La longueur de 
ce poisson est de deux décimètres. Il paroît sur 
nos parages , en avril et en septembre. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

La nageoire de la queue recùiligne. 
4. C. Rasoir. C. Novacula. Lin. ( Razuor. ) 

Wii.ldcbbv. tom. n, pag. 2ii, fig. 2. Die t. Eucyclop. pi. 35, n. 127. 

C. Rubro flavesce?is , copite pinnisque cœruleo 

cancellatis. 

Le rasoir se fait remarquer par la diversité de 
ses couleurs. L'or , le saphir et l'améthyste se 
nuancent sur son corps en teintes infinies. La 
partie supérieure se termine en arête aiguë. La tête 
est grande , traversée par des ligues azurées 5 la 
bouche médio( re , les mâchoires garnies de petites 
dents. Les yeux ont l'iris doré , l'opercule coin- 



182 OSSEUX. THOFuÀCIQUES. 

posé de deux lames; la ligne latérale voisine du 
dos, en suit la courbure. La nageoire dorsale est 
rouge , tachetée de bleu, elle a trente-deux rayons ; 
les pectorales en ont seize chacune ' f les thora- 
cines , cinq chaque ; l'anale , dix-huit ; et la cau- 
dale ? quatorze. Ce thoracin est fart rare dans 
nos mers. 

R£ M A R QU JE S. 

Toutes les espèces de coryphènes qui fréquentent annuel- 
lement nos rivages , ne nous sont fournies qu'à l'époque de 
leurs migrations. Ces beaux tboracins , qui vivent au milieu des- 
mers équatoriales _, ne font qu'un court séjour dans nos contrées , 
et ne nous donnent point le temps d'étudier et de connoître 
leurs mœurs et leurs habitudes. Leur cbair présente un ali~ 
ment sain et savoureux. 



G. XLI. Cotte. Cottus. Artèdi. 

Caractères. Tète épineuse , plus large que le 
corps ; deux nageoires du dos. La paire m- 
fe'rieure à plus de deux rayons; les pecto- 
rales très-grandes. 



1. C. Chabot. Lac. C. Gobio. Lin. (Botto.) 

Bloch. pi. 38 , n. 1. 

C. Capite depresso , rotundato ; oculis approximatis* 
verticalibus ; operculis biaculeatis ; "ventralibus 
(ju adri- radiatis. 

Le chabot a le corps muqueux ? couvert de pe- 



COTTE. 



185 



tites écailles d'un brun verdâtre j>ar-dessus , et 
d'un gris jaunâtre par-dessous. La tête est ronde, 
aplatie ; la bouche ample , la langue lisse ; les 
mâchoires , le palais et le gosier hérissés de dents 
aiguës; les yeux rapprochés , l'iris doré , la pru- 
nelle bleuâtre. Chaque opercule composé d'une 
lame garnie de deux aiguillons recourbés. La 
membrane branchiale contient quatre rayons ; la 
première nageoire dorsale en a sept 5 la seconde, 
dix-sept; chaque pectorale, quatorze 5 chacune des 
thoracines , quatre 5 l'anale , douze • et la caudale, 
qui est arrondie, parsemée de points bruns, en a 
treize. La longueur de ce poisson est de trois cen- 
timètres et demi ; il se nourrit de vers et de larves 
d'insectes aquatiques. Il nage avec vitesse et comme 
par bonds , en retombant constamment au fond 
de l'eau. On le trouve à Tende et au Fontan. 

R EM A RQU E S* 

Chaque espèce Je poisson séjourne dans un lieu convenable 
à son organisation. Le chabot ne se plaît que dans les eaux 
douces vivement agitées , et qui se roulent en cascades sur des 
fpuds rocailleux. La Roia , rivière qui traverse noire départe- 
ment, du nord à l'est , nourrit dans son sein ce poisson, dont la 
chair agréable fournit un mets délicat aux babilans de ne* 
montagnes. 



3 84 OSSEUX. THORACIQUES. 

G. XLII. Scorpèive. Scorpœna. Artèdi. 

Caractères. Tête garnie d'épines, de protubé- 
rances., ou de barbillons et dépourvue de- 
cailles ; une seule nageoire du dos. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Point de barbillons. 

1. S. Marseillaise. »S. Massiliensis. Lac. ( Lernio. ) 

S. Griseo violacea capite scabroso depresso ; mandi- 
bula ad apicem buberculata. 

Brunnich avoit donné une description succincte 
de ce poisson dans son Ichthyologie ? et il l'avoit 
placé parmi les cottes de Linné. M. Lacépède a 
cru devoir le rapporter aux scorpènesj mais peut- 
être réunit-il mieux les caractères du ^enre holo- 
centrc. D'autres auteurs ? et entr'autresM. Schnei- 
der , ont rapporté cette espèce à la scorpène truie , 
et ils Font regardée comme la perça cirrhosa de 
Thunberg. La description détaillée que nous al- 
lons en donner ici lèvera peut être tous les doutes. 

Ce thoracin a le corps comprimé d'un gris vio- 
lâire , cnuvert d'écaillés rudes , dentelées , à zones 
argentées , et parsemées de taches blanches dans 
les jeunes individus. 

La tête est grosse , aplatie , à museau pointu, 
La bouche est ample ? la languo lisse ? riule ? cou- 



S COR PENE. l85 

verte , ainsi que le palais, de tubercules âpres. La 
mâchoire est pins longue que la mandibule qui se 
termine par une sorte de tubercule 5 toutes deux 
sont garnies de plusieurs rangées de petites dents 
courbées vers le gosier et aiguës. Les yeux sont 
grands , d'un brun obscur, avec l'iris argenté et 
la prunelle bleue. Les narines sont ovales et iné- 
gales. La nuque est sillonnée , garnie de gros 
tubercules saillans et divergens. Les opercules sont 
composés de deux pièces dentelées. La seconde est 
armée d'un long stylet osseux , et ne recouvre pas 
la membrane branchiale. On voit au-dessus des 
ouïes des pièces osseuses qui s'étendent au-delà 
des nageoires pectorales. La ligne latérale est 
droite. Les nageoires sont noirâtres , panachées 
de gris et de bleu. La dorsale contient onze rayons 
aiguillonnés , qui vont toujours en croissant, gar- 
nis à leur base d'une petite membrane , auxquels 
adhèrent treize rayons articulés quadrifides 5 les 
pectorales qui sont noires , en ont seize chacune 5 les 
thoracines , un épineux et cinq lisses chaque 5 l'a- 
nale très-courte, trois aigus, onze ramifiés 3 la 
caudale en a dix-huit , et la membrane bran- 
chiale, sept lamelliformes. La chair de ce poisson 
est blanche , tendre et d'un bon goût. Une grande 
quantité de tentaculaires , d'un blanc rougeâtre , 
très-fins et très-longs se trouvent dans ses intes- 
tins, et tourmentent ce poisson qui devient d'une 
voracité insatiable, et se jette avec la rapidité d'un 



l86 OSSEUX. THOIUCÏQUES. 

trait sur tout ce qu'il rencontre. Cet osseux ne se 
plaît que dans l'Europe méridionale ; il fréquente 
presque toute l'année les roches de mille mètres 
de profondeur, et parvient au poids de cinq my- 
riagrammes. On le pêche au palangre , avec des 
caranxs et des spares. Il est commun dans nos 
mers. 

2. S. Dactyloptère. S. Bactylopiera. De Laroche. 

( Cardouniero. ; 

De Lakoche. Annales du Mus. d'Hist. n»tur. tom. xiu , pi. fia , fig. 9. 

S. Rubra , albo fasciata ; pectoralium radiis znfe- 

rioribus semi liberis. 

Cette scorpène que je ne croyois encore décrite 
par aucun naturaliste, lorsque je livrois mon ou- 
vrage à l'impression, a été très-birn observée et 
figurée dans le mémoire de M. de Laroche que je 
viens de citer. Ce poisson est très- commun dans 
nos mers : son corps est couvert d'écaillés rudes 
d un rouge de minium, traversé de plusieurs 
bandes blanchâtres. La bouche est grande ; les 
mâchoires presqu'égales , la supérieure un peu 
échancrée , l'inférieure porte un tubercule moyen 
correspondant à l'échancrure : les dents sont pe- 
tites , coniques, irrégulièrement disposées sur 
plusieurs rangées; la langue est lisse, le palais 
noir. Les yeux sont très-grands : on voit entr'eux 
imr la nuque un sillon hérissé de lignes saillantes 



S COUPÉ NE. 187 

et garni de chaque coté d'arétcs tranchantes. La 
première pièce des opercules présente cinq grandes 
dentelures , et la seconde deux aiguillons aigus. 
Les premières dentelures sont si droites, que j'a- 
vois cru d'abord devoir ranger cette espèce dans le 
genre Bodian , et ce qui est assez singulier , je 
Pavois consacré à l'observateur qui, sans que je 
le susse alors, l'avoit si bien décrite. La mem- 
brane branchiale renferme six rayons 5 la na- 
geoire du dos en porte douze aiguillonnés et treize 
articulés : les thoracines, un épineux et cinq 
lisses : l'anale, trois aigus et cinq ramifiés. Les 
pectorales, dix-huit 5 la caudale , seize. La lon- 
gueur de ce poisson s'étend ici jusqu'à cinq déci- 
mètres, et son poids à deux kilogrammes. 



DEUXIEME SOU S- GENRE. 

Des barbillons. 
3. S. Rascasse. Lin. S. Porcus. ( Rascasso. ) 

Bloch. pi. iSj , fig. 

S* Squammis parvis , capite tantîim cirrhoso ; oper- 

culo anteriore trispinoso. 

Le corps de cette espèce est d'un gris rougeâtre 
avec quelques taches noires sur la partie supé- 
rieure 5 il passe à des teintes pins claires sur l'in- 
férieure. La tête est grande , la bouche ample 5 
les mâchoires et le palais sont hérissés de plusieurs 
rangs de dents aiguës j la langue courte et lisse y 



l88 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

les yeux rougeâtres , l'iris doré 5 l'opercule garni 
d'aiguillons et de filamens 5 la ligne lalérale 
droite. La nageoire dorsale a douze rayons ai- 
guillonnés, neuf articulés ; l'anale, trois aigus, 
cinq ramifiés. Les thoracines , un épineux , cinq 
lisses chaque *. les pectorales , seize chacune 5 la 
caudale, dix-huit*, et la membrane branchiale, 
six. Ce poisson est fort commun dans nos 10- 
chers; on en prend depuis un hectogramme jus- 
qu'à un kilogramme $ sa chair est savoureuse et 
d'un bon goût. 

A. Dans les profondeurs où viennent les caranx 
et les madrépores, on trouve une superbe variété 
de rascasse d'un beau rouge carmin , à museau 
pointu , orn^e d une tache bleue sur la nageoire 
dorsale. 

B. Plusieurs endroits de notre mer fournissent 
aussi une variété brune variée par des taches obs- 
cures et des points noirs. 

C. Une troisième variété , une des plus com- 
munes, vit parmi les rochers du rivage : son corps 
est tout à fait noirâtre ? nuancé de quelques teintes 
jaunes. 

4. S. Truie. Lac. S. Scrofa. Lin. ( Capoun. ) 

J'.r mCB, pi. 182 , fig. 

«S. Squammis majoribus ; mento et Hnea laterah 
cirrhosis ; cirrho suprà oculum. 

La truie a le corps renflé d'un rouge pâle, par- 



s c o n p È n r. 1 89 

semé d'écaillés à rayons divergens, brunes et obs- 
cures. L'abdomen est d'un rouge minium. Le 
museau est pointu , la tête grosse , rude^ variée 
d'obscur. La bouche grande , garnie de plusieurs 
rangs de dents aiguës. La mâchoire inférieure un 
peu plus longue que la supérieure. La langue, le 
palais et le gosier sont hérissés de pointes. La 
nuque est sillonnée, garnie d'aiguillons crochus, 
les opercules sont composés fie deux pièces, la 
première couverte de barbillons et d'épines, la 
seconde terminée par deux prolongemens aigus. 
Les yeux sont gros , l'iris d'un rouge doré, la 
prunelle rouge : ils sont ornés par-dessus de trois 
appendices , dont celui du milieu est large et pin- 
natifîde. La ligne latérale est courbe à son ori- 
gine et droite ensuite 5 elle est formée de petites 
lignes relevées ,* parsemées de cirrhes. La na- 
geoire dorsale est variée de noir, de rouge et de 
brun: elle contient onze rayons aiguillonnés, 
marqués d'une grande tache noire , et dix articu- 
lés, plus relevés. Les thoracines rouges en ont un 
épineux , cinq lisses chacune 5 l'anale , trois aigus, 
cinq ramifiés; les pectorales amples tachetées de 
noir , dix-huit chacune ; la caudale pointillée de 
brun en a seize 5 et la membrane branchiale,, six. 
La longueur de ce poisson est de deux à quatre 
décimètres, et son poids de quatre kilogrammes. 
Il est très- commun dans nos mers. 

A. C'est pendant les fortes chaleurs qu'on 



1^0 OSSEUX. THORACIQUES. 

trouve dans nos mers une variété de truie d'un 
beau rouge de laque, marbrée de brun , de blanc, 
de gris , de rouge , qui forment une nuance très- 
variée. La tête, les opercules et la gorge sont 
couverts de larges appendices dentés , et tout le 
corps est garni de petites cirrhes rougeâtres. Sa 
longueur est d'un décimètre et demi. 

5. S, Jaune. S. hutea. N, ( Copoun gaune. } 

S. Cofpore luteo , squammis striatis , cirrhis binis 

supra oculos* N. 

Le corps de ce poisson est couvert d'écaillés 
striées , teintes d'une belle couleur jaune. Le mu- 
seau est pointu, la tête jaune , couverte d'épines 
et de filamens j la bouche grande, la mâchoire 
inférieure est presque égale à la supérieure. Toutes 
les deux sont garnies de plusieurs rangs de petites 
dçnts crochues. La langue est lisse, le palais est 
garni à son origine de deux osselets aiguillonnés, 
le gosier armé de pointes \ les yeux jaunâtres à 
rayons obscurs , l'iris doré , ils sont ornés en dessus 
d'un large appendice denticulé. La nuque est sil- 
lonnée. La gorge variée de rouge , de blanc , gar- 
nie de barbillons. Les opercules ont les deux 
pièces aiguillonnées j la ligne latérale est garnie 
de petits filamens. La nageoire dorsale est jaune , 
avec une petite tache obscure au milieu, elle 
contient douze rayons aiguillonnés et neuf articu- 



SCORPENE. 191 

lés; l'anale , trois aigus, cinq ramifiés. Les tho- 
racines 5 un épineux , cinq lisses ; les pectorales 
amples, marbrées de jaune, de rouge et de 
blanc , en ont dix-neuf chacune ; la caudale tache- 
tée de brun en a seize 5 et la membrane bran- 
chiale, six. Ce poisson est assez commun; sa lon- 
gueur s'étend, à trois décimètres sur cinquante 
millimètres de largeur; il habite les moyennes 
profondeurs de notre mer. 

hemakqujss. 

Les scorpènes sont remarquables par leurs armes et leur 
agilité : douées d'une grande force musculaire , elles attaquent 
avec vigueur et témérité les autres poissons qu'elles blessent 
avec leurs piquans. Pourvues de larges instrumens de natation, 
elles s'élancent sur leur proie avec la rapidité d'un* trait , et 
combattent avec une sorte de fureur les individus qu'elles pour- 
suivent. La figure hideuse de ces thoracins, comme l'observe M. La- 
cépède , peut avoir servi de modèle aux êtres fantastiques, aux 
ombres redoutables que le délire de l'imagination de l'homme 
s'est plu d'inventer pour peupler les enfers. Ces poissons sont 
fort communs sur nos rivages , et leur chair estimée fournit 
beaucoup à la consommation habituelle. 



G. XLIIL Gasterostée. Gasterosteus. Artèdi. 

Caractères, Une seule nageoire dorsale ; des 
aiguillons isole's au-devant de la nageoire du 
dos ; une carène longitudinale de chaque 
côté de la queue ; un ou deux rayons au plus 



192 OSSEUX. THORACIQUES. 

à chaque nageoire thoracine; ces rayons ai- 
guillonnes. 



1. G. Et>iNocHE. G. Aculeatus. 

Blouh. pi. 55, fij;. 3. 

G» Spinis tribus pinnam dorsalem prœcedentibus. 

L'épinoche a la partie supérieure de son corps 
d'un brun verdâtre, parsemée de petits points 
noirs. L'inférieure brille de l'éclat de l'argent. Sa 
tète est tronquée antérieurement 5 la bouche 
grande 5 les mâchoires également avancées 5 les 
yeux saillans , l'iris argenté ; la ligne latérale 
recouverte de plaques obscures transversales qui 
forment de chaque côté une espèce de cuirasse. 
Deux os allongés et affermis par un troisième > 
couvrent le ventre comme un bouclier. Les na- 
geoires sont d'un jaune doré , trois aiguillons iso- 
lés précèdent la dorsale qui contient douze rayons ; 
chaque thoracine en a deux 5 les pectorales, dix 
chacune 5 l'anale, neuf; la caudale rectiligue, 
douze ; et la membrane branchiale , trois. La 
longueur de ce poisson est d'un demi décimètre , 
sa chair est fade et n'a aucun goût. 

RE M A R QV E S, 

Les eaux stagnantes de9 îles du Var nourrissent dans leur 
sein l'épinoche qu'où avoit regardé jusqu'à présent comme la 
plus petite espèce des êtres aquatiques. Mais quoique ce poissoa 



EPINOCIIK. IQ^ 

présente de très-petites dimensions , il a une forme gigantesque 
en comparaison de l'atherine-nainc qui fréquente nos bords, et 
que j'ai le premier fait connoiUe aux ichlhyologistes. 



G. XLIV. Centkonote. Centronotus. Lacep. 

Caractères. Une seule nageoire dorsale ; quatre 
rayons au moins à chaque thoracine 3 des 
piquans isolés au-devant de la nageoire du 
dos ; une saillie longitudinale sur chaque 
coté de la queue; ou deux aiguillons au-de- 
vant de la nageoire de l'anus. 



1. C. Pilote. Lac. C. Conductor. Lin. ( Fanfré. ) 

Lacep. tom. ni , pi. \o , paj;. 170 , fig. 3. Bloch. pi. 338. 

C. Fusco m'grescens fasciis transversis pallidioribus, 
spinis dorsalibus quatuor. 

La forme du corps du pilote est presque arron- 
die. Sa couleur est grisâtre , entourée de sept 
bandes noires qui font ressortir avec éclat les re- 
flets dorés dont il est orné. Il a la tête mince • la 
nuque unie, et sans écailles 5 la bouche moyenne 
les mâchoires, la langue et le palais hérissés de 
petites dents ; les yeux d'un bleu argenté ? la pru- 
nelle noire. La ligne latérale est presque droite, 
et se termine vers la queue. L'anus est situé vers 
le milieu du corps. Quatre petits aiguillons sont 

i5 



ig4 OSSEUX. THORACIQUES. 

placés devant la nageoire dorsale qui a vingt-sept 
rayons 5 chaque pectorale en a vingt 5 les thora- 
cines , six chacune 5 deux épines précèdent la na- 
geoire anale qui contient dix-sept rayons ; la cau- 
dale fourchue, vingt-deux 5 et la membrane bran- 
chiale, six. La longueur de ce poisson est de trois 
décimètres 5 on en prend en septembre. 

a. C. Glaicos. Lac. C, Gîaycos. Lac. ( Lecco. ) 

PlONDELET. Iïb. G, C. 17. 

C. Cœruleo viresce?is , brunneo fasciatuss ; pinis dor- 

salibus qiiirujue. 

Ce centronote est remarquable par son corps 
comprimé et par le bleu d'outre-mer de sa partie 
dorsale qui , en se mélangeant au bleu argenté du 
ventre , forme , avec les bandes obscures qui tra- 
versent ses côtés , des nuances admirables. La 
tête est petite , la bouche médiocre 5 les mâchoires 
garnies de dents pointues , les yeux argentés. 
La ligne latérale est ondulée avec de petits 
traits blanchâtres. Cinq aiguillons courbes sont 
au devant de la nageoire dorsale qui est tachetée de 
noir, et contient vingt-six rayons \ chaque pecto- 
rale en a quinze. Les thoracines , six chacune 5 
deux aiguillons précèdent l'anale qui est marquée 
à son origine d'une tache noire , elle contient 
vingt-cinq rayons ; la caudale fourchue , bleuâtre 
intérieurement et blanchâtre à l'extrémité , en a 



CENTRONOTE, 195 

vingt ; et la membrane branchiale, cinq. La lon- 
gueur ordinaire de cette espèce est de quatre déci- 
mètres. 8a chair est ferme , tendre et d'un bon 
goût. 

3. C Lyzan. Lac. C. Lyzan.Lac» (Lica. ) 

Forsk. Fadn. Arab. pag. 54 , n. 69, 

C. Fusco cœrulescens , spinis dorsalibus septem ; 

analibus du obus. 

Un vert glauque avec des reflets dorés couvre 
la partie supérieure de ce poisson 5 l'inférieure 
brille de l'éclat de l'argent. La tête est arrondie , 
couverte de petits pores 5 la bouche grande 5 les 
mâchoires égales, hérissées de plusieurs rangs de 
dents fines 5 la langue blanche et lisse 5 les yeux 
dorés , la prunelle bleue 5 la ligne latérale noire 
ondée vers l'opercule, et droite vers la queue. 
Sept grands aiguillons qui se cachent chacun 
dans une fossette longitudinale , précèdent la na- 
geoire dorsale qui a vingt-un rayons articulés 5 
l'anale qui lui est parallèle en a vingt-trois, 
chaque thoracine, un épineux, cinq lisses; les 
pectorales, dix-sept chacune 5 la caudale qui est 
en large croissant en a quatre-vingt-quatre 5 et la 
membrane branchiale, huit. On prend le lyzan 
au filet en mai et septembre sur nos plages, jus- 
qu'au poids de cinq myriagrammes 5 il a alors un 
mètre et demi de longueur. Sa chair est délicate. 



îq6 osseux, thoraciques. 

4- C. Vadigo. C. Vadigo, Lac. ( Lecia. ) 

C. Argentatus, cœruleo fasciatus ; spinis dorsalibus 

octo. 

Le dos de ce poisson semble couvert d'un man- 
teau bleu chatoyant dont les bords descendent 
sur les cotés en beaux festons > sur un fond qui 
resplendit de l'éclat de l'argent. L'abdomen est 
d'un blanc mat. Le corps est allongé et comprimé. 
Le museau arrondi, la bouche grande et oblique. 
La mâchoire est plus longue que la mandibule ; 
toutes les deux sont garnies de petites dents iso- 
lées. La langue est rude : les yeux grands , avec 
l'iris nacré. Le dessus de la tête est d'un bleu 
d'outre-mer. La nuque est transparente: les oper- 
cules lisses , formés de deux lames distantes. La 
ligne latérale , sinueuse à son origine , devient 
presque droite vers la queue. Sept ou huit aigu il <• 
Ions courts et foibles précèdent la nageoire dor- 
sale qui est blanchâtre , en forme de f'aulx , et qui 
renferme trente rayons , dont les six premiers et 
le dernier sont très-lon«s. La nageoire de l'anus 
est blanche , pbintillée de noir, à vingt-six rayons, 
dont le dernier est allongé ; les thoracines en ont 
cinq , les pectorales , seize j la caudale , qui est 
fourchue , dix-huit ; et la membrane branchiale ? 
six en forme de lames. Ce poisson est plus rare 
que les espèces précédentes ; il s'approche de nos 
rives en février et mars 5 il y poursuit les petites 



. CKNTRONOTE. JQJ 

clup'es dant il (ait sa nourriture. On en prend 
alors du poids de deux à trois kilogrammes. 

RE J\I A RQ U E S. 

La nombreuse multiplication des poissons est «lue à leur 
abondante fécondité. Leurs parties génératives sont simples; les 
mâles sont pourvus d'une double laite, ou espèce de corps 
glanduleux , blanchâtre , placé le long du dos qui secrète une 
humeur spermatique. Les femelles ont des ovaires doubles , si- 
tués au bas-ventre , qui se remplissent , au temps de leur poate , 
d'une immense quantité d'oeufs , qu'elles viennent déposer dans 
le printemps sur les rivages. Parmi les poissons les plus féconds 
de notre mer , les centronotes paroissent tenir le premier rang ; 
leur ponte est de plusieurs millions de petits œufs jaunâtres , 
qui , déposés sur les pierres _, et attachés par une matière mu- 
cilagineuse , flottent au gré de l'eau , jusqu'au jour de leur 
naissance , et dès qu'ils sont éclos , nagent, courent et dispa- 
roissent dans les profondeurs de la haute mer. 



G. XLV. Lépidolèpre. Lepidoleprus. Nob. 

Caractères. Le corps et la tête couverts d'ë- 
cailles care'ne'es , rudes ; deux nageoires du 
dos dont la seconde réunie à celle de l'anus. 



ï. L. Trachyrinque. L. Trachyri?icus. (Granadie. ) 

Plancb. vu , fîg. 21 de cet ouvTage. 
GioRNA.Mem. Acad. de Turin , tom. m. i8o5. - 1808. pag. 18, pi. 1 , fig. 1 , 2, 

Z. Rostro elongato , acuto , triangiilari ; pinnis dor- 
salibus approximatis. 

Feu M. Giorna, s'étant procuré un individu 



198 osseux, thoraciques. 

desséché et mutilé de ce poisson ? l'avoitdécrit et 
figuré dans les mémoires de l'Académie de Turin 7 
et je n^en ai eu connoissance qu'au moment où l'on 
imprimoit mon travail. Comme sa description est 
fautive jusqu'à un certain point , ainsi qu'il sera 
facile de le voir par la suite de cet article ? je n'ai 
pas balancé à conserver le premier nom que j'a- 
vois donné à ce genre auquel j'ai réuni une autre 
espèce que le même M. Giorna a décrite sous le nom 
de cselorinque. J'ai cependant cru devoir adopter 
comme noms spécifiques ceux que M. Giorna avoit 
donnés pour ceux du genre. Ils indiqueront ? en 
effet j que le premier a le museau en pointe , et 
que dans le second ? ce museau est crénelé et 
arrondi. 

Le lépidolèpre trachyrinque a le corps très- 
prolongé et comprimé en arrière , en lame de 
sabre : il est couvert d'écaillés rudes ? osseuses , 
hérissées de tubercules ; d'un gris blanchâtre sur 
le dos , qui s'éclaircit et passe au violet vers la 
queue. La tête est grosse ? déprimée , couverte 
également d'écaillés dures , formant des crêtes à 
plusieurs pointes qui se prolongent sur un museau 
terminé en pointe triangulaire, de soixante mil- 
limètres de long. La bouche ? située en dessous ? 
est ample , arquée , semblable à celle des trigles 
et des dacryloptères. Elle est garnie de plusieurs 
rangées de dents très-fines , courbées et aiguës. 
La langue et le palais sont lisses ? d'un bleu noi- 



L E P I n O L E P R E. 1 99 

râtre. Le gosier est garni de chaque côté de trois 
osselets hérissés de pointes. Les yeux sont grands , 
ovales y argentés, avec des points rouges ; ils sont 
comme couverts par une peau transparente 5 l'iris 
est doré , la prunelle bleue. Les narines sont ar- 
rondies à deux orifices. L'ouverture des branchies 
est en demi lune , au-dessus de laquelle on voit 
de chaque côté une sorte d'évent. La ligne latérale, 
courbe à son origine , se redresse ensuite. Les 
nageoires du dos et de l'anus sont reçues dans 
un sillon garni de chaque côté d'un rang de forts 
piquans , dentelés à leur base , dont la grosseur 
diminue insensiblement vers la queue. La pre- 
mière dorsale , qui est noirâtre , renferme onze 
rayons articulés 5 la seconde , qui en est très-peu 
séparée , est grise, lisérée de noir et en a cent dix ; 
l'anale ? quatre-vingt-quinze. On voit en outre 
six rayons qui se réunissent pour former la pointe 
de la queue. Les pectorales ont dix-huit rayons 
chacune ; les nageoires paires inférieures , qui sont 
un peu au-devant des thoracines, et qui sont très- 
étroites , en ont six chacune dont le premier est 
délié , prolongé en une sorte de filament. Il y a 
sept rayons dans la membrane branchiostège. 

La longueur de ce poisson atteint quatre déci- 
mètres. Son foie est très-volumineux. On trouve , 
dans la cavité du crâne , quatre osselets de l'ouïe 
inégaux et crénelés. La vessie natatoire est nacrée, 



200 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

On le pêche dans nos mers , vers les mois de 
juillet et d'août. 

2, L. Caelorinqee. L. Cœlorhincus. ( Granadie. ) 

Pl. vu, fig. aï de cet ouvrage. GioRWA.Méra. Acad. Turin. Cité, pi. J,fig. 3 , 4 

L, Rostro obtuso , subimdulato ; pinnis dorsalibus 

remotis. 

Il en est de ce poisson comme du précédent. L'in- 
dividu que s'étoit procuré M. Giorna ? étoit telle- 
ment altéré ? que la description et la figure qu'il 
en a laissées sont tout à fait incomplètes. Le corps 
de cette espèce est grisâtre , nuancé de rouge vio- 
lâtre. Le museau est festonné et présente une pro- 
tubérance en dessus. La nuque est enfoncée. La 
tête a quelque rapport avec celle de l'espèce pré- 
cédente. L'opercule se compose de deux pièces : 
la première garnie d'une longue protubérance os- 
seuse; la seconde finement dentelée. La première 
nageoire dorsale est très-haute , en forme de harpe , 
et renferme neuf rayons. La seconde , qui en est 
fortéloignée , n'en a que cinquante-huit fort courts 
et à peine visibles 5 l'anale, qui est lisérée de noir, 
en a soixante-douze. On voit cinq rayons qui cor- 
respondent à la caudale , laquelle est confondue 
avec les deux précédentes et se termine en pointe. 
La membrane branchiale a cinq rayons. La lon- 
gueur totale du poisson est de deux décimètres et 



L EPI DOLE PRE. 20 ï 



demi. Il est plus rare que le précédent. On le 
prend aux mois de juin et juillet. 

< RE 31 ARQUES. 

Ce genre de poissons qui a quelques rapports avec celui des 
trigles , par la disposition des parties de la tête , semble d'un 
autre côté lier les jugulaires aux thoraciques. Le macrurus ru~ 
pestris, le rnacroure berglax, figuré par Bloch, à la planche 177, 
se rapproche aussi de ce genre par la forme et le nombre des 
nageoires , la disposition des écailles, du museau et de la bou- 
che. Rien n'est plus difficile que d'étudier les mœurs des lépi- 
dolèpres , habitant toute l'année à douze cents mètres de pro- 
fondeur où paroît constamment régner une température de dix 
degrés de Réaumur. On ne prend ces poissons que quand la 
mer est dans un calme parfait ; et je me suis assuré que quand 
on les monte encore en vie des abîmes sous- marins, ils pro- 
duisent , comme certains trigles _, une sorte de bruissement 
sourd. Il est probable que le nom vulgaire de grenadier , 
douné par nos pécheurs à ces espèces, vient de la forme du 
museau qu'on aura comparé au bonnet des soldats. Ces poissons 
ont la chair blanche et d'un goût agi-éahle j ils ne se nourrissent 
que de vers et de zoophyles. 



G. XL VI. Dactyloptère. Dactylopterus. Lac. 

Caractères. Une seconde petite nageoire pec- 
torale compose'e de rayons garnis d'une 
membrane. 



1. I). Ptérapode. D. Pirapeda. ( Gallina. ) 

D. Pinna supeniumeraria t'adiis sex ; pectoralitrwici 
longitudine ; squammis cari?iatis ; caudâ fin cala. 

Le ptérapode a le corps couvert d'écaillcs ra- 



202 OSSEUX. THORACIQUES. 

boteuses , rougeâtres , avec des reflets violets sur 
le dos, et blanchâtres avec des nuances rouges sur 
le ventre. La tête est large , comprimée , arrondie 
par-devant , protégée par une enveloppe osseuse y 
quadrangulaire , panachée de rouge , de jaune , 
de bleue , et terminée par quatre longs aiguillons, 
couverts de petis points ronds disposés en rayons. 
La bouche est ample 5 la mandibule est plus longue 
que la mâchoire 5 toutes deux sont garnies de dents 
très-fines. La langue est courte , lisse , ainsi que 
le palais. Les narines sont doubles : les yeux 
grands , l'iris doré , parsemé de taches ronges. La 
membrane branchiale renferme sept rayons 5 la 
première nageoire dorsale , qui est d'un bleu cé- 
leste , en a six ; la seconde verdâtre , huit ; chaque 
thoracine , six ; les pectorales qui sont grandes, oli- 
vâtres, parsemées de taches rondes de couleur in- 
digo , ont vingt rayons chacune 5 au près de celle- 
ci sont placées les fausses nageoires pectorales , 
qui sont composées de six rayons 5 l'anale en a 
onze 5 et la caudale , qui est fourchue et bleuâtre , 
douze. La chair de ce poisson est indigeste. On 
en prend très-rarement. 

REMARQUE S. 

Les poissons sont exposés dans les diverses périodes de leur 
tie à des changemens qu'éprouve leur surface extérieure. 
Cette crise naturelle amortit la vivacité de leurs couleurs, les 
reod maigres et foibles : c'est ordinairement avant l'époque de 



DACTYLOTTERE. J2o3 

leurs amours que ce renouvellement a lieu ; alors on voit de 
nouvelles écailles se colorer par degrés des teintes les plus 
brillantes. Cette belle parure, jointe à la force et à la vigueur 
que le poisson reprend , semble le faire renaître de ses dé- 
pouilles , comme le phœnix de ses cendres. 



G. XL VIL Trigle. Trigla. Artèdi. 

Caractères. Deux nageoires du dos sans ai- 
guillons entre ; des rayons libres au-devant 
des nageoires pectorales. 



. i. T. Lyre. T. Lyra. (Gallino. ) 

Blocji. pi. 55o. 

T. Mandibula lobis osseis duobus dentabis ; super ci" 
liis aculeo unico ; caudâ lunata. 

La lyre a le corps couvert de petites écailles 
dures , d'un rouge vif sur le dos , passant à l'ar- 
genté sur le ventre. Son museau se prolonge en 
deux lames osseuses , triangulaires et denticulées. 
La tête est presque cubique , emboîtée dans une 
enveloppe lamelleuse, ciliée en rayons, et termi- 
née par six aiguillons inégaux. La bouche est 
large , la mâchoire supérieure plus longue que 
l'inférieure ; toutes les deux hérissées de dents, 
ainsi que le palais. La ligne latérale est 
courbe à son origine. La membrane branchiale 



2<>4 OSSEUX. TIIORACIQUES. 

a sept rayons ; la première nageoire dorsale en 
contient neuf aiguillonnés 5 la seconde , seize ar- 
ticulés; elles se cachent dans une fossette longitu- 
dinale , bordée de longues pointes crochues. Les 
pectorales sont fort étendues ; elles ont chacune 
douze rayons ; les thoracines , un aigu court, 
cinq ramifiés ; l'anale , seize £ et la caudale , qui 
est un peu en croissant , en a dix-huit. La lon- 
gueur de ce poisson s'étend jusqu'à six tlécimè- 
tres. Sa chair est blanche et filamenteuse. On en 
pêche en juin > juillet et décembre. 

2. T. Adriatique. T. Adriatica t ( Belugan. ) 

Brtjnv. Pisc. MassIl. pag. 99 , n. i5. 

T. Corpore squammii 'verticillato ; linea îateralî 
aculeata ; pectoral ibus anterioribus triradiatis ; 
posterioribus subtus nigris. 

Les écailles qui couvrent le corps de cette trigle 
sont disposées en rangées transversales. Un rouge 
tendre , fascié de brun règne sur son dos , et un 
blanc mat sur le ventre. La tête présente sur le 
devant une forme triangulaire. La nuque et les 
opercules sont garnis de deux aiguillons dentelés. 
Les mâchoires presque égales sont armées de 
dents fines. Les yeux, d'un rouge carmin , ont 
l'iris argenté ? et ils sont ornés par - dessus 
de petits piquans. La ligne latérale est recou- 
verte d'aiguillons à deux pointes. La première 



TIIIGLE. 205 

nageoire dorsale qui est parsemée de taches rouges, 
contient dix rayons aiguillonnés ; la seconde , 
seize articulés 5 elles se cachent dans une fossette 
hérissée d'aiguillons courbes à plusieurs pointes. 
Les pectorales sont brunâtres , avec des taches 
d'un rouge obscur par-dessus , parsemées de gros 
points d'un bleu céleste par-dessous, elles ont cha- 
cune dix rayons 5 les thoracines , d'un rose pâle , un 
épineux , cinq lisses chaque ; l'anale qui est colorée 
de rouge sur un fond blanc , en a seize 5 et la 
caudale qui est un peu fourchue , en a treize. 
Cette espèce a de quatre à cinq décimètres de lon- 
gueur. La chair en est bonne. On en prend dans 
nos mers toute l'année. 

3. T. Hirondelle, Lac. T. Hirundo, Lin. (Galinetto.) 

Bloch. pi. Go. 

T. Pinnis pectoralibus veris latis ; linea laterali 
scjuammis majoribus ;pinna caudce emarginata» 

Un violet obscur règne sur la partie supé- 
rieure de ce poisson. Un blanc argentin sur l'in- 
férieure. Sa tête est arrondie , terminée par deux 
pointes triangulaires ; la mâchoire de dessus est 
plus avancée que celle de dessous , toutes deux 
sont garnies de petites dents. Les yeux sont rap- 
prochés, l'iris d'un rouge argenté, la prunelle 
azurée 5 ils sont armés par-dessus de deux pi- 
quants de chaque côté. La ligne latérale relevée 



206 OSSEUX. THORACIQUES. 

se rapproche du dos. La première nageoire dor- 
sale est triangulaire à huit rayons 5 la seconde à 
quatorze. Toutes deux se couchent dans une fos- 
sette garnie d'aiguillons crochus et blanchâtres. 
Les pectorales qui sont amples, colorées en violet 
foncé avec de légères lâches bleuâtres, ont douze 
rayons chacune 5 les thoracines, six chaque; l'a- 
nale blanchâtre, quatorze; et la caudale qui est 
en croissant, dix-huit. Les individus qu'on pêche 
dans nos mers n'ont jamais au-delà de quatre 
décimètres , leur chair est un peu coriace. 

4. T. Pin. T. Pini. Bloch. ( Garaman. ) 

Bi.och. p]. 555- 

T. Capite lobis duobus brevibus spinosis ; iùzea la~ 
terali lamellata ; operculis trispinosis ; cauda 
limata. 

Bloch a fait connoître cette trigle qui fréquente 
les grandes profondeurs de notre mer. Son corps 
est couvert de petites écailles d'un rouge tendre 
où Vot et l'argent -éclatent de toute part. Le mu- 
seau est échancré, terminé par six aiguillons de 
chaque côté ; les mâchoires sont garnies de petites 
dents , l'inférieure plus courte que la supérieure. 
La bouche ample , blanchâtre , le gosier noirâtre, 
avec un os transversal rude sur le devant du pa- 
lais, et quatre osselets ovales dans le fond; les 
yeux grands , l'iris argenté , la prunelle noire ; 
ils sont garnis en dessus de deux petites pointes. 



TRI G LE. 207 

Chaque opercule est orné d'un long piquant par 
dessus et de deux en dessous, ainsi que d'un long ai- 
guillon triangulaire, dentelé, à chaque os clavicu- 
laire. La liçne latérale est courbe à son origine et 
droite ensuite. La première nageoire dorsale a 
neuf rayons aiguillonnés, dont le premier denté 5 
la seconde en a seize articulés , renfermés dans 
une fossette longitudinale , bordée d'épines incli- 
nées vers la queue. Les pectorales qui sont larges, 
d'un rouge pâle , traversées par quelques lignes 
noirâtres, ont chacune dix rayons; lesthoracines, 
un épineux, cinq lisses chaque 5 l'anale, seize, 
le premier très-court; et la caudale qui est rou- 
geâtre sur ses bords , et d'un rouge foncé au mi- 
lieu , en a seize. La longueur de cette espèce est 
de trois à cinq décimètres ; on en voit en juin 
et en juillet. 

5. T. Gurnau. T. Gurnardiis. (Grngnao.) 

Bloch. p], 5S. 

1\ Capite Jîguris stellatis Jnspido ; dorso rnaculis 
rubris nigriscfiie ; linea îaterali squammis an- 
trorshm lunatis 

Le corps de ce thoracin est revêtu d'écaillés gri- 
sâtres , bordées de noir , parsemé de taches rouges 
et noires sur la partie dorsale. La tête est grande , 
la bouche ample , les mâchoires garnies de petites 
dents , les yeux ont l'iris argenté , nuancé de 



2oS OSSEUX* THOHACIQUE5. 

brun. L'anus est près de la tête ; la ligne latérale 
longue, garnie d'aiguillons très fins. La première 
nageoire dorsale est d'un gris rougeâtre tacheté de 
noir , elle contient sept ravons aiguillonnés ; la 
seconde en a dix-neuf articulés ; les pectorales qui 
sont petites , avec une teinte obscure , en ont dix 
chacune 5 les thoracines qui sont blanches , six 
chaque: l'anale rougeâtre , dix- sept 5 et la cau- 
dale qui est un peu fourchue avec une légère 
teinte noire , en a neuf. On prend ce poisson dans 
nos mers en juin et novembre , il atteint en lon- 
gueur depuis deux jusqu'à quatre décimètres. 

6. T. Grondin. Lac. 2\ Cuculus. Lin. (Grano.) 

Bloch. pi. 5g. 

\T. Linea laterali inutica ; in pinna dorsali ante- 
riore nigra macula ; caudâ bifurçâ. 

Une forme plus svelte et plus effilée dans le 
corps, un rouge tendre mêlé de teintes blan- 
châtres sur le dos , des bandes argentées sur le 
ventre, distinguent cette trigle des précédentes. 
Son museau est terminé par deux petits aiguil- 
lons; la bouche est grande 5 les mâchoires égales , 
armées de petites dents 5 le gosier coloré de jaune 5 
les yeux ronds , l'iris argenté et la prunelle 
bleuâtre 5 ils sont surmontés de deux épines cour- 
bes 5 l'opercule a quatre pointes aiguës , distantes, 
avec un petit aiguillon triangulaire en dessous. La 



T RI G L F. 309 

ligne latérale droite. La première nageoire dor- 
sale a une grande tache noire, et contient neuf 
rayons peu aiguillonnés 5 la seconde en a dix-huit 
articulés , les pectorales qui sont courtes, d'un 
jaune rougeâtre avec quelques taches obscures , en 
ont dix chacune ; les thoracines , un épineux , 
cinq lisses chaque ; l'anale qui est blanche , lisérée 
d'un rose pâle , en a dix-sept. La caudale un peu 
fourchue , dix-huit. La longueur de ce thoracin 
est de deux décimètres. Sa chair est tendre j il n'est 
pas 



commun. 



7. T. Milan. Lac. T. Lucerna. Lin. ( Orghe. ) 

Aldrov. ]ib. 1 , cap. 58 , pag. 279. 

2'. Rostro sub bijido ; linea laterali ad caudam 

bifida* Lin. 

La partie supérieure du trigle milan est d'un 
rouge traversé de brun avec une bande argentée 
sur les côtés, et d'un blanc mat sur l'inférieure. 
Son museau est prolongé en deux pointes. Il a la 
bouche médiocre, la mâchoire de dessus plus 
longue que celle de dessous , toutes les deux gar- 
nies de petites dents. Le gosier est d'un jaune 
phosphore. Les yeux sont d'un rubis nacré, la 
prunelle bleue , ils sont garnis en dessus de deux 
pointes crochues. Les opercules ont à leur base 
une dent aiguë, et se terminent par un long ai- 
guillon. La ligne latérale est formée de petits 

14 



210 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

piquans et se divise en deux vers la queue. La pre- 
mière nageoire dorsale a dix rayons, dont le se- 
cond très-long 5 la seconde en a dix-huit. Les pec- 
torales courtes, d'un rouge foncé, parsemées 
de taches jaunes et bleues , en ont dix chacune 5 
les thoracines qui sont jaunâtres , six chaque j l'a- 
nale , seize } et la caudale peu fourchue en a 
douze. La longueur de ce poisson s'étend à peine 
à deux décimètres 5 sa chair est coriace, on le 
trouve en mars à Villefrançhe. 

REM A R Q U JE S. 

Les trigles brillent pend.mt la nuit d'une lumière phos- 
phorique j semblables à des étoiles flamboyantes , ils tracent 
autour d'eux d'immenses sillons de lumière , soit qu'ils s'éga- 
rent au milieu des eaux , soit qu'ils se jouent à leur sur- 
face , ou qu'ils plongent dans leurs vastes abîmes. Retirés de 
cet élément, ces poissons laissent échapper des sous plaintifs et 
douloureux jusqu'à l'extinction de leur vie. Plusieurs espèces ont 
une chair tendre et assez agréable j d'autres l'ont dure et coriace. 
Cette différence est cause que plusieurs pêcheurs , pour en tirer 
un meilleur parti, changtnl souvent leurs noms vulgaires, ce 
qui produit une grande confusion que j'ai tâché d'éclaircir 
dans ceux que j'ai adoptés pour la nomenclature de Nice. 



G. XL VIII. Péristédioiv. Peristedion. Lacep. 

Caractères. Une seule nageoire du dos ; plu- 
sieurs plaques osseuses au-dessous du corps; 
en outre les caractères des trigles. 



PEUISTEDION. 311 



x . P. Malarmat. P. Malarma. Lac. ( Pei fourca. ) 

T. Caiaphracta. Bloch. pi. 34g. 

P. Ruber, catap7iractus , octogonus ; rostro furcato , 
depresso , elongato ; radiis pectoralibus geminis. 
lïberis* 

Plusieurs plaques osseuses réunies en octogones 
protègent le corps du malarmat. Une couleur de 
plomb rouge oxidé règne sur sa partie supérieure 
et s'éclaircit un peu sur le. ventre. La tête pré- 
sente quatre laces relevées par des arêtes longitu- 
dinales , et parsemées en dessous de plusieurs pi- 
quans. Le museau se termine par deux longues 
avances osseuses aplaties. La bouche est ample, 
les mâchoires dénuées de dents , l'inférieure plus 
longue que la supérieure garnie de barbillons ra- 
mifiés ; la langue et le palais lisses; l'opercule 
composé d'une lame terminée en pointe ; l'anus 
situé près de la tête. La nageoire dorsale a trente- 
deux rayons, dont les sept premiers se terminent 
en longs filamens ; les pectorales qui sont d'un 
rouge terne , en ont douze chacune , près de 
celles-ci on voit deux rayons libres ? articulés et 
rougeâtres. Les thoracines qui sont blanchâtres , 
en ont six chaque ; l'anale , vingt; la caudale qui 
est en croissant ? treize ; et la membrane bran- 
chiale , sept. On trouve ce poisson dans nos mers 
à l'époque des équinoxes. 



212 05SEUX. THOFiÀCIQUËS» 

R E m 4. R Ç U E S, 

Si les périslédions n'ont aucune arme pour attaquer , le bou» 
clier naturel qui couvre leur corps , leur sert pour opposer la 
résistance à la force contre les ennemis qui les poursuivent, 
Ces poissons ne fréquentent dans nos parages que les endroits 
profonds. On ne les trouve sur les bords que dans le temps de 
leur frai 5 ils nagent avec vélocité, et brisent souvent contre 
les rochers les prolongemens osseux de leur museau; ils vi- 
vent solitaires , et ne se nourrissent que de corps gélaliueux. , 
de méduses et de béroés. 



G. XLIX. Mulle. Mullus. Linné. 

Caractères. Corps couvert de grandes e'cailles 
qui se détachent facilement \ deux nageoires 
du dos; mâchoire à barbillons charnus. 



i. M. Rouget. M. Ruber. Lac. ( Rouget. ) 

BL Barbants. Bloch. pi. 34?. 2. 

M. Purpureus ; maxiUis œqualibus , superiore 

edeiuula. 

La richesse de la parure, la beauté fies foi nies , 
l'excellence de la saveur , ont de tout temps excité 
la recherche de ce poisson. Un rouge de pourpre 
règne sur son dos et se mêlant à des teintes argen- 
tines qui brillent sur les côtés et sur le ventre, il 
forme des nuances très-agréables. Sa tête est tron- 
quée , large, couverte d'écaillés très-peu adhé- 



MULLE. 2 l r > 

rente» h la peau. La bouche est moyenne , les mâ- 
choires sont égales , l'inférieure seule est garnie 
de petites dents. La langue est lisse, le palais 
rude, le gosier garni de quatre os dentelés. Une 
seule ouverture aux narines ; les yeux argentés. L'o- 
percule composé de deux pièces ; deux barbillons 
sous la gorge ; la ligne latérale située sur le dos. 
Les nageoires sont d'un beau jaune. La première 
dorsale contient sept rayons aiguillonnés 5 la se- 
conde, neuf articulés ; l'anale, un aigu , six rami- 
fiés; les thoracines, un épineux, cinq lisses cha- 
cune. Les pectorales, quinze chaque; la caudale 
fourchue, dix-sept; et la membrane branchiale, 
trois. Ce poisson vit sur nos plages, et ne par- 
vient qu'à un décimètre et demi de longueur. 

2. M. Surmulet. M. Surmuletus. ( Streglia. ) 

•BluCH, pi, 5,7. 

îl/. J^itlis luleis longiludinalibus ; maxilUs dentalis. 

Ce beau poisson a la partie supérieure du corps 
d'un rouge tendre, il offre sur les côtés des raies 
longitudinales dorées qui se détachent agréable- 
ment sur le fond nacré dont brille son ventre. La 
tête est comprimée , la bouche petite; la langue 
fisse; la mâchoire de dessus plus avancée que 
celle de dessous; toutes les deux sont garnies 
d'une rangée de petites dents et de deux longs 
barbillons. Les yenx sont d'un rouge rubis. L'on- 



214 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

verture des narines est petite $ Fanus plus près cîe 
laqueue. La ligne latérale est presque droite. Des 
bandes argentées , rougeâtres et dorées colorent 
les nageoires. La première dorsale contient sept 
rayons aiguillonnés } la seconde en a neuf articu- 
lés , dont le premier épineux ; les pectorales qui 
sont d'un rose tendre, en ont quinze chacune 5 les 
thoracines ? six chaque 5 Fanale y sept $ la cau- 
dale fourchue , vingt - deux 5 et la membrane 
branchiale ? sept. Cette espèce fréquente les ro- 
chers ? t et parvient jusqu'à trois décimètres de 



longueur. 



REMARQUES, 



La nature a traité ces poissons avec une faveur particulière, 
Un manteau d'or et de pourpre admirablement nuancé de re- 
flets argentés, forme le riche vêtement qu'elle leur a donné. Les 
mulles doivent la célébrité dont ils ont joui dans tous les temps , 
non-seulement à l'éclat de leur parure et à la vivacité de leurs 
mouvemens , mais encore à leur abondance et à la délicatesse 
de leur chair. Des deux espèces qui fréquentent nos mers , le 
surmulet est celle qui est la plus commune, et qu'on prend le 
plus aisément toute l'année. 



G. L. AroGON. Apogon. Lacëpède. 

Caractères. Tous les caractères des mulles 9 
mais pas de barbillons sous la mâchoire. 



APOGON. 21 S 

i. A. Rouge. Lac. A. Ruber. (Sarpananzo. ) 

L'apogon a le corps couvert de grandes écailles 
d'un ronge tendre, avec une teinte dorée , parse- 
mé de petits points bleuâtres. La tête est grande j 
la nuque plane, la bouche ample, hérissée d'as- 
pérités, ainsi que le palais 5 la mâchoire infé- 
rieure est pins longue que la supérieure. Les yenx 
sont grands, argentés avec des taches obscures 
qui en offusquent l'éclat, et l'iris doré 5 la ligne 
latérale est courbe, située très-près du dos. La 
membrane branchiale a sept rayons lamelli- 
formes ; la première nageoire dorsale en contient 
six aiguillonnés, le premier très-court 5 la se- 
conde qui est plus élevée et descend graduellement 
vers la queue, en a deux aiguillonnés et huit arti- 
culés 5 les pectorales en ont douze chacune 5 les 
thoracines, un épineux, cinq lisses chaque; l'a- 
nale, deux aigus, huit ramifiés; et la caudale 
qui est échancrée en a vingt. Ces nageoires ont 
une belle couleur d'oxide rouge de mercure qui 
relève l'éclat de ce brillant poisson. Sa longueur 
e"st d'un décimètre et demi; on en prend dans nos 
mers en juin, juillet et septembre. Sa chair est 
excellente. 

REMARQUES. 

Le désir de se reproduire , cette fonction de la vie dont tous 
les êtres organisés sont doués pour la conservation de leur es- 
pèce , oblige la femelle de Papogon à s'approcher tous les ans 



2l6 OSSEUX^ THORACIQUES* 

du rivage pour venir déposer ses œufs ; le mâle la suit, et vient 
lancer sa laite sur le frai pour le féconder. Dès le moment de 
leur naissance , ces jolis poissons se retirent de suite dans les 
antres profonds, où ils font leur résidence ordinaire. 



G. LI. Labre. Labrus. Artèdi. 

Caractères. Lèvre supérieure molle , extensi- 
ble ; point de dents de la forme des incisives 
ni de molaires ; une nageoire du dos très- 
distante de celle de la queue. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

La nageoire de la queue rectiligne , arrondie ou 

lancéolée* 

i. L. Paon. L. Pavo. Lin. ( Sero. ) 

Jonston. Lib. i, tab. i.î, fig. i-2. 

L, yiridi , cœruleo , sanguineo canoque varias. 
Lin. Syst. nat. pag. 1286 , n°. 8. 

L'éclat dont les écailles Je ce poisson brillent f 
les reflets étincelans et l'infinité de nuances chan- 
geantes que sa surface produit à chaque direction 
de lumière , lui ont valu le nom de l'oiseau chéri 
de Juiion. Le labre paon a le corps allongé et 
comprimé d'un beau vert changeant , mêlé de lé- 
gères teintes dorées et varié par des taches rouges 
et bleues ? qui ? en se fondant par douces grada- 



LABRE. 217 

lions , forment un ensemble de couleurs ravis- 
santes. Sou museau est oblonç, sa bouche 
moyenne , sa langue lisse , ses mâchoires garnies 
de dents; ses yeux grands, avec l'iris doré et la 
prunelle bleuâtre; les opercules sont ornés d'une 
tache obscure. La ligne latérale est un peu courbe. 
La nageoire dorsale est d'un bleu mêlé de pour- 
pre ; elle renferme quinze rayons aiguillonnés , 
dix-sept articulés; l'anale qui est couleur d'in- 
digo en a trois aigus , onze ramifiés ; les thora- 
cines d'un ronge doré en ont un épineux, cinq 
lisses chacune ; les pectorales , quatorze chaque ; 
la caudale qui est marquetée de points rouges 
et bleuâtres avec une tache noire à sa base, en 
contient treize. La longueur de ce poisson est de 
quatre à cinq décimètres ; sa chair est délicate 5 
on le trouve dans le printemps sur nos côtes. 

2. L. Louche. Z. Luscus. Lin. ( Sera. ) 

Lin. Mus. Adolph. Fbeo. pa:». 80. 

L. Pifinis omnibus flavis ; palpebra superiore nigra. 
Lin. Syst. nat. n°. 3o. 

La partie supérieure de ce labre est d'un vert 
tendre , traversée par des traits bruns et des points 
nacrés, ornée sur les côtés d'une large ligne do- 
rée ; l'abdomen est argenté , coupé en mille sens 
par des bandes sinueuses d'un jaune doré. Le mu- 
seau est allongé, la nuque couverte de petites 



3l8 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

taches brunes j le bouche grande , les mâchoires 
garnies de dents presque égales. Les yeux d'un 
vert doré, la prunelle noire. La ligne latérale 
droite en petits traits festonnés. La nageoire dor- 
sale a dix-huit rayons aiguillonnés, treize articu- 
lés ' y l'anale , parsemée de points argentés , en a 
trois aigus, onze ramifiés ; les thoracines , un épi- 
neux et cinq lisses chacune 5 les pectorales ver- 
dâtres, quatorze chaque: la caudale arrondie, 
quinze £ et la membrane branchiale , cinq, dont 
le premier est très-gros. Ce poisson, dont on 
ignoroit la véritable patrie , vit dans nos mers. 
Sa longueur est de deux décimètres 5 on le prend 
en juin et en décembre a Villefranche. 

3. L. Tourd. L. Turdus. Lin. ( Sero. ) 

SiiviiNi. pa«. 2:0. B. 86; 

L. Oblongus , viridis ; iride aurea. Lin. n°. 32. 

Cette espèce, qu'on connort a Nice sous le 
même nom vulgaire que les précédentes, a le 
corps allongé , d'un vert plus ou moins foncé , 
avec des taches blanches sur le ventre, traversé 
sur les côtés d'une bande argentée qui en sépare 
agréablement les couleurs. Le museau est avancé; 
les lèvres plissées , les mâchoires garnies de dents 
séparées, dont les deux antérieures sont très- 
longues, les yeux sont jaunâtres , avec Tiris ar- 
genté ; la ligne latérale est courbe. Les nageoires 



LABRE. 2ig 

sont cl 1 un vert glauque. La dorsale a dix-huit 
rayons aiguillonnés, treize articulés; l'anale, 
trois aigus, onze ramifiés, les thoracines, un. 
épineux et cinq lisses chacune; les pectorales , d'un 
jaune verdâtre, quatorze chaque; la caudale, 
seize : et la membrane branchiale , cinq. La lon- 
gueur de ce thoracin s'étend à trois décimètres; 
il habite nos rochers. 

4- L. Triple-tache. L» Trimaçulatus. (Tenco.) 

Blocs, pi. 98g. 

i 

£. Macrolepidotus , corpore ri:bro\ maculis tribus 

dorsalibus. 

Ce labre diffère très-peu de celui qu'on trouve 
dans la mer de Norwège. Son corps est couleur 
de chair , orné de quatre taches noires. La pre- 
mière à peine visible est située à l'origine de la 
nageoire dorsale, deux autres très-grandes sont à 
sa base ; et la quatrième est placée sur la partie 
dorsale de la queue. Le museau est avancé ; la 
bouche étroite ; les lèvres épaisses ; la langue lisse ; 
les mâchoires garnies de dents aiguës, plus 
longues sur le devant. Les yeux ont l'iris doré 5 
la ligne latérale est un peu courbe. La nageoire 
dorsale a dix-sept rayons aiguillonnés, treize ar- 
ticulés ; l'anale , trois aigus , neuf ramifiés ; les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune; les 
pectorales , quinze chaque ; la caudale , quatorze; 



220 OSSEUX. THORACIQUES. 

et la membrane branchiale , six. Cet osseux a trois 
décimètres de longueur 5 sa chair est blanche et 
d'un bon goût ; il est fort commun sur nos ri- 
vages. 

5. L. Raye. Z. Lineatus. Lin. (Tenco. ) 

Pennant. Brit. Zool. ni , pag. 2ig. 

Là Ruber , lineis quinque longitiidincilibus cœruleis. 

On rencontre souvent sur nos côtes ce thoracin 
qu'on n'avoit trouvé jusqu'à présent que dans les 
mers britanniques. Son corps est rougeâtre en 
dessus, d'un jaune pâle en dessous, traversé sur 
les côtés par cinq larges raies d'un gros bleu qui 
en relèvent l'éclat. Le museau est long ; la nuque 
relevée et convexe. La bouche médiocre 5 les mâ- 
choires garnies de dents courbes, dont celles de 
devant plus longues. Les yeux ont l'iris doré, la 
prunelle bleuâtre, la ligne latérale est droite. La 
nageoire dorsale est aurore, bordée de bleu , avec 
une longue tache indigo à son origine , elle con- 
tient dix-sept rayons aiguillonnés, treize articu- 
lés. L'anale qui est lisérée de bleu en a trois ai- 
gus, douze ramifiés 5 les thoracines, d'un jaune 
foncé, tachetées de bleu, en ont un épineux, 
cinq lisses chacune; les pectorales jaunes, quinze 
chaque ; la caudale jaunâtre , pointillée de bleu, 
en a Ireize; et la membrane branchiale , cinq. La 
longueur de ce poisson est de quatre décimètres, 
sa chair est délicate ; je l'ai pris en mai. 



LABRE. 221 

6. L. Ballan. L. Ballan. Lin. (Tenco. ) 

Pekkant, lin t. Zool. 11 1 , pag. ai6 , pi. 44. 

Z. luteus , nigro aurantiacocjue guttatus ; oper- 
culis excavatis , pinna caudce basi radiatiin 
squammata. 

Le jaune plus ou moins foncé en brun , tigré 
de quelques taches noires et aurores , teint le dos 
et les côtés de ce thoracin. La oorçe et le ventre 
sont d'un argent azuré , varié de petites lignes do- 
rées. Des taches obscures occupent le dessus de la 
tête 5 de petites dents garnissent ses mâchoires ; un 
sillon longitudinal est tracé sur la nuque 5 et une 
petite cavité se fait remarquer aux opercules. Les 
yeux sont rouges, l'iris doré 5 la ligne latérale 
courbe près de sa base. Les nageoires sont couleur 
de succin. La dorsale a dix-neuf rayons aiguil- 
lonnés, onze articulés, pointillés d'outre-mer. 
L'anale, trois aigus, neuf ramifiés 5 les thora- 
cines , un épineux , cinq lisses chacune • les pec- 
torales , la caudale et la membrane branchiale 
ont chacune quatorze rayons. Ce poisson ne 
parvient dans nos mers qu'à un décimètre et 
demi de longueur j on le prend à Nice en juillet, 

7. L. Perroquet. Lac. Z. Viridis. Lin. ( Verdoun. ) 

Rondelet tom. i , lib. vi , cap. 6. 

Z. Viridis , linea utrinque cœrulea» Lisr. 
Le nom spécifique de ce labre a été tiré des 



232 OSSEUX. THORACIQUES. 

belles couleurs dont il est peint. La partie^supé- 
rieure de son corps est d'un vert brillant, les 
côtés portent une raie longitudinale de deux ran- 
gées de points bleus. L'abdomen est jaunâtre. 
Le museau est avancé, les lèvres plissées * les 
dents du devant de la mâchoire de dessus plus 
longues que celles de dessous. Les yeux bleuâtres , 
l'iris rouge j la ligne latérale est courbe vers la 
queue. La nageoire dorsale a dix-huit rayons ai- 
guillonnés, ciliés de bleu et douze articulés * l'a- 
nale, qui est indigo, en a trois aigus , dix ramifiés 5 
les thoracines , à\m vert violet , en ont un épi- 
neux, cinq lisses chacune 5 les pectorales ver- 
dâtres , quatorze* la caudale, seize. La longueur 
de ce poisson est de deux décimètres et demi. La 
femelle est d'un brun marron tirant sur le vert , 
tigrée de petites taches d'un bleu céleste. Ce labié 
habite les rochers de nos bords et se montre en 
mars et en décembre. 

8. L, Mêle. L. Mixtus. Lin. (Verdoun. ) 

WlLLITGBET. Hist. PlSC. pag. 5s9. 

L. Flavo cœrideoque varias; dentibus anterioribus 

majoribus. Lin. 

Les principaux caractères de cette espèce sont 
le corps d'un bleu obscur avec des nuances dorées 
surle dos qui se changent en jaunâtre sur le ventre. 
La tête est traversée de lignes violettes * la bouche 



LABRE. 226 

médiocre 5 les mâchoires hérissées de dents très- 
longues sur le devant. Les yeux bruns 5 l'iris rou- 
gcâtre 5 la ligne latérale presque droite. La na- 
geoire dorsale contient dix-neuf rayons aiguillon- 
nés , douze articulés 5 l'anale colorée de jaune 
et de violet, en a trois aigus, dix ramifiés 5 les 
thoracines azurées, un épineux, cinq lisses cha- 
cune 5 les pectorales, d'un jaune rougeâtre, qua- 
torze chaque; la caudale d'un violet clair à l'ex- 
trémité, en a quinze. Les couleurs de la femelle 
sont plus ternes et plus foncées avec des reflets 
argentés 5 leur dimension est de trois à quatre 
décimètres 5 on en voit sur nos rivages dans le 
printemps. 

9. L. Ossiphage. L. Ossip7iagus. Lin. ( Tourdou. ) 

Z. Suprà fuliginosus ; pinnis viridibus ad apicem 

cceruleis» 

Une couleur de bistre règne sur sa partie supé- 
rieure et s'éclaircit par douces gradations sur l'in- 
férieure qui est variée par quelques reflets jau- 
nâtres. Le museau est avancé , la mâchoire de 
dessus un peu plus longue que celle de dessous , 
toutes deux sont garnies de dents fort grosses sur 
le devant. Les yeux sont d'un brun rougeâtre; la 
ligne latérale est arquée vers sa base. Les nageoires 
colorées d'une teinte verdâtre, un peu azurées 
aux extrémités. La dorsale contient dix -sept 



224 OSSEUX. THORACIQUES. 

rayons aiguillonnés, quatorze articulés j l'anale , 
trois aigus , dix ramifiés , les thoracines, un épi- 
neux ? cinq lisses chacune 5 les pectorales, quinze 
chaque ; la caudale , treize. Sa longueur est d'en- 
viron quatre décimètres j il s'approche de terre 
en mars. 

10. L. Boisé. Lac. L. Tesselatus. Lin. (Tourdou#) 

Bloch. pi. 291 , fis;. %• 

£. Brunneo , argenùeo nigrocjue variegatns ; oculis 

rubris. 

Le boisé, qu'onpêchesurnos rivages, s'approche 
à quelque différence près, de celui que le célèbre" 
Bloch a décrit comme provenant des mers du 
nord. Le corps de ce poisson est allongé , bru- 
nâtre sur le dos , argenté sur l'abdomen , varié de 
nuances d'un vert noirâtre. La tête et les oper- 
• cules sont presque dénués d'écaillés ; la bouche 
grande 5 les mâchoires garnies de dents inégales. 
Les yeux ont l'iris hyacinthe } les narines sont 
garnies en dessous de petits pores 5 la ligne laté- 
rale est courbe. La nageoire dorsale contient dix- 
sept rayons aiguillonnés, onze articulés 5 l'anale 
bleuâtre , en a trois aigus , neuf ramifiés 5 les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune ; les 
pectorales et la caudale , seize chaque. La lon- 
gueur de ce poisson est de quatre décimètres 5 il 
est assez rare. 



LABRE. 225 

il. L. Merle. L. Merula. (Tourdo d'Argo.) 

Aldrov. ]ib. 1 , cap. vi , pag. 55. 

Z. Suprà ferrugùieo cœruleus , infrà argenteus. 

Les écailles de ce poisson sont teintes d'une cou- 
leur de fer chromaté sur le dos qui se nuance en 
bleu chatoyant sur le ventre. Le museau est 
oblong; la bouche médiocre ; les lèvres épaisses : 
les mâchoires égales , garnies de grosses dents re- 
courbées 5 les yeux d'un rouge vif, l'iris doré ; la 
ligne latérale courbe. La nageoire dorsale a dix 
rayons aiguillonnés et ciliés, quinze articulés; 
l'anale , trois aigus , onze ramifiés ; les thoracines, 
un épineux, cinq lisses chacune 5 les pectorales , 
ainsi que la caudale rectiligne , quatorze chaque. 
Sa longueur est de trois décimètres; il fréquente 
les rochers de la mer d'Eza. 

12. L. Bleu. L. Cœruleus. (Tourdou bleu.) 

Ascanu lcon. rer. natur. tab 12. 

L. Linëis maculisque cceruleis ; dentibus anterio- 

ribus majoribus. 

Plusieurs nuances continues de bleu colorent 
tout le corps de ce labre. Son museau est pointu , 
dénué d'écaillés, couvert de plusieurs pores. La 
bouche grande; les mâchoires garnies de dents 
pressées les unes contre les autres; celles du de- 
vant plus longues. La langue est lisse , les lèvres 

i5 



226 OSSEUX. THORACIQUES. 

plissées; les yeux bleus , l'iris jaune , la prunelle 
verdâtre. L'opercule composé de deux pièces , la 
première ornée de lignes courbes à l'extrémité. La 
seconde terminée en pointe. La ligne latérale 
fiexueuse. La nageoire dorsale a dix-huit rayons 
aiguillonnés, treize articulés; l'anale, trois ai- 
gus , dix ramifiés ; les thoracines , un épineux , 
cinqlisses chacune :les pectorales, quinze chaque; 
la caudale droite , quatorze. La longueur de cet 
osseux s'étend jusqu'à six décimètres j on le voit 
en mai et en novembre. 

i3. L. Canude. Lac. L. Cyncedus Lin. ( Rouquié. ) 

Klein. Miss, v , pag. 5o , n. 8. 

L. Luteus , clorso purpureo ; pimia dorsali à capite 
ad caudam continuata. Lin. 

La partie dorsale de cette espèce est d'un rouge 
plus ou moins foncé qui se change en jaune sur 
le ventre. Son museau est avancé ; la bouche pe- 
tite : la langue lisse, les mâchoires hérissées de 
dents lobées ; les yeux médiocres, l'iris d'un rouge 
doré ; la ligne latérale peu courbe. La nageoire 
dorsale s'étend depuis la nuque jusques près de la 
queue ; elle contient seize rayons aiguillonnés , 
quatorze articulés 5 l'anale , trois aigus, neuf ra- 
mifiés 5 les thoracines , un épineux , cinq lisses 
chacune ; les pectorales , treize chaque 5 et la cau- 
dale , douze. Sa longueur est de deux décimètres; 
on en voit rarement sur nos bords. 



LABRE. 227 

14. L. Double tache. L. Bimaculatus. Lin. 

(Rouquié. ) 

Lin. Mrs- Ad. Fued. 1 , 66 , tab 3i. 

li. Vinnadorsalir amentac ea ; macula fusca in lateris 
medio et ad caudam. Lin. 

Ce poisson se fait distinguer par les taches obs- 
cures des parties latérales et de chaque côté de la 
queue. Son museau est oblong , la bouche mé- 
diocre, les lèvres épaisses : les mâchoires garnies 
de dents presque égales j les yeux gris , la prunelle 
noire v La ligne latérale courbe. La nageoire dor- 
sale a quinze rayons aiguillonnés , garnis de fila- 
mens , et onze articulés , l'anale , trois aigus , 
neuf ramifiés, les thoracines , un épineux, cinq 
lisses chacune 5 les pectorales , quinze chaque 5 la 
caudale , douze ; et la membrane branchiale, six. 
La longueur de ce thoracin est de deux décimètres j 
il fréquente nos rochers. 

i5. L. Girklle. Z. Julis. Lin. ( Girello.) 

Bloch. pi. 287. i. 

L ê Lateribus cœrulescentibus , vit ta longitudinal î 
fulva utrincjue dentata. Lin. 

Un mélange de couleurs les plus distinguées 
régnent sur le corps de la girelle. Un vert bleuâtre 
colore son dos; une raie longitudinale dentée 
d'une couleur mordorée, orne ses côtés, et une 



228 OSSEUX. THORÀCIQTJE5. 

couche argentée, voilée d'outre-mer, brille sur 
son ventre. La tête est variée de brun, de jaune, 
d'azur et d'argent. Les mâchoires sont garnies de 
dents serrées , dont celles du devant plus longues. 
Les yeux aurore , l'iris doré , la prunelle noire : la 
ligne latéale sinuée à sa base. La nageoire dorsale 
contient neuf rayons aiguillonnés, douze articu- 
lés , les premiers relevés et marqués d'une tache 
bleue et rouge. L'anale est colorée de jaune , de 
bleu et de violet, en a deux aigus, onze ramifiés } 
les thoracines , un épineux , cinq lisses chacune j 
les pectorales , treize chaque j la caudale jaunâtre,, 
douze 5 et la membrane branchiale , six. Cette es- 
pèce acquiert jusqu'à trois décimètres de lon- 
gueur ' y elle constitue deux belles variétés qui sont 
communes dans nos rochers sous-marins. 

16. L. Giofredi. L. Giofredi. N. (Girella.) 

PI. ix, fîg. a"; de cet ouvrage. 

L . Ruber , late.ribus aureis ; maxillis œqualibus , 
dentibus anterioribus majorïbus. 

Ce labre, dont aucun ouvrage d'histoire natu- 
relle ne fait mention . et auquel j'ai donné le nom 
du savant historiographe du département des 
Alpes maritimes, a la partie supérieure d'un 
beau rouge corail , qui se dégrade sur les côtés en 
jaune doré et passe à l'argent azuré sur le ventre. 
Le museau est pointu et noirâtre ; les mâchoires 



garnies de dents isolées, dont les antérieures plus 
longues. Les yeux sont d'un rouge vif , Pi ris doré 5 
les opercules marquis d'une tache d'un bleu cha- 
toyant; la ligne latérale supérieure , relevée et 
courbe. Le rouge , le jaune et le violet régnent 
sur ses nageoires. La dorsale a neuf rayons ai- 
guillonnés , treize articulés ; l'anale , trois aigus , 
douze ramifiés ; les thoracines, un épineux , cinq 
lisses chacune 5 les pectorales, quatorze chaque; 
La caudale rectiligne , quatorze 3 et la membrane 
branchiale , cinq. Ce poisson a trois décimètres en- 
viron de longueur. Il vit sur nos rochers submer- 
gés , il est aussi commun que l'espèce précédente 
et fournit deux jolies variétés, dont les gradations 
des couleurs sont plus ou moins foncées. 

17. L. Varié. Lac. L. Variegatus. Lin. (Tenco. ) 

Pennant. Beit. Zonl. ni , pag. 2'g, tab. 44. 

X. Ruber striis lateralibus parallelîs olivaceis ^; 
totidemcjue ccendeis. Lin. Syst. nat. pag. 1294, 



n 



. 58. 



Une couleur rouge est répandue sur le corps de 
ce poisson. Sa tête est parsemée, ainsi que les 
opercules, de belles taches azurées. La nuque est 
foncée, le museau avancé , les mâchoires garnies 
de dents fines 5 les yeux rubis , cerclés de bleu , l'i- 
ris doré. La ligne latérale courbe ; la nageoire 
dorsale est ornée de trois taches obscures vers sa 



260 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

base, elle contient dix-sept rayons aiguillonnés, 
douze articulés ; l'anale jaunâtre, bordée de bleu , 
trois aigus , neuf ramifiés ; les tlioracines , d'un 
rose pâle , un épineux et cinq lisses chacune 5 les 
pectorales, tachetées de bleu à leur base , en ont 
quatorze chaque 5 la caudale jaune et bordée de 
bleu , en a quatorze. Ce thoracin , qui est, dans 
le printemps, traversé longitudinalement par de 
légères lignes bleuâtres 5 vit dans nos rochers et 
parvient jusqu'à deux décimètres de longueur. 

18. L. Plombe. Lac, Z. Livens. Lin. (Serra. ) 

Mus. Ad. Faso. 11, pag. 80. 

L. Cauda rotundata; pinna dorsi ramentacea , cor~ 
pore fusco livido. Lin. Syst. nat. pag. 1291 , 
n°. 3i. 

Cette espèce , qui paroît se confondre par sa 
forme et ses habitudes avec le louche, en diffère 
par plusieurs caractères. Son dos et ses côtés sont 
d'un brun mêlé de jaunâtre; varié par diverses 
écailles d'un bleu plombé , le ventre est d'un ar- 
gent oxidé. Le museau est pointu , la bouche 
grande , les mâchoires égales , garnies de dents 
coniques un peu courbées , dont les antérieures 
de dessus plus grosses. Les yeux sont jaunâtres ; 
les opercules composés de deux pièces, la première, 
marquée sur ses bords par de légères stries j la 
seconde , terminée en pointe arrondie. La nuqu» 
est nue et creusée , la ligne latérale courbe. La na- 



LABRE. 2^1 

geoire dorsale est variée de jaune; de vert, de 
brun , elle contient dix-huit rayons aiguillonnés 
et ciliés, douze articulés, le dernier tacheté de 
noir à sa base. L'anale en a trois aigus, neuf ra- 
mifiés ; les thoracines, un épineux, cinq lisses 
chacune 5 les pectorales jaunes y quinze chaque; 
la caudale ronde, treize ; et la membrane bran- 
chiale y cinq. La longueur de ce poisson est de 
deux décimètres sur quarante-cinq millimètres de 
largeur; je l'ai trouvé en septembre; il n'est pas 
commun. 

ig. L. Neree. N. L. Nereus. N. (Rouquié.,) 

E. Corpore virescente , ocuiis rubris , pinna dorsaîi 
viridi luleo rubroque vario. 

Ce labre diffère du tourd et du perroquet , avec 
lesquels il semble s'unir par beaucoup d'analogie. 
Son corps est un ovale très-allongé, d'un vert un 
peu étiolé. La gorge et le ventre sont d'un argent 
azuré, avec quelques légères lignes jaunâtres. Son 
museau est peu avancé , les mâchoires presque 
égales, garnies de petites dents ; la nuque enfon- 
cée sans écailles ; les yeux sont d'un beau 
jaune doré, nuancé de vert, avec l'iris doré. 
L'opercule terminé en pointe , la ligne latérale 
courbe vers la queue. La nageoire dorsale est 
d'un vert jaunâtre , nuancée de ronge vers l'extré- 
mité , elle contient dix-neuf rayons aiguillonnés ? 



202 OSSEUX. THORACIQUES. 

onze articulés ; l'anale , trois aigus , dix ramifiés ; 
les thoracines , un épineux , cinq lisses chacune ; 
les pectorales, quatorze chaque; la caudale, 
quinze ; et la membrane branchiale , cinq. La 
longueur de ce poisson est de deux décimètres; il 
vit dans nos rochers. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

La 7iageoîre de la queue divisée en trois lobes. 
<±o. L. Hébraïque. L. Hebraicus. Lac. (Girello turco.) 

Lace p. tom. ni , pag, "■ i «i , pi. 39 , n. 5. 

Z. Lcetè viridi aura tus; fascia cœrulea rubro mar- 

ginata ad opercula. 

Les ichthyologistes assignent pour patrie à ce 
beau labre le grand océan équatorial. Son corps 
est couvert d'écaillés tenaces et brillantes , d'un 
vert tendre , admirablement nuancé d'une couche 
dorée et traversé auprès des opercules d'une 
grande bande sinueuse d'un bleu céleste, bordée 
de chaque côté d'une large ligne d'un rouge vif. 
Le museau est pointu ; la tête dénuée d'écaillés 
d'un brun châtain , ornée de raies d'un bleu in- 
digo qui se divisent en mille sens , et qu'on a com- 
parées à des caractères hébraïques. La bouche est 
petite 5 les mâchoires garnies de dents fines et cour- 
bes , dont les antérieures plus longues. La langue 
est lisse; les yeux d'un bleu de télésie , l'iris d'un 
roime rubis. La li^ne latérale est courbe. La na- 



LABRE. 2Ôà 

geoire dorsale d'un bleu foncé qui se change en 
verdâtre , on voit à son origine une tache dorée , 
elle contient huit rayons aiguillonnés, treize ar- 
ticulés 5 l'anale , un aigu ? douze ramifiés } les 
thoracines qui sont azurées , un épineux 5 cinq 
lisses chacune 5 les pectorales qui sont isocèles , 
roussâtres ? avec une tache noire h leur base , en 
ont quatorze chacune 5 la caudale qui réfléchit 
toutes les gradations du bleu , en a quatorze $ et la 
membrane branchiale ? cinq. La longueur de cet 
osseux est de deux décimètres et demi 5 sa chair 
est grasse et délicate 5 il vit dans nos mers et s'ap- 
proche des rochers de Saint-Hospice en juin et 
en octobre. 

Ai: MARQUA s. 

Proportions agréables , couleurs brillantes , forme élégante , 
mouvemens agités, tels sont les attributs des labres. Ces jolis 
poissons ne quittent jamais nos rivages 5 ils -vivent, tantôt dis- 
persés , tantôt réunis 5 se nourrissent de mollusques et de 
crustacés, et ne se plaisent que dans les rochers qui ne sont 
point battus par les vagues bruyantes. Dès que ces retraites 
paisibles se couvrent de touffeuses cryptogames , ils viennent y 
établir leur demeure d'amour. Ils frayent sur ces plantes où 
leurs petits trouvent tout ce qui peut subvenir à leur nourri- 
ture. La confusion qui étoit répandue parmi les labres a donné 
lieu à des méprises qui ont induit en erreur beaucoup d'auteurs. 
M. Lacépède , en ayant séparé plusieurs genres , a répandu 
beaucoup de lumières sur cette nombreuse famille , que Bloch. 
avoit aussi divisée. Une étude suivie des espèces qui habitent 
nos mers , m'a obligé de séparer de ce genre plusieurs es- 
pèces de lutjans ; qu'on avoit placés parmi les labres. Ces pois- 



3:>4- OSSEUX. THORÀCIQUES. 

sons offrent en tout temps une chair aussi saine que savoureuse. 
Us s'approchent des rivages dans les équinoxes ; et on en prend 
eu abondance dans nos mers pendant toute Tannée. 



G. LU. Spare. Sparus. Artèdi. 

Caractères. Lèvre supérieure peu extensible j 
des dents incisives ou des molaires disposées 
sur un ou plusieurs rangs ; opercules sans 
piquans ni dentelures ; une seule nageoire 
dorsale éloignée de celle de la queue ; ou la 
plus grande hauteur du corps égale ou pres- 
que égale à sa longueur. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

La nageoire de la queue fourchue ou e?z croissant» 
i. S. Dorade. Lac. S. Auratus. Lin. ( Aurado.) 

Bloch. pi. 266. 

S. Subvitlatus ; lunula aurea inter oculos ; operculis 

fusco maculatis. 

La dorade a le corps élevé d'un bleu céleste sur 
la partie supérieure , passant à l'argenté sur l'in- 
férieure ? relevé par quelques raies brunes. Sa tête 
est comprimée, sans écailles, ornée d'un crois- 
sant doré sur la nuque. La bouche petite , la 
langue courte et lisse ; les mâchoires charnues 
garnies de six dents incisives sur le devant, sui- 



SPARE. 



2 35 



vies de Jeux rangs de molaires. Les yeux sont 
dorés. Les opercules unis , marques d'une tache 
noirâtre 5 l'anus situé près de la queue. La ligne 
latérale courbe. La membrane branchiale con- 
tient six rayons 5 la nageoire dorsale qui est noi- 
râtre , en a onze aiguillonnés , quatorze articulés ; 
l'anale , trois aigus , douze ramifiés ; les thora- 
cines, un épineux, cinq lisses chacune 5 les pec- 
torales en ont seize chaque , avec une tache rou- 
geâtre à leur base. La caudale tachetée de noir à 
son origine, en a dix-sept. Ce poisson parvient 
dans nos mers jusqu'au poids de cinq kilo- 
grammes 5 on en prend sur nos rivages. 

2. S. Sparaillon. Lac. S. Annularis* Lin. ( Mourê 

agut. ) 

Bloch. pi. 271. 

S. Ocello nîgro sub caudali , corporeflavescente. Lin. 

Le nom que l'on donne ici à ce spare est tiré 
de la forme de son museau pointu et avancé. Son 
corps est ovale, oblong, couvert de belles écailles 
argentées , nuancé d'une couche dorée, avec neuf 
raies longitudinales d'un brun foncé. La bouche 
est petite • les mâchoires prolongées 5 la supé- 
rieure garnie de quatre rangs de dents molaires, 
arrondies; l'inférieure en a deux rangs. La langue 
est lisse- les yeux argentés, l'iris doré 5 la ligne 
latérale est courbe. La membrane branchiale con- 



336 OSSEUX. THORACIQUES, 

tient six rayons 5 la nageoire dorsale en a onze ai- 
guillonnés, treize articulés ; l'anale, trois aigus , 
douze ramifiés; chaque thoracine, un épineux , 
cinq lisses ; les pectorales, tachetées de noir à leur 
base, en ont quatorze chaque 5 et la caudale, 
vingt. Cette espèce s'approche de terre en juillet 
et en septembre. Son poids ne passe jamais deux 
kilogrammes. 

3. S. Sargue. Lac. S. S argus. Lin. ( Sargou. ) 

Bloch. pi. 264. 

S» Ocello sub caudali ; corpore fasciïs nigris. 

Ce poisson est argenté , doré , avec plusieurs 
raies longitudinales , il porte une tache noire au- 
dessus de Ja queue. Son museau est avancé , la 
bouche petite , les mâchoires garnies de huit 
dents incisives et de deux rangées de molaires ar- 
rondies de chaque côté. La langue est lisse 5 les 
yeux obscurs, avec l'iris argenté. La ligne laté- 
rale est courbe. La membrane branchiale a cinq 
rayons 5 la nageoire dorsale en a douze aiguil- 
lonnés, treize articulés 5 l'anale, trois aigus, 
quatorze ramifiés. Chaque thoracine , un épi- 
neux , cinq lisses. Les pectorales , avec un trait 
noir à leur base , seize chacune ; la caudale, lise- 
rée de noir, en a vingt-deux. Ce thoracin est 
commun dans nos mers j on en prend jusqu'au 
poids de deux kilogrammes. 



SPARE. nZ 1 "} 

4. S. Pontazzo. «S*. Puntazzo, Lin. ( Sargou rascas. ) 

«S. Orecuspidato ; pimia caudali semilunari àlatere 
concavo tôt a nigra. Lin. 

L'incertitude qui régnoit dans la description du 
pontazzo a été cause qu'on Fa regardé jusqu'à 
présent comme une variété du sargue. Ce poisson 
a le corps ovale , oblong , couvert de belles écailles 
argentées , obscur sur le dos et traversé sur les 
côtés par seize petites lignes dorées, relevées par 
une tache noire qu'on voit sur les opercules. Le 
museau est avancé ? la bouche ample 5 les mâ- 
choires garnies de six dents incisives et d'un rans 
de molaires. La langue est lisse 5 les yeux d'un 
argent azuré , l'iris doré. La ligne latérale com- 
posée de petits traits noirs. La membrane bran- 
chiale contient six rayons 5 la nageoire dorsale en 
a ouzp aiguillonnés , quinze articulés 5 l'anale , 
trois aigus , quatorze ramifiés 5 chaque thoracine , 
un épineux , cinq lisses 5 les pectorales qui sont 
très-longues } eu ont quinze chacune 5 la caudale 
en croissant, traversée h sa base d'une bande noi- 
râtre , en a vingt-quatre. Cette espèce est aussi 
commune que la précédente j sa chair en est meil- 
leure et parvient jusqu'à trois décimètres de lon r 
gueur. 

5. S. Oblade. Lac. S. Melanurus. Lin. ( Blado.) 

Willusbsy. Hist. Pisc. 5io, tab, v. 2. fîg. 1. 



2 58 OSSEUX. THORACIQUES. 

S. Ocelîo nigro caudœ ; corpore îineis longitude 

nalibus. Lin. 

Cet osseux se fait distinguer par son corps 
ovale; d'un bleu noirâtre sur le dos , argenté sur 
le ventre ? marqué de plusieurs raies longitudi- 
nales obscures sur les côtés, et orné d'une bande 
noire vers la queue. Le museau est avancé , la 
bouche médiocre , la mâchoire supérieure garnie 
de quatre dents incisives ? presque tronquées et 
dentelées à leur sommité ; l'inférieure est hérissée 
de petites dents aiguës. Les yeux sont grands , 
d'un brun argenté; l'iris doré. La ligne latérale 
courbe. La membrane branchiale contient six 
rayons ; la nageoire dorsale en a onze aiguillon- 
nés ? quatorze articulés; l'anale, trois aigus , qua- 
torze ramifiés , chaque thoracine , un épineux , 
cinq lisses ; les pectorales ? treize chacune ; et la 
caudale , dix-sept. On pêche toute l'année ce 
poisson dans nos mers , où. il parvient jusqu'au 
poids d'un demi kilogramme. 

6. S. Smaris. Lac. S. Smaris. Lin. (Gerle.) 

Rondelet.- tom. 1 , pag. îio. Belon , 2î8. 

S. Argenteus ; macula laterali média fusca ; pinnis 
pectoralibus caudalique rubris. 

La couleur générale de ce thoracin est d'un ar- 
gent pâle , légèrement nuancé sur le dos d'un 
brun rougeâtrej et orné sur les côtés d'une tache 



S P A R E. 2%Q 

quadrangulaire noire. Le museau est avancé 5 la 
nuque présente une forme rhomboïdale bordée de 
petits pores. La bouche ample ; les mâchoires 
garnies de dents fines et serrées, Les yeux sont ar- 
gentés , l'iris doré 5 la ligue latérale un peu 
courbe. La membrane branchiale renferme six 
rayons ; la nageoire dorsale en a onze aiguillon- 
nés, neuf articulés; l'anale, trois aigus, neuf ra- 
mifiés : chaque thoracine, un épineux, cinq lisses ; 
les pectorales, quatorze chaque; et la caudale, 
dix-huit. Elles sont toutes d'une couleur rou- 
geâtre. La longueur de ce poisson est de deux dé- 
cimètres 5 il habite nos rivages ; on en prend 
toute l'année , ainsi que des gavarons y c'est ainsi 
qu'on nomme ce même spare lorsqu'il est encore 
jeune. 

7« S. Mendole Lac. S. Mcena* Lin. ( Amendoulo. ) 

Bloch. pi. 270» 

«S. Variegatus ; ocello fusco lateraïi. 

Si plusieurs poissons sont sujets à varier de 
couleurs, aucun n'en offre un exemple plus re- 
marquable que la mendole. Vers le printemps , à 
l'époque du frai , son corps devient argenté , se 
couvre de plusieurs raies longitudinales d'un bleu 
chatoyant et laisse paroître de chaque côté une 
tache noire placée au-dessous de la ligne latérale. 
Le museau est effilé; la bouche petite ; les raâ- 



2i\0 OSSEUX. THORACIQITES. 

choires garnies de dents aiguës 5 le palais rude : là 
langue lisse $ les yeux d'un argent doré , l'oper- 
cule composé de. plusieurs pièces. Les nageoires 
rougeâtres. La dorsale contient onze rayons ai- 
guillonnés , douze articulés ; l'anale , trois aigus , 
neuf ramifiés } les thoracines courtes, un épi- 
neux , cinq lisses chacune 5 les pectorales , quinze 
chaque ; la caudale , dix-sept 5 et la membrane 
branchiale , six. La longueur de ce thoracin est 
de deux décimètres et demi. Ses œufs sont aurore: 
ils éclosent en juillet. 

8. S. Pagel. Lac. S. ErytJirinus. Lin. ( Pageo. ) 

Bloch. pi. 27 t. 

S. Cauda sub intégra; corpore rubro. Lin. 

Ce spare est très-recherché à cause de la délica- 
tesse de sa chair. Son corps est argenté, nuancé 
d'une teinte rouge qui passe par plusieurs grada- 
tions jusqu'au rose pâle. Son museau est avancé, 
la bouche médiocre 5 les mâchoires garnies de 
deux rangées de petites dents, les antérieures 
fortes et pointues. La langue est lisse , les yeux ar- 
gentés, l'iris doré. L'opercule composé de trois 
lames j la li^ne latérale un peu courbe. La mem- 
brane branchiale renferme cinq rayons 5 la na- 
geoire dorsale en a douze aiguillonnés, dix arti- 
culés ; l°anale , trois aigus, neuf ramifiés 5 les tho- 
racines , un épineux , cinq lisses chacune 5 les pec- 






S PARE. 2/^1 

torales , dix-sept chaque 5 et la caudale, vingt. 
La longueur du pagel ne passe jamais trois déci- 
mètres ; il parvient au poids d'un kilogramme. 

s 

g. S. Pagre. Lac. S. Pagrus, Lin, ( Padre. ) 

Bloch. pi. 267. 

5. Rubescens ; cute ad radicem pinnarum dorsi et 
anum in sinu producùa. 

Le corps du pagre est d'un rouge tendre sur le 
dos , mêlé de teintes jaunâtres sur les côtés , et ar- 
genté avec une couche dorée intérieurement. Son 
museau est grand; la nuque large, la bouche 
ample ; les mâchoires hérissées de deux rangs de 
dents molaires. Les antérieures petites et pointues r 
les autres plus grosses et arrondies. La langue est 
lisse ; les yeux argentés, l'iris doré. Les opercules 
marqués d'une tache ferrugineuse ; la ligne laté- 
rale courbe. La membrane branchiale contient 
six rayons ; la nageoire dorsale en a douze aiguil- 
lonnés , dix articulés 5 l'anale , trois aigus , neuf 
ramifiés; toutes deux garnies à leur base d'une 
membrane qui entoure le dernier rayon ; les tho- 
racines en ont un épineux , cinq-lisses chacune : 
les pectorales, quinze chaque, avec une tache 
noire à leur origine ; et la caudale qui est rouge à 
la sommité, en a vingt. Ce spare parvient an 
poids de cinq kilogrammes ; il s'approche *e nos 



rivages en été. 



16 



■f 

242 OSSEUX. TH0RAC1QUES. 

10. S. Bogue. Lac. S. Boops. Lin. (Bugo. ) 

Josïton. 11b.' 1 , tab. 10 , Cg. F. 

«S*. Lineis longitudirialibus obscuris ; inferioribus 
quatuor aureis argenteisque. 

Une prodigieuse quantité de ces poissons ré- 
pand l'abondance chez les habitans des bords 
méridionaux maritimes. La bogue a le corps al- 
longé , un peu cylindrique , d'un bleu obscur sur 
le dos, traversé de plusieurs raies longitudinales, 
dorées sur les côtés et argenté sur le ventre. Son 
museau est arrondi 5 la bouche médiocre 5 les mâ- 
choires garnies de dents ; le palais lisse • les yeux 
grands , argentés. La ligne latérale droite 5 la na- 
geoire dorsale contient quatorze rayons aiguil- 
lonnés, seize articulés ; l'anale, trois aigus, 
seize ramifiés j les thoracines , un épineux ., cinq 
lisses ; les pectorales rougeàtres, quatorze chaque } 
la caudale , dix-sept 5 et la membrane branchiale, 
six. Ce spare parvient jusqu'à trois décimètres et 
demi de longueur 5 il pèse alors quatre hecto- 
grammes. Sa chair est fort bonne. 

II. S.Canthere. Lac. 5. Cantharus. Lin.(Tanudo.) 

Rondelet , mm. 1 , pag. ii3. 

S* Cauda immaculata ; corpore lineis lo?igitudina- 

libus luteis. Lin. 

Les pécheurs de Nice donnent le nom de Cari- 



SPÀRE. 245 

iheno à cette espèce, quand elle est jeune, et 
ne présente que de petites dimensions. Le corps 
de ce thoracin est ovale, oblong, d'une couleur 
argentée qui s'obscurcit en noir sur le dos et mar- 
qué sur les cotés de seize raies longitudinales 
d'un jaune doré; le museau est effilé, la bouche 
ample 5 les mâchoires hérissées de plusieurs ran- 
gées de dents , dont les antérieures de dessus très- 
grosses et celles de dessous fort petites. Les yeux 
sont brunâtres, l'iris doré , la prunelle bleue ♦ la 
ligne latérale est large 5 un peu courbe. La mem- 
brane branchiale contient six rayons 5 la na- 
geoire dorsale en a onze aiguillonnés , treize ar- 
ticulés 5 l'anale, trois aigus, onze ramifiés ; les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune 5 les 
pectorales qui sont en forme de lance jaunâtres , 
en ont quatorze chaque • et la caudale, seize. Ce 
poisson parvient jusqu'à six décimètres de lon- 
gueur. Sa chair est fort estimée. 

12, S. Saupe. Lac. S, Salpa* Lin. ( Sarpo. ) 

Bloch. pi. 265. 

S. Lzneis fulvis lorigitudinalibiis utrinque undecim. 

Ce poisson est remarquable par onze raies 
longitudinales dorées sur un fond arçenté. Le 
dos est obscur , le museau avancé , la bouche pe- 
tite 5 les mâchoires égales, garnies d'une rangée 
de dents qui s'enchâssent les unes près les autres. 



^44 OSSEUX. TH011ACIQUES. 

La langue lisse; les yeux argentés , l'iris doré, la 
prunelle noire ; l'opercule composé de trois lames ; 
la. ligne latérale presque droite. La membrane 
branchiale contient cinq rayons ; la nageoire dor- 
sale , onze aiguillonnés, dix-sept articulés; l'a- 
nale, trois aigus, quatorze ramifiés; les thora- 
cines , un épineux, cinq lisses chacune; les pec- 
torales, quatorze chaque; et la caudale, dix- 
huit. La longueur de ce poisson va jusqu'à cinq 
décimètres; il pèse alors deux kilogrammes. Sa 
chair est pesante ; on en voit toute l'année. 

i3. S. Haffara. Lac. S. Haffara, Lin. (Esperlin. ) 

Fop.skael. Faun. Arab. , pag. 53 , n. 25. 

S. Argejiteus , lineis longitudinalibus ohsoletis 6$ 
fusco flavescenùbus ; cauda bifida. Lin. 

Ce thoracin , qu'on prend ordinairement à la 
ligne , se plaît à fréquenter les bords rocailleux de 
nos rivages. Son corps est argenté , nuancé d'une 
couche dorée , traversé par seize raies longitudi- 
nales d'un brun jaunâtre et marqué d'une tache 
noire vers la base de la queue. Le museau est ar- 
rondi, obscur ; les mâchoires égales, garnies de 
dents incisives , fortes, émoussées et isolées. Les 
yeux argentés , avec un cercle foncé ; l'iris doré. 
La ligne latérale est courbe. La membrane bran- 
chiale contient six rayons argentés : la nageoire 
dorsale , onze aiguillonnés , treize articulés : 



5PARE. ^45 

l'anale , trois aigus , dix ramifiés ; les thoraciiies 
jaunâtres, un épineux > cinq lisses chacune 5 les 
pectorales , quatorze chaque 5 la caudale , seize. 
La longueur de cet osseux est d'un décimètre et 
demi. Les petits individus présentent quelques 
variétés dans les nuances des couleurs. On en 
trouve beaucoup dans le printemps. 

i4- S. Mormyre. S» Mormyrus. Lin. (Mourmero. ) 

Rondelet, tom. i , lib. v , pag. i36. 

S. Couda bifîda ; fasciïs argenteis nigrisque 

plurîmis. 

Dix bandes transversales noirâtres, qui se sé- 
parent agréablement sur un fond argenté, sont un 
des caractères qui fait distinguer le mormyre. 
Son museau est avancé , la bouche petite , la 
mâchoire supérieure garnie de quatre rangs de 
petites dents molaires , elle est un peu plus avan- 
cée que l'inférieure qui en a deux rangs. La langue 
est lisse ; les yeux argentés 5 les opercules com- 
posés de trois pièces ciselées ; la ligne latérale peu 
courbe. La membrane branchiale contient cinq 
rayons 5 là*-nageoire dorsale , onze aiguillonnés , 
douze articulés 5 l'anale , trois aigus , dix rami- 
fiés 5 les thoraciiies , un épineux , cinq lisses cha- 
cune 5 les pectorales , quinze chaque 5 la caudale , 
lisérée de noir , en a dix-huit. Sa longueur est de 
deux décimètres 5 son poids d'un demi kilogramme. 



1 46 OSSEUX. THORACIQUES. 

Sa chair est délicate. Il est fort commun dans nos 
mers. 

i5. S. Osbecr. S. Osbeck. Lac. (Goro. ) 

S. Argenteo-auratus , cœruleo puncùatus ; dentibus 
anterioribus majorîbus . 

M. Lacépède a donné à ce poisson le nom du 
savant qui l'a fait connoître. Ce spare a le corps 
large et aplati, couvert sur le dos d'écaillés où l'or^ 
l'azur et le brun se nuancent en mille manières. 
Les côtés sont couverts de points d'un bleu in- 
digo ? qui s'étendent en lignes sinueuses , et se 
mêlent à des raies d'un jaune doré. Le ventre est 
arafiité. Son museau est recourbé , la tête traver- 
sée par des bandes d'un bleu chatoyant : les mâ- 
choires sont garnies de dents , les antérieures 
plus grosses. Le palais rude. Les yeux d'un jaune 
doré , l'iris argenté. Une tache blanche se voit sur 
la nuque. La ligne latérale courbe. Les nageoires 
sont tachetées de bleu. La dorsale a onze rayons 
aiguillonnés , onze articulés ; l'anale , trois aigus ? 
dix ramifiés ; les thoracines très-longues ? un épi- 
neux y cinq lisses chacune 5 les pectorales rougeâ- 
tres , seize chaque 5 la caudale , dix-huit 5 et la 
membrane branchiale , six. Ce thoracin est long 
de trois décimètres. C'est au mois de juin que le 
mâle s'approche du rivage ? pour exprimer sa laite 
et féconder les œufs. 



S PARE. 247, 

16. , c » Marseillois. S» Massiliensis, Lac. ( Besugo. ) 

Brun. ich'. mas, il. pa^. 18. 

S. Argenteus ; lateribus macula magna , nigra p 

dentata , notatis, 

La surface du corps du spare marseillois qui 
habite nos mers est argentée, couverte de petits 
points noirs , nuancé sur le dos d'un rose tendre , 
et marqué au milieu de la ligne latérale , près des 
opercules , d'une grande tache noire ramifiée. Le 
museau est arrondi ; au-dessus de la tête sont 
placés deux espèces de croissaus 5 la nuque est. 
sans écailles 5 les narines ont deux orifices iné- 
gaux. La bouche arquée 5 les mâchoires garnies 
de deux rangs de dents isolées et aiguës. La lan- 
gue lisse , ainsi que le palais , est teinte d'une 
couleur d'oxide rouge de plomb. Les yeux grands, 
l'iris d'un argent rougeâtre. La membrane bran- 
chiale contient six rayons 5 la nageoire dorsale en 
a douze aiguillonnés, et douze articulés ; l'anale, 
trois aigus , douze ramifiés *, les thoracines , un 
épineux , cinq lisses chacune ; les pectorales , 
seize chaque 5 la caudale , dix-huit. Ce thoracin 
parvient jusqu'à six décimètres de longueur , et 
au poids de trois kilogrammes. Sa chair est fort 
bonne. Il s'approche du rivage en mai et juillet. 
Ce poisson a beaucoup de rapports avec celui 
que M. De Laroche a décrit sous le nom de cen- 
trodontus. Annales du Mus. , tom. XIII. 



248 OSSEUX. TllORACIQUES. 

17. S. Castagnole. S. Castaneola. Lac. (Castagnollo.) 

iS". Rajt. Bloch. pi. 275» 

S. Compressas, rotundatus; capite declivi ; maxilla 

longiore. 

Le brillant éclat de l'argent, modifié par quel- 
ques reflets azurés , étincellent sur le corps de la 
castagnole. Sa forme est comprimée , et sa hau- 
teur égale presque sa longueur totale. Son museau 
est élevé et arrondi. La bouche ample, la mâchoire 
inférieure plus longue que la supérieure } elles sont 
arnies de deux rangées de dents minces , reCOUr- 






bées , et inégales sur celle du dessous , et d'une 
seule rangée à celle de dessus. Les yeux sont 
grands , argentés 5 l'iris doré , la prunelle bleuâ- 
tre ; l'anus est situé près de la tête ; la ligne laté- 
rale courbe. La membrane branchiale contient 
cinq ravons ; la nageoire dorsale bleuâtre , en 
a trois peu aiguillonnés , trente-cinq articulés j 
l'anale , deux aigus , trente ramifiés 5 elles ont 
leur base couverte d'écaillés. Les thoracines , qui 
sont jaunâtres , en ont un épineux , cinq lisses 
chacune ', les pectorales , vingt-deux chaque 5 la 
caudale, lisérée de noir, en a vingt. Ce beau pois- 
son , qu'on n'avoit observé que dans l'Océan 
Atlantique , parvient dans nos mers jusqu'à sept 
décimètres de longueur , et au poids de cinq ki- 
logrammes. Sa chair est tendre et délicate. Il ha- 



S PARE. 249 

bite les profondeurs rocailleuses. On en prend en 
mai , juin , décembre , etc. M. Schneider a rangé 
avec raison cette espèce dans un nouveau genre , 
sous le nom de brama , parce qu'en effet les dents 
de ce poisson sont semblables entr'elles, et sur un 
seul rang à la mâchoire inférieure. 

1 8. S. Bogar aveo. S. Bogaraveo. Lac. ( Bugaravello. ) 

Brun. pisc. niassiJ. pag. 4g. 

S. Argenteus ; linea laterali brunnea ; pinnis 

rubescentïbus* 

On s'est attaché jusqu'à présent à des carac- 
tères trop généraux pour distinguer cette espèce 
des autres spares qui habitent la Méditerranée. 
La Bogaraveo a le corps ovale , oblong , d'une 
couleur argentée , qui prend plus d'éclat sur le 
ventre. Il a le museau arrondi , la bouche mé- 
diocre , les mâchoires égales , garnies de petites 
dents; les yeux grands, argentés ; l'iris doré. La 
ligne latérale d'un brun roussâtre ; les nageoires 
ont une légère teinte de carmin. La dorsale a 
douze rayons aiguillonnés , treize articulés } l'a- 
nale , trois aigus, douze ramifiés: les thoracines, 
un épineux , cinq lisses chacune , avec un appen- 
dice au milieu 5 les pectorales en lance, quinze 
chaque 5 la caudale , dix-huit j et la membrane 
branchiale , six. La longueur de ce poisson est 
environ deux décimètres. Sa chair a peu de goût. 



35o OSSEUX. THORACÏQUE5. 

On en pêche dans nos mers, en janvier, mai et 
juillet. 

ig. S. Gros-œil. S. Macrophtahnus. Lac. (Boucco- 

rougo. ) 

BtOCH. pi. 272. 

•S. Corpore compresso , argenteo f fasciis transversis. 
luteis et rubris ; ocellis magnis, 

La grandeur des organes de ia vue a servi aux 
auteurs pour désigner cette espèce. Le corps de ce 
spare est ovale , un peu comprimé , d'un rouge 
pkis ou moins foncé sur sa partie supérieure , 
argenté sur le ventre , et traversé sur les côtés de 
plusieurs raies longitudinales , jaunes et rouges , 
recouvertes d'une couche dorée. Son museau est 
avancé , la bouche ample 5 les mâchoires égales , 
garnies de plusieurs rangs de dents > dont les an- 
térieures de celle de dessous plus longues. La lan- 
gue est lisse : les yeux grands , d'un rouge carmin 5 
l'iris doré. La ligne latérale d'un rouge cinabre. 
Les nageoires sont -variées. La dorsale a douze 
rayons aiguillonnés , dix articulés 5 l'anale , trois 
aigus , dix ramifiés 5 les thoracines , un épineux, 
cinq lisses chacune ;les pectorales, treize chaque; 
la caudale, qui est jaune à la base , et se fond en 
gris vers l'extrémité , en a dix -sept , et la mem- 
brane branchiale , six. La longueur de ce poisson 
acquiert jusqu'à cinq décimètres , et son poids un 



SPARE. 25l 

kilogramme. Il fréquente toute l'année les grandis 
fonds , et s'approche de nos rivages en mai , sep- 
tembre , etc. On avoit ignoré jusqu'ici sa patrie. 

ao. S. Denté S. Dentex. Lin. ( Lente. ) 

Bloch. pi. 268. 

«S. Cauda bifiàa , corpore variegato ; dentibus qua- 
tuor majoribus. Lin. 

De grandes dimensions et un beau coloris dis- 
tinguent ce spare qui fut , chez les anciens natu- 
ralistes , l'objet de plusieurs recherches. Son corps 
est épais, d'une couleur argentine , se nuançant 
sur le dos en bleu céleste, et orné de points bleuâ- 
tres sur les côtés. L'or , l'argent et l'améthyste se 
réfléchissent par ondes azurées sur le museau. Sa 
tête est comprimée, dénuée d'écaillés 5 la bouche 
ample , les mâchoires garnies de dents pointues 
et recourbées , les quatre antérieures plus longues. 
Les yeux sont rapprochés , d'un bl»u argenté 5 
l'iris doré. La ligne latérale courbe. La membrane 
branchiale contient six rayons 5 la nageoire dor- 
sale, d'un jaune bleuâtre, en a onze aiguillonnés, 
douze articulés : l'anale , trois aigus, huit rami- 
fiés j les thoracines , un épineux , cinq lisses cha- 
cune 5 les pectorales rougeâtres, quatorze chaque \ 
la caudale, d'un rouge pâle, en a dix-huit. Ce 
poisson parvient à un mètre de longueur, et pèse 



252 OSSEUX. TH0RAC1QUES. 

alors dix kilogrammes. Il vit dans nos mers , et 
s'approche des bords en juin et août. 

21. S. Bilobé. S. Bilobatus. Lac. [Gerlesso. ) 

Lacep. tom iv, pi. 2. 

S. \Argenteus fasciis aureis ccemleisc/ue transversis 
pi?inis Jlavescen tibus. 

Les roches arides de la mer de Nice sont la 
demeure habituelle de cette espèce qu'on n'avoit 
trouvée que dans le Grand Océan équatorial. Son 
corps est aplati , argenté , traversé par de légères 
bandes bleuâtres et dorées. Le museau est pointu , 
la mâchoire supérieure un peu plus longue que 
l'inférieure \ elles sont garnies de petites dents y 
dont les quatre antérieures plus longues , pointues 
et crochues. La langue est lisse ' 7 les yeux argentés, 
avec des taches brunes , l'iris doré. La nuque et 
ses côtés diaphanes ; la ligne latérale courbe. La 
membrane branchiale a six rayons ; la nageoire 
dorsale qui est très-éîevée ? en a onze aiguillonnés, 
dix articulés 5 l'anale , ondée d'azur ? en contient 
trois aigus > dix ramifiés 5 les thoracines , un épi- 
neux y cinq lisses chacune 5 les pectorales , quatorze 
chaque • et la caudale , vingt. Ce thoracin a deux 
décimètres de longueur. On le prend à la ligne , 
en mars et décembre. 

22. S. Berde. Lac. S. Berda. Lin. ( Gieudo. ) 

Forsiuel. Faim. Aral), pag. 3a , n. si. 



S PARÉ. 253 

S. E cinereo aîbidus , squammis lateralïbus singulis 
fascia média transversa jusca ; spinis dorsaiibus 
recumbentlbus , 

Le savant Forskaê'l a décrit cette espèce qui vit 
sur nos rivages. Son corps est presque ovale, cou- 
Tert de grandes écailles arrondies 9 d'un blanc 
d'argent. Le museau est court et azuré. La nuque 
marquée de deux traits profonds de chaque côté. 
La bouche médiocre ; la langue et le palais lisses; 
la mâchoire supérieure un peu plus longue que 
l'inférieure; elles sont garnies de plusieurs dents 
molaires demi-sphériques , et d'incisives assez 
longues sur le devant. Les yeux sont grands . d'un 
argent doré. Les narines sont placées sur ses 
bords 5 la ligne latérale foncée. La membrane 
branchiale a six rayons 5 la nageoire dorsale qui est 
obscure , en a douze aiguillonnés 9 douze articu- 
lés , l'anale , trois aigus ? douze ramifiés ; les tho*. 
a'acines 7 un épineux , cinq lisses chacune : les 
pectorales , quatorze chaque 5 la caudale , seize. 
Ce spare , qu'on prend communément à Nice , en 
juillet ? n'a que trois décimètres de longueur. Sa 
chair est assez bonne. Il se nourrit de petites 
chipées. 

2 3. S. Passerons S. Passeront. Nob, (Moissiu. ) 

PI. vu . fîg. ai de cet ouvrage. 






254 OSSEUX. THORACIQUES. 

S. Corpore parvo , peïïucido , nigro punctatô 
lateribus argenteis» 

C'est au célèbre poè'te Passeroni de Conda- 
miiies , hameau de Lantosca , village de notre 
département , que j'ai dédié ce petit spare que les 
auteurs n'ont pas décrit. La partie supérieure du 
corps de ce poisson est presque diaphane et cou- 
Verte d'une infinité de petits points noirs. Les 
côtés et l'abdomen brillent de l'éclat ' de l'ar- 
gent. Lé museau est arrondi ; la bouche petite 5 
les mâchoires garnies de dents à peine visi- 
bles. Les yeux ont l'iris argenté ; la ligne laté- 
rale située sur le dos. Les nageoires sont d'un 
rouge tendre. La dorsale a dix rayons aiguillon- 
nés ? quatorze articulés, l'anale, trois aigus, 
treize ramifiés; les thoracines , un épineux, cinq 
lisses chacune ; les pectorales , douze chaque ; la 
caudale, dix-huit: et la membrane branchiale, 
quatre. La longueur de ce poisson ne passe ja- 
mais quatre centimètres. Sa chair est blanche et 
délicate, il fréquente nos rivages depuis février 
jusqu'en juillet. 



DEUXIÈME SOUS-GENRE, 

La nageoire de la queue rectiligne ou arrondie. 
24. S. Marron. Lac. S. Chromis. Lin (Castagnollo.) 

Roni ilet , tom. j , lib. v. cap. SI. 



S PARE. 255 

S. Cauda bifula; radio ventralium secundo setaceo. 

Lin. 

Ce poisson , qu'on ne doit pas confondre avec 
Ja castagnolle, dont il porte à Wice le nom 
vulgaire, a le corps noirâtre, lavé d'une couche 
d'argent et traversé de huit raies longitudinales. 
Son museau est pointu 5 ses mâchoires égales, 
garnies de petites dents obtuses. Les yeux obscurs, 
avec l'iris argenté. La ligne latérale est interrom- 
pue. La membrane branchiale a cinq rayons ; la 
nageoire dorsale en a quatorze aiguillonnés , 
neuf articulés ; 1'. nale , deux aigus , dix ramifiés ; 
les thoracines, un épineux, cinq lisses chacune; 
les pectorales , dix-sept chaque , avec une tache 
noire à leur base ; la caudale un peu fourchue et 
blanchâtre dans le centre, en contient quinze; 
elle est garnie de chaque côté de trois petits ai- 
guillons. Le marron n'a qu'un décimètre de lon- 
gueur ; sa chair est blanche et d'un assez bon 
goût ; il habite toute l'année nos rochers. 

25. S. Hurta. £. Hurta. Lin. (Ravella. ) 

Lin. Mus. ad. Fred. 2 , pag. y'S. 

S. Cauda bifida; corpore fasciis riibris transversis ; 
dentibus laniariis exsertis. 

Cette espèce , qu'on pêche quelquefois sur nos 
côtes , a le corps comprimé, ovale , oblong, d'une 
couleur argentée , traversé de petites lignes dorées 



2 56 OSSEUX. YPIORACIQÙES. 

et de plusieurs bandes rougeâtres qui s'étendent 
transversalement 5 la bouche est médiocre ; les 
mâchoires sont garnies de deux rangées de dents 
molaires arrondies , dont celles du devant de la 
supérieure petites et conformées comme des dents 
laniaires. Les yeux sont argentés 5 la ligne laté- 
rale droite. La nageoire dorsale a douze rayons 
aiguillonnés , dix articulés 5 l'anale , trois aigus , 
sept ramifiés 5 les thoracines , un épineux , cinq 
lisses chacune $ les pectorales, seize chaque; la 
caudale, dix-sept. La longueur de ce poisson est 
de deux décimètres. On en voit au printemps. 

26. S. Cetti. S, Cetti. Nob. ( Lente. ) 

S. Corpore rubro , cceruleo - virescente , agenteoque 
variegato ; denùbus minimis ; operculis luteit 
maculabis. 

Cette espèce, que le savant naturaliste de Sar- 
dai<me, auquel je l'ai dédié, avoit séparée du 
denté , avec lequel on l'avoit toujours confondue , 
s'approche de nos rivages pendant les fortes cha- 
leurs. Son corps est épais, brillant de rouge, de 
bleu , de vert , qui , en se nuançant sur un fond 
argenté, prend un superbe éclat métallique. Elle 
aie museau arrondi, la bouche grande, les mâ- 
choires égales , garnies de quelques petites dents 
isolées ; les yeux sont rouges , avec l'iris doré et la 
prunelle bleue 5 les narines ont chacune deux ori- 



SPARE. 257 

iices , dont le premier estallongé, les opercules sont 
ornés d'une grande tache jaune couleur safran. La 
liçne latérale suit la courbure du dos. La raera- 
brane branchiale a six rayons , la nageoire dor- 
sale en a onze aiguillonnés, onze articulés; l'a- 
nale , trois aigus , neuf ramifiés ; les thoracines , 
un épineux , cinq lisses chacune ; les pectorales , 
seize chaque 5 et la caudale, vingt. Ce poisson 
parvient à six ou huit décimètres de longueur. Sa 
chair est ferme et d'un bon goût. 

27. S. Caissoti. N. S. Caisson. N. ( Padretto. ) 

S. Corpere aureo , ccerulescenûe , argenteoque va- 
riegato ; denùbus anterioribus majoribus acutis. 
Nob. 

La couleur argentine répandue sur toute la 
surface de ce poisson , devient plus agréable par 
les reflets dorés et azurés qui en modèrent l'éclat. 
Son corps est haut et égale à-peu-près la moitié de 
la longueur totale. Le museau avancé, la bouche 
moyenne , la langue libre et lisse , les mâchoires 
garnies de dents molaires arrondies , dont les an- 
térieures longues et aiguës. Les yeux grands , 
d'un jaune nacré , avec l'iris doré. La ligne laté- 
rale courbe. La nageoire dorsale contient treize 
rayons aiguillonnés , neuf articulés ; l'anale , 
trois aigus , sept ramifiés; les thoracines, un épi- 
neux , cinq lisses chacune ; les pectorales , qua- 
torze chaque; la caudale, dix sept; et la mem- 



258 OSSEUX. TIIORÀCIQJDES. 

brane branchiale en a cinq. On trouve ce thoracirt 
dans nos mers en juillet; sa longueur est de trois 
décimètres, sa chair est tendre. 

28. S. Alcyon. N. S» Alcedo. N. ( Gerlé Blavie. ) 

S. Corpore fusco , argeritato ; lateribus lineis aureis 
cœruleiscjue tra?isversU , macula nigrâ notatis, 
Nob. 

C'est à la magnificence de ses couleurs que ce 
poisson doit le nom de martin-pêcheur, que nos 
marins lui donnent. Ce thoracin a de l'analogie , 
par la forme de son corps et de sa tête , avec le 
spare smaris , et par les belles nuances qui le co- 
lorent ? il paroît se confondre avec l'osbeck. Le 
dessus de son corps est d'un brun argenté, par- 
semé de lignes de points bleus ; ses côtés brillent de 
longues bandes dorées et bleues, et sont ornés d'une 
belle tache noire. Le ventre est argenté , avec des 
raies jaunes. Il a le museau avancé, la bouche 
grande , les mâchoires garnies de petites dents , 
dont deux au-devant de l'inférieure plus longues 
que les autres. Les yeux sont dorés, marqués en 
dessus d'une grande tache bleue qui se prolonge 
vers la bouche. Les opercules sont composés de 
deux pièces , dont une rayonnée. La ligne latérale 
suit la courbure du dos. La nageoire dorsale est 
très-élevée, d'un vert pâle, tachetée de bleu. Elle 
contient treize rayons aiguillonnés ? dix articulés; 



SPARE. 259 

i'anaîe qui est jaune , poiutillée d'azur, trois aigus, 
dix ramifiés } les tiioracines jaunâtres , un épineux, 
cinq lisses chaque 5 les pectorales ? d'un jaune rou- 
geâtre , quatorze chacune : la caudale marquée de 
lignes sinueuses d'un gros bleu ? en a seize. La lon- 
gueur de cepoisson est de deux décimètres et demi £ 
il habite toute Tannée nos profondeurs rocailleuses 
et ne s'approche des côtes que dans le printemps. 
Sa chair est moins bonne que celle du smaris. 

REMARQUE S. 

Des couleurs éclatantes et peu variées , des reflets brillans 
et peu nuancés se manifestent sur le corps des spares qui ha- 
bitent nos rivages. Toutes les espèces de ce genre se plaisent à 
vivre en société, et habitent à de plus ou moins grandes pro- 
fondeurs j mais ils préfèrent en général les fonds remplis de 
coraux , de rétépores , d'eschares et de madrépores , où se 
trouvent aussi des mollusques et des crustacés dont ils font 
leur nourriture. Différentes pêches sont en usage parmi nous 
pour prendre ces poissons. D'ordinaire on prend la dorade et 
le sargue à la ligne j le pagel, le pagre , la castagnolle , le mar- 
seillois , le gros oeil, au palangre. Le canthère, le sparaillon , 
le puntazzo , le plomhé , aux nances. Le smaris , la mendole , 
les bogues , l'élevé , le passeroni , le marron , à la bughiere. 
La saupe, la bogueraveo , le bilobé, le haffara, à la savega. 
Le morme , le denté, le berde, l'osbeck , etc., à V entremail. 
Par la délicatesse de leur chair , plusieurs de ces poissons ser- 
vent au luxe de tables somptueuses , tandis que le plus grand 
nombre fournit aux pauvres des alimens très-sains. Ces tho- 
racins forment le genre le plus considérable qui existe dans nos 
mers , le plus nombreux en espèces , et celui dont les espèces 
sont les plus abondantes en individus. 



2Ô0 OSSEUX. THORACIQUES. 

G. LUI. Lutjan. Lutjanus. Bloch. 

Caractères. Une dentelure à une ou plusieurs 
pièces de chaque opercule ; point de piquans 
à ces pièces ; une seule nageoire dorsale ; 
point de barbillons aux mâchoires. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

La nageoire de la queue fourchue ou en croissant, 
1. L. Anthias. Lac. L, Anthias. Lin. ( Sarpananso. ) 

Bloch. pi. 5i5, fig. 

L. Totus rubescens ; cauda hifida. 

Ce thoracin fut ? chez les anciens Grecs, l'em- 
blème d'une divinité chérie. Les belles couleurs 
qui parent son corps passent à toutes les grada- 
tions du rouge le plus vif au rose le plus tendre ? 
le tout nuancé d'un vernis argenté et doré. La 
tête est courbe , couverte de petites écailles ; la 
bouche est ample ; la mâchoire inférieure plus 
avancée que la supérieure 5 toutes deux garnies de 
dents crochues et isolées. La langue lisse , les na- 
rines n'ont qu'un orifice. Les yeux ont l'éclat de 
la hyacinthe et la prunelle celui du jayet : la ligne 
latérale est interrompue. Les nageoires ont une 
teinte d'un jaune doré. La dorsale a dix rayons 
aiguillonnés et ciliés, quinze articulés j le second 



LUTJAN. 26ï 

rayon, qu'on a comparé à un pistil avec son 
stigmate , s'élevant du sein d'une corolle , est 
plus élevé que les autres ; l'anale a trois rayons 
aigus , six ramifiés 5 les thoracines fort longues , 
tin épineux, cinq lisses chacune } les pectorales , 
quatorze chaque ; la caudale , quinze 5 et la mem- 
brane branchiale, cinq. JLa longueur de ce pois- 
son est de deux décimètres. Il habite les rochers 
profonds de notre département. 

A. On trouve aussi dans nos mers une belle 
variété non moins riche en couleurs et ornée de 
grandes bandes lonjntudales dorées. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

La nageoire de la queue arrondie» 
2. L. Geoffroy. N. L. Geofroyius. N. ( Rouquie. ) 

Pl. vin, fig 20 de cet ouvrage. 

L. Corpore fusco , aurato argenteoque ; lateribub 
basique caudce nigro maculatis. N. 

Ce poisson , auquel j'ai donné le nom du savant 
professeur Geoffroy-St.-Hilaire, étoit inconnu des 
naturalistes. Son corps est d'un brun doré sur sa 
partie supérieure, d'un argent éclatant sur l'infé- 
rieure , marqué d'une légère tache ronde noirâtre 
sous les ouïes et à la base de la queue. Il a le mu- 
seau échancré , les lèvres épaisses , les mâchoires 



2Ô2 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

garnies de petites dents , les yeux dorés , ver- 
dâtres j la première pièce des opercules peu den- 
telée y la ligne latérale courbe vers la queue. La 
nageoire dorsale contient quinze rayons aiguil- 
lonnés, onze articulés ; l'anale, trois aigus, dix 
ramifiés ; les thoracines azurées , un épineux , cinq 
lisses chacune 5 les pectorales , d'un jaune foncé , 
ainsi que la caudale rougeâtre pointillée de bleu , 
en ont quatorze chaque 5 et la membrane bran- 
chiale en a cinq. La longueur de ce thoracin s'é- 
tend jusqu'à trois décimètres. Il est très-commun 
sur nos bords en hiver. 

A. On voit une variété dont les couleurs sont 
plus mélangées et les taches à peine distinctes. 

3. L. Lapine. Lac. L. Lapina. (Blavie. ) 

Fors*. Facn. àrab, pag. 56 , n. 3t. 

X. Vinnis pectoralibus Jlavis , ventralibus cceruîeis , 
reliquis violaceis cœruleo maculatis. Lin. 

Le lapine réunit à l'élégance de sa forme une 
grande beauté dans ses couleurs. Son corps est 
verdâtre , avec trois lignes de taches rouges dispo- 
sées en zig-zag. Le museau est pointu y ondulé de 
bleu 5 la bouche moyenne , les lèvres épaisses , les 
mâchoires garnies de dents aiguës. La langue 
lisse, les yeux émeraudfes, avec l'iris doré et la 
prunelle bleue. Une petite bosse pointillée de rouge 
s'élève au-devant des narines; la ligne latérale est 



LUTJAN. 263 

courbe. La nageoire dorsale colorée de jaune, de 
rouge , parsemée de points d'un bleu céleste , con- 
tient quinze rayons aiguillonnés, douze articulés; 
Fanale bleuâtre , marquetée de rouge , trois aigus, 
douze ramifiés 5 les thoracines , d'un bleu foncé, un 
épineux , cinq lisses chacune ; les pectorales j aunes, 
quinze chaque ; la caudale , d'un bleu tendre , 
pointillée de rouge , en a seize. La longueur de ce 
thoracin atteint jusqu'à quatre décimètres. Son 
épine vertébrale se change en vert dans l'eau 
bouillante, comme dans l'ammodyte appât. 

A. Cette variété fréquente les endroits vaseux, 
aussi les couleurs qui ornent son corps sont flé- 
tries et les points rouges totalement effacés. 

B. On trouve aussi des individus de cette es- 
pèce dont le corps est traversé de grandes bandes 
claires et par d'autres obscures. 

4. L. Palloni. N. L. Palloni. N. ( Tenco. ) 

X. Corpore rosaceo immaculato ; maxilla superiore 
denlibus majoribus j pinna ani spinis cjuinque. 

Plusieurs rapports de conformation semblent 
unir cette nouvelle espèce au trimaculatus et à Vexo- 
letus de Linné , mais il en diffère par différens ca- 
ractères. Son corps est oblong , aplati , d'un rose 
pâle, varié par quelques écailles dorées ; la gorge 
et le ventre sont d'un blanc mat. Son museau est 
allongé , les lèvres peu épaisses ; les mâchoires 



264 OSSEUX. THORACIQUES. 

égales, garnies de dents crochues, dont les anté- 
rieures du dessus plus longues. La langue est libre 
et lisse, les yeux argentés, ornés par-dessus d'une 
lunule noire. La nu que est couverte de petits pores. 
Les opercules composés de deux pièces ; la pre- 
mière, dentelée par de longues épines 5 la se- 
conde, lisse et arrondie. La ligne latérale est 
jaune ] courbe à son origine et vers la queue. La 
nageoire dorsale , d'un vert jaunâtre, variée d'obs- 
cur , contient vingt rayons aiguillonnés , écailleux 
à leur base , et huit articulés ; l'anale blanche , 
cinq aigus, huit ramifiés j les thoracines roses, 
un épineux, cinq lisses; les pectorales jaunâtres, 
quatorze chaque ; la caudale arrondie, quatorze 5 
elle est marquée à la base de sa partie dorsale 
d'une grande tache noire * et la membrane bran- 
chiale a six rayons. La longueur de ce lutjan est 
de deux décimètres sur soixante-dix millimètres 
de largeur 5 je l'ai pris dans le mois d'août dans 
la mer d'Eza. 

5. L. Ecriture. Lac. L. Scriptura. Lac. (Perco.) 

Bomsat. PI. de l'Eneyclop. métb. pag. i3i 

L* Pinnis caudœ pectoralibusque Jlavis ; capite 

scripto. Lin. 

La patrie de ce lutjan, qu'on trouve dans nos 
mers , étoit encore ignorée. Son corps est rou- 
geâtre sur le dos, argenté sur le ventre et tra- 
versé par six lignes irrégulières brunes. La tête 



LUT J AN. ^65 

est ornée en dessus de plusieurs traits qu'on a 
comparés à des lettres. La mâchoire inférieure 
est un peu plus longue que la supérieure , elles 
sont garnies de dents crochues et aiguës. La langue 
est lisse , le palais hérissé d'aspérités , les yeux 
saillans, rouges, l'iris argenté , la ligne latérale 
courbe. Les nageoires sont parsemées de points 
ronges qui se fondent en taches bleuâtres. La dor- 
sale a dix rayons aiguillonnés et ciliés, quinze 
articulés; l'anale, trois aigus, sept ramifiés 5 les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chaque ; les 
pectorales jaunâtres, quatorze chacune ; la cau- 
dale orange pâle , seize 5 et la membrane bran- 
chiale, sept. Sa longueur est de deux décimètres. 

6. L. Melops. L. Melops. ( Fournie. ) 

Mus. ad Frid. 2 , pag. 79. 

L t Pinna dorsali ramentacea , anaïique variegata ; 
lunula fusca ponè ocu/os. Lin, 

La dentelure des opercules que j'ai constam- 
ment remarquée dans les sept espèces suivantes , 
m'a obligé de les séparer du genre des labres 
avec lesquels les auteurs les avoient jusqu'à pré- 
sent confondus. Le corps du melops est ovale, 
oblong, d'un rouge de corail, .orné de lignes 
bleues qui s'étendent jusqu'à la nuque. La tête est 
traversée en-dessous de bandes d'outre-mer. La 
bouche petite, la langue lisse, les lèvres épaisses. 



256 OSSEUX. TIIORACIQUES. 

d'un blanc verdâtre, les mâchoires garnies de 
dents fines , dont les deux du devant de la supé- 
rieure sont très-longues. Les yeux sont verdâtres , 
lunules de bleu. La ligne latérale est courbe. La 
nageoire dorsale a seize rayons aiguillonnés et ci- 
liés , neuf articulés ; l'anale , trois aigus , dix ra- 
mifiés; les thoracines bleues, un épineux, cinq 
lisses chacune ; les pectorales , garnies à leur base 
d'une tache noire, cerclée de jaune , en ont treize 
chaque $ la caudale parsemée de points bleus et 
violets } quatorze. La couleur rouge du mâle varie 
pendant l'hiver. La femelle présente toujours une 
teinte noisette, traversée par des lignes bleuâtres. 
Ces poissons ont plus d'un décimètre de longueur. 

A. On en trouve une variété dont les couleurs 
sont très vives, sans lunule autour de la pru- 
nelle. 

B. La seconde variété est assez commune et ne 
présente que des couleurs ternes et foncées. 

7. L. Cendre. L. Cinereus. (Fournie. ) 

Brcnn. Pisc. Massil. pag. 5" , n. ?5. 

Z. Griseus , punctis obscuris ; macula baseos caudce 

m'gra. Lin. Labrus. 

Cette espèce ne présente ni couleur variée , ni 
des teintes bien décidées. Son corps est grisâtre , 
marqueté de points obscurs et traversé sur l'abdo- 
men par de légères lignes bleues. Le museau est 



LUTJAN. 267 

avancé , la bouche petite , la langue lisse y les mâ- 
choires garnies de petites dents , dont celles du 
devant plus longues. Lesyeuxverdâtres,l'irisdoré; 
la ligne latérale courbe. Les nageoires sont rou- 
geâtres. La dorsale a quatorze rayons aiguillon- 
nés, onze articulés 5 l'anale , trois aigus, dix ra- 
mifiés 5 les thoracines , un épineux , cinq lisses 
chacune 5 les pectorales, treize chaque 5 la cau- 
dale aurore à sa base, avec une ligne obscure , en 
contient treize. La longueur de ce thoracin est 
d'un décimètre et demi 5 on le trouve sur nos 
bords en mars, avril , etc. 

8. L. Cornubien. L. Cornubicus. ( Rouquié. ) 

Pennànt. Brit. Zool. ni , pag. 20g , n. 6. 

L, Macula propè caudam magna , pinnœque dor- 
salis radiis primis nigris. Lin. Labrus. 

Le savant observateur Pennant a trouvé dans 
les mers britanniques ce poisson qu'on rencontre 
fort souvent sur nos plages. Un jaune verdâtre , 
nuancé de rouge, couvre la partie supérieure de 
son corps 5 les côtés sont tachetés de blanc et une 
couche d'argent règne sur le ventre. Sa tête est 
médiocre, la nuque enfoncée ; la bouche étroite 5 
les mâchoires garnies de dents fines et aiguës 5 les 
yeux d'un rose pâle , l'iris argenté. La ligne laté- 
rale courbe. La nageoire dorsale contient qua- 
torze rayons aiguillonnés , les premiers ornés 



l6S OSSEUX. THORÀCIQUES. 

d'une tache noirâtre, et huit articulés; l'anale, 
trois aigus, huit ramifiés, lisérés de bleu; les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune ; les 
pectorales , douze chaque; la caudale parsemée de 
points ronges , avec une tache noire à la base de 
sa partie inférieure, en a quatorze. Ce lutjan a 
un décimètre de longueur; la femelle offre des 
couleurs plus pâles et l'anus d'un gros bleu. Leur 
chair est molle et fade. On le trouve en janvier 
sur notre plage de Nice. 

g. L. Tacheté. L. Guttaâus. Lin. ( Rouquié. ) 

Brun. P. se. Massii.. pag. 5g , n. 76. 

Z>. Corpore rubescente , nigro variegato ; macula in 
medio baseos pi?i7iœ caudalis. Lin. Labrus. 

Le principal caractère du tacheté est un corps 
rougeâtre, pointillé de blanc, parsemé d'écaillés 
noires , orné d'une tache obscure au milieu de la 
base de la queue. Son museau est avancé ; la 
bouche petite , les yeux d'un ronge verdâtre , avec 
l'iris doré. La ligne latérale est courbe. Les na- 
geoires sont ondées de rouge. La dorsale a quinze 
rayons aiguillonnés , onze articulés ; l'anale , trois 
aigus , onze ramifiés , tachetés de blanc ; les tho- 
racines , un épineux , cinq lisses chacune ; les 
pectorales , treize chaque; et la caudale , quinze. 
La longueur de ce poisson est de plus d'un déci- 
mètre. Il fréquente nos rochers dans le printemps. 



LUTJAN. 269 

10. L. Maillé. Z. Venosus. Lin. (Rouquié. ) 

Brun. Pi se. Massii. pag. 58, n. yi. 

L. Viridis , venu rubris anastomosantïbus ; macula 
operculorum pinnceque dorsalis m'gra. Lin. 
Labrus. 

C'est au célèbre Brunnich qii'on doit la con- 
noissance de cette espèce. Son corps est d'un 
beau vert , nuancé d'un réseau rougeâtre ? et par- 
semé de plusieurs écailles noires. Le museau est 
allongé 5 les mâchoires garnies de petites dents 5 
les yeux d'un vert tendre ? avec l'iris doré 5 la 
ligne latérale courbe. La nageoire dorsale est 
ornée de bandes et de filamens rouges; elle con- 
tient quinze rayons aiguillonnés , dix articulés ; 
l'anale , trois aigus , neuf ramifiés 5 les thora- 
cines , un épineux , cinq lisses chacune 5 les pec- 
torales , douze chaque 5 la caudale ronde en a 
treize. La longueur du mâle est d'un décimètre 5 
la femelle a des dimensions plus grandes; elle 
pond des œufs verdâtres en avril } son anus est 
d'un bleu foncé. Ces poissons vivent sur nos ro- 
chers sous-marins. 

11. L. OEillé. Ocellaris. Lin. (Rouquairon.) 

Mus. ad. Frid. s , pag. 78. 

L. Pinna dorsali ramentacea , ocello in medio ad 
basim caudce. Lin. Labrus. 

Les rochers du lazareth de Nice sont la de- 



2*] OSSEUX. THORÀCIQUES, 

meure habituelle de ces poissons. Leur corps est 
d'un rouge brunâtre sur le dos ? d'un gris argenté 
sur le ventre , orné d'une tache noire sur la partie 
dorsale de la base de la queue, Le museau est 
obscur ? la bouche petite 5 les lèvres avancées j les 
mâchoires garnies de dents égales 5 la nuque plane 
se relève ensuite en bosse } les yeux d'un vert de 
vessie ont l'iris doré 5 la ligne latérale est presque 
droite. La nageoire dorsale est variée de bleu , de 
rouge et de jaune 5 elle contient quatorze rayons 
aiguillonnés et ciliés , dix articulés ; l'anale ? trois 
aigus ? dix ramifiés , marquetés de points bleus ; 
les thoracines , d'un rose pâle , en ont un épineux 
et cinq lisses chacune ; les pectorales jaunes , qua» 
torze chaque ; la caudale rouge en a douze. La 
longueur de cet osseux est ordinairement d'un 
décimètre et demi. 

12. L. Tançoide. L. Tinca. (Rouquairon. ) 

Penkant. Brit. Zool. 111 , pag. ao3 ,0.1. 

L, Rostro sursimi reflexo ; cauda in extremo cireur 

lari. Lin. Labrus. 

C'est dans les belles journées de la saison rî- 
ooureuse que ce poisson quitte les profondeurs 
qu'il habite pour s'approcher du rivage. Son corps 
est coloré d'un rouge tendre , son dos est comme 
nuageux, les côtés sont traversas par plusieurs 
raies obscures et bleuâtres 3 le ventre est argenté. 



LUTJÀ1V. 27I 

Son museau est recourbé vers le liant. Les lèvres 
épaisses couvrent les mâchoires qui sont garnies 
de petites dents. Les yeux ont l'éclat du zircone , 
avec l'iris doré. L'ouverture de l'anus est d'un 
bleu indigo. La ligne latérale courbe vers la queue. 
La nageoire dorsale a quinze rayons aiguillonnés 
en forme de banderolles à l'extrémité , et dix ar- 
ticulés ; l'anale , trois aigus , neuf ramifiés 5 les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune 5 les 
pectorales , quatorze chaque $ la caudale , ponc- 
tuée à sa base , en a treize ; et la membrane 
branchiale, cinq. Sa longueur est d'un décimè- 
tre ; il est assez rare. 

i3. L. Rougeatre. L. Rubesccns* Nob. ( Sublaire. ) 
L. Fusco r uber, cceruleo argenteoque variegato. 

Si on considère la forme du corps et les nuances 
qui le colorent , ce lutjan doit constituer une 
nouvelle espèce. La partie inférieure de ce pois- 
son décrit une courbe oblongue, tandis que la su- 
périeure est presque en ligne droite. Un beau 
rouge rose , parsemé d'écaillés d'un brun obscur 
et d'outre-mer, régnent sur son dos 5 et un blanc 
argenté , offrant quelques taches foncées , ornent 
la gorge et le ventre. Le museau est avancé , cou- 
vert de petits pores; la nuque plane, la bouche 
petite; les mâchoires garnies de dents égales, 
celles de dessous plus longue que celles de dessus. 



2 7 2 OSSEUX. THORACIQUES. 

La langue lisse; les yeux d'un rubis argenté, avec 
l'iris doré. La ligne latérale suit la courbure du 
dos. La nageoire dorsale a quatorze rayons ai- 
guillonnés, dont les premiers ornés d'une tache 
bleuâtre, et dix articulés; l'anale, trois aigus, 
neuf ramifiés ; les thoracmes , un épineux, cinq 
lisses chacune; les pectorales, quatorze chaque ; 
la caudale, variée de rouge, en a douze: et la 
membrane branchiale, cinq. Ce poisson a plus 
d'un décimètre de longueur. Il est commun sur 
nos plages en septembre. 

14. L. Méditerranéen. L, Mêditerraneus , (Sublaire.) 

Brun. Piss. massil. pag. 65 , n. 82. 

Z. Pinnis , prceter dorsales, fuscis; macula nigra 
ad pectorales. Lin. Perça. 

Ce lutjan a le corps verdâtre , nuancé de brun 
sur le dos , avec une tache noire sur la queue. La 
tête est dénuée d'écaillés et traversée, ainsi que 
l'abdomen, de lignes tortueuses d'un bleu indigo. 
L'ouverture de la bouche est ovale ; les lèvres 
épaisses, la langue lisse, les mâchoires garnies 
de dents fines et serrées , dont les deux antérieures 
de dessus plus longues. Les yeux sont bleus avec 
l'iris jaune. La ligne latérale courbe est formée 
par des lignes relevées placées en angle rentrant. 
La nageoire dorsale est ondée de rouge , de bleu 
et de jaune; elle a seize rayons aiguillonnés , ci- 



LUTJAN. 273 

liés , dix articulés ; l'anale , d'un jaune verdâtre , 
avec des teintes bleues et rouges, en a trois aigus, 
onze ramifiés ; les thoracines , un épineux , cinq 
lisses chacune 3 les pectorales roussâtres, avec une 
tache obscure à leur base , quatorze chaque ; la 
caudale qui est d'un bleu jaunâtre avec des points 
rouges en a quatorze. La longueur de ce thoracin 
est d'un décimètre et demi ; on en prend beau- 
coup au lazareth de Nice en janvier. 

i5. L. Brunnich. Lac. L. Brunnichii. Lac.(Sublaire.) 

Brun Pisc. Massil. pag. 56 , n. 72. 

L. Corpore fusco ; lineis maculisque cœruleis. Lin. 

Zabrus, 

M. Lacépède a décoré ce poisson du nom du 
savant ichthyologiste qui en a donné le premier 
la description. Le corps de cet osseux est com-« 
primé , d'un brun rougeâtre. La tête pointue, or<» 
née de plusieurs raies bleues, ainsi que la gorgb- 
et le ventre. La bouche petite 5 les mâchoires gar- 
nies de dents aiguës, les deux du devant de la su- 
périeure plus grosses. Les yeux ont l'iris argenté. 
La ligne latérale est courbe. La nageoire dorsale, 
colorée de bleu et de brun, contient seize rayons 
aiguillonnés et neuf articulés ; l'anale, trois ai- 
gus, onze ramifiés; les thoracims, un épineux, 
cinq lisses chacune; les pectorales roussâtres , ta- 
chetées de noir à leur base , et bleuâtres à l'extré- 

18 



274 OSSEUX. TIIOllACIQUES. 

mité , en ont douze chacune ; la caudale , treize , 
avec une tache d'un bleu foncé en dessus. La lon- 
gueur de ce poisson est d'un décimètre ; il fré- 
quente nos bords en hiver. 

16. L. Massa. Z. Massa. Nob. ( Langaneo. ) 

Planch. vin , fig. a6 de cet ouvrage. 

L. Obscurus jluteo viridique aureus ; pinnœ caudalis 
basi inferiore macula cœrulea , nigro cincta, 

La partie supérieure de ce thoracin est d'un 
vert brunâtre, qui s'éclaircit sur les côtés, et passe 
au jaune doré sur l'inférieure. Une grande tache 
triangulaire bleu , cerclée de noir , orne la partie 
anale de la base de la queue. La tête est traversée 
par des lignes d'outre-mer. La nuque plane ; la 
bouche petite; les mâchoires garnies de dents égales. 
Les yeux sont aurore , l'iris doré , la prunelle amé- 
thyste. La ligne latérale courbe. La nageoire dor- 
sale tachetée de noir à son origine , ondée d'une 
bande verte qui la traverse, contient quatorze 
rayons aiguillonnés , dix articulés ; l'anale H- 
sérée de bleu , en a trois aigus, huit ramifiés ; les 
thoracines bleuâtres , un épineux, cinq lisses cha- 
cune ; les pectorales , d'un jaune doré , douze 
chaque; la caudale, quatorze ; et la membrane 
branchiale, cinq. Cet osseux a un décimètre et 
demi de longueur. On le trouve en mai dans nos 
rochers. La femelle a des teintes plus foncées que 
le mâle. 



LUTJÀN» 2^5 

17. L. Vert tendre. L. Chlorosoclirus. Nob, 

( Langaneo. ) 

ri. vm , fig. 27 de cet ouvrage. 

Z. Rubro virescens, pinnœ caudalis basi superiore 

macula nigra* 

Cette espèce, non encore décrite par les au- 
teurs , a quelques analogies, dans sa forme, avec 
le brunnich et le méditerranéen. Son corps est 
verdâtre, nuancé de rouge , traversé par de petites 
lignes longitudinales obscures, portant une tache 
noire vers la partie dorsale de la queue. La tête 
est aiguë, la nuque large, diaphane, avec une 
petite élévation. La bouche est étroite, garnie de 
dents fines et serrées sur la mâchoire inférieure et 
deux longues isolées sur le devant de la supé- 
rieure. Les yeux sont verts, avec l'iris doré. La 
ligne latérale est courbe 5 les nageoires variées $ la 
dorsale contient seize rayons aiguillonnés, huit 
articulés, parsemés de points rouges. L'anale, trois 
aigus, dix ramifiés 5 les thoracines, un épineux, 
cinq lisses chacune ; la caudale traversée d'une 
bande noire à sa base, pointillée de rouge à l'ex- 
trémité, en a quatorze 5 et la membrane bran- 
chiale , cinq. La longueur de ce poisson est d'un 
décimètre et demi. La femelle a des couleurs plus 
ternes. On le trouve en automne dans nos ro- 
chers. Le nom que je lui ai donné a été tiré du 
mot grec %Ku{o<ratyU qui signifie yert tendre. 



2j6 OSSEUX. THORACÏQUES. 

18. L. Roissal. L. Roissali. Nob. (Langaneo.) 

PI. vin, fig. 28 de cet ouvrage. 

L, Cceruleo luteus , argenteoque varius ; maculis 
duàbus nigris rubro cinctis in pinna dorsali» 

Les deux espèces suivantes offrent pour un de 
leurs caractères principaux deux taches noires sur 
la nageoire dorsale. Le corps de ce poisson est 
ovale , oblong, d'une couleur d'outre-mer, nuancé 
et varié de lignes sinueuses d'un vert jaunâtre 
foncé qui bordent presque toutes les écailles. La 
gorge et l'abdomen brillent d'un argent azuré 
avec des reflets aurore. Son museau est avancé , 
les lèvres épaisses et rougeâtres ; les mâchoires 
garnies de petites dents serrées sur les côtés , et 
deux plus grandes isolées sur le devant. La langue 
est lisse , les yeux ont une teinte de rubis. La ligne 
latérale est courbe , formée de petits traits for- 
mant des angles rentrans. La nageoire dorsale a 
quinze rayons aiguillonnés et ciliés, neuf plus 
longs ? articulés , ornés de deux grandes taches 
noires cerclées de fauve , entourées de points 
rouges sur les femelles. L'anale contient trois 
rayons aigus , neuf ramifiés, les thoracines , à\\n 
aurore azuré, en ont un épineux, cinq lisses 
chacune 5 les pectorales, d'un vert jaunâtre , avec 
une lunule bleue à leur base , ainsi que la caudale 
arrondie , quatorze chaque 5 et la membrane 
branchiale , cinq» La longueur de ce beau thora- 



LUTJÀN. 277 

cm est de deux décimètres environ 5 sa chair est 
délicate 5 il fréquente nos bords en novembre et 
tlécembre. 

19. L. Varié. L» Varias. Lin. (Langaneo. ) 

Artbd. Gen. 55, Synon. 55. 

L, E purpureo vîridis ; cceruleo nigroque vcirùts, 

Lin. Labrus. 

Les couleurs de ce poisson ne sont pas cons- 
tantes : l'âge, le sexe et les saisons en font varier 
les nuances. Le plus ordinairement il a le corps 
marbré de vert , de rouge , de bleu et la gorge d'un 
argenté roussâtre. La tête est traversée de lignes 
sinueuses verdâtres, la bouche étroite, les mâ- 
choires garnies de petites dents, celles du devant 
plus longues. Les yeux d'un vert rougeâtre , avec 
l'iris doré. La ligne latérale courbe est formée de 
petites lignes. La nageoire dorsale a quinze rayons 
aiguillonnés , neuf articulés , ornés de deux 
taches noires inégales, cerclées de rouge. L'a- 
nale en a trois aigus, neuf ramifiés; les thora- 
cines , un épineux , cinq lisses chacune 5 les pec- 
torales, treize chaque 5 la caudale rougeâtre , avec 
des reflets bleus, en a treize. La longueur du 
varié est d'un décimètre et demi ; on en trouve en 
mars et novembre dans nos mers. 

20. L. Alberti. L. Aïberti. Nob. e ( Langaneo. ) 

L. Luteo-viridis ; operculis nigro maculatis. 

Les traits caractéristiques que m'a constam- 



2j8 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

ment présentés ce thoracin , m'ont paru assez dé- 
cisifs pour que je dusse lui donner un nom parti- 
culier. Des écailles d'un vert tendre , variées de 
jaune, et les opercules marqués d'une tache noire , 
cerclée de fauve, le séparent des espèces précé- 
dentes. Sa tête est inclinée 5 la bouche ample , les 
lèvres épaisses, les mâchoires garnies de dents 
presque égales. Les yeux d'un rouge cinabre , en- 
tourés de petits pores. La ligne latérale courbe, 
à petits traits. La nageoire dorsale contient quinze 
rayons aiguillonnés , neuf articulés $ on voit à l'ex- 
trémité deux grandes taches noires, irisées de jaune. 
L'anale a trois rayons aigus , neuf ramifiés j les 
thoracines, un épineux, cinq lisses chacune j les 
pectorales jaunâtres, douze chaque} la caudale 
rouge sur les côtés , avec une petite tache noire à 
sa base , en a treize. Ce lutjan a un peu plus d'un 
décimètre de longueur 5 il fréquente les rochers du 
rivage en mai, ainsi qu'une variété dont les taches 
sont à peine visibles. 

2 1 . L. OcELLi. Lac. L. Ocellatus. Lac. ( Vachetto, ) 

Forsk. Faon. Arab. pag. 37, n. 35. 

L* paires cens \ocello coccineo ponè utrumque ocuîum a 

Lin. Labrus. 

Un des attributs distinctifs de l'ocellé et de l'o- 
livâtre , sont les opercules ornés d'un belle tache. 
Cette espèce a le corps ovale, oblong, d'un brun 



LUTJAN. 279 

jaunâtre , ondulé par quelques reflets rougeâtres et 
d'outre-mer. La tête est traversée de raies bleues , 
la nuque est diaphane , la bouche petite , les dents 
égales , les yeux d'un rouge azuré 5 les opercules 
sont ornés d'une tache bleue, bordée de rouge , 
qui se prolonge en ligne vers les yeux. La ligne 
latérale est courbe 5 les nageoires sont rougeâtres, 
la dorsale a quatorze rayons aiguillonnés, onze 
articulés 5 l'anale, trois aigus, onze ramifiés ; les 
thoracines, un épineux, cinq lisses chacune 5 les 
pectorales, onze chaque 5 la caudale pointillée de 
rouge , avec un point noir à sa base , en a quinze. 
La longueur de cet osseux est d'un décimètre. On 
le pêche en décembre dans les rochers de Saint- 
Hospice. 

A. On trouve en juin une très-belle variété à 
grandes bandes longitudinales argentées , tran- 
chant agréablement sur le fond d'un vert tendre 
qui colore ce poisson 5 sa gorge et ses opercules 
sont traversés de raies d'un gros bleu 5 la tache 
noire de la base caudale est plus grande que dans 
les autres; on trouve aussi quelques rayons de 
moins à ses nageoires. 

22, L. Olivâtre. Lac. L. Olivaceus. Lac. (Vachetto.) 

Bivun. Piic. Massil. pag. 56 , n. 71. 

L, Viridi-olivaceus ; operculorum apice cœruleo ; 
macula caudaîi nigra. Lin. Labrus. 

Le corps de cette espèce est d'un vert d'olive , et 



280 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

passe à l'argenté sous la gorge et sur l'abdomen 
qui sont traversés par des lignes bleuâtres. La 
bouche est petite 5 les mâchoires garnies de dents 
fines 7 dont les antérieures sont aiguës et isolées. 
Les yeux roussâtres , avec l'iris doré ; les opercules 
sont ornés à l'extrémité d'une tache bleue. La 
ligne latérale est courbe. La nageoire dorsale a 
quinze rayons aiguillonnés , dix articulés; l'anale, 
trois aigus, onze ramifiés; les thoracines, un 
épineux , cinq lisses chacune ; les pectorales , 
treize chaque; la caudale tachetée de noir à sa 
base , en a douze ; la longueur de ce poisson est 
un peu plus d'un décimètre ; on en trouve en mai 
et décembre sur nos parages. 

23. L. Verdatre. L. Virescens* ( Sublaire. ) 

Bloch. p]. 1 54 1 fi». 1* 

Z. Viridi , luteoque varius ; capite lineis violaceis 

ùransversis. 

Le museau prolongé en tube courbé sépare les 
deux espèces suivantes de tous les autres lutjans. 
Celle-ci a le corps d'un vert foncé sur le dos, le- 
quel passe au jaune doré sur le ventre. La tête et 
la gorge sont traversées de petites lignes violettes. 
Le museau est avancé , courbé entre les yeux ; les 
mâchoires garnies de petites dents , dont les anté- 
rieures plus longues. Les yeux d'une rouge ar- 
genté , avec l'iris doré. Les narines ont un gros 



LUTJAN. 28l 

orifice; la ligne latérale est courbe. Les nageoires 
sont d'un vert tendre ; la dorsale a seize rayons 
aiguillonnes , neuf articulés ; l'anale , trois aigus , 
neuf ramifiés ; les thoracines , un épineux , cinq 
lisses chacune ; les pectorales , douze chaque ; la 
caudale arrondie > quatorze. Ce thoracin a moins 
d'un décimètre de longueur ; il habite nos ro- 
chers. 

A. On en trouve une variété chez laquelle le 
jaune domine sur toutes les autres couleurs. 

B. Plusieurs individus ne présentent que toutes 
les nuances de vert sans aucune autre couleur. 

C. On en rencontre aussi qui offrent un mé- 
lange de toutes les gradations de vert et de jaune , 
sans aucune raie violette. 

24. L. Lamarck. N. Z. Lamarckii' N. (Sublaire. ) 

PI. ix . fig. 29 de cet ouvrage. 

Z. Corpore griseo obscuro, aureo , argenteoque va- 
rio , lùieis guttisque rubris notato. 

Le corps de cette belle espèce est un peu aplati , 
couvertd'écailles fortement adhérentes. Un bleu de 
mer règne sur son dos> une teinte argentée aurore, 
chargée de quelques points noirs , parent ses côtés 
et l'éclat de l'argent, parsemé de points rouge car- 
min 5 brille sur son ventre 5 la tête est allongée en 
tube ? d'un rouge de cuivre. La nuque enfoncée, 
la bouche ample ? la mâchoire inférieure plus 
avancée que la supérieure 5 elles sont garnies de 



282 OSSEUX. THORACIQUES. 

dents aiguës. Les yeux ont l'éclat du rubis , avec 
Tiris doré; les opercules sont argentés, couverts 
de points rouges , composés de trois pièces , celle 
du milieu bordée de petites pointes. La ligne la- 
térale est courbe. La nageoire dorsale est variée de 
bleu , de vert, de brun et de rouge: elle con- 
tient quatorze rayons aiguillonnés, onze articu- 
lés; l'anale, trois aigus, dix ramifiés; les tho- 
racines, un épineux, cinq lisses ; les pecto- 
rales, d'un jaune verdâtre, en ont douze cha- 
cune ; la caudale ronde , quatorze ; et la mem- 
brane branchiale , cinq. La longueur de ce lutjan 
est d'un décimètre; on en prend toute l'année 
dans les rochers peu profonds. 

A. Cette variété présente les mêmes nuances de 
couleurs sur son corps ; mais elle est dépourvue 
de points rouges. 

B. On trouve aussi plusieurs individus où le 
vert doré semble dominer sur toutes les autres 
couleurs ; les opercules sont dorés et parsemés de 
points obscurs. 

a5. L. Cotta. N. L. Cotta. N. ( Sublaire. ) ■ 

Z. Argenteus , fusco punctatus , maxilla inferiore 

paulb /ongiore. 

Un blanc d'argent forme le fond de la couleur 
de ce petit poisson. Ses écailles sont bordées de 
petits points obscurs qui semblent se renforcer en 



L V T J A tf. 285 

une teinte brune sur le clos. Le museau est peu 
avancé et arrondi. La bouche petite, la mâchoire 
inférieure un peu plus longue que la supérieure > 
surtout quand elle est ouverte 5 toutes les deux 
sont garnies de petites dents. Les yeux sont d'un 
rose pâle , avec la prunelle bleuâtre. La gorge est 
traversée de lignes brunes. Les opercules pointil- 
lés 5 l'anus d'un beau bleu , la ligne latérale est 
un peu courbe. La nageoire dorsale , tachetée de 
roussâtre , contient quatorze rayons aiguillonnés 9 
dix articulés j l'anale , couverte de points blancs t 
en a trois aigus , neuf ramifiés j les thoracines , un 
épineux , cinq lisses chacune ; les pectorales y 
treize chaque ; la caudale , coupée en ligne droite , 
en a quatorze } et la membrane branchiale azu- 
rée , en a cinq. La longueur de ce poisson s'étend 
à peine à un décimètre. On le trouve sur notre 
plage en juin. J'ai décoré ce poisson du nom de 
l'excellent poëte Cotta de Tende. 

26, L. Queue noire. N. Z. Melanocercus. (Rouquïé. ) 

L» Rubescens , brunneo violaceus cœruleoque ■ 
varius ; cauda nigra. 

De belles écailles d'un rouge brunâtre, avec d'au- 
tres non moins éclatantes d'un bleu d'outre-mer, 
couvrent le corps allongé et aplati de ce joli pois- 
son. Son museau est arrondi 5 la mâchoire supé- 
rieure plus courte que l'inférieure 5 elles sont gar- 



284 OSSEUX. THORACIQUES. 

nies de petites dents. Les yeux sont argentés ; les 
opercules sont composés de deux pièces 5 la pre- 
mière y bordée d'une dentelure aiguë ? et la se- 
conde terminée en pointe. La ligne latérale suit 
la courbure du dos. La nageoire dorsale présente 
des teintes d'un rouge obscur à reflets bleuâtres. 
Elle contient dix-sept rayons aiguillonnés , sept 
articulés 5 l'anale ? trois aigus , dix ramifiés 5 les 
tlioracines , un épineux , cinq lisses chaque 5 les 
pectorales ? d'un jaune rougeâtre , quatorze cha- 
que 5 la caudale ronde , noire , cerclée de blanc , 
en a seize ; et la membrane branchiale , cinq. Ce 
beau thoracin a quatre-vingts millimètres de lon- 
gueur. On le trouve en juin et juillet ? dans la 
mer de Villefranche. 

A. Les rochers de S. Hospice , près de Ville- 
franche, fournissent une superbe variété d'une 
couleur d'outre-mer à reflets rougeâtres , dont 
l'abdomen passe à une légère teinte aurore. 

27. L. Marseillois- L. Massiliensis. Lac. (Langaneo.) 

Brdkn. Icht. roass. pag. 57 , n. 73. 

L. Viridi-argenteus , scjuammis rubris retîculatis , 
liiteis longitudinalibus fusds. 

On doit peu compter sur les différentes nuances 
qui colorent ce poisson pour le bien caractériser. 
La couleur la plus ordinaire qu'offre ce petit tho- 
racin est le vert tendre ? lequel passe successive- 



LUTJAN. 285 

ment par des teintes plus foncées jaunâtres et 
blanchâtres. Cette variation de couleurs paroît 
provenir , non-seulement de l'âge et du sexe , mais 
même des saisons , du changement de nourriture 
et de la nature du fonds qu'il fréquente. En 
général ce Iutjan a le corps comprimé , d'un vert 
tendre sur la partie supérieure , passant au vert 
argenté sur l'inférieure , parsemé d'écaillés d'un 
rouge foncé qui semblent former un réseau ? le 
tout traversé par de petites raies longitudinales 
obscures. Son museau est allongé, brunâtre 5 les 
mâchoires sont garnies d'un rang de dents plus 
longues sur le devant. Les yeux sont rougeâtres ? 
avec l'iris doré 3 la ligne latérale est courbe. Les 
nageoires sont verdâtres. La dorsale contient 
quatorze rayons aiguillonnés , onze articulés ; 
l'anale , trois aigus ? onze ramifiés 5 les thora- 
cines , un épineux, cinq lisses chacune 5 les pec- 
torales , quatorze chaque 5 la caudale , ornée d'une 
tache noire au milieu de sa base ? en a treize. Ce 
poisson a un décimètre de longueur. 

A. On en trouve une variété qui fréquente les 
fonds coralligènes ? chez laquelle le rouge , le 
vert et l'argenté dominent sur toutes les autres 
couleurs. 

HE MARQUES* 

Les lutjans réunissent toutes les nuances des couleurs de 
Farc-en-ciel. C'est principalement au printemps , yers l'époque 
de leurs amours , que les écailles de ces poissons brillent de 



286 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

l'éclat le plus éblouissant , se nuançant en mille manières et 
se mêlant eu ondes , en zones , en lignes , en zig-zag. Leurs 
dimensions sont en général petites ; ils fréquentent les fentes 
et les cavernes des rochers où ils trouvent sûreté et retraite , et 
ils n'en sortent que lorsque la mer est calme et paisible. Leur 
nager est vif et léger ; ils se nourrissent d'idotées , de cymo- 
thoes , de sphéromes, et broutent aussi les ulves et les fucus. 
Parmi les vingt-cinq espèces de ces thoracins , que j'ai trouvés 
dans nos mers , six n'ont encore été décrites par aucun ich- 
thyologiste. J'ai dédié à l'amitié deux de ces espèces. La pre- 
mière , à M. Massa de Menton, associé de l'Institut _, connu 
par les notes critiques qu'il a publiées sur Beccaria , et par un 
ouvrage sur la législation civile,- la seconde, à M. Roisça] , 
dont les talens m'ont été très-utiles pour les dessins des poissons 
nouveaux de cet ouvrage; la troisième, au célèbre lexicographe 
Alberti de Nice ; la quatrième a été* consacrée à mon pays , et 
les noms que j'ai donnés aux autres rappellent les différentes 
couleurs dont ils sont nuancés. Ces poissons pullulent beaucoup 
«t sont fort communs sur nos rivages. 



G. LIV. Centropome. Centropomus. Lac. 

Caractères. Une dentelure à une ou plusieurs 
pièces de chaque opercule; point d'aiguillons 
à ces pièces ; un seul barbillon ou point de 
barbillons aux mâchoires ; deux nageoires 
dorsales. 



i. C. Rayé. C. Lineatus. Lac. ( Gughareo. ) 

Bloc*, pi. 5o4 , fig. 

C Corpore argentato , violaceo , cœruleoque varie- 
gato , lineis aureis transversis. N 

Ce poisson vient se jouer sur la surface des flots 



CENTROPOME. 287 

qui se brisent sur nos rochers. Son corps est ar- 
genté , d'un violet clair sur le dos , qui se fond en 
bleuâtre sur les nageoires , et traversé par de lé- 
gères bandes dorées. Sa tête est petite ; la mâ- 
choire inférieure est plus longue que la supérieure , 
elles sont garnies de dents fines 5 les yeux ont l'iris 
d'un argent doré , les narines n'ont qu'un orifice 5 la 
ligne latérale est droite. La membrane branchiale a 
cinq rayons j la première nageoire dorsale en a 
huit aiguillonnés 5 la seconde , un aiguillonné y 
douze articulés 5 les thoracines, un épineux, cinq 
lisses 5 l'anale, trois aigus, dix ramifiés 5 les pec- 
torales , dix- huit chaque 5 et la caudale en crois- 
sant , seize. La longueur du centropome rayé est 
de trois décimètres. On en pêche toute l'année. 

2. C. Noirâtre. N. C. Nigrescens. N. ( Loubas nègre.) 

C. Nigro , argenteoque varius ; pinna dor ' salis 
prima radiisS, secundo, i5. 

Quoique cet osseux n'ait pas des couleurs écla- 
tantes , il est assez agréablement nuancé pour le 
faire distinguer des espèces précédentes. Son corps 
est couvert d'écaillés dentées , noirâtres , avec 
quelques reflets argentés. La tête est grande et 
noire par-dessus. La mâchoire inférieure est un 
peu plus longue que la supérieure ; toutes les deux 
sont garnies , ainsi que le palais, de très-petites 
dents. Les yeux ont l'iris d'un brun argenté : la 



2 8 8 OSSEUX. THORACIQUES. 

liorne latérale est droite. La membrane branchiale 
a huit rayons j la première nageoire dorsale en a 
huit aiguillonnés , le premier fort court 5 la se- 
conde y trois aiguillonnés ? douze articulés; les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune; l'a- 
nale 5 trois aigus , douze ramifiés , les pectorales ? 
seize chaque , la caudale en croissant en a vingt. 
Cette espèce , dont la description n'avoit pas 
encore été publiée , vit dans nos rochers , et par- 
vient jusqu'au poids de douze kilogrammes. 

REMARQUES. 

Ces centroporaes , qu'on devra placer parmi les persèques , 
à cause de l'aiguillon qui terminent leurs opercules , sont les 
poissons de notre mer dont les pêcheurs fout le plus de cas, 
tant à cause du goût exquis et délicat de leur chair, que de la 
facilité qu'ils trouvent à les prendre. Le rayé se plaît à l'em- 
bouchure des rivières j il remonte le Var et la Roïa à plusieurs 
lieues, et il dépose souvent ses oeufs sur des bancs de sable. 
Le noirâtre ne quitte jamais les rochers de la mer où il passe 
tranquillement sa vie dans les endroits peu fréquentés. Ces 
thoracins sont sédentaires et nombreux sur nos rivages. On en 
prend toute l'année dans les différens pièges que l'industrie de 
nos pêcheurs ne cesse de leur tendre. 



G. LV. Holocentre. Holocentrus. Gronov. 

Caractères, Un ou plusieurs aiguillons et des 
dentelures aux opercules ; une seule nageoire 
du dos. 



«p« 



ÏIOL OC ENTRE. 289 

PREMIER SOUS-GENRE» 

^Nageoire de la queue rectiligne ou arrondie. 
1. H. Merou. Lac. H. Mer ou. Lac. ( Anfounssou. ) 

Br«nn. Pisc. Massil. pag. 63 , d. 8j. 

H. Corpore n-ebuloso , operculis trispinosis ; spinis 
dorsalibus undecim, Lin. 

Le nom rie gigantesque avoit été donné à ce 
thoracin , à cause de ses grandes dimensions , 
son corps est comprimé d'un jaune rougeâtre, 
nuancé sur le dos d'une couche obscure, parse- 
mée de taches brunes et verdâtres ; le museau est 
arrondi , la bouche ample, les mâchoires presque 
égales, garnies de plusieurs rangées de petites 
dents courbes, dont celles du devant coniques et 
fort longues. La langue est lisse, le palais et le 
gosier noirâtres , hérissés de touffes de pointes 
aiguës , ainsi que les branchies. Les yeux grands 
avec l'iris doré ; les deux orifices de chaque na- 
rine inégaux. La ligne latérale est presque droite 5 
la membrane branchiale contient sept rayons 5 la 
nageoire dorsale brune avec des filamens , en a 
onze aiguillonnés, seize articulés. Les thoracines 
un épineux, cinq lisses chacune; l'anale trois aigus, 
neuf ramifiés ; les pectorales rougeâtres à l'extré- 
mité , en ont seize chacune 5 la caudale rectiligne 
quatorze. La longueur de ce poisson est d'environ 

*9 



2g0 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

un mètre ? il pèse alors trente kilogrammes. Il 
s'approche en avril et mai de nos rivages. 

2. H. A bandes. Lac. H. Fasciatus, Lac. (Perco 

de mar. ) 

Bloch. pi. 4-jo. 

H. Corpore luteo, fasciïs longitudinalïbus yfuscis. N. 

Sans avoir le brillant aspect du serran , et la 
taille du mérou , cette espèce n'est pas moins re- 
marquable par les sept bandes longitudinales 
brunes , qui traversent son corps jaunâtre ? dont 
quelques raies bleues et rouges disséminées sur 
l'abdomen ? relèvent l'éclat. La bouche est grande, 
la mâchoire inférieure un peu plus longue que la 
supérieure , toutes les deux hérissées , ainsi que le 
palais , de dents aiguës. La langue est lisse et 
pointue. Les yeux d'un jaune rougeâîre $ les 
narines ont deux orifices ; les écailles sont dures 
et dentelées. La ligne latérale est presque droite ; 
les nageoires variées de jaune , mouchetées de 
points rouges 5 la dorsale a dix rayons aiguillonés, 
quinze articulés ; les thoracines un épineux , cinq 
lisses chaque ? l'anale trois aigus , sept ramifiés ; les 
pectorales traversées par des raies rouges, en ont 
treize chacune 5 la caudale rectiligne seize ; et la 
membrane branchiale six. Ce poisson acquiert 
deux décimètres et demi de longueur , il visite 
quelquefois nos rivages. 



HOLOCENTRE. 2()t 

3. H. Marin. H. Marinus. Lac ( Serran. ) 

//. Capite acuto, striis miniaceis et cceruleis ornato ; 
fasciïs 6-7 fuscis transversis in corpore ; operculo 
posteriore bispinoso ; pinnâ caudœ sub intégra* 
Delaroche. Annal, du Mus. Tora. XIII. 

Le corps de ce poisson est comprimé d'un vert 
jaunâtre avec six à sept bandes obscures. L'ab- 
domen est d'argent doré et d'un beau violet vers 
l'anus. La tête est grosse pointue , la bouche 
ample, garnie de dents fines et pointues; la mâ- 
choire inférieure est à peine plus longue que la 
mandibule. Le gosier est hérissé de deux osselets 
aiguillonnés. Les yeux sont d'un blanc doré 5 les 
opercules traversés de lignes violettes avec la pre- 
mière pièce dentelée , et la seconde terminée par 
deux épines, ne recouvrant pas entièrement la 
membrane branchiale qui contient sept rayons. La 
nageoire dorsale porte dans son milieu deux taches 
bleuâtres , elle supporte dix rayons aiguillonnés et 
quinze articulés , pointillés de rouge. L'anale qui 
est parsemée de points jaunes, en a trois aigus et 
6ept ramifiés. Les thoracines qui sont brunes à 
l'extrémité portent chacune un rayon épineux et 
cinq lisses; les pectorales dix-neuf, et la caudale 
pointillée de rouge en a dix-huit. Cet holocentre 
se tient ordinairement parmi les plantes marines. 
Je l'ai observé en juin en péchant sur notre côte. 



292 OSSEUX. THORÀCIQTjES. 

DEUXIÈME SOUS-GENRE. 

Nageoire de la queue fourchue , échancrèe ou en 

croissant, 

4. H. Hepate. H. Hepatus. N. ( Serran. ) 

Arteb. Gcr. 35 , Synon. 5?. 

H. JMaxilla i?iferiore longiore , lineis utrinque 
transversis nigris. Lin. Labrus hepatus, 

L'hépate ressemble, par son naturel, ses habi- 
tudes , la forme de son corps , la disposition des 
nageoires et l'alongement du museau, aux labres 
avec lesquels on l'avoit compris jusqu'à présent; 
mais d'autres caractères l'en séparent. Son corps 
est d'un gris rougeâtre par-dessus , traversé par 
de bandes noires et argentées, avec des lignes 
dorées et d'outremer sur la gorge et le ventre , la 
tête est pointue, la bouche grande, la langue lisse; 
le palais garni de deux osselets triangulaires héris- 
sés de pointes. La mâchoire inférieure plus avancée 
quela supérieure, toutes deux sontgarniesdepetites 
dents, les yeux sont dorés, la prunelle bleue, la 
première pièce des opercules est dentelée, la seconde 
se termine en deux pointes aiguës. La ligne latérale 
suit la courbure du dos. La nageoire dorsale a dix 
rayons aiguillonnés , onze articulés , elle est ornée 
d'une belle tâche noire dans son milieu. L'anale 
a tiois rayons aigus, sept ramifiés j les thoraciiies 
d'un bleu verdâtre, un épineux, cinq lisses cha- 



HO L OC ENTRE. 29S 

cune ; les pectorales jaunes treize chaque; la cau- 
dale en croissant avec des points jaunes ou rouges 
en a seize , et la membrane branchiale sept. Ce 
thoracin a un décimètre de longueur , on en trouve 
en mai et septembre. La femelle s'approche du 
rivage en août pour pondre ses œufs sous les galets. 

5. H. Jaune. H. Flavu$ % Nob. ( Serran. ) 

H. Suprà aurantiaco cœmleus ; infrà Kturîs quatuor 
luteis vioîaceisque variegato. Lin. Perça cabrilla 
var. B. 

Cette espèce ? qu'on avoit regardée comme va- 
riété du serran ? a le corps oblong ? d'un rouge 
jaunâtre azuré en-dessus et marqué longitudina- 
lement en-dessous de quatre bandes d'un jaune 
doré ? entremêlé de lignes violettes. L'abdomen 
est blanchâtre 5 le museau arrondi, jaunâtre , cou- 
vert de petits pores. La mâchoire inférieure est 
plus longue que la supérieure. Elles sont toutes les 
deux garnies de dents crochues et aiguè's, plus 
grosses en-dessous. Les yeux ont l'iris d'un jaune 
doré ; les opercules offrent de larges lignes violettes 
et jaune-orangé ; leur première pièce est dentelée 5 
la seconde se termine par trois aiguillons allongés. 
La ligne latérale est presque droite ; la nageoire 
qui est variée de jaune, d'azur et de rougeâtre , 
contient dix rayons piquans et quatorze articulés j 
l'anale jaunâtre est soutenue par trois aigus et 



2g4 OSSEUX. TIIORÀCIQUE5. 

sept ramifiés 5 les thoracines en ont chacune un 
épineux et cinq lisses ; les pectorales', d'un beau 
jaune de safran , en ont quatorze 5 la caudale , qui 
est jaune et fourchue , en a seize 5 et la membrane 
branchiale violette , sept en forme de lames. Ce 
poisson fréquente les plaines de galets de nos ri- 
vages, et s'approche rarement des endroits rocail- 
leux. 

6. H. Serran. H. Serran, ( Serran. ) 

Mus. Ad. FaED. 11, pag. 87. 

H, Fasciis longitudinalibus 4 sanguineis, Lisr. 

Perça cabrilla. 

La Méditerranée a toujours été indiquée comme 
la patrie de cet osseux. Son corps est rougeâtre sur le 
dos etles côtés, d'unblanc sale sur l'abdomen, orné 
de larges lignes jaunes mélangées avec des raies vio 
lettes.Labouche est allongée, la mâchoire inférieure 
plus longue que la supérieure. Toutes deux garnies 
de dents aiguës, dont celles du devant très-petites, 
la langue est lisse ; les yeux jaunes, l'iris doré , la 
ligne latérale est courbe. Les nageoires sont ondées 
de jaune et de bleu. La dorsale a dix rayons 
aiguillonnés, quatorze articulés, l'anale trois aigus 
sept ramifiés ; les thoracines un épineux , cinq 
lisses chacune : Les pectorales quatorze chaque 5 
la caudale seize, et la membrane branchiale huit. 
La longueur de ce poisson est de deux décirnèties. 
O11 en trouve dans nos mers toute l'année. 



HOLOCENTRE. 2C)5 

A. On trouve une variété de ces liolocentres à 
grandes bandes d'un rouge sanguin, avec quelques 



raies longitudinales foncées. 



REMARQUE S, 



La nature semble avoir donné à certains poissons une faculté 
digestive si prononcée , qu'on les voit souvent obligés , pour 
satisfaire à leurs besoins pressans , de se livrer des combats 
cruels où le plus foible de la même espèce devient la proie du 
vainqueur qui l'avale sans le mâcher. Les holocentres sont par- 
ticulièrement dans ce cas. Ils nagent toujours la gueule béante, 
et ils engloutissent , en se transportant , avec la rapidité de 
l'aigle , des quantités considérables de spares , de dupées et 
d'autres poissons qui vivent en société, dont ils poursuivent 
sans cesse les légions nombreuses. Ces thoracius semblent , il 
est vrai , habiter de préférence les grandes profondeurs où nos 
pêcheurs savent cependant les atteindre, à cause de la délica- 
tesse de leur chair, qui leur donne un grand prix , et les fait 
servir sur les tables les plus somptueuses. 



G. LVI. Sciène. Sciœna. Artèdi. 

Caractères. Un ou plusieurs aiguillons et point 
de dentelures aux opercules \ deux nageoires 
dorsales. 



i. S. Umbre. Lac. S, Timbra* Lin. ( Cuorp. ) 

Bl»ch. pi. 297 , fig. 

S. Nigro varia , pinnis ventralïbus integerrimis . Lin. 
Si on ne considère que la forme du corps et la 



296 OSSEUX. THOKACIQUES. 

position des nageoires,, ce poisson paroît être un 
persèque ; mais le nombre des rayons et l'absence 
du barbillon en font la différence. Les écailles de 
cette sciène ? quoique sombres , sont ricbes en cou» 
leurs , le jaune , le brun et le noir entremêlés de 
gris et d'argenté , lui forment des teintes assez 
douces et moelleuses. Sa tête est courte, couverte 
d'écaillés finement dentelées, brillantes d'or, 
d'azur et d'améthyste. La bouche est presque 
ovale : les mâchoires égales j la supérieure a deux 
rangs de petites dents pointues, et l'inférieure en 
contient un plus grand nombre. Les yeux sont 
bruns, l'iris argenté. Les narines ont deux ori- 
fices et les opercules ont deux aiguillons à la pièce 
postérieure. Les nageoires sont variées de jaune , 
de noir et d'argent. La première dorsale a dix 
rayons inégaux 5 la seconde en a vingt-quatre ; les 
thoracines , un épineux , cinq lisses chacune j 
l'anale , deux aigus , huit ramifiés ; les pectorales, 
quinze chaque 5 la caudale arrondie, dix-huit 5. et 
la membrane branchiale , cinq. Ce thoracin est 
assez commun dans notre mer; on en prend en 
été jusqu'au poids de trois kilogrammes. 

JKUMjtRQUJES» 

Lorsqu'une douce température vient animer d'une nouvelle 
vie, tous les êtres organisés , l'umbre s'approche de nos rivages 
pour payer son tribut à la nature et propager son espèce. Le 
mâle court, va, vient, tourne autour de la femelle, déploie 



SCIENT 2 97 

dans chaque ondulation ses nageoires en mille manières pour 
faire sentir la vivacité de ses désirs et exprimer le sentiment 
dont il est agité. Ces seiènes déposent leur fiai et leur laite sur 
les galets calcaires où les oeufs écloscnt en peu de jours. La vertu 
spécifique que les anciens avoient tant vantée dans ces poissons , 
ne se retrouve plus ici où l'on ne prise leur chair qu'à cause àe 
son goût savoureux et agréable. 



G. LVII. Persèque. Perça. Artèdi. 

Caractères. Un ou plusieurs aiguillons et une 
dentelure aux opercules; un barbillon ou 
point de barbillons aux mâchoires ; deux na- 
geoires dorsales. 



i. P. Umbre. Lac. P. Timbra. Lac. (Ombrino,) 

Bloch. pi. 5oo. 

P. Maxiïïa superiore longiore ; inferiore cirrho 
unico. Lin. Perça cirrhosa. 

L'umbre a le corp3 comprimé ,, couvert de larges 
écailles rhomboïdales un peu dentelées , d'un ar- 
gent azuré en dessus et d'un jaune argenté en 
dessous ? traversé sur le dos et les côtés de plusieurs 
raies longitudinales sinueuses, bleues et dorées. La 
tête est garnie de très-petites écailles. Le museau 
criblé de pores à sa sommité. La bouche mé- 
diocre ; la mâchoire supérieure plus longue que 
l'inférieure ? celle-ci est ornée d'un gros barbil- 



2g8 OSSEUX. TH0RACIQUE5. 

Ion très-court 5 elles sont garnies toutes deux de 
fort petites dents. Les yeux sont grands, l'iris 
d'un argent doré; chaque narine a deux orifices; 
les opercules sont armés d'un aiguillon et mar- 
qués d'une tache noire à la sommité. La ligne la- 
térale est courbe. Les nageoires dorsales sont bru- 
nes , variées de blanc ; la première a dix rayons , 
et la seconde vingt-six. Les thoracines , un épi- 
neux , cinq lisses chacune ; l'anale rougeâtre , 
deux aigus, sept ramifiés. Les pectorales, dix- 
sept chacune ; la caudale échancrée , dix-neuf; et 
la membrane branchiale en a cinq. Ce poisson 
est très-commun dans nos mers; on en prend du 
poids de seize kilogrammes. 

2. P. Vanloo. N. P. Vanloo. N. ( Figou. ) 

PI. ix, fig. 3o de cet ouvrage. 

P. Corpore aurato, argenteo , cœruieoque ario\ 
maxillis azqualibus , pinna analibrevissima. N, 

Les couleurs de ce poisson sont magnifiques. 
Il est couvert de grandes écailles à rayons diver- 
gens , placées transversalement et brillantes d'or 
et d'argent, où se réfléchit par douces grada- 
tions l'azur et l'améthyste. L'abdomen est d'un 
blanc mat ; le museau arrondi ; la bouche 
ample ; les mâchoires égales , garnies de dents ai- 
guës, crochues et isolées ; la langue lisse, d'un 
beau jaune, ainsi que le palais ; le gosier garni 



PERSÈQUr. 2Q9 

d'aspérités; les yeux ronds, l'iris doré; la prunelle 
bleue. L'opercule est composé de deux pièces , la 
première finement dentelée , la seconde , se termi- 
nant par deux prolongemens aigus. L'anus plus 
près de la queue que de la tête. La ligne latérale 
droite. La première nageoire dorsale contient dix 
rayons aiguillonnés, la seconde, vingt-sept arti- 
culés ; les thoracines, un épineux, cinq lisses 
chaque 5 l'anale, fort courte, deux épineux, sept 
ramifiés; les pectorales, ornées d'une grande 
tache dorée à leur base , dix-sept chacune ; la 
caudale rectiligne, vingt; et la membrane bran- 
chiale, cinq. Ce poisson s'étend à deux mètres de 
longueur et à quatre décimètres de largeur ; il pèse 
alors six myriagrammcs. Il vit dans les fonds va- 
seux de la plage de Nice; on en prend en mai, 
juin et juillet. 

3. P. Loup. P. Labrax. Lin. ( Loubas. ) 

Bloch. pi, 3oi. 

.P. Argenteus ; maxillis cequalibus ; operculis 

squammatis. 

Les écailles de ce beau thoracin brillent d'une 
couleur argentée avec des reflets d'un bleu céleste 
sur le dos. La bouche est ample , les mâchoires 
égales , garnies de dents courtes et aiguè's , ainsi 
que le palais et le gosier. Les yeux sont argentés ; 
chaque narine a deux orifices. Les opercules son* 



300 OSSEUX. TH0RACIQUE5. 

écailleux. La ligne latérale est droite. La mem- 
brane branchiale renferme cinq rayons. La pre- 
mière nageoire du dos, qui est d'un rose tendre, 
a neuf rayons aiguillonnés , et la seconde, quatorze 
articulés j les thoracines , qui sont d'un jaune pâle, 
un épineux , cinq lisses; les pectorales jaunâtres , 
dix-huit j l'anale , trois aigus et onze ramifiés j et 
la caudale, qui est fourchue, dix-huit. Ce poisson 
est fort commun dans toute la mer qui baigne au 
sud notre département. On en prend toute l'année. 
Quelques individus atteignent le poids de seize 
kilogrammes. 

JR E M A R Q U JE S, 

Si les persèques , qui habitent les lacs et les rivières, rap- 
pellent par leurs couleurs les sites qui les ont vu naître, il en 
est de même de celles qui vivent sur nos bords maritimes dont 
les algues et les conferves , toujours fraîches et verdoyantes, 
contrastent d'une manière agréable avec la couleur lileue des 
eaux où l'azur d'un ciel serein se réfléchit. La mer qui baigne 
le rivage des Alpes Maritimes, nourrissant une espèce encore 
inconnue des naturalistes , je l'ai dédiée au célèbre peintre 
Charles-André Vanloo de Nice. Ce poisson paroît avoir quelque» 
rapports avec celui du même genre que M. Lacépède a décrit 
sous le nom de Brunnich ; mais il en ditfère , non-seulement 
par la taille qui est cinquante fois plus grande , mais encore 
par la distribution de ses couleurs , le nombre de ses rayons , 
la forme de ses nageoires , ainsi que par le6 mœurs et les 
habitudes. 



POMATOME. 50 1 

G. LVIII. Pomatome. Pomatomus. Lac. 

Caractères» Opercules entaille's dans le haut 
de leur bord postérieur , et couverts d'écaillés 
semblables à celles du dos y le corps et la 
queue allongés; deux nageoires dorsales ; 
la nageoire de l'anus à membrane épaisse. 



i. P. Télescope. N. P. 2'elescopus, N. (Ugliassou. ) 

PI. ix, fi g. 5i de cet ouvrage. 

P. Corpore nigro, violaceo-rubescente , cceruleocjue 
variegato ; oculis maximis ; cauda semi lunata* 
Nob. 

Le corps de ce poisson est couvert d'écaillés 
rayonnéeSj très-peu adhérentes à la peau. Le 
fond de la couleur est un noir qui se nuance en 
rouge violet ? en bleu céleste et en gorge de pigeon. 
Sa tête est grosse ? son museau arrondi en pointe; 
ses lèvres épaisses et rétractiles 5 sa bouche ample ? 
sa mâchoire inférieure un peu plus avancée que la 
supérieure , toutes les deux sont garnies de plu- 
sieurs rangs de très-petites dents aiguës. La langue 
est libre , lisse ? noire et subulée. Le palais est 
garni au milieu d'une plaque rhomboïdale héris- 
sée de pointes ? accompagnée de chaque coté d'un 
long osselet épineux. Le gosier est armé de quatre 
larges pièces aiguilloonées. Les yeux sont très- 



3(32 OSSEUX. THORACIQUES. 

grands, avec l'iris argenté, nuancé de noir, la 
prunelle d'un bleuâtre transparent. Les opercules 
sont composés de deux pièces écailleuses, la su- 
périeure , comme cerclée en rayons , l'inférieure 
anguleuse j la ligne latérale est droite. L'anus 
plus près de la queue que de la tête. Les nageoires 
sont d'un noir obscur à reflets rougeâtres. La pre- 
mière dorsale, qui est située en arrière de la pec- 
torale , contient sept rayons aiguillonnés , dont 
le premier est fort court ; la seconde en a un épi- 
neux et dix ramifiés, très-étalés et octofides. Les 
pectorales , qui sont grandes , en ont dix-huit cha- 
cune 5 les thoracines , un épineux , cinq lisses 
chaque 5 l'anale subadipeuse , deux épineux 
courts et huit ramifiés, très-épais et à peine vi- 
sibles. La caudale , en demi-lune , en a vingt ; et 
la membrane branchiale, d'un brun châtain, en 
contient sept lamelliformes. La longueur de ce 
poisson est de cinq décimètres sur un et demi de 
largeur . et quatre-vingt millimètres d'épaisseur. 
La queue a deux décimètres d'envergure et les 
yeux en ont un de circonférence. 

REMARQUES. 

Des yeux globuleux et d'une grandeur extraordinaire, des 
nageoires épaisses et bien développées , des dimensions fort 
grandes , une natation rapide et une structure générale forte 
et vigoureuse, sont les attributs de ce pomatome 5 toute cette 
conformation semble propre à le défendre contre les péla- 
gieus ciui fréquentent les aMmes marins daus lesquels ce thoracin 



PO M ATOME. 005 

fait sa demeure habituelle. Ce poisson est le plus rare qu'on 
trouve sur nos côtes , puisqu'en trente ans on n'en a pris que 
deux individus. Cette rareté tient à ce qu'il ne s'éloigne jamais 
de ces froides vallées sous-marines , où nos pêcheurs ne peu- 
vent jeter leurs palangres que dans le mois d'août , encore faut- 
il que le hasard les serve dans leur pêche. La chair de ce po- 
xnatome , encore inconnu des naturalistes , est ferme , tendre , 
et d'un goût délicieux. 



G. LIX. Zée. Zeus. Artèdi. 

Caractères, Le corps et la queue très-compri- 
mes ; des dents aux mâchoires ; une seule 
nageoire dorsale; plusieurs rayons de cette 
nageoire terminés par des filamens très- 
longs , ou plusieurs piquans le long de cha- 
que côte de la nageoire du dos ; une mem- 
brane verticale placée transversalement au- 
dessus de la lèvre supérieure ; les écailles 
très-petites ; point d'aiguillons au-devant de 
la nageoire du dos ? ni de celle de l'anus. 



i. Z. Forgeron. Lac. Z. Faber. Lin. (Pei S. Peire.) 

Bloch. pi. 4i. 

Z» Cauda rotundata; lateribus mediis ocello fusco , 
pinnis analibus duabus. Lin. n°. 3. 

Le corps ovale du forgeron est couvert d'écaillés 
minces d'un vert lavé ? donnant sur le rougeâtre ? 



3e>4 OSSEUX. TIIORACIQUESfc 

traversé par plusieurs teintes foncées. Ses cotés 
sont marqués de deux belles taches noires à reflets 
changeansj l'abdomen est argenté, nuancé de 
diverses bandes dorées. La tête est comprimée , la 
bouche ample ; la mâchoire inférieure plus avan- 
cée que la supérieure ; toutes les deux garnies de 
deux rangées de petites dents crochues. Les yeux 
sont grands , avec l'iris doré •, les narines ont un 
orifice arrondi 5 les opercules sont composés de 
deux pièces aiguillonnées à leur origine. Les 
branchies ont une large ouverture 5 deux longues 
épines dentelées sont placées en dessous. L'abdo- 
men est hérissé de deux rangs de forts piquans 5 ta 
ligne latérale courbe , sinuée , indiquée par de pe- 
tits traits. Les nageoires du dos et de l'anus sont 
garnies à leur base de sept gros tubercules ovales à 
deux épines. La première dorsale contient onze 
rayons aiguillonnés , terminés par de longs fila- 
mens ; la seconde en a vingt-quatre articulés j les 
thoracines, un épineux , cinq lisses, prolongés 
en longs fils 5 la première anale , qui est noirâtre , 
en a quatre aigus; la seconde, vingt-deux articu- 
lés : les pectorales, treize chaque 5 la caudale ar- 
rondie, quatorze 5 et la membrane branchiale, 
quatre lamelliformes. On prend communément 
ce poisson xlans nos mers 5 il parvient jusqu'au 
poids de trois kilogrammes. Il a alors six déci- 
mètres de longueur sur quatre de largeur. Sa 
chair est tendre et d'un goût exquis. 



3o5 



Z EE. 



REMARQUES. 

Rien de plus absurde que les contes fabuleux qui ont tant 
donné de réputation à ce tboracin auquel on attribuoit des 
qualités merveilleuses. Aussi le savant auteur françois de l'His- 
toire naturelle des poissons n'a t-il pas manqué de dire , en 
parlant de ce zée , qu'on connoît sous le nom vulgaire de 
poisson Saint-Pierre , à cause des taches dont on a dit que le 
prince des apôtres l'avoit marqué en lui appliquant ses doigts , 
que les opinions les plus extraordinaires sont celles qui se ré- 
pandent le plus vite, et qui durent pendant le plus de temps. 



G. LX. Capros. Capros. Lace'pède. 

Caractères* Le corps et la queue très-com- 
prime's et très-ëleve's ; point de dents aux 
mâchoires ; deux nageoires dorsales ; les 
écailles très-petites ; point d'aiguillons au-de- 
vant de la première et de la seconde dorsale , 
ou de la nageoire de l'anus. 



i. C. Sanglier. Lac. C. Aper. Lac. (Verrat. ) 

Rondelet pi. i , lib. v , cap. 27 t pag. 161. 

C. Asper , cauda œquali , corpore rube?itô. Lin. 

Zeus. 

Le capros sanglier a le corps d'une couleur 
rougtCilre, couvert d'écaillés frangées sur leurs 
bords , qui le rendent âpre et rude au toucher. 
Son museau est avancé j un peu cylindrique. Sa 

20 



5o6 OSSEUX. THORACIQUES. 

bouche est petite , sa lèvre supérieure est rétrac- 
tile et s'étend à la volonté de l'animal. Les yeux 
ont l'iris rubis 5 la ligne latérale est courbée et 
ondulée. La membrane branchiale a sept rayons j 
la première nageoire dorsale en a neuf 5 la se- 
conde ? vingt-trois; les pectorales, quatorze cha- 
que ; les thoracines, un épineux et cinq lisses 
chacune ; l'anale , trois aigus > dix-sept ramifiés 5 
la caudale, qui estrectiligne et d'un rouge d'oxide 
de plomb, en contient seize. Ce poisson est fort 
rare, on le trouve quelquefois jeté sur le rivage par 
les tempêtes. 

RE 31 ARQUE S. 

Ce thoracin , jusqu'ici unique dans son genre, doit son nom, 
spécifique au prolongement de son museau , qu'on a trouvé 
analogue à celui du cochon , ainsi qu'aux écailles striées qui 
ont l'apparence de soies roides dont ce mammifère est couvert. 
Cet osseux est peu recherché , soit à cause de sa petitesse , soit 
par le peu de goût de sa chair qui répand continuellement 
une odeur très-for le. 



G. LXI. Pleuronecte. Pleur one des. 

Caractères. Deux yeux du même coté de la 
tête ; des nageoires pectorales. 



PREMIER SOUS-GENRE. 

Les deux yeux à droite ; la caudale Tectiligne ou 
arrondie , eu no/i échancrée. 



PLEURONECTES. 5oj 

i. P. Sole. Lac. P. Solea. Lin. ( Sollo. ) 

Bloch. pi. 45. 

P. Corpore aspero oblongo , maxilla superiore 

longiore. Lin. 

La sole a le corps très-allongé , couvert d'é- 
cailles tenaces et dentelées , d'un brun olivâtre 
sur sa face droite et grisâtre sous la gauche. La 
tête est petite , la bouche arquée , la mâchoire su- 
périeure recourbée et plus avancée que l'infé- 
rieure , toutes les deux sont garnies de dents fines 
et de petits barbillons. Les yeux sont écartés et 
ont l'iris marbré. L'anus est situé près de la gorge 5 
la ligne latérale est droite. La nageoire dorsale, a 
quatre-vingt-un rayons; l'anale, soixante-un; 
elles sont presque réunies à la caudale qui est 
ronde et qui en a seize ; les thoracines en ont sept 
chacune; les pectorales, dix chaque; et la mem- 
brane branchiale, six. Ce pleuronecte habite la 
vase de l'embouchure du Var et parvient jusqu'au 
poids de deux kilogrammes. Sa chair est fort dé- 
licate. 

2. P. Plie. Lac. P. Platessa. Lin. ( Sollo de Piano. ) 

Li.i'CH. pi. 4a. 

P. Corpore glabro , maculis rubris ; tuberculis sex 

capitis. 

Des écailles minces et peu adhérentes revêtent 
le corps de cette espèce , qui est marbrée de gris 



3o8 OSSEUX. TIÏORACIQUES. 

rougeâtre sur le côté droit et blanchâtre en des- 
sous. La tête est médiocre , la bouche petite ; la 
mâchoire inférieure un peu plus longue que la su- 
périeure ; toutes les deux sont garnies de petites 
dents émoussées. La langue est lisse , les yeux 
blanchâtres. La ligue latérale presque droite. La 
nageoire dorsale a soixante-huit rayons ; l'anale 
est précédée d'un aiguillon et en a cinquante- 
quatre , elles sont couvertes à leur base de petites 
écailles; la caudale arrondie a dix-sept rayons; 
les thoracines , six chaque ; les pectorales , douze 
chacune 5 et la membrane branchiale , six. Ce 
poisson aime à se cacher dans ïa fange; il par- 
vient au poids de trois kilogrammes. 

3. P. Pegouse. Lac. P. Pegusa. Lac. (Sollo de rocco.) 

Duhamel. Tr. des pècb.ui , 25g. Rondelet, part, i, lib. u , cap. u , pag. 322. 

P. Corpore ovato oblongo , nigro maculato , squam- 
?nis ciliatis , Une a laterali recta. 

L'inexactitude qui régnoit dans la description 
de la pégouse rendoit difficile sa détermination. 
Son corps est ovale, obloug, couvert de petites 
écailles ciliées , fort adhérentes à la peau, d'un 
rouge brunâtre sur la partie droite, orné de taches 
inégales et de bandes noirâtres 5 et d'un blanc sale 
sur la partie gauche. Sa tête est enfoncée, sa 
bouche petite , ses mâchoires presque égales , gar- 
nies de petits tubercules. Les yeux sont ronds , 



PLEURONECTES. OO9 

avec l'iris gris et la prunelle verte; la ligne laté- 
rale est droite. Les nageoires dorsale et anale se 
relèvent vers la queue. La première a soixante- 
treize rayons; la seconde, cinquante-six; la cau- 
dale rougeatre, lunulée de noir à sa base, en a 
seize; les thoracines, quatre chacune; la pecto- 
rale, cinq; et la membrane branchiale, quatre. 
La longueur de ce thoracin est d'un décimètre et 
demi ; il habite dans les algues qui croissent près 
des rochers. 

4. P. QEillé. Lac. P. Ocellatus. Lin.(Sollo de Fount.) 

Schneider. Syst. Blochii. pI.4o. 

P. Corpore fusco ; ocellis quatuor atris , iridibus, 
aureis ; cauda rotimclata. N. 

Cette espèce, qu'on croyoit reléguée dans les 
mers de Surinam ; habite aussi celle de Nice. Son 
corps est ovale , oblong , couvert de petites écailles 
dures et rudes , d'une couleur vigogne clair avec 
des reflets d'un rouge obscur, orné sur la surface 
droite de quatre taches rondes d'un noir d'ébène, 
entourées de points d'un beau jaune doré et de 
trois autres taches noires cerclées de brun , dont la 
plus grande est celle du milieu. Le côté gauche 
est d'un blanc de chair qui passe vers les na- 
geoires en un bleu céleste dont les bords sont 
carmélite. Sa tête est menue, un peu relevée, la 
bouche petite et oblique. La mâchoire supérieure 



ÔIO OSSEUX. THORAC1QUES. 

garnie à sa base d'un appendice filiforme • elle 
est un peu plus longue que l'inférieure 5 toutes 
deux sont garnies de dents très-fines 5 les yeux 
sont apparensj relevés en bosse, avec l'iris d'un 
beau saphir et la prunelle améthyste. La langue 
est lisse. L'anus voisin de la tête • les opercules ar- 
rondis , la ligne latérale droite. Les nageoires 
sont obscures , variées de taches en zig-zag , de 
rougeâtre et de violet. La dorsale contient soixante- 
six rayons ; l'anale ? cinquante-cinq* les thora- 
cines petites , cinq chaque , ainsi que les pectorales 
qui sont courtes ; la caudale ronde , garnie à 
sa base d'une bandelette noire qui se fond en cou- 
leur de chair et se termine par un gris foncé ? en 
contient seize 5 et la membrane branchiale en a 
cinq. La femelle de ce pleuronecte dépose en 
septembre au pied des rochers des œufs couleur 
aurore. Ce poisson parvient à un décimètre et 
demi de longueur et à soixante-dix millimètres de 
largeur. Son poids s'élève à un hectogramme. 
On en voit en mai ? juillet et septembre j mais ils 
ne sont pas fort communs. 

5. P. Mangilli. N. P. Mangilli. N. ( Sollo d'Argo. ) 

P. Corpore brunneo , nigro fas ciato ; maxilla su pe- 
rfore longiore; caudânigra, albo maculata, N. 

Ce thoracin s'approche beaucoup du trichodac- 
lyle des mers d'Amboine. Son, corps est épais 9 



PLEUnONECTES. 3ll 

oblong, couvert d'écaillés rudes, d'un brun châ- 
tain , avec des bandes noirâtres qui le traversent 
du coté droit, et d'un gris foncé du côté gauche. 
La bouche est en croissant, la mâchoire supé- 
rieure est plus avancée que l'inférieure 5 toutes les 
deux sont garnies de dents à peine visibles. Les 
yeux sont obscurs, avec l'iris bleuâtre et la pru- 
nelle noire , la ligne latérale est droite. La na- 
geoire dorsale a cinquante-cinq rayons; l'anale , 
cinquante; elles sont rayées de noir. La pectorale 
droite , petite , en a quatre, celle de dessous , trois ; 
les thoracines, cinq chacune; la caudale nuancée 
de bandes noires obscures et blanchâtres, en a 
seize. La longueur de ce poisson, inconnu jus- 
qu'à ce jour, est d'un décimètre. On le trouve en 
juin et en décembre; il est assez rare. 

6. P. Lascaris. N. P. Lascaris. N. (Sollo. ) 

PI. vu , fig. 52 de cet ouvrage. 

P. Corpore marmorato , maxilla superîore longiore , 
pinna pectorali lutea , nîgro maculaca, N. 

Ce beau pleuronecte , que les pêcheurs de Nice 
ne se rappeloient jamais d'avoir vu dans notre 
mer , a beaucoup de rapports avec la flyndre et la 
limandelle. Son corps est aplati , couvert de pe- 
tites écailles ciliées , fort adhérentes à la peau , 
d'une couleur fauve tigré de noir, avec des re- 
flets violets , parsemé de points grisâtres sur la 



012 OSSEUX. THORACIQUES. 

surface droite et garni d'écaillés rudes d'un blanc 
azuré sur la gauche. Son museau est arrondi 5 la 
mâchoire supérieure couvre l'inférieure de ma* 
nière à imiter le bec d'un perroquet. Le dessous 
de la tête est orné de petits cils soyeux , blan- 
châtres, entourant an long tube qui répand une 
humeur glaireuse. La bouche est courbe , les mâ- 
choires édentées , la langue lisse , le palais noi- 
râtre ; les yeux sont ronds , écartés , avec l'iris 
tacheté , la prunelle bleue. La ligne latérale est 
courbe jusqu'aux ouïes et droite ensuite. Les na- 
geoires dorsale et anale sont grandes, tachetées 
de rouge, de noir et de blanc. La première con- 
tient quatre-vingt-cinq rayons $ la seconde, 
soixante-huit; les pectorales, sept chacune; celle 
de dessus est aurore , avec un« tache noire au mi- 
lieu , celle de dessous est d'un blanc jaunâtre. Les 
thoracines ont cinq rayons chaque; la caudale 
ronde , seize 5 et la membrane branchiale , trois. La 
longueur de ce poisson est de quatre décimètres. Sa 
chair est exquise; je l'ai trouvé en juillet. 

7. P. Jaune. N. P. Luteus. N. ( Sollo. ) 

P. Corpore luteo , pinna pectorali nigra , cauda 

truncata* 

Cette espèce, inconnue des auteurs, a le corps 
aplati et un peu bombé, couvert de petites écailles 
striées , fort adhérentes y d'une couleur jaune 



PLEURONECTES. 3l3 

doré qui se change en gris jaunâtre après la mort 
de l'individu. La tête est avancée et arrondie. La 
bouche arquée , la mâchoire supérieure couvre 
par sa longueur celle de dessous 5 elles sont gar- 
nies de petites aspérités. Les yeux sont petits , 
avec l'iris doré et la prunelle verte. L'opercule 
composé de deux lames. La ligne latérale est en- 
foncée et droite. Les nageoires dorsale et anale 
ont des rayons roussâtres, entremêlés de cinq en 
cinq rayons d'un bleu foncé. La première en con- 
tient soixante-seize 5 la seconde, cinquante-deux ; 
la pectorale droite qui est noire , en a trois , celle 
de dessous, blanche, le même nombre. Les tlio- 
racines en ont quatre chacune 5 la caudale tron- 
quée en a seize ; et la membrane branchiale , 
trois. La longueur de ce thoracin est de quatre- 
vingt millimètres sur trente-six de largeur. On le 
prend à la senne sur le rivage de Nice dans le 
mois de juillet. 

8. P. Théophile. N. P. T/ieophilus. N. (Sollo.) 

P. Corpore ofrlongo cinereo , nigro punctato y squam- 
mis asperis , opercuà's angulatis. N. 

Le corps oblong de cette nouvelle espèce de 
pleuronecte est recouvert de petites écailles fine- 
ment ciliées , fort adhérentes à la peau , d'une cou- 
leur cendrée, parsemée de petits points noirs qui 
eu varient la monotonie. Le dessous est d'un 



5l/j. OSSEUX. THORACIQUES. 

gris sale. La tête est rougeâtre , le museau ar- 
rondi en pointe 5 la bouche arquée ? la mâchoire 
supérieure un peu plus longue que l'inférieure ? 
toutes les deux édentées. Les yeux ont l'iris doré. 
Les opercules sont anguleux. La ligne latérale un 
peuflexueuse et relevée ; les nageoires sont grises , 
la dorsale contient soixante-quinze rayons ; l'a- 
nale, soixante -quatre 5 les thoracines, quatre 
chacune ; la pectorale droite , tachetée de noir ? en a 
sept 5 celle de dessous , blanche , le même nombre , 
la caudale arrondie , quinze. La longueur de cet 
osseux est de quatre-vingt-quinze millimètres sur 
vingt-quatre de largeur. Ou le prend comme le 
précédent dans le golfe de Nice en juillet et sep- 
tembre. 



DEUXIÈME SOUS-GENRE. 

Les deux yeux à gauche, la caudale rectiligne on 
arrondie , et sans échancrure, 

9. P. Turbot. Lac. P. Maximus. Lin. ( Roumbou 

Clavelat. ) 

Bloch. pi. io. 

P. Corpore subrhombeo , tuberculis osseis , linea 
laterali ab mitio arcuata. 

La forme du corps du turbot est en losange. Le 
côté gauche est d'un brun jaunâtre , garni de tu- 
bercules osseux, pointus à leur base et crochus à 



PLEURONECTES. 5l5 

leur sommité ; le coté droit est blanchâtre, par- 
semé de taches brimes ; la boucI>e est ample, la mâ- 
choire inférieure plus avancée que la supérieure; 
elles sont garnies de plusieurs rangées de petites 
dents. Les yeux ont l'iris brunâtre. La ligne laté- 
rale est courbe autour delà nageoire pectorale , et 
droite ensuite. La nageoire dorsale a soixante-» 
sept rayons 5 l'anale, quarante- six 5 les thora- 
cines , six chaque 5 les pectorales , dix chacune 5 
la caudale arrondie , seize 5 et la membrane 
branchiale, sept. Cette espèce parvient dans nos 
mers jusqu'au poids de dix kilogrammes. 

10. P. Carrelet. Lac. P* Rhombus. Liu. (Roumbou. ) 

Bloch. pi. 43. 

P. Corpore latzssimo , ovali , glabro ; squammis 

mollibus. 

Un beau coloris et de grandes dimensions dis- 
tinguent cettte espèce. Son corps est en losange 
arrondie , d'un châtain foncé , varié d'une couleur 
d'agathe et d'améthyste sur la partie gauche et 
d'un blanc de plomb azuré sur la partie droite. 
La bouche est arquée 5 la mâchoire inférieure plus 
longue que la supérieure , toutes deux sont garnies 
de dents pointues , inégales. Les yeux sont grands, 
avec l'iris argenté et la prunelle bleue. La ligne 
latérale est courbe à son origine , droite ensuite y 
la nageoire dorsale a soixante-seize rayons , l'a- 



5l6 OSSEUX. THORACIQUES. 

nale, soixante 5 elles sont variées de taches de 
différentes couleurs qui lui donnent l'aspect d'un 
granit : les thoracines ont six rayons chacune 5 les 
pectorales, douze chaque, la caudale ronde seize £ 
et la membrane branchiale, cinq. On prend com- 
munément ce poisson en décembre à l'embouchure 
du Var; il en est qui pèsent jusqu'à huit kilo- 
grammes. 

ii. P. Moineau. Lac. P. Passer. Lin. ( Barbua. ) 

Bloch. pi. 5o. 

P. Liiiiea laterali sinistré aculeata. Lin. 

Un des caractères de cet osseux est la série de 
tubercules osseux et aigus qu'on voit le long des 
nageoires dorsale et anale. La partie gauche est 
marbrée de gris, entremêlée de jaune et de brun 7 
tandis que la droite est blanchâtre. La bouche est 
un peu arquée 5 la mâchoire inférieure est plus 
avancée que la supérieure ; les yeux sont bruns, 
avec l'iris doré. La ligne latérale est hérissée d'as- 
pérités à son origine. L'anus est armé d'un pi- 
quant. Les nageoires sont variées de jaune , ta- 
chetées de brun; la dorsale a cinquante-neuf 
rayons 5 l'anale , quarante-trois ; les thoracines y 
six chaque; les pectorales, douze chacune; la 
caudale arrondie , seize ; et la membrane bran- 
chiale , six. Ce poisson , qu'on prend rarement 
dans nos mers ? ne passe jamais le poids de deux 
kilogrammes. 



PL EUR ON IIC TES. 617 

12. P. Argus. Lac. P. Argus. Lin. (Roumbou.) 

Blocb. pi. 4S , fig. 

P. Corpore vario , ocellis dimidiatis sparsis cceruleis. 

Des taches inégales, jaunâtres, pointillées de 
brun , entourées d'un cercle d'azur sur un fond 
d'un rouge brunâtre, couvrent la partie gauche 
de cette jolie espèce, et un gris cendré règne sur 
le côté droit. Ses écailles sont minces , peu adhé- 
rentes à la peau. La tête est lisse, la bouche pe- 
tite , les mâchoires hérissées de dents. Les veux 
inégalement éloignés du bout du museau ? le su- 
périeur plus grand et plus reculé que l'inférieur. 
La ligne latérale se courbe sur la pectorale et 
va droite ensuite. La nageoire dorsale contient 
soixante-seize rayons; l'anale, soixante-huit ; les 
thoracines, sept chacune 5 la pectorale gauche, 
dix , dont plusieurs prolongés au-delà de la mem- 
brane , la droite fort courbe ; la caudale ronde , 
dix-sept 5 et la membrane branchiale, cinq. Ce 
poisson parvient dans nos mers jusqu'au poids de 
trois kilogrammes. 

a 

i3. P. Manchot. Lac. P. Mancus. Lin. ( Roumbou. ) 

Brouss. Dec. Icht. n. 5, tab. 5 , 4. 

P. Capite tuberculato ; pinnis pectoralibus inœcjua- 

libus. 

Sous ce même nom vulgaire se trouve dans nos 
mers ce thoracin que le savant Broussonet avoit 



5l8 OSSEUX. THORÀCIQUES. 

séparé avec juste raison de l'espèce précédente , 
dont elle diffère par plusieurs caractères. Ce pleu- 
ronecte a le corps arrondi, d'un châtain clair, 
nuage par des zones obscures , couvert d'écaillés 
fort adhérentes , orné de petites taches jaunes 
cerclées de bleu sur le côté gauche et d'un gris 
azuré sur le côté droit. La tête est aplatie, plus 
grosse que celle de l'argus. Le museau et les yeux 
sont garnis de tubercules épineux. Les yeux 
égaux en grandeur, deux fois plus distaus que 
dans l'espèce précédente , l'iris argenté , la pru- 
nelle noire. La bouche moyenne 5 les mâchoires 
garnies de petites dents j la ligne latérale courbe à 
son origine et droite ensuite. La nageoire dorsale 
contient quatre-vingt-dix rayons 5 l'anale, quatre- 
vingts, les thoracines , six chaque; les pectorales 
inégales, douze chacune 5 la caudale arrondie, 
seize. Cette espèce a toujours de petites dimen- 
sions 5 on en prend en été sur nos rivages. 

14. P. Léotabdi. P. Leotardi. Nob. (Roumbou. ) 

P. Corpore griseo ; maxillis œcjualibus ; operculis 

cœruleis. 

Des écailles très-minces et peu adhérentes à la 
peau dont elles se détachent avec facilité, cou- 
vrent le corps de ce poisson. Un gris sale et jau- 
nâtre colore le dessus, et une teinte grisâtre le 
dessous du corps. Son museau est arrondi 5 sa 



PLEURONECTES. 3ig 

bouche petite; ses mâchoires égales , garnies de 
dents aiguës et crochues. Ses yeux sont gros avec 
l'iris doré et la prunelle bleue. Les opercules sont 
tachetées de bleuâtre. La ligne latérale est courbe 
à son origine et droite ensuite. La nageoire du 
dos a quatre-vingt-sept rayons ; l'anale , soixante 5 
les pectorales , six chacune 5 et les thoracines , 
dix. La nageoire de la queue , qui est ronde , en 
a dix-huit 5 et la membrane branchiale , trois. Ce 
pleuronecte, qui atteint un décimètre et demi de 
longueur, se rencontre fort souvent sur nos côtes. 

i5. P. Bosquien. P. Bosciï. Nob. ( Pampalotti. ) 

PI. yii , 11g. 33 de cet ouvrage. 

P. Corpore griseo ; oculis maximis ; maxillâ in je- 
riore longiore ; pinnis dorsi Qnique m'gro ma- 
culatis. 

De grands yeux et de belles taches noires se 
font remarquer sur ce poisson. Son corps est 
ovale , oblong , couvert de larges écailles d'un gris 
cendré à «auche , et blanchâtre à droite. La bou- 
che est ample 5 la mâchoire inférieure plus longue 
que la supérieure • toutes les deux garnies de petites 
dents. Les yeux sont très-grands , l'iris d'un vert 
d'améthyste, avec un croissant obscur. La ligne 
latérale courbe jusqu'après la pectorale est droite 
ensuite jusqu'à la queue. La nageoire du dos a 
quatre-vingt-deux rayons j on voit sur le trente- 



520 OSSEUX. TIIORACIQUES. 

cinquième et soixante-sixième deux belles taches 
obscures , et son extrémité est marquée de deux 
grandes taches ovales , noires et irisées. La na- 
geoire anale renferme soixante-six rayons 5 il y a 
également deux taches brunes sur le dix-huitième et 
le trente-quatrième rayon , et vers sa base deux ta- 
ches d'nn noir foncé. Les nageoires pectorales ont 
dix rayons ; et les thoracines ? six. Il y en a seize à la 
caudale ? qui est large et arrondie ? et quatre à la 
membrane branchiostcge. La longueur de ce pois- 
son est quelquefois de quatre décimètres. On le 
prend dans la mer de Nice , dans les mois d'avril , 
de juillet et d'août. 

RE M A R qU E S, 

Les pleuronectes nous offrent un exemple extraordinaire 
du défaut de symétrie dans le corps d'un animal verté- 
bré ; il semble que leur structure ait échappé à ces belles 
proportions , à cette harmonie admirable que nous observons 
dans toutes les productions de la nature. Il est vrai que les 
habitudes de ces poissons semblent être spécialement favori- 
sées par cette conformation. Nageant à plat, ils ne s'en meu- 
vent pas moins sur le côté comme les autres espèces du même 
ordre , mais leurs yeux sont placés dans le seul sens où la lu- 
mière puisse parvenir à ces organes. Ils tombent naturellement 
sur le sable ou sur la vase dès le moment où ils cessent d'agiter 
la partie postérieure de leur corps, et ils changent de lieu 
presque avec la vélocité de l'éclair. La plupart ont une chair 
blanche , légère et d'un goût exquis. Je crois avoir le premier 
découvert dans nos mers six espèces auxquelles les naturalistes 
u'uvoient pus appliqué de nom particulier. J'ai dédié la pre- 



PLEURONE CTES. 321 

mière à Paul Lascàris de Nice , qui mérita, par ses vertus et 
ses connoissances , d'être élu grand -maître de Malte. J'ai donné 
à la seconde le nom d'un savant de Nice, auteur du tiaité De 
TJsuris. La troisième rappellera aux kabitans de Sospello, leur 
célèbre compatriote Théophile Rainaut. La quatrième a été 
consacrée au modeste naturaliste BosC de l'Institut de France. 
La cinquième portera également le nom du savant profes- 
seur d'histoire naturelle de Pavie J'ai enfin emprunté de l'un 
de ses caiactères le nom par lequel j'ai désigné la sixième 
espèce. 



21 



k.-»^ , %.'». , v». , *> 



POISSONS OSSEUX. 

QUATRIÈME SOUS-ORDRE. 

ABDOMINAUX. 



G. LXII. Salmone. Salmo. Artèdi. 

Caractères, Corps à écailles très-distinctes; à 
opercules lisses; bouche à l'extrémité' du mu- 
seau, à dents fortes, sans barbillons; deux 
nageoires dorsales , la seconde adipeuse , la 
première plus près de la tète que les ven- 
trales ; pectorales sans piquans. 



i. S. Truite. S. Fario. Lin. (Troucco. ) 

BloCH. pi. 22. 

S. Argenteus , maculis rnbris cmereo cinctis ; maîi- 

dibula sub breviore. 

Le corps de la truite est argenté avec une légère 
teinte dorée , couvert de petites taches d'un rouge 
carmin. La tête de ce poisson est grande, sa bouche 
ample , sa mâchoire inférieure un peu plus avan- 
cée que la supérieure; toutes les deux sont héris- 
sées de dents crochues 5 la langue est garnie de 



SALMONE. 323 

îiuit pointes et le palais couvert d'aspérités ; les 
yeux sont dorés : les opercules sont composés de 
trois pièces, la première, située auprès des yeux, 
est garnie de rayons larges et distans 5 la seconde 
lisse j la dernière tachetée de points rouges à re- 
flets noirâtres. La ligne latérale est droite 5 la 
première nageoire dorsale est parsemée de gouttes 
purpurines*, elle contient quatorze rayons 5 la se- 
conde est adipeuse , très-longue , d'un jaune au- 
rore ; les pectorales , d'un brun violet , en ont 
douze chaque; les ventrales , huit chacune ; l'a- 
nale , variée de gris , d'or et de pourpre , en a dix j 
la caudale échancrée , vingt-deux 5 et la mem- 
brane branchiale , douze. Ce poisson parvient 
dans nos rivages jusqu'au poids de deux kilo- 
grammes. 

A. Plusieurs sources de notre département 
fournissent une variété de cette espèce , à nuances 
brunes, dont les taches rouges n'ont plus de re- 
flet brillant et paroissent comme ternies. 

2. S. TpvUite saumonée. S. Trutta. Lin. (Troucco. ) 

13 LOCH . pi. 3 I. 

S» Ma?idibula sub longiore ; maculis nigris , iridibus 
lucidioribus ; appendice suprà pinnas ventrales* 

Ce poisson habite nos lacs à quinze cents 
mètres au-dessus du niveau de la mer. Son corps 
est couvert de petites écailles, dont le bleu ? le noir 



324 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

et l'argenté forment les nuances principales. Son 
dos est couvert de points noirs et les côtés, jus- 
qu'auprès du ventre, sont parsemés de quelques 
taches d'un rouge sale , entourées d'un cercle 
noirâtre. La tête est grosse, le museau arrondi , 
la bouche ample, les mâchoires presque égales , 
hérissées de plusieurs rangées de dents ; les narines 
ont deux orifices ronds ; les yeux sont argentés , 
nuages d'obscur; les opercules sont composés de 
trois pièces , la première, placée auprès des yeux 
finement striée , et la dernière tachetée de noir. 
La ligne latérale est droite ; la nageoire dorsale , 
foncée , pointillée da noir , contient onze rayons 
articulés j la seconde est brune, sans rayons 5 les 
pectorales en ont quatorze chaque 5 les ventrales , 
huit; l'anale, neuf 5 la caudale noirâtre , vingt 5 
et la membrane branchiale, douze. La longueur 
de ce poisson est de deux à trois décimètres ; on le 
trouve dans la Vésubie et à Fenêtre. 

A. J'ai vu au-dessous des lacs de Frema-JMorta 
une variété de cette espèce dont les dimensions 
sont très-petites 5 elle est très-agile, ne descend 
jamais dans les rivières et ne se plaît que dans les 
eaux glacées de ces hautes régions 5 je la crois une 
espèce nouvelle. 

REMARQUES. 

Le "Var , la Tinée , la "Vésubie , la.Roïa et la Tuggia , rivières 
qui traversent du nord au sud notre département , uourrissent 



SALMONE. $25 

dan5 leurs eaux ces salmones. Ces poissons se plaisent dans les 
lacs tranquilles et paisibles situés sur les plateaux élevés de nos 
hautes montagnes , et dans les eaux vives et fraîches qui se 
roulent en cascades , de rochers en rochers qu'ils franchissent 
par sauts et par bouds avec une dextérité incompréhensible. 
Ces poissons recherchent tant ces endroits agrestes et sauvages , 
que , quand les grandes crues les entraînent dans la plaine , ils 
remontent aussitôt dans ces sites romantiques que la force des 
courans les avoit forcé d'abandonner. Les meilleures truites de 
notre département sont celles du village de Saint-Martin de 
Lantosca , et celles de la mine de Tende. M. Grandis , dont 
l'urbanité surpasse tout éloge , propriétaire de cette mine , re- 
tire du foie de ces poissons une huile qu'on regarde dans le 
pays comme très-efficace dans les différentes solutions de con- 
tinuité de la peau. Les truites s'asphyxient aussitôt qu'on les 
retire de l'eau. Leur chair, quoique un peu molle, a un goût 
délicat ; mais la moindre chaleur suffit pour la faire passer 
à la fermentation putride. 



G. LXIII. Osmère. Osmerus. Artèdi. 

Caractères. Semblables aux salmones ; mais la 
première dorsale plus éloignée de la tête que 
ne le sont les ventrales. 



I. O. Lézard O. Saurus. (Lambert.) 

Bloch. pi. 384, n. i. 

O. Corpore paululum depresso ; operculis sc/uam- 
matls ; oculis approximatis , elevatis. 

Cet osmère a le corps épais et allongé , couvert 
d'écaillés ciliées, d'un vert mêlé de bleuâtre ? avec 



$26 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

des raies étroites ? irrégulières , roussâtres , et d'un 
argent éclatant sur le ventre. Il a la tête grosse , 
le museau prolongé et déprimé 5 la bouche am- 
ple , très-fendue 5 la mâchoire inférieure un peu 
plus longue que la supérieure . garnie de plusieurs 
rangs de dents fines très-fortes , disposées comme 
celles de plusieurs lézards , dont les pêcheurs ont 
emprunté le nom vulgaire. Les yeux sont grands, 
rapprochés , avec l'iris argenté. Les opercules sont 
revêtus de petites écailles 5 les narines n'ont qu'un 
seul orifice. La ligne latérale est droite. La pre- 
mière nageoire dorsale a quinze rayons articulés j 
le premier, petit et court 5 le second et le troi- 
sième , prolongés en très-longs filamens. La se- 
conde est adipeuse. Les pectorales, qui sont rous- 
sâtres , ont douze rayons chacune 5 les ventrales , 
huit chaque; le troisième et le quatrième , en fils 
très-longs ; l'anale en a onze $ la caudale four- 
chue , dix-huit. Ce poisson a quatre décimètres 
de longueur ; sa chair est fort bonne 5 il est assez 
rare dans nos mers. 

2. O. A bandes. O. Fasciatus. ( Lambert. ) 

O. Corpore oblongo , argentato ; fasciis aureis , cce* 
ruleisque bransversis ; radiis pinnœ ani 6; mem- 
braTia branchiostega (juinàeciin radiata. N. 

Cet osmère a été confondu avec Yesox synodus 
d'Amérique , figuré par Gronov. Son corps est 



OSMERE. O27 

délié , oblong , aplati , recouvert Je grandes 
écailles argentées , moucheté de noir sur le dos , 
traversé sur les côtés de bandes dorées et bleues , 
et d'un blanc mat sous le ventre. Sa tête se pro- 
longe en pointe 5 la nuque est plane , enfoncée 
entre les yeux , et garnie de petites saillies. La 
bouche est ample; il y a deux rangs de dents sur 
la mâchoire supérieure et une rangée sur l'infé- 
rieure. La langue est couverte d'aspérités ; le 
palais et le gosier sont hérissés de pointes cro- 
chues ; les yeux ont l'iris jaunâtre , la prunelle 
verte, la ligne latérale est à peine visible. Les na- 
geoires sont variées de raies noires. La dorsale est 
petite, triangulaire , plus voisine de la tête que de 
la queue. Elle a onze rayons articulés ; la seconde 
est adipeuse ; les ventrales , qui sont longues , en 
ont huit chacune ; les pectorales, douze chaque 5 
l'anale , six ; la caudale échancrée , douze 5 et la 
membrane branchiale , quinze. La longueur de 
cet osseux est de deux à quatre décimètres. Sa 
chair est fort bonne ; il est assez commun dans 
nos parages. 

RE M A RQU E S, 

Ces poissons sont actifs , robustes et courageux. Doivent-ils 
ces qualités à la forme Je leurs armes et à la rapidité de leur 
natation, ou seulement à l'instinct camivore que la nature leur 
a donné? Ces osmères habitent toute l'année les grandes pro- 
fondeurs de nos mers; ils attaquent et dévorent un grand nombre 
de poissons, supérieurs même à leurs dimensions , et ils ne s'ap- 



528 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

prochent des bords que quand les fortes chaleurs se font sentir 
sur nos plages. Quoique ce saure diffère un peu de la descrip- 
tion que les irhtliyologistes en ont donnée , je n'ai pas cru né- 
cessaire de l'admettre comme nouvelle espèce , attendu le peu 
de différence qui l'en sépare. Je laisse donc aux naturalistes , 
qui seront à même d'en faire une comparaison exacte , le soin 
de déterminer le nom que devroit porter cet être aquatique, 
si c'est réellement une espèce distincte. 



G. LXI1II. Corrègone. Corregonus. Artèdi, 

Caractères. Semblables aux salmonesj mais 
les dents extrêmement petites. 



I, C. Màrenule. C. Marœnula. Lin. (Lucionde mar.) 

Bloch. pi. 27 , fig. 3. 

Ç. Argenteus , mandibula breviore ; linea laterali 

recta , dorso vicina. 

Tel est le nom vulgaire qu'un pêcheur de Nice 
m'a donné de ce corrègone que j'ai trouvé dans le 
mois d'avril ? et qui avoit été pris à l'embouchure 
du Var. Son corps est revêtu d'écaillés minces , 
brillantes qui se détachent avec la plus grande fa- 
cilité ? d'une couleur argentée en dessous et bleuâtre 
sur le dos. La tête est presque diaphane 5 la bou- 
che grande j la langue courte et cartilagineuse 5 
la mâchoire inférieure recourbée , plus étroite et 
plus longue que la supérieure 5 la nuque plane 
et striée $ les yeux ont l'iris argenté ? la prunelle 



CORRÈGONE. 32g 

bleue. La ligne latérale est droite , ornée de petits 
points noirs. La première nageoire dorsale con- 
tient dix rayons 5 la seconde est adipeuse 5 l'anale 
en a seize $ les pectorales , quinze chaque ; les 
ventrales , dix chacune 5 la caudale , bordée de 
bleu , vingt 5 et la membrane branchiale , sept. 
La longueur de ce poisson est de deux décimètres. 
Sa chair n'est ni savoureuse, ni succulente. 

REMARQUES. 

Le naturel et les habitudes des poissons sont toujours d'ac- 
cord avec leur organisation. Ce corrègone , forcé sans doute de 
chercher sa subsistance loin de son climat natal , suit les co- 
lonnes nombreuses de gades sey qui parcourent nos mers dans 
le printemps. Ils sont d'ordinaire la proie des différens oiseaux, 
ichthyophages qui les suivent, en tournant avec eux partout où. 
ils se dirigent. Ces abdominaux ont une chair molle ; ils ne 
sont pas communs , et s'approchent fort rarement de nos 
rivages. 



G. LXV. Esoce. Esox. Artèdf. 

1 
Caractères* Corps allongé , un peu comprimé, 

à écailles dures , solides ; nageoires du dos et 
de l'anus uniques , courtes , opposées ; mu- 
seau un peu déprimé ; bouche grande à dents 
aiguës. 

PREMIER SO US-GENRE. 

Nageoire de la queue fourchue. 



53o OSSEUX. ABDOMINAUX. 

i. E. Belone. Lin. E. Belone. ( Aguio. ) 

Bloch. pi. 33. 

E. Corpore sub tetragono, elongato , conico ; maxilla 

inferiore longiore. 

Des couleurs riches et brillantes ornent le corps 
délié de ce poisson. Son dos et d'un noir azuré ; 
les côtés d'un vert doré , avec des reflets bleuâtres 
et le ventre d'un blanc d'argent. Le museau est 
allongé et ressemble au bec du harle (colymbus). 
Le tête est petite , la bouche ample , la mâchoire 
inférieure plus avancée que la supérieure; toutes 
les deux sont garnies de petites dents presque 
égales. Les yeux sont gros , argentés. La ligne la- 
térale s'approche du dessous du corps et se perd à 
l'extrémité inférieure de la base de la nageoire 
caudale. Les nageoires sont bleuâtres ; la dorsale 
a vingt rayons 5 les pectorales , treize 5 les ven- 
trales, sept; l'anale, vingt-trois, ainsi que la 
caudale qui est fourchue. Ce poisson parvient 
dans notre mer au poids de deux kilogrammes j 
on en prend toute l'année à Nice. 



DEUXIEME SOUS-GENRE, 

Nageoire de la queue arrondie. 
2. E. Boa. E. Boa. Nob. ( Masca dei amploa. ) 

Tl. x, fjg. 34 de cet ouvrage. 



ÉSOCE. 55 1 

E. Corpore compresso , serpentiforme , nigro , late* 
ribus argenteo punctatis ; abdomitie guttis au~ 
ratis. 

Si des irrégularités dans les formes , dans les 
proportions , dans l'ensemble 7 donnent aux pois- 
sons des caractères qui frappent d'étonnemerit et 
attirent toute l'attention des naturalistes , aucun 
n'en mérite une plus grande que ce singulier 
ésoce qui réunit la tête d'un reptile sur le corps 
d'un ésoce ? de manière qu'il paroît plutôt un 
composé artificiel formé de ces deux animaux 
vertébrés qu'une production de la nature. Cette 
espèce a le corps svelte et comprimé d'un noir 
jayet 5 son dos a quelques reflets violets ; les côtés 
sont altérés par des nuances bleuâtres , et couverts 
de belles taches argentées j l'abdomen est marqué 
de quatre rangs de points dorés ; la tête est grande 
et arrondie 5 la bouche ample ; la langue épaisse , 
lisse , tachetée en dessous. La mâchoire supérieure 
est garnie de huit dents isolés , inégales et cro- 
chues j l'inférieure est plus longue que celle de 
dessus ? armée de quatorze dents pointues. Les 
yeux sont grands avec l'iris argenté , l'ouverture 
des branchies est linéaire 5 la ligne latérale droite. 
Les nageoires sont rougeâtres. La dorsale , qui est 
falciforme, a dix-huit rayons 5 les pectorales, six , 
ainsi que les ventrales qui sont très-longues et fi- 
liformes 5 l'anale en a dix-huit j et la caudale ar- 



552 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

rondie , vingt-deux. La longueur de ce poisson 
est de trois décimètres j je l'ai trouvé en juillet , 
dans nos mers. 

H JE M A R qu _E s. 

La belone joint à la beauté et à la magnificence des couleurs 
une grande vivacité et beaucoup de légèreté dans les mouve- 
rnens. Son épine dorsale est verte , composée de quatre-vingt- 
buit vertèbres qui soutiennent de chaque côté cinq côtes. La 
seconde espèce, qui n'étoit pas encore connue des ichthyo* 
logistes , vit dans nos mers, et s'acharne avec fureur sur les 
légions d'anchois qui font leur passage en été vers nos conti'ées. 
La souplesse du corps de ce poisson , joint à la vélocité de ses 
élans , et à la dextérité qu'il déploie au milieu des eaux de la 
mer , sont cause qu'elle s'échappe avec facilité du filet qui 
veut la retenir, ce qui la rend très-rare. La chair de ces ésoces 
est molle , fade et de peu de goût. 



G. LXVI. Sphyrène. Sphyrœna. 

Caractères, Semblables aux e'soces ; mais deux 

nageoires du dos. 



i. S. Spet. Lac. S. Spet, (Lussi. ) 

Bloch. pi. 089. 

S. Mandibula breviore ; pinna dorsi prima v entra-, 
libus , secunda a?iali oppositis. 

Le corps de cette sphyrène est délié et arrondi , 
d'un bleu verdâtre sur le dos , et d'un blanc ar- 
genté sur le ventre. Le museau est oblong; l'ou- 



SPHYRÉNE. 555 

vertnre de la bouche ample , d'une couleur jaune. 
La langue est étroite , hérissée d'aspérités ; les 
mâchoires sont garnies de dents nombreuses, 
inégales , fortes et crochues. L'inférieure est noi- 
râtre à l'extrémité , plus longue que la supérieure , 
et armée d'une grosse dent qui s'insère dans une 
cavité. Les yeux sont grands , l'iris argenté , terni 
par quelques taches obscures. Le dessus de la tête 
est cannelé. L'or , l'argent et l'azur offrent de 
chaque côté de très-belles nuances relevées par 
une ligne latérale qui s'étend depuis l'opercule 
jusqu'à la queue. Les nageoires sont légèrement 
teintes de jaune. La première dorsale contient 
cinq rayons 5 la seconde en a neuf; les pectorales, 
douze chacune, les ventrales, six chaque 5 l'anale 
argentée en a neuf 5 la caudale , vingt. Ce poisson 
parvient à quatre ou cinq décimètres de longueur. 

RE 31 ARQUES. 

Des sucs digeslifs très-puissans , des besoins impérieux , une 
faim dévorante très-souvent renouvelée , des dents fortes et 
aiguës , des formes très-déliées , de l'agilité dans les mouve- 
mens , de la rapidité dans la natation , observe l'éloquent con- 
tinuateur de l'immortel ouvrage de Buffon , sont les caractères 
qui rendent la guerre nécessaire et facile aux sphyrènes. Voilà ce 
qui leur fait surmonter la crainte mutuelle qu'elles doivent s'ins- 
pirer , ce qui les réunit en troupes nombreuses pour les rendre 
plus redoutables aux foibles habitans des eaux. La chair du 
spet est blanche et d'un bon goût j on en prend assez commu- 
nément dans nos mers. 



554 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

G. LXVIÏ. Scomerésoce. Scomberesox. Lac. 

Caractères, Les mêmes que ceux de l'e'soce 
orphie ou belone ; plusieurs petites nageoires 
derrière la dorsale et l'anale , au-devant de 
la caudale. 



I. S. Campérien. Lac. S. CamperiL ( Gastodello. ) 

Lacet, tom. v , pag. a55 , pi. vi , n. 3. 

S» Cœruleo arge?iteocjue varius ; rostro subulato ; 
pinnulis dorsalibus quincjue , analibus septem. 

Le scombrésoce est remarquable par sa forme 
et la belle couleur bleue d'outre-mer de son dos , 
laquelle en se mélangeant à la teinte argentée des 
flancs et de l'abdomen ? forme des nuances ma- 
gnifiques. Son museau se prolonge en un bec 
dont la mâchoire inférieure est plus longue , 
creusée en gouttière , garnie à sa base d'aspérités 
et recevant la supérieure qui est effilée. La bouche 
est ample , la langue courte et peu lisse. Les yeux 
orandsj avec l'iris argenté} plusieurs pores mu- 
queux sont parsemés autour de ces organes et sur 
la nuque qui est aplatie , avec un sillon de chaque 
côté. Les narines ont un orifice triangulaire. 
Deux raies longitudinales , ciselées , le traversent 
depuis les opercules jusqu'à la queue. La ligne 
latérale est droite. La nageoire dorsal© contient 



SCOMBRÉSOCE. 535 

ouze rayons , auxquels adhère une petite nageoire 
triangulaire qui est suivie de cinq autres séparées 
et colorées de vert à leur baso et de noir à leur 
extrémité. Les pectorales ont treize rayons cha» 
cune , le premier très-gros j les ventrales ? six 
chaque j l'anale ? d'un blanc rougeâtre , en a treize 5 
elle est suivie de sept petites nageoires 5 la cau- 
dale transparente, fourchue et traversée de petites 
lignes bleues, en a vingt-huit. La chair de cet 
abdominal est coriace. Son épine vertébrale ne 
change pas de couleur comme celui de l'aiguille 
par l'ébullitiou. Son poids ne va jamais au-delà 
de trois hectogrammes. Sa longueur atteint quatre 
décimètres et son épaisseur quarante millimètres. 

REMARQUES. 

La nature dans ses inconcevables productions réunit des 
formes disparates pour en former de régulières. Le scombré- 
soce offre un exemple de ces nouvelles combinaisons en rat- 
tachant par ses caractères le chaînon qui éloignoit les scombres 
des ésoces. Ce composé est si admirablement façonné, qu'il est 
impossible de confondre les traits distinctifs de ces deux genres • 
aussi seroit-on tenté de croire que ce poisson est le résultat 
d'une combinaison artificielle , plutôt qu'une production de la 
nature. Les scombrésoces sont des poissons de passage dans nos 
mers 5 leur migration se fait régulièrement chaque année en 
juillet et octobre ; on eu prend alors des légions nombreuses 
dans notre mandrague. 



556 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

G. LXVIII. Argentine. Argentina. Artèdh 

Caractères. Corps allonge ; une seule nageoire 
du dos ; abdomen arrondi ; bouche denlëe ; 
plus de huit rayons aux nageoires ventrales ? 
la couleur argente'e, brillante. 



I. A Sphyrène* A. Sphyrctna. Lin. ( Meletto. ) 

Rondelet, part, i , lib. vin , cap. II. 

r A. Pi7ina ani longa , Jinmili, decem radia ta , 
caudali bifurca. 

Des couleurs vives et brillantes ont valu à ce 
genre de poisson le nom élégant qu'il porte. Le 
corps de la sphyrène est arrondi, comprimé sur 
les côtés, d'un argent éclatant , nuancé sur le dos 
de vert et d'outre-mer. Elle a le museau pointu ; 
la nuque transparente, l'ouverture de la bouche 
médiocre , la langue lisse et le gosier couvert 
d'aspérités. Les yeux ont l'éclat du platine , la 
prunelle celui du jayet. La ligne latérale est à 
peine visible. La membrane branchiale a six 
rayons 5 la nageoire dorsale , située au milieu du 
dos , en a dix 3 l'anale en contient seize très- 
courbés; les pectorales, quatorze chaque; les 
ventrales, sept chacune; la caudale fourchue, 
dix-neuf. La chair de ce poisson est assez bonne ; sa 
longueur est d'un décimètre. On en prend toute 



ARGENTINE. 357 

Tannée dans nos mers , ainsi que dans nos ri- 
vières qu'elles remontent bien loin dans les terres. 

JR JE MA R QU E S, 

Les belles écailles argentines qui forment le riche vêtement 
de la spliyrène , ainsi que la poussière brillante qui colore sa 
vessie natatoire , recueillie avec soin , et lavée dans plusieurs 
eaux , fournit aux arts inventés par le luxe, cette matière na- 
crée , connue sous le nom d'essence d'Orient , qu'on emploie 
pour la fabrication des fausses perles. Cette substance argentée 
existe non-seulement dans ce poisson ; mais je l'ai retirée en 
plus grande quantité des lép i dopes , du gymnètre Lacépède , et 
de plusieurs autres poissons osseux qui vivent ordinairement 
dans notre climat méridional. 



G. LXIX. AthérinE. Atherina. Artèdi. 

Caractères. Corps allongé , argenté; une bande 
longitudinale plus brillante sur les côtés j deux 
nageoires dorsales ; pas de dents au palais ; 
moins de huit rayons à la membrane bran- 
chiostège et aux nageoires ventrales. 



1. A. Joël. Lac. A. Hepsetus. Lin. (Mellet. ) 

Bloch. pi. 090, fiy. 3. 

A. Mandibula breviore ; pinna dorsi antica decein- 
radiata ; ventralibus opposita. 

Le corps de cette athérine est presque diaphane, 
recouvert d'écaillés minces, unies et argentées, 

22 



358 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

qui se détachent avec facilité. Le dos est bru- 
nâtre et les côtés sont nuancés de bleu. La tête 
est plane en dessous, aplatie latéralement, les 
yeux sont argentés, avec la prunelle bleue. La 
bouche est médiocre ; la mâchoire inférieure plus 
avancée que la supérieure ; toutes les deux garnies 
de petites dents. Les nageoires sont grisâtres. La 
première dorsale contient huit rayons; la se- 
conde en a dix ; l'anale, treize; les ventrales, six 
chaque: les pectorales, en forme de lance, treize 
chacune; la caudale fourchue , vingt ; et la mem- 
brane des branchies , trois. La chair de ce pois- 
son est très-bonne. Sa longueur est d'un déci- 
mètre sur quinze millimètres de largeur; on en 
prend toute l'année dans la mer de Nice. 

a. A. Boyer. N. A. Boyeri. N. ( Cabasuc. ) 

PI. x, fig. 55 de cet ouvrage. 

A, Corpore pellucido ; lateribus argentatis ; r pinna 
ani radiis quindecim, N. 

Les écailles de cette nouvelle espèce sont trans- 
parentes sur la partie supérieure , parsemées de 
points noirs, et d'un argent éclatant sur l'infé- 
rieure. Elle a le museau arrondi, la bouche ample, 
la langue lisse ; la mâchoire de dessous , noirâtre, 
plus avancée que celle de dessus, quand la" bouche 
est ouverte. Les yeux sont grands, l'iris a le bril- 
lant du platine; la nuque est plane , ciselée, en 



AT HE RI NE. 53q 

relief* la ligne latérale droite, argentée et située 
au milieu du corps. La membrane branchiale a 
trois rayons 5 la première dorsale en a sept, et la 
seconde en contient neuf, dont le premier très- 
court j les pectorales , en forme de lance , treize 
chacune ; les ventrales , un épineux et cinq arti- 
culés chaque 5 l'anale blanchâtre, quinze 5 et la 
caudale fourchue , seize. La chair de ce poisson est 
blanche et d'un bon goût. Sa longueur est d'environ 
un décimètre 5 on en prend dans toutes les sai- 
sons des légions nombreuses sur toute la côte du 
département *, elles remontent même dans les ri- 
vières jusqu'à trois lieues de la mer. 

Le nom que j'ai donné à cette athérine rappel- 
lera aux habitans de Nice le nom de leur compa- 
triote Guillaume Boter , qui fut à la fois natura- 
liste, poète et mathématicien. On a de lui mi 
ouvrage sur la tonnoissanec des minéraux , di- 
verses analyses sur les eaux minérales de la Pro- 
vence: plusieurs dissertations sur quelques espèces 
de plantes. Ses poésies amoureuses étoient chan- 
tées par tous les troubadours du treizième siècle , 
et il en existe encore deux volumes manuscrits 
qui se trouvent dans la bibliothèque de Milan. 

5. A. Marbrée. N. A. Marmorata N. ( Poutina. ) 

A % Corpore sub pellucido; lateribus nigro punctatis ; 
pintia ani radiis duodeciin. 

Cette espèce, dont aucun auteur n'a parlé, vit 



340 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

sur nos rivages. Un fond nacré, traversé de plu- 
sieurs lignes de points noirâtres , et marbré de 
taches orangées et de points noirs , couvre le 
corps diaphane de ce poisson. Son museau est ar- 
rondi ; sa nuque, sinuée, porte une petite bosse à 
l'extrémité ; la bouche est ample ; la langue lisse ? 
épaisse et argentée 5 les mâchoires garnies de pe- 
tites dents ; les yeux grands , très-rapprochés et 
argentés avec des taches jaunâtres qui forment un 
demi-cercle à la base inférieure de la cornée, la 
prunelle est d'un bleu d'outre-mer. La ligne laté- 
rale est nacrée. La première nageoire dorsale con- 
tient six rayons, la seconde en a neuf 5 l'anale , 
douze; les pectorales, huit chaque; les ventrales 
longues, cinq chacune; la caudale ronde en a 
douze. La longueur de ce poisson est de soixante 
millimètres; la femelle est un peu plus grande , 
elle dépose en avril des œufs jaunâtres sur le 
sable. On ne doit pas confondre ce poisson avec 
les petites sardines qui portent à JNice le même 
nom vulgaire. 

4. A. Naine. N. A, Minuta. N. ( Nonnat. ) 

A. Corpore peïlucido ; lateribus rubro punctatis ; 
pinna a?ii radlis undecim. 

L'épithète dont je me suis servi pour distinguer 
cette athérine, paroît lui convenir beaucoup, car 
c'est le plus petit poisson qui existe dans toutes 
nos eaux. Son corps est transparent, d'un fauve 



atïiérïne. 5/\i 

clair, tacheté de points rouges sur le ventre. Le 
museau est arrondi , marqueté de points bruns. 
La tète ornée de taches jaunes ; la bouche grande; 
la langue lisse ; les mâchoires égales, hérissées de 
petites dents; les yeux sont d'un argent doré ; la 
ligne latérale droite. La première nageoire dorsale 
contient cinq rayons, la seconde, dix; l'anale, 
onze 5 les pectorales, cinq chacune 5 les ventrales, 
qui paroissent adhérentes , huit chaque ; la cau- 
dale , qui se termine en pointe , quatorze. Sa plus 
grande longueur est de quarante millimètres. Ce 
poisson habite dans notre mer, jeté vivant dans 
le lait, il fournit, par l'ébullition ,, un mets des 
plus délicats. 

REMARqUE s. 

Les athérines se plaisent davantage dans les plaines sablon- 
neuses , remontent bien souvent les rivières, s'égarent dans les 
ruisseaux 5 mais elles retournent de suite aux eaux de la mer 
qu'elles préfèrent. Leur chair est saine et très-agréable 5 aussi 
est-elle très-recherchée. Leur abondance n'a jamais été nuisible. 



G. LXX. Stoléphore. Stolephorus. Lacep. 

Caractères, Corps allonge , arrondi , orné de 
chaque côté d'une longue bande argentée; 
une seule nageoire du dos ; la bouche sans 
dents ; moins de neuf rayons aux ventrales 
et à la membrane branchiostège. 



34^ OSSEUX. ABDOMINAUX. 

1. Fusso. N. S. Risso. N. (Nonnat nègre. ) 

Plancb. x , fig. 56 de cet ouvrage. 

S. Corp or e rolundato albo ; lateribus infrà nigro 

maculatis. N. 

Une parure simple et agréable, des teintes 
douces et moelleuses, ornent le corps de ce petit 
poisson, eucore inconnu des naturalistes. Un. 
manteau blanc et transparent s'étend sur toute sa 
surface et n'est relevé que par six taches oblon— 
gués , formées de petits points noirs réunis , si- 
tuées au milieu du corps, et de six grosses taches 
rondes d'un noir d'ébène , avec des reflets azurés, 
lesquelles s'aperçoivent dans l'intérieur du poisson 
en commençant au-dessus de la membrane bran- 
chiale et s'étendant jusqu'à l'anus. La tète est 
rougeâtre , aplatie par dessus , garnie sur la nuque 
d'un carré rhombo'tdal d'un blanc mat , liséré 
de noir vers sa partie inférieure. Le museau est 
pointu*, la bouche est ample 5 les mâchoires 
égales, pointillées de noir à leur base et garnies 
d'aspérités. Les yeux sont obscurs , l'iris argenté y 
la prunelle jayet. La ligne latérale droite et ar- 
gentée , commence près des yeux et se prolonge 
jusqu'à la queue. L'anus est très-près de celle-ci. 
La membrane branchiale a neuf rayons courbés ; 
la nageoire dorsale en a onze 5 les pectorales r 
douze chaque ; les ventrales , en forme de fer de 



STOLÉPHORE. 345 

lance , nuancées de noir, huit chacune 5 l'anale ? 
douze; et la caudale, en croissant, avec une 
grande tache noire à sa base , en contient qua- 
torze. La chair de ce poisson est exquise ; sa lon- 
gueur est de soixante millimètres , sur six de lar- 
geur 5 je l'ai trouvé en décembre sur la plage' 
de Nice. 

REMARQUES. 

Ce stoléphore qui, par sa petitesse, a sans doute échappé 
aux observations des auteurs qui se sont occupés des poissons 
de la Méditerranée vit dans la mer qui baigne les bords de 
Nice. Cette espèce étant la première que j'ai eu le bonheur de 
découvrir , je l'ai dédiée , comme un monument de la pitié 
filiale , aux mânes de mon père , que la mort m'a trop tôt en- 
levé. La teinte de cet abdominal est une image de la candeur 
de l'ame et de l'honnêteté sans bornes de mon meilleur ami, 
comme ses taches noires sont celles de mes regrets éternels. 



G. LXXI. Muge. Mug'l. Arlèdi. 

Caractères. Tète un peu plus étroite que le 
corps , couverte de petites e'cailles 5 la mâ- 
choire carénée en dedans ; deux nageoires 
du dos. 



1 . M. Céphale. Lac. M. Cephalus. Lin. (Mugou labru.) 

lîl.OCH. pi. 3i4. 

M. Arzenteus ; vittis longitudinalibus ni gris , sca- 
britie in labio superiore ; pinna dorsi antica radiis 
quinaue* 

La partie supérieure du céphale est d'un bleu 



344 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

noirâtre , l 'inférieure est argentée et traversée sur 
les cotés par huit raies longitudinales étroites et 
obscures. Il a le museau large et aplati ; la tête 
comprimée par-dessus ; la bouche étroite avec 
deux osselets ronds et dentés, placés de chaque 
côté 5 les mâchoires armées de dents fines 5 la 
langue rude 5 le gosier hérissé d'aspérités ; les yeux 
bruns , l'iris argenté. Les narines ont deux orifi- 
ces 5 les opercules sont anguleux. La première na- 
geoire dorsale noirâtre contient cinq rayons ai- 
guillonnés ; la seconde , neuf articulés 5 l'anale 
grise , trois aigus , neuf ramifiés $ les ventrales 
blanches , un épineux , cinq lisses chacune 5 les 
pectorales, dix-sept chaque 5 la caudale fourchue , 
seize. Ce poisson parvient dans nos mers jusqu'au 
poids de cinq kilogrammes. 

A. Je place, comme une variété de cette espèce ? 
un mime connu sous le nom de ramado. Il différa 
du précédent par son museau un peu plus aigu 9 
par les opercules arrondis ,. par des taches noires 
dont la base des nageoires pectorales sont mar- 
quées , par le goût de sa chair qui est inférieure 
à celle du céphale, et par son poids qui approcha 
à peine trois kilogrammes. 

2. M. Doré. N. M. Auratus.TS. ( Mugou daurin.) 

M. Corpore cœruleo , fusco argenleoque variegaùo ; 
operculis aureo guttatls. N. 

Le nom que j'ai donné à ce poisson est tiré des 



MUGE. 545 

belles taches dorées qui ornent ses opercules. Son 
dos est d'un bleu obscur ; ses cotés offrent sept 
bandes foncées 9 et le ventre a l'éclat de l'argent. 
Son museau est arrondi ; la bouche moyenne : les 
yeux ont l'iris argenté ; les opercules arrondis 
ont en dessus une tache ovale d'un jaune doré. 
La première nageoire dorsale a quatre rayons ai- 
guillonnés 5 la seconde ? neuf articulés 5 les pec- 
torales , dix-sept chacune 5 les ventrales rougeâ- 
tres , un épineux ? cinq lisses chacune 5 l'anale 
blanche 3 trois épineux , neuf ramifiés 5 la caudale 
azurée en contient dix-huit. Ce muge a une chair 
tendre et savoureuse. Son poids parvient jusqu'à 
un kilogramme et demi. 

3. M. Sauteur. N. M. Saliens. N. (Mugou flavetoun.) 

M. Corpore argentato ; rostro acutiusculo ; operculls 

auratis* N. 

Nos pécheurs donnent le nom de flûte à une 
espèce particulière de muge qui diffère du doré 
par son corps argenté et plus allongé ; par son 
inuseau plus effilé et plus pointu ; par cinq raies 
azurées qui le marquent longitudinalement 5 par 
des taches oblongues , dorées qui ornent ses oper- 
cules ; enfin par ses dimensions qui sont sem- 
blables à celles de l'espèce précédente , quoiqu'il 
ne parvienne qu'au poids de trois hectogrammes. 
Ce poisson saute avec une vélocité extraordinaire 
quand il se voit enfermé dans le filet. 



546 OSSEUX, Aedominaux. 

4. M. Provençal. N. M. Provensalis. N. ( Mugou 

cariclo. ) 

M, Corpore argcntato , lineis aureis , cœruleisque 
transversis , capite depresso. N. 

Cette espèce se fait distinguer des précédentes , 
non-seulement par sa conformation , mais par 
plusieurs autres caractères. Un bleu tendre règne 
sur son dos, sept petites raies bleuâtres et dorées 
traversent ses cotés j un blanc d'argent brille sur 
son ventre 5 le museau est court et large • la bou- 
che petite j les mâchoires garnies de dents fines; 
la tête est comprimée ; les yeux argentés , avec 
Tins doré , dont les bords sont transparens ; les na- 
rines ont deux orifices 5 les opercules sont arron- 
dis. La première nageoire dorsale contient quatre 
rayons aiguillonnés ; la seconde , neuf articulés j 
l'anale blanchâtre , deux aigus , huit ramifiés j 
les ventrales rouges , un épineux , cinq lisses 
chacune 5 les pectorales jaunâtres, dix-sept cha- 
que 5 la caudale fourchue , seize. Cet abdominal 
parvient au poids de quatre kilogrammes. On en 
voit beaucoup au printemps et en été dans le Var, 

A. Je place, comme une variété de cette espèce 7 
un muge connu à Nice sous le nom de sabounié. 
Il diffère du précédent par son dos noirâtre , ses 
cotés, marqués de six lignes dorées, son museau 
coupé sur le devant , et son poids qui atteint à 



MUGE. 547 

peine deux hectogrammes. Je le crois une espèce 
nouvelle. 

R JE M A R Q V E S. 

Le département des Alpes Maritimes nourrit dans ses mers 
six espèces de muges qui , quoique vivantes dans les mêmes 
eaux , diffèrent, non-seulement dans leur conformation , mais 
dans leur naturel et leurs habitudes. De crainte de regarder 
comme espèces des poissons que la nature semblent n'avoir 
séparées que par des traits à peine sensibles , je n'ai décrit 
comme espèces que celles qui m'ont offert les caractères les 
plus tranchans , ayant placé les deux autres comme simples 
variétés. La pêche des muges est triste et monotone. Le filet 
dont on se sert pour les prendre , porte le nom de mugiliero , 
ainsi que nous l'avons dit dans le discours préliminaire 5 souvent 
quand la mer est troublée par les eaux bourbeuses de nos ri- 
vières , on prend ces poissons en allumant du feu sur la 
proue des bateaux , et on les perce du trident. Les noms vul- 
gaires que nos pêcheurs donnent à ces abdominaux ne sont que 
des sortes de descriptions tirées de leurs principaux caractères. 
Les muges remontent en été le Var et la Roïa , à la distance 
de plusieurs lieues. Leur chair, quoique peu délicate , est d'un 
bon goût. 



G. LXXIÏ Tétragonure. Tetragonurus. Nob. 

Caractères. La mâchoire inférieure re'tractile ; 
garnie de dents, ainsi que la supe'rieure; 
deux nageoires dorsales ; la queue quadran- 



gulaire. 



1. T. Cuvier. N. 2\ Cuvieri. N. (Courpata. ) 

fi. x, fi,;. 3^ île cet ouvrage. 



^48 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

T. Nigro luteoque varias ; pimia caudce quadran~ 
g/i/ari, cartilaginibusque spinosis utrinque dua- 
If us aucta. N. 

Ce rare et singulier abdominal a le corps oblong 
et arrondi , d'une couleur d'oxide noir de man- 
ganèse , nuancé par quelques reflets violets , et 
jaune-rougeâtres. Ses écailles sont rudes , triées 
et très-rugueuses, de la queue vers la tète ; unies 
et lisses, de la tête vers la queue ; elles sont for- 
tement fixées à la peau , et semblables à des che- 
veux noués et artistement entrelacés. Son museau 
est arrondi 5 la bouche est ovale , oblongue, très- 
ample. La mâchoire supérieure est garnie de 
petites dénis coniques , isolées j l'inférieure est 
rétractile , creusée au milieu , et hérissée d'une 
rangée de dents fines et aiguës. La langue est 
lisse, libre et noirâtre , ainsi que le gosier et le 
palais. La nuque est plane ; les narines ont deux 
orifices inégaux 5 les yeux sont globuleux, obs- 
curs , avec l'iris argenté. Les bords des orbites 
sont ciselés en rayons. Les opercules sont com- 
posés de deux pièces arrondies , dont la première 
est un peu dentelée. La ligne latérale est formée 
par de petits points 5 elle est courbe à son origine 
et droite ensuite. La membrane branchiale con- 
tient six rayons , dont les deux antérieurs se 
croisent en nœud et se réunissent vers l'extrémité. 
La première nageoire dorsale est cachée dans 



TETRAGONURE. . 549 

une fossette longitudinale , et composée de dix- 
huit rayons aiguillonnés qui diminuent insensi- 
blement, de manière que les derniers ressemblent 
à des épines isolées, un peu membraneuses à leur 
base. La seconde qui est relevée , en a un aiguil- 
lonné et douze articulés ; les ventrales courtes, un 
épineux , cinq lisses chacune ; l'anale , un aigu , 
onze ramifiés 5 les pectorales peuvent se cacher 
dans une rainure latérale , elles ont seize rayons 
chacune 5 la caudale fourchue en a trente-six ; elle 
se prolonge vers sa base en deux cartilages épi- 
neux de chaque côté , qui forment quatre an- 
gles , et donnent à cette nageoire une forme té- 
tragonale. La longueur de ce poisson est de trois 
à quatre décimètres, sur plus de quatre centimètres 
de largeur. 

REMARQUES» 

Ce poisson , que j'ai été obligé de placer dans un nouveau 
genre, doit être inséré après celui des chanos de M. Lacépède. 
Le célèbre Aldrovande ( De piscibus , lib. 5 , cap. 25 , 28. ) en 
avoit fait connoîtreune espèce sous le nom Je corvus IViloticus 
nigerrimus , qui diffère de celle-ci par plusieurs caractères. Une 
natation foible et lente est le partage de cet abdominal qui vit 
seul et isolé dans la mer de Nice, où il p éfère les grandes 
profondeurs , et qui ne s'approche du rivage qu'au mots d'août , 
à l'époquede la fécondation. Sa chair , quoique blanche et assez 
tendre , est très-nuisible. Ma propre expérience m'a démontré 
par deux fois qu'elle est fort dangereuse , et qu'elle ne peut 
servir de nourriture. Des douleurs aiguës dans les entrailles , 
particulièrement au creux de l'estomac et vers le nombril ; le 



550 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

■ventre méléorisé ; une chaleur pénible dans la gorge et dans 
l'œsophage ; des nausées fréquentes , un vomissement d'une hu- 
meur glaireuse et très-acide; des tenesmes et une lassitude 
dans tous les membres pendant deux jou;s furent les symp- 
tômes que j'éprouvai chaque fois que je voulus m'assnrer des 
qualités île cet abdominal. Ces effets pernicieux paroissent 
provenir de ce que ce poisson ne se nourrit lui-même que 
d'une espèce de méduse commune dans nos mers , classée par 
mon ami M. Péion, dans le genre Stéphanie, et dont l'âcreté 
et la causticité sont extrêmes. 

J'ai formé le nom de ce genre de deux mots grecs qui indi- 
quent la disposition de la queue ni ^eiyavoÇ quadrangnlaire et 
de Ovpa queue ^ et j'ai dédié cette espèce au très-savant natu- 
raliste dont les travaux ont fait faire de si grands progiès à la 
science, dans ces dernières années. 



G. LXXI1I. Exocet. Exocetus. Artèdi. 

Caractères. Semblables aux muges ; mais une 
seule nageoire dorsale; les pectorales attei- 
gnant au moins la base de la queue qui est 
fourchue , à lobe inférieur plus long que le 
supérieur. 



1. E. Volant. Lac. E» Kolita?is. Lac. ( Arendoulo. ) 

Bloch. p!.3g8. 

jE. Capite parvo ; pinnis ventralibus parvis propè 
pectus , dorsali et anali rectis. 

Le corps de ce poisson est couvert d'écaillés peu 
adhérentes, l'argent brille de chaque côté : un inan- 



EXOCET. 35 1 

teau d'azur couvre sa partie supérieure et ces belles 
couleurs sont relevées par le bleu pins ou moins 
foncé des nageoires. La tête est aplatie par-dessus, 
la mâchoire inférieure est plus avancée que la su- 
périeure ; toutes les deux sont garnies de dents à 
peine visibles. La langue est courte 5 le palais 
lisse 5 l'orifice des narines demi-circulaire; les 
yeux grands , arrondis , l'iris a l'éclat du platine , 
la prunelle est d'un bleu foncé. Les opercules ont le 
poli de l'acier et sont composés de deux lames 
dont l'antérieure est anguleuse et la postérieure 
présente une petite fossette. Une fausse ligne laté- 
rale droite semble séparer au milieu du corps le 
bleu d'avec l'argent; l'autre suit la courbure du 
ventre, elle est composée d'écaillés pointillées, 
relevées par une strie longitudinale. La nageoire 
dorsale a quatorze rayons , ainsi que l'anale ; les 
pectorales , qui sont grandes , très-étendues , en 
ont quinze chacune; les ventrales écartées, seize 
chaque; la caudale en a seize sur les lobes et une 
infinité de petits rayons dans le centre. La lon- 
gueur de ce poisson est de trois à quatre déci- 
mètres. Sa chair est assez bonne: on en prend en 
mai et juin sur toute la côte du département. 

REMARQUES. 

C'est dans le mois de mai , aussitôt que les vents cessent 
de bouleverser la surface de la Méditerranée, que les exocets 
arrivent en phalanges sur nos côtes. Les uns y demeurent pen- 
dant plus d'un mois ; les autres suivent vers TOrienl leur 



552 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

bruyant voyage. Ces poissons, doués de la faculté de voler, 
traversent l'air de différentes manières. Assez semblables aux 
hirondelles vagabondes dont ils empruntent à Nice le nom. 
vulgaire, ils s'élèvent, s'abaissent, rasent l'atmosphère marine, 
et en décrivant plusieurs courbes, ces abdominaux semblent 
confier la sûreté de leur vie à la puissance de leurs ailes. Pour- 
suivis bien souvent par des thons et des pélamides , la terreur 
et l'épouvante se mettent dans leurs rangs , et pour échapper 
au péril qui les menace , ils s'élancent aveuglément dans l'air , 
tombent sur les bateaux, échouent sur les plages, et trouvent 
ainsi dans leur fuite une mort plus certaine et plus lente. 



G. LXXIV. Clupée. Clupea. Artèdi. 

Caractères. Corps allonge 3 comprime , ar- 
genté; à ventre étroit, droit , carène' ? dentelé' \ 
bouche dentée ; une seule nageoire du dos ; 
celle de l'anus libre. 



i. C. Sardine. C. Sprattus. Lin. ( Sardino. ) 

Bloch. pi. 29 , fig. 2. 

C. Maxiïïa longiore recurva; pina dorsali radiis 
tredecim ; squammis caducis. 

Deux couleurs principales dominent sur le 
corps de ce poisson. Un bleu azuré, changeant , 
rèone sur son dos, et le brillant du platine sur les 
côtés et le ventre. La tête est pointue , la bouche 
médiocre : la mâchoire inférieure recourbée, plus 
avancée que la supérieure. Les yeux argentés. Les 



C L U P É E. 355 

opercules ciselés , la ligne latérale droite , à peine 
distincte. Les nageoires sont petites et grisâtres , 
la dorsale contient dix-sept rayons; l'anale , dix- 
neuf $ les ventrales, six chaque 5 les pectorales, 
seize chacune 5 la caudale fourchue, dix-huit 5 et 
la membrane branchiale, huit. On prend dans 
nos mers, presque toute l'année, la sardine 
à peine née 5 elle est connue sous le nom de Pou- 
tino$ six mois après on l'appelle palaz'o , et on ne 
lui donne le nom de sardino que quand elle est par- 
venue au dernier degré de son accroissement. 

2. C. Alose. C. Alosa. Lin. ( Lacca. ) 

/ Blocb. pi. 5o , fig. 1. 

C. Rostre* bifido} mandibula longiore , vix dentata; 
àbdomine acute serrato. 

Un bleu tendre , qui laisse réfléchir le jaune et 
l'orange, teint sa partie supérieure, une couleur 
argentée règne sur toute l'inférieure. La tête est 
petite, la nuque transparente, l'ouverture de la 
bouche grande; la mâchoire de dessus échancrée à 
la sommité, garnie de très-petites dents et plus 
courte que l'inférieure. La langue est lisse ; les na- 
rines ont deux orifices. Les yeux sont grands avec 
l'iris argenté, nuancé de bleu ; lesoperculesciselés; 
les écailles peu adhérentes. Les nageoires sont cour- 
tes et transparentes. La dorsale a dix-neuf rayons; 
l'anale, vingt; les ventrales, neuf chaque, avec 

23 



354 OSSEUX. ABDOMINAUX» 

un appendice écailleux, triangulaire au milieu» 
Les pectorales, quinze chacune 5 la caudale four- 
chue , avec des teintes noirâtres , en a dix-huit ; et 
la membrane branchiale , huit. Ce poisson par- 
vient à quatre décimètres de longueur. Sa chair 
est peu estimée; on en prend très-souvent dans 
nos mers. 

3. C. Anchois. Encrasicholus. Lin. ( Amploua. ) 

Bloch, pi. 5o , fig. 2. 

C. Mandihula longiore ; rostro obtuso , ore amplo. 

Une peau fine , sur laquelle adhèrent à peine 
des écailles fort minces, couvre le corps de cette 
clupée. Un bleu céleste, nuancé de reflets azurés, 
orne son dos et une couleur argentée resplendit 
sur son ventre. La tête est longue ; le museau 
avancé , l'ouverture de la bouche grande ; la 
langue pointue et étroite 5 la mâchoire de dessus 
plus longue que celle de dessous ; les yeux argen- 
tés: l'orifice branchial large ; la ligne latérale droite 
et couverte d'écaillés. Les nageoires sont courtes 
et transparentes. La dorsale contient quatorze 
rayons ; l'anale , dix-huit ; les ventrales , sept 
chacune; les pectorales, quinze chaque; la cau- 
dale fourchue, dix-huit ; et la membrane bran- 
chiale, douze. La longueur de l'anchois est de 
deux décimètres au plus; on en prend toute l'an- 
née dans la mer de Nice> tantôt sous le nom 



CLUPEE. 355 

diamplovin ? qui est ce poisson à peine né 5 sous 
celui à? Amploëtta , quand il a pris quelques di- 
mensions 5 de trinchoun dau Var , celles qui ré- 
sident constamment à l'embouchure de cette ri- 
vière y enfin on appelle amplova celles qui nous 
sont amenées par leurs migrations. 

R E M A R Q U JE S. 

Les clupées sont , de lous les poissons de notre mer , le plus 
particulièrement douées de cet instinct social qui les réunit en 
légions nombreuses. Ces abdominaux paroissent en grandes 
troupes presque toutes les années sur nos rivages. Leurs mi- 
grations semblent se faire de l'Occident à l'Orient dans le prin- 
temps , et en automne leur passage s'effectue de l'Orient vers 
l'Occident. Ces poissons nagent très-vite 5 l'avantage de trouver 
des alimens propres a leur nutrition, et les retraites profondes de 
nos abîmes sous- marins offrent aux ancbois et aux sardines la fa- 
cilité de demeurer dans nos parages : en outre , les lieux pro- 
pices pour déposer leur frai en avril sur les belles plaines des 
galets favorisent encore ce séjour. La pêche des anchois est 
celle qui tient le premier rang dans nos contrées. C'est dans 
les belles soirées de mai , de juin et de juillet j dans ces nuits 
à demi-obscures où la surface de la mer , à peine agitée , paroît 
un brasier ardent par le dégagement de la lumière phospho- 
rique des pyrosomes , des méduses et autres zoophytes , que 
nos pêcheurs jettent dans l'eau des filets de lin, soutenus en 
dessus par des morceaux de liège , et garnis en dessous d'un 
lest de plomb pour élargir les mailles j tantôt formant une 
ligne droite parallèle à la côte; tantôt une courbe vers l'ouest, 
ou en fer-à-cheval vers l'est, suivant le passage du poisson. Les 
pêcheurs , à quelques distances du filet , attendent dans le plus 
profond silence que les anchois, qui s'avancent toujours en colonnes 
serrées, viennent se mailler dans le filet , et deux heures après 



556 



OSSEUX. ABDOMINAUX. 



on le relire pour enlever le poisson qui reste pris par l'ouver- 
ture des branchies. Ces poissons, dépourvus de la tête et salés, 
encaqués dans des barils , forment une branche assez considé- 
rable de notre commerce. Les dupées ont en général une 
chair tendre 3 blanche, et de facile digestion. 



G. LXXV. Serpe. Bloch. Gasteropelecus. 

Gronov. 

Caractères, Tout le corps comprimé; le des- 
sous du ventre formant une carène aiguë; 
deux nageoires du dos; les ventrales petites. 



î. S. Petite bouche. N. S. Microstoma. N. ( Maire 

d'Amplova. ) 

S. Corpore subrotundo , ore exiguo , dentibus 

a cuti s. N, 

Ce qui distingue cet abdominal est la singula- 
rité de sa tête ? de sa bouche et de ses mâchoires. 
Son corps est allongé ? arrondi sur le dos et pro- 
longé en carène inférieurement, il est couvert 
d'écaillés minces , rhomboïdales ? striées , qui se 
détachent avec la plus grande facilité 5 elles sont 
d'un gris bleuâtre , tirant sur le noir en dessus et 
d'un argent azuré sur le ventre. Son museau est 
court et arrondi. La nuque plane 5 les lèvres car- 
tilagineuses y très-minces et rétractiles. La mâ- 
choire inférieure est plus avancée que la supé- 



SERPE. 007 

rieure. La bouche est petite, ovale, les dents 
aiguës, pressées les unes contre les autres, celles 
de dessus placées sur un rebord dans l'intérieur 
de la bouche et semblables à des dents canines. La 
langue est libre, épaisse et lisse. Le gosier rude j 
les narines oblongues 5 les yeux très-grands , l'iris 
argenté. Les opercules argentés, composés de deux 
pièces , dont l'inférieure se termine par deux 
angles, dérivant d'une découpure en demi-lune 
dont elle est garnie à l'extrémité. La ligne latérale 
est courbe. La première nageoire dorsale, située 
au milieu du dos , contient dix rayons solides j la 
seconde , qui est fort éloignée , en a cinq 5 les pec- 
torales très-courtes , neuf chacune 5 les ventrales , 
dix chaque^ l'anale petite, en a neuf; la cau- 
dale en croissant , dix-huit : elle est garnie dans 
son milieu d'écaillés qui vont en décroissant jus- 
qu'à l'extrémité. La membrane branchiale en 
contient trois lamelliformes. La longueur de ce 
poisson est de deux décimètres et demi sur qua- 
rante millimètres de largeur 5 il s'approche de 
l'embouchure du Var dans le mois d'août ? où je 
l'ai pêche avec l'espèce suivante. 

2. S. Crocodile. N. S. Crocodilus. N. ( Maire 

d'Amplova. ) 

S» Corpore compresso , ore amplo , dentibus valdè 

tenuibus. N. 

Cette espèce, non moins singulière que la pré- 



353 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

cédente , a le corps allongé et comprimé , couvert 
de grandes écailles très-minces et peu adhérentes à 
la peau 5 d'un argent azuré. Son museau se ter- 
mine en pointe 5 la nuque est relevée au milieu 
par une ligne saillante 5 la bouche est très-ample 
et considérablement fendue, assez semblable à 
celle d'un crocodile. La mâchoire inférieure 
couvre la supérieure j toutes les deux sont garnies 
de plusieurs rangs de très-petites dents peu aiguè's. 
La langue est hérissée d'épines, ainsi que le go- 
sier. Le palais est garni de deux longs osselets 
munis de pointes. Les yeux sont petits, argentés. 
Les narines sont rondes , à deux orifices 5 les oper- 
cules striés. La ligne latérale droite. La première 
nageoire dorsale est plus près de la tête que de la 
queue 5 elle contient quatorze rayons , le premier 
fort court ; la seconde , qui en est très-peu éloignée , 
en a quatre; les pectorales qui sont très-longues, en 
forme de lance, dix-huit chacune 5 les ventrales , 
huit chaque 5 l'anale, deux aigus et dix-huit ra- 
mifiés; la caudale fourchue, formant une demi- 
lune à sa base, en a vingt-deux ; et la membrane 
branchiale , dix. La longueur de cet osseux est de 
deux décimètres sur quarante millimètres de lar- 
geur. Il habite la plage de Nice. 

3. S. Humbolt. N. S. Humbohù N. ( Maire dei 

a m pi o va. ) 

PI. s, fi;j. 3S de cet ouvrag*. 



SERPE. 35c) 

S. Corpore compresso ; ore médiocre ; dentibus 

acutis, N. 

Cette espèce, la plus commune de celles qui 
habitent nos mers, a le corps aplati, d'un jaune 
rougeâtre , teint de noir et couvert d'écaillés d'un 
argent azuré qui se détachent facilement. Il a 
le museau court, d'un bleu nacré ; la nuque est 
sinuée, la bouche médiocre 5 la langue libre et 
lisse ; les mâchoires sont garnies de très-petites 
dents , l'inférieure est un peu plus avancée que la 
supérieure. Les yeux sont gros, argentés, avec 
l'irisdoré; les opercules ont l'éclat du platine. L'ab- 
domen est parsemé de petits points argentés , cer- 
clés de noir, qui se prolongent jusqu'à la queue. 
La ligne latérale est formée d'écaillés qui ont une 
direction opposée. Les nageoires sont d'un gris 
noirâtre, la première dorsale contient treize 
rayons ; la seconde , qui est petite , en a trois 
pointillés de noir 5 les pectorales, douze chacune 5 
les ventrales , huit chaque ; l'anale, vingt ; la cau- 
dale fourchue, bordée de chaque côté de petits ai- 
guillons , en a vingt 5 et la membrane branchiale , 
neuf. La longueur de cet abdominal atteint à 
peine un décimètre et demi , et sa largeur dix-huit 
millimètres ; on le prend avec les anchois depuis 
le mois de mai jusqu'en septembre. 

RE MAR QU E S. 
La nature ne passe que par des nuances insensibles d'un 



36<> OSSEUX. ABDOMINAUX. 

genre à un autre. Sans changer les mœurs et les habitudes de» 
poissons , elle se contente souvent d'ajouter à la même forme 
un petit trait pour composer un nouvel être : on en voit un 
exemple dans les serpes , que la même conformation semble 
confondre avec le genre précédent , mais qui n'en diffère que 
par la seconde nageoire dorsale située sur la queue. Les des- 
criptions de ces trois espèces , n'ayant jamais été publiées , j'ai 
tiré le nom de la première de jaikçoÇ , petite i"ôpcst bouche. Ce- 
lui de crocodile , donné à la seconde espèce , m'a été suggéré 
par sa gi'ande bouche semblable à celle de ce reptile; et j'ai 
dédié la troisième au savant naturaliste Humboll. Ces poissons 
vivent sur nos rivages ; leurs femelles pondent en juin sous les 
galets calcaires de notre plage une grande quantité de petits 
œufs d'un jaune brunâtre , qui y éclosent en très-peu de temps , 
quand les eaux du rivage sont vivement échauffées par les 
rayons du soleil. Leur chair est molle , tendre , et de peu de goût. 



G. LXXVI. Cyprin. Çyprinus. Artèdi. 

Caractères. Corps ëcailleux ; mâchoires ou os 
labiaux sans dents ; lèvres protractiles ; ventre 
arrondi ; une seule nageoire du dos ; trois ou 
quatre rayons au plus à la membrane bran- 
chiostège. 

PREMIER SOUS-GENRE. 

Quatre barbillons à la bouche. 
i. C. Barbeau. C. Barbus. Lin. (Durgan. ) 

Bi.ocit. pi. 18. 

C, Capite elongato ; ore infero , cirrhis quatuor ; 
radio tertio pinnœ dorsalis utrinque dentato* 

Les rivières et les ruisseaux de notre départe- 



CYPRIN, 36 1 

ment nourrissent le barbeau. Le corps de ce pois- 
son est oblong, un peu arrondi, d'une couleur 
olivâtre sur le dos, bleuâtre sur les côtés et ar- 
genté sur le ventre. Ses écailles sont striées , den- 
telées et fort adhérentes à la peau. Le museau est 
très-avancé , garni de deux barbillons rouges. La 
mâchoire supérieure est plus longue que l'infé- 
rieure et garnie aux angles de deux autres barbil- 
lons. La nuque est plane, les yeux petits, avec 
Tiris doré , les narines ont deux orifices. La ligne 
latérale un peu courbe , suivie de petits points 
noirs. Une légère tein te rouge colore les nageoires. 
La dorsale a dix rayons 5 les pectorales, dix- sept 
chacune 5 les ventrales, neuf chaque; l'anale, 
huit ; et la caudale fourchue, lisérée de noir , en a 
dix-neuf. Ce poisson parvient jusqu'à deux déci- 
mètres et demi de longueur. 

A. On trouve une belle variété de cette espèce à 
nuances noires , relevées par une couche d'or qui 
le rend très-brillant 5 on le pêche dans le Var en 
avril et en mai. 

2. C. Bulatmai. Cm Bulaùmai. Pallas. 

C. Chaylbeus ; capite oblongo , cirrhis quatuor ; eau- 
dali bijurca; dorsalis radio secundo maximo non 
serrato ; pinnee analis radiis oeâo. Bloch. 

Ce cyprin n'appartient pas exclusivement à la 
mer Caspienne , puisqu'il existe également dans les 



562 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

ruisseaux tranquilles, qui se rendent dans nos ri- 
vières. Des teintes argentines , nuancées de reflets 
dorés ? couvrent son corps dont la partie supé- 
rieure brille de l'éclat de l'acier poli , parsemé de 
petites taches noirâtres. Sa tête est brune par- 
dessus , blanche par^dessous. Les mâchoires sont 
inégales 5 les yeux dorés 5 les narines ont deux ori- 
fices : la nuque est relevée vers le bas 5 la ligne 
latérale dorée est courbe vers sa base. La nageoire 
dorsale noirâtre contient dix rayons , dont le se- 
cond est roide et très-grand ; les pectorales , d'un 
brun jaunâtre , en ont quinze chacune ; les ven- 
trales rouges , neuf chaque ; l'anale rose en a 
huit, et la caudale grise en contient dix-neuf. La 
longueur de cet abdominal est de deux décimè- 
tres. La femelle pond des œufs blanchâtres en 
juin. Sa chair est d'un bon goût. 



DEUXIEME SOUS-GENRE. 

Point de barbillons ; la nageoire de la queue 
fourchue ou en croissant, 

5. C. Vandoise. C. Leuciscus. Lin. ( Souphio. ) 

Bloch. ph 97. 1. 

C. Argenteus ; linea laterali suprà curvala ; pinna 
dorsali ventr^Hbus-opposita, 

L'éclat argenté qui brille sur le corps de l'es- 






CYPRIN". 363 

pèce précédente , est dans celle-ci plus léger, car 
il est modifié par la couleur brunâtre qui règne 
sur sa partie supérieure. Son museau est arrondi , 
la bouche médiocre , la langue lisse ; les yeux 
grands, avec l'iris argenté 5 les narines ont deux 
orifices ; la ligne latérale est dorée } les nageoires 
sont d'un bleu sale. La dorsale a dix rayons ; les 
pectorales, quinze chacune 5 les ventrales, neuf 
chaque 5 l'anale , onze ; la caudale , tachetée de 
rouge au milieu , en a dix-huit. Cette espèce est 
fort commune dans le Var. 

4. C. Chub. C. Chub. Pennant. (Striglione. ) 

Bonnat. PI. de l'Encyclop. méth. pag. 77 , n. 3<ïô. 

C. Corpore rotundato , argenteo virescente ; pinnis 
ani radiis octo , dorsique novem. 

Ce poisson se plaît dans la Taggia , rivière qui 
sépare à l'est notre département. Sa partie supé- 
rieure est d'un vert grisâtre 5 l'inférieure , d'un 
blanc argenté. Son museau est conique, la mâ- 
choire de dessus couvre celle de dessous , quand 
elle est fermée 5 les yeux sont argentés , la ligne 
latérale presque droite. La nageoire dorsale con- 
tient neuf rayons ; les pectorales, douze chacune ; 
les ventrales , sept chaque j l'anale , huit 5 et la 
caudale , vingt-deux. Sa longueur s'étend jusqu'à 
deux décimètres. 



364 OSSEUX. ABDOMINAUX. 

5. C. Doré. C. Auratus, Lin. (Dorât.) 

Bloch. pi. g4, fîg. i. 

C. Rubro auratus, linea lateralidorso propinquiore; 
pinnis dorsali longâ , caudali furcata. 

De grandes écailles également nuancées, où 
l'or , le pourpre , l'argent et l'orangé forment la 
plus admirable et la plus vive des couleurs, dé- 
core le corps de cette belle espèce. Elle a la tête 
médiocre , la bouche petite , la langue garnie d'un 
petit tubercule 5 les yeux argentés , l'iris doré 5 les 
opercules composés de deux pièces ; la ligne la- 
térale droite. Les nageoires sont dorées. La dorsale 
a vingt rayons ; les pectorales , seize chacune 5 les 
ventrales , neuf chaque 5 l'anale , neuf 5 la cau- 
dale , vingt-sept ; et la membrane branchiale , 
trois. Quoique à la rigueur, ce poisson ne dût 
point être compris dans le nombre de ceux qui 
vivent dans les eaux de notre département , j'ai 
cru devoir le rapporter ici, étant fort commun et 
se propageant avec la plus grande facilité dans 
les réservoirs d'eau douce qui ornent les beaux 
jardins de Nice , de Menton , et de Saint- 
llemo. 

REMARQUES. 

C'est dans ces viviers naturels , formés par les ruisseaux qui 
découlent de nos rivières , qu'on trouve les cyprins. Ces pois- 
sons ont un naturel doux et timide , le moindre bruit les 



CYPRINS. 365 

arrête ou les fait fuir , et quand ils prévoyent des orages dans 
l'atmosphère , ils se cachent et se tiennent immobiles dans 
les endroits les plus touffus des eaux. La saison de l'amour 
de nos cyprins est au commencement de l'été. Le mâle s'agite 
alors autour de la femelle ; celle-ci dépose ses œufs sur des 
brins de plantes , ou parmi le chevelu des racines , et dès que 
les petits sont éclos , ils nagent en troupes avec une vivacité 
extraordinaire. Ces abdominaux se nourrissent de larves , de 
nymphes et de vers. Leur chair est tendre et d'un bon goût : 
mais leurs entrailles et leurs œufs excitent , dit-on , des vomie- 
semcL'. 



POISSONS OSSEUX 

SANS OPERCULES NI MEMBRANE DES BRANCHIES. 
DERNIER ORDRE. 



G. LXXVII. Murénopkis. Murœnophis. Lac. 

Caractères, Corps cylindrique , sans nageoires 
pectorales; les impaires réunies; ouvertures 
des branchies sur les côte's. 



I. M. Hélène. Lac. M. Helena. Lin. (Moureno. ) 

BLoc».pl. :53. 

M. Fusca , mandibula longiore ; maculis lateralibus 

luteis , undulatis. 

Ce poisson qui fut chez les anciens Romains 
un objet de luxe , de caprice , et même de cruauté, 
a le corps lisse, cylindrique, d'un brun rougeâ- 
tre , panaché de jaunâtre et parsemé de points 
noirs. Son museau est obscur, effilé , couvert d'une 
rangée de pores , et terminé par deux longs bar- 
billons. La bouche est ample j les mâchoires gar- 
nies de dents aiguës , recourbées et séparées l'une 
de l'autre. Le palais est hérissé à son origine de 



POISSONS OSSEUX. 56j 

trois longues pointes. Les yeux sont petits, avec 
l'iris doré $ ils sont garnis par-dessus de deux ap- 
pendices aplatis. La ligne latérale est à peine vi- 
sible. La nageoire dorsale commence assez près 
de la tête, et s'étend jusqu'à la queue ; l'anale 
prend son origine vers le milieu du corps 5 et la 
caudale est arrondie. Les nageoires sont recou- 
vertes d'une peau assez épaisse ? qui empêche de 
compter le nombre des rayons qui sont très-petits. 
L'hélène est fort commune dans nos mers 5 on en 
prend depuis le poids d'un hectogramme jusqu'à 
quatorze kilogrammes 3 sa morsure est très-dan- 
gereuse 5 sa chair est blanche et d'un assez bon 
goût. 

A. Quoique les nuances des couleurs changent 
souvent , soit sur le mâle ? soit sur la femelle de 
cette espèce ? et qu'elles se ternisent ou s'avivent 
suivant Tâge et les saisons , on en trouve une 
variété noire , nuancée de blanc ? qu'on rencontre 
dans certains parages. 

2. M. Fauve. N. M. Fulva. N. (Moureno. ) 

ikf. Corpore fulvo , brunneo fasciato ; rostro ro- 

tundato. N. 

Cette espèce diffère de la précédente par son 
museau arrondi , par ses dents droites et petites , 
par sa couleur d'un fauve clair , avec de larges 
bandes brunes. Son corps est moins aplati ; sa 



568 POISSONS OSSEUX. 

tête grosse , pointillée ; ses yeux grands > avec 
l'iris argenté. Les appendices du museau sont 
courts ; le palais est garni de deux à quatre dents 
mobiles. L'abdomen blanchâtre est tacheté d'obs- 
cur. Les nageoires sont très-épaisses 5 la dorsale 
est traversée par des lignes foncées , lisérée de 
blanchâtre. L'anale est blanche ? et la caudale est 
bordée d'une belle couleur rose. Cette espèce par- 
vient aux mêmes dimensions que la précédente. 
Sa femelle varie un peu dans ses nuances , ainsi 
que l'hèlène. 

3. M. Cristini. N. M. CristinL N. ( Moureno senso 

spino. ) 

M. Corpore brunneo fiavescente , fusco nigroque 
vario ; rostro acuùusculo , maxilla inferiore lon- 
giore. N. 

Les principales couleurs de cet apode ? qui n'a- 
voit pas encore été décrit ? sont le brun fauve y 
voilé d'un noir rougeâtre ? traversé par de petites 
lignes festonnées, obscures, qui en séparent agréa- 
blement les sombres nuances. Son corps est ar- 
rondi , sa tête grosse ; son museau petit, court , 
prolongé en pointe obtuse , garni de dix pores par 
lesquels suinte une humeur glaireuse. La bouche 
est ample ; la mâchoire inférieure un peu plus 
avancée que la supérieure 5 celle-ci est hérissée de 
deux rangées de dents fines , crochues et mobiles, 
dont quelques-unes plus grandes au milieu 5 celle 



POISSONS OSSEUX. SÔg 

tle dessous n'en a qu'une seule rangée aiguës, avec 
plusieurs pores sur son rebord extérieur. Le palais 
est garni d'une série de dents obtuses. L'ouverture 
branchiale est linéaire. Les branchies, d'un rouge 
vif , sont placées sur des osselets garnis de 
deux rangs de pointes $ leur pourtour est ar- 
rondi. La gorge est colorée par des teintes 
d'un fauve clair 5 elle est traversée par seize 
lignes brunes qui vont en divergeant vers 
les ouïes. Les yeux sont bleuâtres , petits , 
situés au milieu de la partie supérieure de l'ou- 
verture de la bouche. Ils ont l'iris jaune. La ligne 
latérale est à peine visible. Les nageoires sont 
bordées d'une belle bande jaune eÇ verdâtre; elles 
sont si épaisses et si cartilagineuses , que ce n'est 
qu'après la dessication de l'individu qu'on peut 
compter le nombre de leurs rayons. La dorsale 
commence un peu en avant de l'ouverture bran- 
chiale par une petite membrane qui se relève en 
avançant vers la queue ; elle contient trois cents 
rayons environ : l'anale , cent soixante ; toutes 
les deux se réunissent à la caudale qui se termine 
en pointe obtuse. Ce poisson habite les profon- 
deurs rocailleuses de notre mer , et parvient jus- 
qu'à un mètre de longueur. Sa chair est un peu 
moins estimée que celle de la murénophis com- 
mune ou hélène. Ce poisson me paroît avoir beau- 
coup de rapports avec celui que M. le docteur De- 
laroche a décrit et figuré dans les Annales du 



37° POISSONS OSSEUX. 

Muséum, tom. XIII, fig. i5 ? sous le nom de 
murcenophis unicolor. 

4. M. Sourciere. N. M, Saga. N. ( Masca. ) 

PI. x , fig. 39 de cet ouvrage. 

Af. Corpore serpentiformi, rostro lo?igissimo ; maxilla 
superiore longiore ; capite depresso. 

Un des caractères particuliers de cet apode , 
encore inconnu desichthyologisteSjest la prolon- 
gation de la mâchoire supérieure , qui avance 
assez sur l'inférieure , pour que le museau ait 
une parfaite ressemblance avec le bec de Yanhinga. 
Le corps de cette espèce est épais , arrondi , et di- 
minue insensiblement jusqu'à la queue. Un brun 
châtain , varié de bleu , de gris et de rouge le co- 
lore. La tête est aplatie , d'un bleu de plomb ; la 
bouche est très-ample 5 les yeux situés à sa base y 
sont ovales , obscurs , avec l'iris argenté et la pru- 
nelle bleuâtre. Les mâchoires sont rougeâtres ; la 
supérieure est garnie de trois rangées de dents iné- 
gales et nombreuses 5 celle de dessous n'en a que 
deux rangs droites et»aiguës. Le gosier est lisse ; 
l'ouverture branchiale est garnie en dessus de 
quatorze petits trous qui laissent suinter une hu- 
meur glaireuse. La ligne latérale est formée de 
chaînons entrelacés et arrondis ? parsemée à son 
origine de petits pores. Les nageoires sont grandes 
et élevées } nuancées de bleu d'outre-mer. La dor- 



POISSONS. OSSEUX. D71 

sale , qui commence à un décimètre de la pointe 
du museau , se réunit à la caudale , et contient 
trois cent dix rayons ; l'anale en a deux cent 
quarante ; la caudale se termine en une pointe 
très-longue. La longueur de cette murénophis est 
de huit décimètres. Sa chair est blanche , d'une 
odeur très-forte. Sa femelle fraye en juillet. 

REMARQUES. 

Cet ordre de poissons a le plus grand rapport avec le* 
apodes du genre murène. Ce sont les mêmes mœurs , les 
mêmes habitudes , les mêmes conformations. Le défaut des 
nageoires pectorales , et les appareils incomplets des organes 
de la respiration ont pu seuls exiger cette séparation , qui 
n'est commode que comme moyen d'étude. Toutes les espèce» 
de ce genre sont très-redoutées des pêcheurs, qui ne les sai- 
sissent qu'avec les plus grandes précautions , craignant leurs 
blessures, lesquelles semblent en effet être souvent envenimées à 
cause des déchirures nombreuses que font dans une même 
plaie leurs dents acérées et iirégulières. Ce sont là en effet 
les principaux moyens de défense de ces poissons , avec leur vis- 
cosité qui les fait facilement se glisser partout et se soustraire 
ainsi à la voracité de beaucoup d'autres espèces mieux avan- 
tagées sous le rapport de la force et de l'agilité. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



GENERALE 



JDes noms de genres et d? espèces en latin , 
en françois y et en patois de Nice. 



A. 



ACIPENSER sturio , p. 56 

ACIPENSÈRE esturgeon , 55 
Adtiatique tiigJe , 2o4 

Agugliut. Squale aigu Hat, 4° 
Aguio. Esoce bélone , 
Aigle raie , 
Aiguillât squale , 
Aiguille syngnathe , 
Aile longue , scombre , 
Albetti lutjan, 
Alcyon lutjan , 



33o 

9 
4o 

63 

169 

377 
258 



Alolonga. Scombre ala- 

longn , 1 69 

Alose clupée , 353 

Amendoulo. Spare men- 

dole, 209 

Amie caranx , I75 

AMMODYTE appât , g5 

A3IMODFTES tobia- 

nus , 
Amploetta. Clupée an- 

chois , 004 

Anivlova. Clupée anchois, ib. 
Amplovin. Clupée anchois, ib. 
Anchois clupée, ib. 



ib. 



Anfouunssou. ïloJocentre 
mérou , 289 

Ange squatine , 45 

Anghillo. Muiène anguille, fck) 

Anthias luljau , 

Aphie gohic , 

APOGON rouge, 

APOGON ruber , 

Appât ammodyte , 

Aiaignée trachine , 

Aragno. Trachine arai- 
gnée , 

A . Trachine vive. 

Arctique chimère, 

Arendoido. Exocet volant, 35o 

AH G EN TINA sp h Y - 
rasna , 

ARGENTINE sphyrène , 

Argentin. Lépidope Goua- 
îiieji , 

A. Dtntat. Lépidope Pé- 
rou , 

A- Gros. Gymnètre La- 
cépède , 

Argus plcuionecle , 



260 
i5G 

2l5 

ib. 

9S 

109 

il. 

108 

53 



ib, 
i5i 
i/,8 



0.7 



TABLE ALPHABÉTIQUE GENERALE. ÙJà 

ATHER1NA Bojeri, v . 338 Befogran.Trigleadriatique, io\ 



A . hep se tus , 
A. marmorata , 

A. minuta , 
ÀTHÈR1NE. Jocl, 
Audifredi Blennie , 
Aurado. Spare dorade , 
A u ri n. No top ter e Fonta- 

nes , 
Auriou. Scombre maque- 



33n 
339 
340 
33 7 
1 3() 
2 34 

8a 



a5'j 



reau , 


i;o 


B. 




Badova. Blennie cornu , 


128 


B Blennie pholis , 


• 38 


Balbis lépadogastère , 


7 3 


BALTSTE , 


49 


B A LISTE S Buniva, 


ib. 


B. capriscus , 


5i 


B. vttula , 


5o 


Ballan labre , • 


221 


Bandes osmère à , 


3^6 


B. holocentre à , 


a 9° 


B. syngnathe à , 


70 


Barbeau cyprin , 


36o 


Barbua Pleuronecte moi- 




neau , 


3i6 


Barbier. Lépadogastère 




Gouan , 


72 


Barbue ophidie , 


96 


Bâtis raie , 





BATRACHUS pisca- 




torius , 


47 


BATRACHOIDE Gme- 




lin , 


143 


BATRACHOIDESGm 


ie- 


Uni , 


ib. 


BAUDROIE pécheresse , 


4? 


Bavecca. Blennie (jjenre ), 


124 


Bavecca d'Argo. Blennie 




triptéronote , 


i35 


Bavoa. Blennie , 


124 


Bécasse solénostome , 


80 


Becassino de mar. Esoce 




belone , 


DJO 


Bélonc ésoce , 


ib. 



ban- 



Berde spare , 

Besugou. Spare marseil 
lois , 

Bilobé spare , 

Bisso. Syngnathe à 
des , 

B . Syng. ophidion , 

B. Sjng. papacin , 

B. de mar. Ophisure ophis, 87 

B. de mar. Ophisure ser- 
pent , 

Blado. Spare oblade , 

Blavid. Lutjan lapine, 

BLENNIE, 



2^7 

2Ô2 



7° 

68 

69 



Blennioïde gade , 



88 
237 
26.* 

I 12 



B LENJSIUS argentatus, i4<> 
B. Audi/rcdi , ï 3g 

B. Brea , 1 29 

B. coi nutus , I28 

B. gadoides , i36 

B. galerita , i3a 

B '. gatlorugine , 127 

B.Médiierraneus , 126 

B. ocellaris ,. 125 

B. pavo y l33 

B. pholis y i38 

B. phycis , 125 

B. stellatus , *34 

B. Sujejianus , l3l 

B tentucularis , 1 3o 

B. tesludinarius , 1 3^ 

B. tripteronotus , l35 

Bleu labre , 220 

Boa ésoce , 33o 

Boisé labre , 224 

Bogaravello. Spare boga- 

1 avco , »49 

Bogaraveo spare, ib. 

Bogue spare , 242 

Bonite scombre , 167 

Honitou. Sconibre De'a- 

roche , i65 

Bonitoun. Scombre sarde, 168 
Bosquien pleuronecte , 3 1 ^ 
Bouccorougo. Spare gros- 
œil , a5o 



5 7 4 

Bouclé squale , pag. 

Bouclée raie , 

Boudroi. Baudroie pé- 
cheresse , 

Butto. Cotte chabot , 

Boulerot gobie , 

Boyer athérine , 

Bréa blennie , 

Brun gade , 

Brunnich lutjau , 

Bugo. Spare bogue , 

Bugaravello. Spare boga- 
raveo , 

Bulatmai cyprin , 

Buniva baliste , 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

42 
II 

47 

182 

i58 
338 
129 
121 
273 
24^ 

249 
36 1 

49 



Cabasuc. Athérine Boyer, 


338 


Cabeclo. Cyprin bulatmai, 


36 1 


Cœlorhinquelépidolèpre , 


200 


Caissoti spare , 


257 


Caleigneiris. Cépole ser- 




pentiforme , 


154 


C. Ophidie barbue, 


96 


C Ophidie imberbe , 


98 


C. Ophidie Yassali , 


97 


CALLIONYME , 


io3 


CALLIOISYMUS dra- 




cunculus y 


104 


C. lyra , 


io3 


C. sagitta , 


io5 


Campérien scombrésoce , 


334 


Canihe.no. Spare canthère 




jeune , 


242 


Canthère. Spare . 


ib. 


Canude labre , 


226 


Capelan gade , 


1 1 1 


Capellan. Gadeblennoïde, 


112 


C Gade capelan 3 


1 1 1 


Capoun. Scorpène truie, 


188 


Caprisque baliste , 


5i 


CAPROS sanglier, 


3o5 


CARANX , 


, 7 3 


CARA1SX amia , 


174 


C. Dumerili , 


170 



C Trachurus , 


l 7 3 


Cardairo. Raie chardon , 


6 


Cardouniero. Holocentre 




marin , 


291 


C Scorpène dactylop- 




tère , 


186 


Carrelet pleuronecte, 


3i5 


Cassini murène . 


9 1 


Caslagnole spare , 


248 


Castagnolle. Spare mar- 




ron , 


254 


Castagnollo. Spare cas- 




tagnole , 


248 


Cat. Chimère arctique , 


53 


Cavaluco. Scombie colias. 


171 


Cavaou. Syngnathe ai- 




guille , 


63 


C. Syng. hippocampe , 


6 7 


C. Syng. pipe , 


G6 


C. Syng. rougeâtre , 


ib . 


C. Syng. vert , 


65 


C. Syng. trompette , 


62 


Ci Syng. tuyan , 


63 


Cendré lutjan , 


266 


CENTRISQUE sumpitt, 


79 


CENTR1SCUS velda- 




ris , 


ib. 


CENTRONOTE , 


l 9 3 


CENTR ONO TUS con- 




ductor , 


ib. 


C. glaycos y 


194 


C. lysan , 


i 9 5 


C. vadigo , 


196 


CENTROPOME , 


28G 


CENTROPOMUS li- 




neatus , 


ib, 


C. nigrcscens , 


287 


Céphale muge , 


343 


CEPHALOPTÈRE , 


i4 


CEPF1ALOPTERUS Gior. 


nu , 


ib. 


C. M assena , 


i5 


CEPOLA rubescens , 


154 


C. taenia , 


i53 


CEPOLE , 


ib. 


Cetti spare , 


2 56 


Chabot cotu , 


iBa 



c^nérale. 



3 7 5 



Chardon raie , P a g« 6 

CHIM.ERA monstrosa, 53 

CHIMÈRE arctique , ib. 

Chub cyprin , 363 

Cieudo. Spare berdo , 252 

Clavelado. Raie bouclée, il 

CLUPEAalosa, 353 

C. enchrasicholus , ib. 

C sprottus , 352 

CLUPÉE, ib. 

COFFRE moucheté, 57 

Colias scombre , I71 

Colin gade , I 12 

Commerson scombre , i63 

Congre murène , 92 
Copoun gaune. Scorpène 

jaune, 190 

Coquillade blennie , l32 

CORÈGONE , 328 
COREGONUS marœ- 

nula , ib. 

Cornu blennie , ib. 

Cornubien lutjan , 268 

CORYPHMJSA equi- 

setis , 179 

C. hippurus , I78 

C. novacula , 181 

C. pompilns , 180 

CORYPHÈNE, 178 

Cotta lutjan , 282 

COTTE, 182 

COTTUSgobio, ib. 
Cow/7?«£a.Tétragonure Cu- 

vier , 347 

Cristini murène , 368 

Crocodile serpe , 116 

Cuorp. Sciène ombre, 295 

Cuvier tétragonure , 347 

CYPRIN , 36o 

CYPRINUS auratus , 364 

C. barbus , 36o 

C. bulatmai , 36 1 

C chub , 363 

C. leuciscus , 362 

D. 

DACTYLOPTERE , 201 



Dactyloptère scorpène , 1 86 
Dactylopterus pirapeda, 201 
Daurado. Coryphène do- 
rade , 179 
Daurat. Cyprin doré , 364 
Decandole iépadogastère, 76 



Delaroche scombre , 


i65 


Denté spare , 


25l 


Diaphane lépidope , 


i5a 


Doradon coryphène , 


179 


Doré gobie , 


160 


D. muge , 


344 


Dorade coryphène , 


178 


D. spare , 


234 



Dormiglioua. Torpille 

Galvani, 21 

Double-tache labre , 227 

Dragon trachine , 108 

Dragonneau collionyme, lo4 

I75 



Di 



uméril caranx. 



Durgan. Cyprin barbeau, 36o 

E. 

ÉCHÉNÉÏDE , 177 
E CHENE I S rémora , ib. 
Ecriture lutjan _, 265 
Emissole squale , 33 
Emperatour. Xiphias es- 
padon , 99 
Ensanglanté gobie , i5t 
Epinoche gastérostée, 192 
ESOCE , 329 
ESOXbelone, 33o 
E. boa , 33r 
Espadon xiphias , 90 
Esturgeon acipensère , 57 
Esperlin. Spare haffara , 244 
Etoile blennie , i34 
EXOCET , 35o 
EXO CE TUS volitans , ib. 

F. 

Fanfré. Balisle vieille , So 

JE. Ceutronole pilote 3 jnZ 



3 7 ff 



TABLE ALPHABETIQUE 



Fanfré cV Americo. 13a- 

Iiste Buniva , P a &- 49 

F. Coryphène pompiïe , 180 
Fanfré négro. Oligopode 

noir, 142 
Fauve muraenophis , 367 
Félat. Murène congre , f>2 
Feraza. Raie aigle _, 9 
Féro. Coryphène dorade, I78 
Féroce squale , 38 
Fiatole stroraatée , 100 
Figou. Persèque Vanloo , 298 
Flamo. Cépole taenia , i53 
Flèche callionyme , io5 
Floussado. Haie batys , 5 
Forgeron zée , 3o3 
Fournie. Lutjan melops , 266 
F. Lutjan cendré , 26 3 
Fuma. Raie museau poin- 
tu , 7 

G. 



GADE , 


ITO 


Gadoïde blennie r 


i36 


G AD US blennoides , 


I 12 


G. carbonarius , 


ib. 


G.fuSCUS y 


121 


G. lepidion-y 


118 


G. Maraldi, 


123 


G. merlangus , 


n5 


G. merlucius , 


122 


G. minutas , 


1 11 


G. molva , 


ll 9 


G. mnro, 


116 


G» mus te lia , 


120 


G. pollachius % 


M 3 


G. virens , 


H4 


4r ail tria. Dactyloptère pté- 




rapode , 


201 


Gallinetto. Trigle hiron- 




delle, 


205 


Gallino. Trigle lyre , 


2o3 


Gai van i torpille , 


21 


Gantlli. Baudroie péche- 




resse , 


48 


Q-aramon. Trigle pin , 


2i>6 



Gastaudello. Scombrésoce 
Campérien , 

G ASTER OPE LE C US, 

G. crocodilus T 

G. Humboldti , 

G. microstoma , 

GASTEROSTÈE , 

GASTEROSTEUSacu- 
leatus , 

Gatto. Squale rouchier , 

Gatto de fount. Squale 
nicéen , 

Gattorugine blennie, 

Gavaron. Spare smaris 
Variété , 

Geoffroy lutjan ,. 

Gerlë. Spare smaris , 

Gerlé blavie. Spare mar- 
tin-pêcheur , 

Gerlesso. Spare bilobé , 

Gieudo* Spare berde , 

Gieule. Spare berde , 

Giofredi labre , 

Giorna céphaloptère , 

Girella. Lal>re Giofredi-, 

Girelle labre , 

Girello. Labre girelle , 

Girello turco. Labre Hé- 
braïque , 

Glauque squale , 

Glaycos centronote , 

Gmelin batracboïde , 

GOBIE , 

G OBI US aphia , 

G . auratus , 

G. bicolor , 

G. cruentatus , 

G. Jozo , 

G. minutas , 

G. hebulosus , 

G. niger , 

G. paganellus , 

Gobou. Gobie aphie , 

G. Gob. menu , 

G. Gob. nébuleux , 

G. Gob. noir brun , 

G. Gob. paganel , 



334 
556 
35 7 
35$ 
356 

*9 * 

içp 
3i 

43 
127 

23g- 
262 

2 3a 

2 58 

252 
ib* 
ib. 

228 

'4 

228. 

227 
ib. 



2j2 

26 

lf)4 

143 

i5.> 
i56 
i6'o 
107 

ib. 
i5p/ 

ib. 
161 
i5S 
i56 

ib. 
1% 
161 
1^7 
i56 



GENE 



1% 

160 

i58 

r5 7 

246 

72 

i5i 

200 
J 97 



93 

208 

146 

25o 



Gobou blanc. Gobie jozo , 

Cr. ganne. Gobie doré , 
G. nègre. Gobie boulerot, 
G. rouge. Gobie ensan- 
glanté , 
Goro. Spare osbeck , 
Gouau lépatlogastère , 
Gouanien lépidope , 
Granadié Lépidolèpre coe 

lorhinqne , 
G. Lépidolèpre tracby- 

rhinque , 
G ranaou. Trigle grondin , «208 
Griset squale , 3? 

Grounc nègre. Murène 

noire , 
Grondin trigle , 
Gros argentin. Gymnèlre 

Lacépède , 
Gros œil spare , 
Gughareo. Centropome 

rayé, a 86 

Gurnaou. Trigle gurnau , 207 
Gurnau trigle , ib. 

GYMNÈTRE Lacépède, 1A6 
GYMNETRUS Cepe- 

dianus , ib. 



H. 

Haffara spare , 
Hébraïque labre ^ 
Hélène murénophis , 
Hépate bolocentre , 
Hippocampe syngnatbi 
Hirondelle trigle , 
HOLOCENTRE , 
HOLOCEJSTR US fa 

ciatus , 
Ti.flavus ; 
Ji. hepatus , 
H. marinus 9 
H. merou , 
H. serran , 
Humantin squale, 
Humboldt serpe, 



RALE, 
Hui ta spare , 



5 77 

a55 



r as- 



244 

a3a 

366 

29a 

67 

2o5 
388 

290 
293 
292 
291 
289 

Vf 
42 

358 



I. 



9* 



293 

3l2 

33 7 
i5tj 



i5j 



Imberbe ophidie , 

J. 

Jaune bolocentre , 
Jaune pleuronecte t 
Joël athérine , 
Jozo gobie , 

K. 

Karmarino. Lépidope dia- 
phane , 

L. 



LABRE , 

LA BRUS ballan , 
L. bitnaculatus , 
L. cœruleus , 
L. cynœdus , 
L. Giqfredi , 
L. hebraicus r 
L. Julis , 
L. Lineatus , 
L. livens , 
L. lus eus y 
L. merula , 
L. mixtus , 
L. nereus , 
E. ossiphagus , 
L. pavo , 
L. tesselatus , 
L. trimaculatus , 
L. turdus , 
L. "variegatus , 
L. viridis , 
Lacca. Clupée alose , 
Lacépède gtmnètre , 
Lamarck lutjan , 
Lambarda. Squale rous- 
sette femelle , iSo 
Lambert. Osmère à bandes, 526 



216 
221: 
227 

225 
226 
228 

23a 

227 
220 
23o 
217 

225 
222 
23l 
22 5 
3l6 
224 
219 
2l8 
229 
221 

353 
146 

2St 



3 7 8 



TABLE ALPHABETIQUE 



Lambert. Osmère lézard, p . 
Lameo. Squale requin , 
Lamio. Squale féroce , 
Langaneo. Lutjan Al- 

berti , 
L. Lut. marseillois , 
L. Lut. massa , 
L. Lut. Roissal , 
L. Lut. vert tendre, 
L. Lut. varié , 
LAMPROIE , 
Lampruo. Lamproie ma- 
rine , 
Lampuga. Stromatée fia- 
ble , 
Xapine lutjan , 
Lascaris pleuronecte, 
Leotardi pieu: onecte , 
Lecco. Centronote glaicos, 
Lecia. Centronote vadigo, 
Lente. Spare cetti^ 
L. Spare denté , 
LÉPADOGASTÈRE, 
LEP 4DOGASTER , 

Balbis , 
L. (Jandolii , 
L. Gouanii , 
X. ocellatus , 
L. olivaceus , 
Zj. reticulatus , 
L. W ildenowii , 
Lépidion ga le , 
LÉPiDOT E! J RE , 
LEPIDOLEPR US cœ- 

Inrhincus , 
L. trachyrhincus , 
LEPTOCÊPHALE , 
LEPTOCEPHAL US 

Spallanzani , 
Lernio. Scorpène marseil- 

loise , 
Léazrd osmère ; 
Licca. Centronote lyzan , 
Lièvre blennie , 
Long-nez squale , 
Lopliie , voy. Baudroie, 
Louche labre , 



3 2 5 

25 

38 



Loubc 



oubas. Jf erseque , 
Loubas nègre. Centro- 

pome noirâtre , 
Loup persèque , 
Lucion de mar. Corègoné 
marénule , 
274 Lune céphale ou meule , 
276 Lussi. Spliyrène spet , 

Lussi. Ammodyte appât , 

LUTJAN , 

LU TJ ANUS Alberti, 

L. anthias . 

L. Brunnichii , 

L. chlorosochrus , 

L. cinereus , 

L. cotta y 

L. cornubicus , 

L. Geoffroy us , 

L. guttatus , 

L. Lamarckii , 

L. Lapina , 

L. Massa , 

L. Massiliensis , 

L. IHediterraneus , 

L. melanocercus , 

rnelops , 

ocellaris , 

ocellatus , 

olivaceus , 

Palloni , 
L. Roissali y 
L. rubescens , 
L. scriptura , 

tinca , 



277 
284 



275 

277 
i 



100 
262 
3n 
3i8 

«94 
196 

2 56 

25l 

7 2 

?3 
76 
72 

74 
75 
77 
75 
118 

J 97 



L. 

L. 

L. 

L 

L. 



200 

197 

85 



L 
L 
L 
L 



varius 



%?enosus , 

virescens , 
Lyre callionyme , 
L. trigle , 
Lyzan centronote , 

M. 



ib. 

184 

325 
195 

125 

29 Maillé lutjan , 
47 Maire d'Amploa. Serpe 
217 crocodile, 



299 

287 
299 

328 
60 

33a 
c5 

260» 
277 
260 
273 
275 
266 
282 
267 
26l 
269 
28l 
262 
274 
284 
272 

283 
265 
269 
278 

3 79 

263 

276 
271 
264 

270 
277 
268 
280 
io3 

203 

195 



270 
35; 



GENERALE. 



3?9 



Maire iVAmploa. Serpe 
Ilumboldt , P a S - 

M. iVAmp. S, petite bou- 
che , 
Malarma t péristédion, 
Manchot pleuronecle , 
Mangilli pleuronecte t 
Maquereau scombre , 
Maialdi gade , 
Marbrée athérine , 
M. torpille, 
Marénule corégone , 
Marin holocentre , 
Marine lamproie , 
Marron spare , 
Marseillois lutjan , 
M. spare , 

Marseilloise scorpène , 
Marteau squale , 
Marteu. Squale marteau, 
Martin-pècheur spare , 
Masca. Murénophis sour- 

cière , 
Masca diAmploua. Esoce 

Boa , 
Massa lutjan , 
Masséna céphaloptère > 
Méditerranéen blennie , 

M. lutjan , 

Melantoun. Squale long- 
nez , 

Mêlé labre , 

Mellet. Athérine joè'l , 

Mellelta. Argentine sphy- 
rène , 

Melops lutjan , 

Menu gobie , 

Mendole spare , 

Merlan. Gade merlus , 

Merlan gade , 

Merle labre , 

Mérou holocentre, 

Meule lune ou céphale , 

Milan trigle , 

Milandre squale , 

Miragliet. Raie petit mu- 
seau , 



358 

356 
21 1 



Miragliet. Baie ponctuée , 1 2 
M t Raie miralet , 4 

Miralet raie , ib. 

Missola. Squale émissole, 33 
Moineau pleuronecte , 3i6 



10 



317 Moissin. Spare Passeroni, 255 

245 
I16 

4* 
57 



170 
ia3 



Molve gade , 
Mormyre spare , 
Moro gade , 
359 Moro. Squale sagre , 

20 Moruo. Murène myre , 
328 Moucbeté coffre , 
291 iJ/o«Ze«o.Callionymedra- 

I gonneau , io4 

254 M. Call. lyre, io3 

284 Mounge. Squale griset , 37 
247 M. clavelat. Squale bou- 
clé , 4 2 

M. gris. Squale perlon , 24 
Moureno. Murénophis } 

hélène , 366 

M. Murénop. fauve , 367 

M. senso spino Murène 

Cristini , 368 

Mourmeno. Spare mor- 
myre , 245 
Moustella. Gade brun , 121 
M. Gade mustelle , J20 
M. Blennie Méditerranéen, 126 
M.defount. Gadelépidion, I2t 
Moustelleto. Gade brun , ib. 
Moustello negro. Gade 

Maraldi, 123 

M. negro. Blennie phycis, 125 
M. blanco. Blennie ga» 

doïde , i36 

M. de rocco. Batracboïde 

Gmelin , 1 4^ 

Mourghiglioun. Murène an- 
guille Var. , 90 
Mourre agut. Spare spa- 

raillon _, 235 

Mourmeno. Spare mor- 
myre , 245 
MUGE , 343 
MU G IL auratus , 344 
M. çephalus , 345 



184 
3 4 
ib. 

2 58 

36 9 

33o 

274 

i5 

126 



272 



2 9 
222 

33 7 

336 
265 
159 
239 
122 
n5 

225 
289 

60 
209 

32 

8 



5So 



TABLE ALPHABETIQUE 



3IUGIL Provencalis , p. 

31. saliens , 

31ugou curido. Muge Pro- 
vençal , 

31. Daurin. Muge doré , 

31. flavetoun. Muge sau- 
teur , 

31. labra. Muge céphale , 

31 . ramado. Muge céphale, 

31. s abonnie. Muge Pro- 
vençal , 

MULLE , 

MULLUS ruber , 

31. surmuletas , 

Muollo . Céphale lune , 

3fuou. Uranoscope rat , 

3Iuruo. LeptocéphaleSpal- 
lanzani . 

MURJENA anguilla , 

31. Cassini , 

31. conger , 

31. m y rus , 

31. nigra , 

MURENE , 

MURMNOPHlSjulva , 

31. helena , 

31. nigricans , 

31. saga , 

Museau-pointu raie, 

Mustelle gade , 

Myre murèue , 

N. 

Naine athérine , 
JVarcke» Torpille vulgaire, 
Nébuleux gobie, 
Nérée labre , 
Nicéen squale , 
JVissola. Squale émissole , 
Noirâtre centropome , 
Noir-brun gobie , 
JVonnat. Athérine naine , 
JVonnat nègre. Stoléphore 

Kisso , 
NOTOPTÈRE Fontanes , 



346 
345 

344 
344 

345 
343 
344 

346 

212 

ib. 

2l3 

60 

106 

85 

89 

9 l 

9 2 

90 

93 

% 
36 7 

366 

370 

7 
120 

9° 



NOTOPTERUS Fon- 
lanesii , 



ib, 



O. 

Obïade spare , 

Ocellé lépadogastère , 

Ocel. Iuljan , 

OEillé lutjan , 

OEillé pleuronecte , 

OLIGOPODE, 

OLIGOPUSater, 

Olivâtre lépadogastëre , 

OKv. lutjan , 

OPH1D1E, 

Ophidion svngnathe , 

OPH1 D1UM barbatum , 

O imberbe , 

O. Vassali , 

Ophis ophisure , 

OPIUSURE , 

OPHI SUR US ophis, 

O serpens , 

Orghe. Trigle Milan , 

Osbeck spare , 

OSMERE , 

OS MER USfascialus , 

O. sauras , 

Ossiphage labre , 

OSTRACTONoa coffre, 

OSTRAClONcubicus, 



trigonus 



O. 

Oumbrino. Persèque om- 
bre , 
Qxyrhinque raie, 

34o p 

18 

i6r Padre. Spare pagre, 

23 1 Padretto. Spare Caissotti, 

/|3 P;igel spare , 

33 Pageo. Spare pagel , 

287 Paganel gobie , 

ïS*] Pagre spare , 

34o Palaio. Clupée sardine pe- 
tite , 

34^ Palamido. Scombre bo- 

8a nile , 



207 

74 
278 

270 

309 

i4r 

ib. 

75 

'->79 

9« 
68 

96 

98 

97 

87 
ib. 

ib. 

88 
209 
2 ',6 
3>5 
3a6 

223 

ib. 
58 



297 

4 



2|i 
207 
240 
ib. 
i56 
241 

35a 

167 



GENERALE. 



Pnlloun. Squale milan- 

dre , F a 8* ^2 

Palloni lntjan , 264 

Pampalotti. Pleuronccte 

Posquien , 3 19 

Pa n ton îflier squale , 35 

Paon bien nie , 1 35 

Paon labre , 216 

ï'.q acin syngnathe , 69 

Paru stromatée , loi 

Pastenaiso. Raie pastena- 

gue , 10 

Pasteuague raie , ib. 

P*sseroiu spare , a53 

Pécheresse baudroie , 47 

Pégouse pleuronecle , 3o8 

Peican. Squale Rondelet, 27 
P. 4.V Américo. Stromatée 



paru 



loi 



P.fourca. Péristédion Ma. 

la r mal , 21 1 

P. pourc. Callionyme flè- 
che , lo5 
P. pourc. Lépadogastère 

gouan ,• 72 

P. pourc, Lépadogastère 

réticulé , 77 

P. pourc. Lépadogastère 

Wildeiiow, 7^ 

P. ratou. Squale renard, 36 
P. S. peire. Lépadogastère 

Balbis , 73 

P. S. peire. Lépadogastère 

Décandolle , 76 

P, S. peire. Lépadogastère 

olivâtre , >"4 

P. S. peire. Zée fovgeron, 3oi 
P. spada. Xiphia-s espa- 
don , 99 
PERÇA labrax , 299 
P timbra , 277 
P. Vanloo , 298 
Perco. Luljan écriture , 2t>5 
Perlon squale , 2/j 
PERISTEDION, 210 
PERISTEDION ma- 



38 1 

Perco de mar. Holocentre 

à bandes . 2qo 

Péion lépidope, 148 

PERCHE ou PERSEQUE, 297 
Perroquet labre , 221 

Petite-bouche serpe, 356 

Petit-museau raie , 8 

PETROMYZON ma- 
riait s , 1 
Pholis blennie , j 38 
Phycis blennie , \i% 
Pilote eentronote , 193 
Pin trigle ," 206 
Pintou roussou. Squale 

roussette , 29 

Pipe syngnathe , 66 

Pirapède dactyloptère , 201 
Pisoa. Raie oxyrhinque, 4 
PLEURONECTE, 3o6 

PLEURONECTESar. 

ë lls > 3i7 

P. Boscii, 3ig 

P. Lascaris , 3i 1 

P. Leotardi , 3 1 8 

P. lu te us , 3 1 3, 

P. mancus , 317 

P.Mangdll, 3 10 

P. maxintus , 3 1 ^ 

P. ocellutus , 3g9 

P. passer , 3 16 

P. pegusa , 3o8 

807 
3i5 



307 
3i3 



lu 



r/tia 



ib. 



P. plates s a t 
P. rhombus , 
P. solea , 
P. Theophilus , 
Plie pleuronectes , 307 
Plombé labre , 23o 
Pollack gade , 1 13 
POMATOME télescope, 3or 
Pompile coryphène, 180 
Ponctuée raie , ia 
Poutazzo spare , 23t 
Porte-écuelle. Lépadogas- 
tère Gouan , 72 
Poutassou. Gade pollack, 1 13 
P. gros. Gade merlan , 1 1 5 
P. vero. Gade sey , \\A 



382 TABLE 

Poutina. Athérine mar- 
brée , P a §- 
Poutino. Clupéo sardine 

jeune , 
PRIS TIS pectinata , 
Provençal muge , 
Ptéropode dactyloptère , 
Puntazzo , xioyez Spare 

pontazzo , 
Puorc. Balisle caprisque , 
P. pei. Lépadogastère , 
P. pei. Callionyme flèche, 
P. marino. Squale human- 
tin , 

Q. 

Queue noire. Lutjan , 

R. 

Raboteuse raie , 
RAI A aquila , 
R. aspera y 
R. Batys , 
R. clavata , 
R.fullonica , 
R. miraletus , 
R. oxyrhincus , 
R. pastinaca, 
R. punctata , 
R . rostellata , 
R. rostrata , 
RAIE, 

Rascasse scorpène , 
Rascasso. Scorpène ras- 
casse , 
Rat uîanoscope , 
Ravella. Spare Hurta , 
Rayé labre , 
Razzo. Raie ronce, 
Razoir coryphène , 
Razuor. Coryphène , 
Rayé centioponie, 
Rayé labre , 
Rémora échénéïde , 
Renard squale , 
Requin squale , 
Réticulé lépadogastère, 



ALPHABETIQUE 

Risso stoléphore, 
33q Roissal Lutjan, 



Ron 



ce raie 



3^3 
276 

7 

2 7 
3r 

2l5 



353 Rondelet squale , 

22 Rouchier squale , 

346 Rouge apogon , 

201 Rougeùtre Lutjan , 271 

Roug. syngnathe, 66 

237 Rouget mulle , 212 

5i Roumbout. Pleuronecte 

72 argus , 3l7 

io5 R, Pleur, carrelet, 3i5 

R. Pleur. Léotardi , 3i8 

42. R. Pleur, manchot , 3i 7 

R. clavelat. Pleuronecte 

turbot, 3i4 

283 Rouselte squale, 29 

Rousetti. Athérine naine , 34o 

Rouquairoun. Lutjan ceil- 

5 lé , 2C9 

9 Rouq. Lutjan tancoide , 271 

5 Rouquié. Labre canude , 226 

3 R. Lutjan cornubien , 268 

11 R. Lab. double-tache , 227 
7 R. Lut). Geoffroy , 262 

4 R. Lab. néiée , " 23l 
ib. R. Lutj. queue noire 9 283 
io R. Lutj. tacheté , 269 

12 Rotto. Zée forgeron, 3o4 



8 

7 
3 



S. 



187 Sagre squale , 
SALMONE , 

ib. SALMOjario , 

106 S. trutta , 

255 Sanglier capros, 

220 Sarde scombre , 

n Sardine clupée , 



4i 

322 

ib, 
3a3 

3o5 
168 
35a 



181 Sardino Clupée sardine , ib. 

ib. Sargue spare , 236 

286 Sargou. Spare sargue , ib. 

220 S. rascas. Spare pontazzo, 23y 

I77 Sarpananzo* Apogon rouge , 

36 2i5 

24 Sarpananzo. Labre an- 

77 thias, 260 



G ÉNK 

Saupe spar<* , pag. 243 
Sarpo. Sarpe saupe , ib. 
Saure osraère, 3a5 
Sauteur muge, 345 
SCIE vulgaire , 22 
SClsENA umbra , 295 
SCTENE , ib. 
SCO MBER alalunga , 1 69 
S. Cnlias , 171 
S. Commersonii , i63 
S. pelamis , 1 67 
£. Roche i , i65 
S. Sarda , 168 
S. scomber, 170 
S. tkrnnus , i63 
SCOMBRE, 162 
SCOMBRESOCE, 334 
SCOMBERESOX Cam- 
perii , ib. 
SCORPJENA dacty- 
lo ptera , 186 
5. Lutea, 190 
S- massiliensis , 184 
S- porcus , 187 
«S", scrofa , 188 
SGORPENE, 184 
Scroseno, Squale pantou- 

flier , 35 

Sera L.bre louche , 217 

Serra. Labre plombé , 23o 

Serran holocentre , 294 
Serran. Holocentre jaune, 293 

S. Holocentre hépate , 292 

S. Holocentre marin , 291 

Seriola. CaranxDuméril, 175 

Sero. Labre paon , 216 

S. Lab. tourd, 218 

Serro. Scie vulgaire , 22 

SERPE, 356 

Serpent ophisure , 88 

Serpentiforme cépole , l54 

Sey gade , 1 1 4 

Smaris labre , 238 

SOLENOSTOME , 80 
SOLENOSTOMUS Sco- 

lopax , ib. 

Solle pleuronecte, 307 



RALE. 385 

Sollo. Pleuronecte solle , 307 
S. Pleur, jaune , 3i2 

S. Pleur. Lascaris , 3ir 

S. Pleur. Théophile , 3i3 

S. d\irgo. Pleur. Mangilli, 3io 
S. defount. Pleur, oeillé, 309 
S. de piano. Pleur, plie , 3o7 
S. de rocco. Pleur, pé- 



gouse 



3o8 



Souphio. Cyprin vandoise, 36a 
Sourcière murénophis , 370 
Spallanzanileptocéphale, SS 

Sparaillon spare , 235 

SPARE , 234 

SPARUS alcedoy 25& 

S. annularis , 235 

S. auratus , 234 

S. Berda , 232 

S, bilobatus , ib. 

S. bogaraveo , 2^9 

S. boops , 2^2 

S. Caissoti , ^5n 

S. cantharus , ib. 

S. castaneola 3 248 

S. cetti, 2 56 

S. chromis , z51 

S. dente x , 25r 

S. Erythrinus , 240 

S - Hajfara , zfâ 

S. hurta , 255 

S. Livens , 23o 

S. macrophtalmus } 25o 

S. massiliensis , 247 

S. melanurus j 23n 

S. mœna , 2P>(\ 

S. mormyrus , 2^5 

S. osbeck , 246 

S.pagrus, 2 4r 

S. Passeront, a53 

S. puntazzo , 23^ 

S. Ra/i , 2^8 

S. salpa , 2^5 

S. s argus, 2 38 

S. smaris, 238 

Spel sphyrène , 332 

SPHYRjEISA spet , ib. 

SPHYRENE , ib. 



584 

Sphvrèn-e argentine 

SQUALE , 

SQUALUS acanthias, 

S. carcharias , 

S. catulus , 

S. centrina , 

S. cinereus , 

S. cornubicus , 

S. ferox , 

«S", galeus , 

S. glaucus y 

S. gris eu s , 

S. mustellus , 

S. nicœnsis , 

S. Bondeletii , 

£• splnax , 

5. spinosus , 

5. stellaris , 

S. tiburo , 

S. vulpes , 

S. zygœna , 

SQUATINA angélus , 

SQUATINE ange , 

Stocofic. Gade roolve , 

^. Gade colin , 

STOLEPHORERisso, 



TABLE ALPHABETIQUE 
, pag. 336 SYNGNATHE 



6a 

a4 SYNGNATHUSacus, 63 

4o 5. aeauoreits , 66 

iS". fasciatus , 7° 

iS". hippocampus , 67 

5. op ludion , 68 

tS. Papacinus , 69 

iS 1 . pelagicus , 63 

5. viridis , 65 

5. tjphle, 62 

T. 



25 

29 
42 

24 

29 
38 

32 

26 

37 
33 

43 

27 

4' 



Tacheté lutjan , 269 

Taenia cépole , i53 

Tancoïde lutjan, 271 

Tanudo. Spare canthère, 242 
42 Télescope pomatome , 
3i Tenco. Labre ballan , 

35 T. Lab. rayé , 

36 T. Lab. triple tache , 
34 T. Lab. varié , 
45 T. Lutjan Palloni , 
ib. Tentacule blennie , 

119 Testudinaire blenuie , 



112 Tétragonure Cuvier , 
342 Théophile pleuronecte , 
S TOLEPHOR US Risso, ib. Thon scombre , 
Streglia. Mulle surmulet, 21 3 TORPEDO Galvani, 
StrigUone. Cyprin chub , 363 T. marmorata , 

T. narcke , 



STROMATfcE , 100 

S TR OMA TE USfiatola, 1 o 1 
S. paru , 102 

Sturion. Acipensère es- 
turgeon , 
Sublaire. Lutjan cotta , 
S. Lutj. Lamarck , 
S. Lutj. méditerranéen , 
S. Lutj. rougeâtre , 
S. Lutj. verdâtre , 
Such blaou. Caranx amie, 174 
S. cagnenck. Caranx tra- 

chure , 
Succopego. Echéuéïde ré- 
mora , 
Sujéfien blennie , 
Sumpitt centrisque , 
Surmulet mulle , 



T. 



ununacu 



lata 



3or 
221 
2 20 
219 
229 
264 
j3o 
,3 7 

347 
3i3 

i63 

21 

20 
18 

*9 

18 

163 



56 
282 
281 
273 
272 
280 



x 7 3 

î 77 
j3i 

79 

212 



TORPILLE , 

Toun. Scombre thon t 

Touna. Scombre Commer 
son , 

Tourd labre , 

Tourdo. Labre boisé , 

T. Labre ossiphage , 

T. aVargo. Labre merle , 

T. bleu. Labre bleu , 

TRACHTNE , 

TRACHINUS draco , 

T. lineatus , 

Trachure caranx , 

Trachyrinque lépidolèpre, 197 

Trémoulino Torpille mar- 
brée , 20 



ib. 
218 
224 

2 23 
225 

ib. 

108 

ib. 

109 

17s 



G EN E 


Trinchoun dau Var. Clu- 




pée anchois , P*S- 


355 


TR1GLA adriatica , 


204 


T. cuculus y 


208 


T. gurnardus , 


207 


T. hirundo, 


2o5 


T. Luc e ma, 


209 


T. Lyra , 


2o3 


T. pini , 


206 


TR1GLE , 


203 


Trigone coffre , 


58 


Triple-tache labre , 


219 


Triptéronote blennie , 


i35 


Trompette syngnathe , 


62 


Troucco. Salmone truite, 


322 


^T. Salmone. Truite saumo- 




née , 


323 


Trombetta. Solénostome 




bécasse , 


80 


Troumbetta, Centrisque 




sumpitt. 


79 


Truie scorpène , 


188 


Truite salmone ^ 


322 


Truite saumonée. Sal- 




mone , 


323 


Turbot pleurouecte , 


3i4 


Tuyau syngnathe , 


63 



RALE. 385 

URANOSCOPUS sca- 

ber , ib. 

V. 



u. 

Ugliassou. Murène Cas- 

sini , 91 

U. pomatome télescope , 3oi 

Umbre persèque, 397 

U. sciène , 295 

URANOSCOPE, 106 



Vacca. CéphaloptèreMas- 

séna , 1 5 

Vacchttta. Céphaloptère 

Giorna , 
V. Lutjan ocellé , 
V. Lutjan olivâtre , 
Vadigo centronote , 
Vanloo persèque , 
Varié labre , 
V. lutjan , 
Vandoise cyprin , 
Vassali ophidie , 
Verdâtrê lutjan , 
Verdoun. Squale glauque, 26 
V. Labre mêlé, 22a 

V. Labre perroquet , 221 

Vert syngnathe , 65 

Vert tendre lutjan , 2^5 

Verrat. Capros sanglier t 3o5 
Vielle baliste , 5o 

Vive trachine , 108 

Volant exocet , 35o 



14 

378 

279 
196 

2 99 
229 

277 

36a 

97 
280 



X. 

XIPHIAS espadon , 
XIPHIAS gladius , 



Z. 



ZEE , 
ZEUSfaber, 



99 
ib. 



3o3 
3o4 



25 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

Page 8 et 12 5 aux noms des espèces 8 e . et 12 e . au lieu de mi- 
raglet , lisez miragliet. 

— 29, espèce 6 e . au titre j au lieu cZepintou oussou, Usez 
pintou roussou. 

— 47 ) espèce 1 re . au titre ; au lieu de boudraie, lisez boudroi. 

— 61 , ligne 25 j au lieu de beaucoup, lisez peu. 

— 65 , n°. 4- Le syngnathe vert est une espèce bien distincte 
de celle que M. Delaroche a nommée Hondeletii , laquelle 
a le museau beaucoup plus comprimé et suitout beaucoup 
plus élevé, dont les couleurs sont d'ailleurs très-différentes. 

— >-2 , ligne 10 ; au lieu de Gouane , lisez Gouan. 

— ïbid. ligne 1 1 j au lieu de Goajv , lisez Gouan. 

— 90, ligne 17 5 aulieu de mourahiglion lisez uiourghiglioun. 
— — 91 , b°. 3. Cette murène n'est pas celle que M. Delaroche 

a décrite sous le nom de mystax. 

— 92 , espèce 4 e » au Heu de fétal, lisez félat. 

— 93, espèce 5 e . au lieu de groune nègre, lisez grounc 
nègre. 

— 95 5 au lieu de lassi , au titre , lisez Iussi. 

L'ammodyte décrit ici paroît une espèce distincte du 
tobianus , avec lequel l'auteur n'a pas eu occasion de le 
comparer. 

— nS , n°. 8. Gade lépidion j ajoutez : pi. xi , n°. /\0 de cet 
ouvrage. 

— 125, espèce i èr «. 127 , espèce 4 e - I2 9 > espèce 6 e . i3o, 
ï3i , ID2 , i33 , i34 , i3; , 139, i4o. Espèces 7,89, 
10 , il , i4 . 16 et 17 ; au lieu de baveua, lisez bavecca. 

— 142 , n°. 1. Oligopode noir \ ajoutez : pi. \i , n°. 4 1 de 
cet ouvrage. 

— 1 4S , espèce i èr e. au lieu d'argentin dental, lisez argentin 
deutat. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 387 

l'âge 160, espèce n°. 8. Gobie doré ; ajoutez : pi. xi , n°. /|2'd« 
cet ouvrage. 

— 161 , avant les remarques; ajoutez: 

10. G. Lesueur. N. G. Sueriù (Gobou blanc.) 

PI. xi . fig. 45 de cet ouvrage. 

G. \Albidus , elongato subrotundus ; capitô 
operculisque luteo lineatis. Nob. 

Ce poisson est allongé, arrondi, d'un blanc transpa- 
rent , mêlé de jaune et de petits points bruns. Sa tête est 
petite , traversée sur les côtés de lignes jaunes. Il a la 
bouche moyenne , les mâchoires garnies de dents , l'in- 
férieure est un peu plus longue. Les yeux sont argentés, 
ornés d'un cercle doré. Les opercules , d'un nacré azuré , 
sont traversés de plusieurs bandes jaunes. La ligne la- 
térale est à peine visible. Les nageoires sont transparentes 
avec des traits jaunes et violets. On compte six rayons à la 
première nageoire du dos; quatorze très-longs à la seconde^ 
dix à l'anale ; douze à chaque pectorale ; dix aux thora- 
cines ; et quatorze à la nageoire de la queue , qui est lon- 
gue et lancéolée. On voit assez que ce poisson diffère du 
gobie lancéolé de M. Lacépède , avec lequel il a quelques 
rapports. Nous avons dédié , à l'habile peintre et collabo- 
rateur du Voyage aux Terres-Australes , ce poisson qui 
vit parmi les algues de nos bords où on le trouve vers 
le mois de mars. Il n'atteint guères que neuf centimètres 
de longueur. 
■ — 192 , première ligne des remarques 5 au lieu des iles , lisez 
des iscles. 

— 208 , espèce 6 e . au titre ; au lieu de grano, lisez granaou. 

— 234 » e ff^cez premier sous-genre. La nageoire de la queue 
fourchue ou en croissant , avant la première espèce de 

spare. 



;83 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



Page 235 , espèce 2 e . Sparus annuluris paroît être celui que 
M. Delaroche a décrit dans les Annales du Muséum . 
tom. XIII, et figuré , n°. 12 , sous le nom tfacutirostris. 
Seulement le museau , dans les individus de notre mer , 
est beaucoup plus prolongé que ne l'indique la figure 
citée. 

— a44> espèce i3 e . Le sparus Jiaffara, qu'on nomme à Nice, 
esperlin , nous paroît être le véritable annularis de M. De- 
laroche , décrit et figuré sous le n°. i3, dans le même 
mémoire. 

— 245 , espèce i4 e « au lieu de mourmero, lisez mourmenov 

— 252, espèce 22 e . au lieu de gieudo, lisez cieudo. 

— 254 , effacez : deuxième sous-genre. La nageoire de la 
queue rectiligne ou arrondie , avant la a4 e - espèce. 

289, ligne 16, dans les remarques 5 au lieu de la qua- 
trième a été consacrée à mon pays , lisez : la quatrième a 
été consacrée à M. Lamarck, professeur au Muséum d'His- 
toire naturelle , de l'Institut de France 3 etc. 

__ 3 in. Pleuronectes , n°. i3, sous le nom de mancus est 
figuré sous le nom de podas,rx°. 14 du mémoire de M. De- 
laroche , précédemment cité. 

3 18. Le pleuronectes leotardi , n°. 14, paroît être le rni- 

crochirus , fig. 2 3 du même observateur. 

— 368. Murenophis Cristini : nous nous sommes assurés, de- 
puis l'impression , que cette espèce est la même que celle 
dont nous avons parlé à la fin de l'article, page 3;o, et 
décrite sous le nom à'unicolor, par M. Delaroche. 



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